******************************************************** DC.Title = LE NOUVEAU NÉ, POÉSIE DC.Author = ADENIS, Eugène DC.Creator = FIEVRE, Paul DC.Publisher = FIEVRE, Paul DC.Subject = Monologue DC.Subject.Classification = 842 DC.Description = Edition du texte cité en titre DC.Publisher = FIEVRE, Paul DC.Contributor = DC.Date.Issued content = DC.Date.Created = DC.Date.Modified = Version du texte du 31/07/2024 à 19:00:28. DC.Coverage = France DC.Type = text DC.Format = text/txt DC.Identifier = http://www.theatre-classique.fr/pages/documents/ADENIS_NOUVEAUNE.xml DC.Source = https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9756546g DC.Source.cote = BnF LLA 8-YTH-21654 DC.Language scheme = UTF-8 content=fr DC.Rights = Théâtre Classique, (creative commons CC BY-NC-ND) *************************************************************** LE NOUVEAU NÉ POÉSIE DITE PAR MADEMOISELLE REICHENBERG, de la Comédie-Française. 1885. Tous droits réservés. par EUGÈNE ADENIS Imprimerie générale de Châtillon-sur-Seine. - A. PICHAT . PERSONNAGES UNE FEMME. LE NOUVEAU-NÉ ***************** Erreur dans l'interprétation du texte (ligne 372, programme : edition_txt_TOUT.php) Dans les plis moelleux de ses langes, Il dort... Sur notre humble séjour, Tout droit du bleu pays des anges, Il est arrivé l'autre jour. Comment ?... Il s'est penché sans doute Pour voir... La curiosité !... Le bon Dieu, que pas un écoute, Regardait d'un autre côté Il est tombé : voilà la chose ; Il est tombé du paradis, Par bonheur sur du satin rose... Il en est tombé, je vous dis, Des milliers déjà !... Quoi qu'on fasse, Sans profiter de la leçon, Des milliers d'autres, pile ou face, Tomberont de même façon. Pourtant, ô chérubins rebelles, La chute est très grave... D'abord, On se casse toujours les ailes En se heurtant sur notre bord ; Et puis, beaucoup n'ont pas la chance (Et faut-il en être étonné) De tomber, à cette distance, Sur un berceau capitonné. On ne sait où l'on se hasarde La plupart viennent se meurtrir Sur le carreau d'une mansarde Et Dieu sait s'ils ont à souffrir ! Dans ce triste monde où l'on pleure, Trouvant leur destin trop cruel, Il en est même qui, sur l'heure, Aiment mieux remonter au ciel ! Ne regardez pas sur la terre, Ô petits anges curieux ! Le jeu n'en vaut pas... le mystère. Restez là-haut : cela vaut mieux. Oui, mais vous êtes incrédules ; L'inconnu ne vous fait pas peur ; Il vous tente et, dans vos cellules, En maudissant votre torpeur, Vous rêvez d'incarner vos âmes Pour affronter nos durs combats !... Et puis, je vois des jeunes femmes Qui vous font des signes d'en bas... Ah ! C'est qu'ici-bas l'on vous aime ! Quoiqu'ils n'aient plus, les chers petits, Leur séraphique diadème, C'est vrai qu'ils sont encor gentils ! Voyez celui qu'on environne De soins discrets et qui dort là ?... Sous l'empreinte de la couronne Qu'il perdit lorsqu'il s'envola, Ses fins cheveux que l'on devine (Car ils sont très rares encor) Ont gardé la couleur divine Du diadème tout en or ! Mais chut ! Le voici qui s'éveille... Il cherche à rassembler, c'est sûr, Tous ses souvenirs de la veille Dispersés au fond de l'azur Il lui semble que sa pensée, Jadis d'un si vaste horizon, Indécise et rapetissée, Se débat dans une prison !... Où sont ses rayons, et ses ailes ?... Ah ! Çà, que s'est-il donc passé ?... Il ne les sent plus... où sont-elles ?... Et son nid, où l'a-t-il laissé ?... Et son paradis blanc et rose ?... Mais tout cela s'est donc enfui !... C'est tout une métamorphose, En lui, hors de lui, près de lui ! Il ouvre la bouche pour dire Qu'il s'ennuie et veut s'en aller. Nouveau prodige, autre martyre !... Voilà qu'il ne peut plus parler... Il pleure... Vite, on le console, On l'attire et, tout doucement, Avec une tendre parole Qu'il n'entend que très faiblement, Une main blanche le caresse... Tiens ! il se sent mieux... il se tait. Quelle est cette main qui le presse Avec amour ?... On le guettait, On l'entourait donc !... C'est bien drôle ; Mais qui ?... Tout lui devient égal. Ah !... Ce visage qui le frôle, C'est quelqu'un qui lui veut du mal ?... Non. Il se rassure, il soupire, Il ferme les yeux à demi ; Il comprend qu'il a quelque empire Là, qu'il est en pays ami ; Qu'à la douceur de cette étreinte, À tous ces invisibles soins, Il peut s'abandonner sans crainte... Déjà, son coeur regrette moins Près de ce coeur qui se révèle, Le beau Paradis étoilé... Soudain, (ô caresse nouvelle !) Il sent qu'en son regard voilé Pénètre une pure lumière, Un rayon doux comme le miel... Il sourit : dans l'oeil de sa mère, Il a revu son coin du ciel ! ==================================================