******************************************************** DC.Title = DC.Author = BARY, René DC.Creator = FIEVRE, Paul DC.Publisher = FIEVRE, Paul DC.Subject = Dialogue DC.Subject.Classification = 842 DC.Description = Edition du texte cité en titre DC.Publisher = FIEVRE, Paul DC.Contributor = DC.Date.Issued content = DC.Date.Created = DC.Date.Modified = Version du texte du 30/09/2024 à 19:13:00. DC.Coverage = France DC.Type = text DC.Format = text/txt DC.Identifier = http://www.theatre-classique.fr/pages/documents/BARY_PROCES.xml DC.Source = https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1097097 DC.Source.cote = BnF LLA Z-20072 DC.Language scheme = UTF-8 content=fr DC.Rights = Théâtre Classique, (creative commons CC BY-NC-ND) *************************************************************** DU PROCÈS CONVERSATION XXXIX. XCVIII. AVEC PRIVILÈGE DU ROI. PAR RENÉ BARY, Conseiller et Historiographe du Roi. Achevé d'imprimer pour la première foi le 24 jour de mars 1662. Les exemplaires ont été fournis ACTEUR. SULPICIE. ERICIE. Texte extrait de "L'esprit de cour, ou Les conversations galantes, divisées en cent dialogues, dédiées au Roi.", René Bary, Paris : de C. de Sercy, 1662. pp 257-260. DU PROCÈS Une femme galante cajole une autre femme, sur ce qu'elle a heureusement recommandé son procès. SULPICIE. Quelque mauvaise opinion qu'on ait eue ma cause, j'ai crû avoir gagné mon procès, dès que vous avez entrepris sa sollicitation : qui pourrait se défendre d'exaucer vos prières ? l'on ne peut se dispenser d'exécuter vos ordres. ERICIE. Je m'aperçois, Madame, que le génie vous en dit, que votre galanterie est dans ses belles heures. SULPICIE. Je ne dis rien que je ne pense ; les juges font leurs Causes des affaires dont vous faites vos intérêts : ils ne balancent point s'ils doivent opposer l'indifférence de la Justice, à l'ardeur de vos sollicitations ; ils se règlent sur ce que vous leur prescrivez ; et quoi qu'ils aient sujet de se venger des arrêts que vous donnez tous les jours à leur désavantage, ils sont gloire de donner des arrêts à l'avantage de vos amis. ERICIE. Si vous au eu ce que vous avez demandé, c'est que la justice a demandé par votre bouche ce que vous avez obtenu ; et si quelque connaissance que j'eusse de votre bon droit, j'ai recommandé ce qui se recommandait de soi-même, ça été plutôt pour diminuer votre crainte, que pour aiguillonner vos juges. SULPICIE. Vous parlez avec tant de modestie des hautes obligations qu'on vous a, que si l'on mesurait ses ressentiments sur vos expressions, l'on tomberait sans doute dans l'ingratitude. ERICIE. Je parle du gain de votre procès, comme de la raison de votre cause, une autre solliciteuse eut eu un même succès ; vous avez réclamé les lois, et les lois vous ont protégée. SULPICIE. Quoi que vous puissiez dire, je me ressouviendrai toujours de votre recommandation. ERICIE. Quelle tendresse n'auriez-vous point, si l'on vous avait rendu cent services, puisque pour quelques visites vous avez tant de ressentiment ? SULPICIE. J'ai de la peine à donner des bornes à la gratitude que vous méritez ; mais puisque vous ne trouvez pas bon qu'elle paraisse davantage sur ma langue, vous ne trouverez pas mauvais qu'elle règne toujours dans mon coeur. ==================================================