récité le 27 décembre 1828
par M. Clairville aîné, sur le Théâtre du Luxembourg
PARIS IMPRIMERIE DE FAIN, RUE RACINE. n°4, Place de l'Odéon.
Publié par Paul FIEVRE, octobre 2025
Texte établi par Paul FIEVRE, septembre 2025
© Théâtre classique - Version du texte du 01/02/2026 à 10:17:30.
PERSONNAGES.
UN HOMME
FRAGMENTS D'UN MONOLOGUE
Un roi, dont tous les coeurs ont gardé souvenance,
Henri quatre, voulait, plein d'amour pour la France,
Que les jours solennels consacrés au repos,
Les pauvres eussent tous la poule dans leurs pots.
| 5 | Remplir ce digne voeu n'est pas chose facile, |
À la voix du malheur l'opulence est docile.
Je le sais ! Le commerce heureux en ses efforts,
Par l'emploi qu'il en fait ennoblit ses trésors :
Tel jadis était fier de sa haute naissance
| 10 | Qui ne l'est aujourd'hui que de sa bienfaisance ; |
Et de l'adversité, pour combattre les coups,
Le monarque lui-même est l'exemple de tous ;
Des pauvres, cependant, la classe infortunée,
Malgré ses dons pieux, augmente chaque année ;
| 15 | Car toujours on les voit, simples dans leurs désirs, |
À se multiplier borner tous leurs plaisirs ;
Et chérissant l'État, qui pour eux s'inquiète,
Lui faire des soldats pour acquitter leurs dettes ;
Tous veulent de l'honneur conserver le chemin ;
| 20 | Mais l'inactivité leur fait tendre la main, |
De terminer leurs maux concevoir l'espérance
Poursuivre ce projet avec persévérance,
Rendre au travail les bras d'ouvriers malheureux,
Voilà ton but sacré, magistrat généreux !
| 25 | Qu'un prince, de vertus, nous offrant le modèle, |
A donné pour gardien à sa ville fidèle ;
Tes travaux ont acquis l'estime de ton roi ;
Toi, le soutien du faible et du crime l'effroi !
Ton pouvoir nous protège, et jamais il ne blesse ;
| 30 | Être juste, voilà tes titres de noblesse ! |
À ta porte on ne voit le dédain ni l'orgueil,
Et toujours la pitié nous attend sur le seuil ;
Nul de tes arrêtés n'inspire la tristesse,
Et tous nous font verser des larmes d'allégresse :
| 35 | Défendre l'opprimé, punir les oppresseurs, |
Ce sont là tes secrets pour réunir les coeurs.
Si traçant sur le sable, on périt pour l'histoire,
Des belles actions on garde la mémoire,
Et des infortunés se déclarer l'appui ;
| 40 | C'est graver sur le chêne et grandir avec lui ! |
Et nous, quand le destin, lassé de nos harangues,
Nous permettait le geste et captivait nos langues ;
Lorsqu'ici le théâtre, objet de votre accueil,
Nous montrait l'avenir triste et couvert de deuil,
| 45 | Nous fîmes tous serment, si le ciel favorable, |
Touché de nos tourmenTs, devenait secourable,
Qu'aux plus infortunés nos dons seraient offerts
On compatit toujours aux maux qu'on a soufferts ;
Et quand l'autorité, stimulant notre zèle,
| 50 | Donne à notre existence une force nouvelle,. |
Nous pourrions oublier, méconnaissant sa voix,
Pour le bien d'aujourd'hui les serments d'autrefois?
Jamais : nous l'entendons comme toute la France,
La mémoire du coeur c'est la reconnaissance.
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