1893. Droits de traduction, de reproduction et de représentation réservés.
Charles LEROY
PARIS, LIBRAIRIE THÉÂTRALE 14 rue de Grammont, 14.
Imprimerie générale de Châtillon-sur-Seine. - PICHAT et PÉPIN.
Texte établi par Paul FIEVRE, juin 2024
Publié par Paul FIEVRE, juillet 2024.
© Théâtre classique - Version du texte du 30/09/2025 à 10:32:40.
PERSONNAGE
UN ANGLAIS.
Issu de "Recueil de Monologues dits par les frères Coquelin, Paris Librairie théâtrale, 1893. pp. 27-33
DÉVEINE
Yès, Sir, yès, je avais devenou triste considérèble !
Je suis très malhérousse de tout ce qu'il mé dèvient arriver ; je paouvai jèmais faire comme tout lè monde, aussi je crois que je avais plousse qu'à dévenir mort !
Touté pétite, je étais pas très adroit, c'est oune malheur, mais c'est comme ça. Si je caourais, je fésais toujours taomber des petites garçones ; si je jouais à le toupie, mon ficelle, il devenait soi mal arrangée, je croa, bref, mon toupie, il taombait taoujours sur le visège d'une petite quémérade. Aoh ! Je avais vraiment pas du chance !
Plusse tard, jè ne homme, mon kieur il dévient possession d'une miss jaolie d'une manière considérèble.
Pour commencer relations, je souis cette perfète damesselle, et je aperçois il allait soi à l'église.
Je caourre rapidement devante ; j'entre, je retire mon chèpeau, et planté devant bénitier, jè attends cette joune fille pour lui offrir eau bénite.
Il entre ! Traoublé dans mon dedans, je perds mon pauvre tête ; je trempe mon chèpeau dans eau bénite, et pour avoir cette grande bonheur de offrir moa-même cetto chaose, je prends soi dépêcher, et quand la damesselle, il s'avance, je lui crève oune oeil avec mon doigt.
Aoh ! Je avais vraiment pas de chance !
Oune autre jour, plousse tard, je dinais chez mon fiancée, et pouis on m'a mis à le porte ; voilà porquoi :
Lè dîner il s'avait devenou finite. On disait des chaoses très remerquèbles.
Moa aussi, je disais des chaoses très remerquèbles.
J'avais devenou penché dessusse mon tchèse.
- Aoh ! Devenez attention, il me dit médème mère : cette parquette il est ciré et vous alliez devenir taomber.
- Nao ! je dis ; tombe jèmais, et je continoue mon rèmerquèble chaose que je avais commencé.
Tout d'un coup, mon tchèse il glisse ! Alors, pour me soi retenir, je rétreppe à le nappe ; mais jè tombe tout même, en emportant le nappe et la toute vaisselle, candélables, flers, etc., qui se trouvait dessusse, et je casse toute cette mèchine.
Traoublé, ému, une traouble il mè prend et je laisse échapper une chaose très... vilaine, que tout le monde il en a dit : shocking ! Aoh ! Je avais vraiment pas du chance ! Oune autre jaour, oune de mes émis il achète oune très jaolie pendoule paorcelaine de Sèxe.
C'était oune chaose very remarquèble, rare, très chère, mégnifique ; il était heureuse baocoup de son équisichonne. Aoh ! Je dis, c'est une chaose edmirèble ; permettez je régarde.
Je prends cette pendoule ; je la tourne, je la rètourne, et au moment de la réplacer, je fais elle taomber sur marbre du cheminée de ma ami.
Aoh ! Il était en tout pleine petites bouts !
Je avais vraiment pas du chance !
Por faire comme toutes mes concitoyens du beau pays dè l'Angleterre, je me mèrie, et jouste, mon dème il avait pas toujours idée comme pareille de moa.
Alors je souis obligé taoujours lui donner des calottes ; c'est dommège... parce que ça mè fatigue.
Aoh ! Que je avais donc pas du chance !
Dernièremente, oune pauvre messié il est renversé par oune fiacre ; il avait toute plein mal à son guibolle.
Alors comme j'ai oune grande bon kieur, et puis oune aussi messié, nous prénons cette pauvre bonhomme pour transporter lui chez messié le phermécien.
L'autre, il avait pris le vieux par ses jambes, et moi je le tenais par son tête.
Je aperçois pas lè traottoar, jè cogne soi-même ; pour pas taomber, je làche cette bonhomme et lui casse son tête sur lé pavé !
Aoh ! Que je avais donc pas du chance !
C'est comme le semaine qu'il est finite. On arrangeait oune maison ; des peintres, ils fésaient taomber des petites gouttes de couleur sur toute le monde. Je vois cette chaose désagréable et un dème vieux qu'il allait recevoir de cette mèchine sur son tête ; pour éviter lui cette grande contrariété, je le prends par son bras de vieille dème, je tire, et sans vaouloir lui causer le plus petite déségr?ment, je fais taomber lui le figure dans le crotte.
Aoh ! Je suis vraiment pas une messié qu'il a du chance !
Aoh ! Tenez voilà qu'il est encore oune chaose bien ennoyouse à me soi rappeler :
Oune fois, oune ami de moa il avait oune douel avec oune autre gentleman. Je étais témoin de mon ami. On se battait à la pistolette.
En remettant la pistolette chargé à mon ami, je né sais comment je fais mon compte ; je crois lui donner oune bon poignée de main ; je serre, quoi ? Le détente, sans doute. Bref, je le tue !
Mais c'est qu'on m'a dit oune tas de sottises encore !
Avouez què je n'ai vraiment pas du chance ! Aussi je souis dégoûté du existence, et je voudrais bien devenir mort ; mais j'ose même plousse essayer souicider moa, car il m'arrive des chaoses comme personne il arrive.
Ainsi tenez, hier, je prépare oune verre d'eau soucrée avec poison dans le chaose.
Le dème concierge, qui fait mon ménège pendant que mon dème et le bonne ils sont devenus partis à la campègne, il croa c'est oune bonne chaose, il avale cette verre d'eau, et c'est lui qu'il s'empoisonne à mon pl?ce.
Ce était vraiment bien indélicat de la part de cette d?me !
Aussi je souis très contrarié, car l'existence il est vraiment très ennouyeuse quand on a si peu du chance ; comment voulez-vous que je aie pas le spleen !!...
Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /htdocs/pages/programmes/edition.php on line 606

