******************************************************** DC.Title = DC.Author = BARY, René DC.Creator = FIEVRE, Paul DC.Publisher = FIEVRE, Paul DC.Subject = Dialogue DC.Subject.Classification = 842 DC.Description = Edition du texte cité en titre DC.Publisher = FIEVRE, Paul DC.Contributor = DC.Date.Issued content = DC.Date.Created = DC.Date.Modified = Version du texte du 30/09/2024 à 19:13:00. DC.Coverage = France DC.Type = text DC.Format = text/txt DC.Identifier = http://www.theatre-classique.fr/pages/documents/BARY_FLEURS.xml DC.Source = https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1097097 DC.Source.cote = BnF LLA Z-20072 DC.Language scheme = UTF-8 content=fr DC.Rights = Théâtre Classique, (creative commons CC BY-NC-ND) *************************************************************** DES FLEURS CONVERSATION XXXVI. XCVIII. AVEC PRIVILÈGE DU ROI. PAR RENÉ BARY, Conseiller et Historiographe du Roi. Achevé d'imprimer pour la première foi le 24 jour de mars 1662. Les exemplaires ont été fournis ACTEUR. TYRENE. ANGÉLIQUE. Texte extrait de "L'esprit de cour, ou Les conversations galantes, divisées en cent dialogues, dédiées au Roi.", René Bary, Paris : de C. de sercy, 1662. pp 228-230. DES FLEURS Angélique donne des fleurs à son serviteur. TYRENE. Les fleurs que vous me donnez sont très belles, et je les reçois avec d'autant plus de plaisir, qu'elles ont été cueillies de vos belles mains. Mais permettez-moi de vous dire, belle Angélique, que si elles réjouissent mes sens, elles attristent mon esprit, et que si elles me font penser au bien que votre belle humeur me fait, elles me font penser au bien que votre mauvaise humeur me refuse. ANGÉLIQUE. Ce discours qui semble beau, semble obscur, et je ne serais pas fâchée d'en entendre l'explication. TYRENE. Vos fleurs me représentent le bien que votre belle humeur me fait, parce que comme elles réjouissent ma vue, et fortifient mon cerveau, les espérances que vous me donnez flattent mon imagination et fortifient mon courage, et elles me représentent le bien que votre mauvaise humeur me refuse, parce que comme leur vivacité s'évanouit presque aussitôt qu'elle paraît, mes espérances se perdent presque aussitôt qu'elles naissent. ANGÉLIQUE. Si j'eusse crû que mon présent eut produit un si mauvais effet, je me fusse bien gardée de vous donner des fleurs. TYRENE. Je ne me plains plus, puisque mes plaintes vous touchent ; votre déplaisir efface le mien, et je suis même gai de ce que vous êtes triste. ANGÉLIQUE. Si cela est, je me repens de ce que j'ai dit, puisqu'au lieu de prendre part à mon ressentiment, vous faites votre joie de ce qui fait mon chagrin. TYRENE. Ha ! Belle Angélique, repentez-vous de vous être repentie ; ce qui vous choque m'offense, ce qui vous blesse m'outrage ; et si je suis bien aise que ma douleur vous fâche, c'est que mon bonheur dépend de votre secours, que la tendresse est une disposition à la pitié, et qu'il est malaisé d'être compatissante et d'être insecourable. ==================================================