******************************************************** DC.Title = PROLOGUE DE LA TRILOGIE DC.Author = PALEFROI, R. DC.Creator = FIEVRE, Paul DC.Publisher = FIEVRE, Paul DC.Subject = Prologue DC.Subject.Classification = 842 DC.Description = Edition du texte cité en titre DC.Publisher = FIEVRE, Paul DC.Contributor = DC.Date.Issued content = DC.Date.Created = DC.Date.Modified = Version du texte du 30/09/2024 à 13:01:45. DC.Coverage = Grèce DC.Type = text DC.Format = text/txt DC.Identifier = http://www.theatre-classique.fr/pages/documents/PALEFROI_PROLOGUE.xml DC.Source = https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k42214438 DC.Source.cote = BnF LLA YF-10549 DC.Language scheme = UTF-8 content=fr DC.Rights = Théâtre Classique, (creative commons CC BY-NC-ND) *************************************************************** PROLOGUE DE LA TRILOGIE 1888. Tous droits réservés. R. PALEFROI EVREUX, IMPRIMERIE DE CHARLES HERISSEY. PRÉFACE À mon Livre. Cher livre, objet de mon amour, Adieu ; tu vas courir le monde, Incognito. La terre est ronde : Mais tu n'en feras pas le tour. Je te souhaite un sort prospère ; Tâche de porter haut et loin Le nom de ton excellent père, Qui de tes jours prit tant de soin. Pour monter à la Renommée, But vertigineux des auteurs, Garde, ô mon oeuvre bien aimée, D'oublier qu'il faut des lecteurs. Cependant, prends le temps de faire Ton choix avec maturité, Et souviens-toi que je préfère A leur nombre, leur qualité. Prends-les donc au sortir de table : Du repas on connaît l'effet. Et l'esprit est plus charitable, Quand l'estomac est satisfait. Grâce à l'espoir qui m'accompagne, Je croirais le succès certain, S'ils avaient d'un peu de champagne Arrosé gaîment leur festin. C'est pour vous qu'il m'a plu d'écrire, Coeurs joyeux, esprits indulgents ; J'ai taché de vous faire rire : Tâchez de m'être encourageants. Quant aux natures malèvoles, Qu'elles jettent mon livre au vent : Qui ne rit pas aux choses folles, Y doit bailler le plus souvent. Allez, mes vers, enfants que j'aime ; Et si l'on vous trouve insensés, Vous m'aurez diverti moi-même : C'est quelque chose et c'est assez. 24 février 1878. PERSONNAGES. LE RÉGISSEUR. UN PHILOSOPHE. UN SCEPTIQUE. UNE DAME. LE PUBLIC. Texte extrait de "Théâtre Bizarre, trilogie fantaisiste", Paris, Paul Ollendorf, 1879. pp. 3-9 PROLOGUE DE LA TRILOGIE SCÈNE UNIQUE. LE RÉGISSEUR, en habit noir, s'avance vers le trou du souffleur et s'adresse au public. Mesdames et messieurs, c'est une trilogie, Qui, je le crois, vous paraîtra Par la bienséance régie ! LE PUBLIC. Oh ! Oh ! UN SCEPTIQUE. Je n'en sais rien ! UNE DAME. Commencez. UN PHILOSOPHE. On verra. LE RÉGISSEUR. L'auteur ne prétend pas sans doute, En présence d'un public si Distingué, cultivé, choisi ! Indiquer aux esprits quelle est la bonne route,Et, pour être plus sûr qu'on le comprendra bien, Vous exposer son plan sans en omettre rien. Il connaît votre intelligence ; Il sait que parmi vous on reconnaît partout Les arbitres de l'élégance, De la politesse et du goût. LE PUBLIC. Ah ! Ah ! LA DAME. Cette préface est assez bien écrite. LE PHILOSOPHE. Nous verrons. LE SCEPTIQUE. A-t-il du mérite ? LE RÉGISSEUR. L'auteur ! Écoutez-le plutôt : Vous m'en direz des nouvelles bientôt. Un seul détail me choque, et je vous prie D'écouter là-dessus ma dissertation. Il a pris la Grèce fleurie Pour théâtre de l'action. La Muse est là dans sa patrie, Et la source des chants jamais ne fut tarie De l'Eurotas au Panthéon. Les Grecs qu'il vous dépeint sont gens de connaissance Des juges, des soldats, des athlètes, des rois, Des philosophes, des bourgeois ; La justice, l'honneur, la force, la naissance, Le savoir et l'argent. ? Si je m'y connais bien, Et si je n'ai la cervelle fêlée, Voilà de quoi charmer une illustre assemblée. LE PUBLIC. Heu ! LA DAME. Bravo ! LE SCEPTIQUE. C'est douteux ! LE PHILOSOPHE. Je ne jure de rien. LE RÉGISSEUR. Or, si parfois quelque mot leste Vous pouvait induire à juger Que l'ouvrage est un peu léger, C'est que l'auteur, je vous l'atteste, L'aurait fait sans presque y songer. D'ailleurs, puisque ce sont des Grecs, pas de danger ! Nous les montrons, non pas tels qu'ils étaient, peut-être ; Mais tels qu'ils auraient bien fait d'être, Pour rendre leur âge joyeux. Tel critique au front soucieux Viendra dire à l'auteur : (l'avis est salutaire) « Monsieur, vous auriez pu vous taire. » Il aurait même pu, s'il l'avait aimé mieux, Écrire un traité des mystères, Ou bien faire parler, dans la langue des Dieux, Des colonels ou des notaires. Il ne l'a pas voulu : comme ont fait ses aïeux, Il tente de vous faire rire ; S'il ne se trompe pas, à vous de le lui dire. Donc s'il vous plaît d'imiter vos aînés, Votre faveur nous est acquise. Nous escomptons ici votre nature exquise,Et les talents dont vous êtes ornés. Les dames ont d'ailleurs leur éventail en guise De faux nez. LE PUBLIC. Eh ! Eh ! LA DAME. Ce sera gai ! LE PHILOSOPHE. Je l'espère. LE SCEPTIQUE. J'en doute. LE RÉGISSEUR. J'ai dit : maintenant nous allons Clore ces prémices trop longs. Mais avant d'achever, je veux, coûte que coûte, Vous détourner, par un dernier avis, D'un grand danger que j'entrevis : Gardez-vous, je vous en conjure, De regarder cette triple aventure Comme un exemple, et d'imiter chez vous Les sentiments, les actes, la natureDes Grecs imaginés par nous. Ce conseil, je le donne à tous : Bourgeois, magistrats, militaires. Avocats, financiers, notaires. Hommes de lettres, médecins, Fuyez, au nom de tous les saints. Cette tentation qui serait malfaisante. Mais, s'il me faut vous dire tout, C'est aux gens mariés surtout Que nous adressons la présente.Qu'ils ne se laissent pas tenter D'imiter Les gens de leur emploi que l'auteur représente ; Qu'ils veuillent bien se souvenir Qu'ils vont pour un moment vivre de poésie : Puissent-ils aussi se munir De finesse et de courtoisie ! La Muse par l'auteur choisie Étant bien loin, en vérité, De ressembler à la réalité. LE PHILOSOPHE. Vous la nommez ? LE RÉGISSEUR. La Fantaisie ! ==================================================