Notices biographiques d'auteurs, musiciens, comédiens

Notices biographiques des auteurs de théâtre tirées de l'ouvrage de M. de LERIS .- Dictionnaire portatif historique et littéraire des théâtres, concernant l'origine des différents théâtre de Paris.- Paris : Chez C.A. Jombert, M DCC. LXIII [1763]. (862 entrées)

Abeille-Auvray

ABEILLE (l'Abbé) [1648, Riez-en-Provence, 1718, Paris], Il se nommait Gaspard, naquit à Riez-en-Provence en 1648, était prieure de Notre-Dame de la Mercy, Secrétaire général de la province de Normandie, et attaché à la maison de Montmorency-Luxembourg, et à M. le Prince de Conti. Il fut reçu à l'Académie Française le 11 août 1704, et mourut à Paris le 22 mai 1718, âgé de soixante-dix ans. Il n'y a guère de genre de littérature où il ne se soit exercé. Ses ouvrages les plus connus sont ses tragédies d'Argélie [,reine de Thessalie, tragédie, 1648, BnF 8-YTH-1084] ; de Coriolan [, tragédie, 1676, BnF YF-8011] ; de Lyncée [, tragédie, 1681, BnF 8-RF-5367] ; de Soliman ; avec sa traduction de Justin. On lui attribue encore Crispin bel esprit [voir La Thuillerie] ; Hercule, La Mort de Caton ; et Silanus.

ABEILLE, neveu du précédent, a donné en 1712, au Théâtre français la Fille valet [5 septembre 1712 au Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain, non imprimée] ; on le dit aussi auteur d'une petite comédie intitulée Crispin jaloux [1713], qui n'a point été représentée. Sa fille est comédienne, et débuta sur le théâtre de la Comédie française, le 11 octobre 1742, par Climène dans Démocrite, et Mathurine dans Colin Maillard, mais elle ne fut point reçue.

ABRADAN. On connaît peu cet auteur ; il n'a fait que la bergerie de Mirtil, en 1602.

ACHARD (M) a fait en 1757, conjointement avec M. Quétant, l'opéra-comique intitulé le Quartier-Général, et ensuite les Précautions inutiles.

AIGUEBERRE (Jean du Mas d') [1692 - 1755,Toulouse]. Cet auteur était conseiller au parlement de Toulouse, il a fait trois pièces de théâtre, qui sont les Trois spectacles ; le Prince de Noisy, et Colinette. Il donna la première en 1729, et est mort au mois de juillet 1755, à Toulouse.

ALAIN (Robert) [1680,Paris - 1720]. Cet auteur était de Paris, et fils d'un sellier logé au coin des rues Dauphine et Christine. Il avait fait de bonnes études, et se destinait à l'état ecclésiastique, mais il changea d'idée, se fit recevoir sellier après la mort de son père, et prit sa boutique. Il ne discontinua pas cependant la culture des Belles-lettres ; une complexion délicate avec un peu trop de penchant pour les plaisirs furent cause qu'il mourut le 22 décembre 1720, âgé seulement de quarante ans. On a de lui en société avec Le Grand, la comédie l'Epreuve réciproque.

ALAIS (Jean), qui, comme l'on sait, voulut avoir sa sépulture dans le ruisseau de la rue Montmartre, près une des portes de l'église Saint-Eustache, en expiation d'un denier d'octroi qu'il avait obtenu sur chaque panier de poisson, était maître et chef des joueurs de Moralités et farces. Il en avait même composé plusieurs, qui furent récitées publiquement sur l'échafaud, et dont quelques-unes ont été imprimées.

ALARIUS (le Sieur), joueur de viole, qui a fait la musique instrumentale du Ballet des Tuilleries, en 1718.

ALBORGHETI. Voyez Pantalon.

ALEXANDRE (M), connu pour le violoncelle, a fait la musique de George et Georgette.

ALIOT (M). Cet auteur n'a encore donné au théâtre que le Muet par amour, et cette pièce ne fut même représentée qu'une fois en 1751.

ALISON. Nom de théâtre d'un acteur de l'Hôtel de Bourgogne, qui sous ce personnage remplissait ordinairement les rôles de servantes dans les pièces de bas comique, et ceux de nourrices dans certaines tragédies.

ALLARD (Marcellin) a donné en 1605, le Ballet en langage forézien.

ALLARD (Mademoiselle), une des bonnes danseuses de l'opéra où elle est depuis quelques années, pour les danses hautes, de caractères et de force.

ALLEAU a fait imprimer en 1718, dans ses oeuvres mêlées, une pastorale intitulée la Fête de l'Amour et de l'Hymem.

AMBLAINVILLE. Voyez BASIRE.

ANCHERES (Daniel), gentilhomme, né à Verdun, et vivant au commencement du dix-septième siècle : il paraît par une épître dédicatoire qu'il était attaché à Jacques I, roi d'Angleterre. Il n'a fait que la tragédie de Tyr et Sidon [BnF RESERVE 8-BL-14075], en 1608.

ANDRÉ (Charles) [1722,Langres - ], né à Langres en 1722, et perruquier à Paris, a fait imprimer en 1756 une pièce intitulée le Tremblement de terre, dans la préface de laquelle on apprendra quels sont ses talents pour le poésie et le genre dramatique.

ANEAU (Barthelemi). Nous ne savons rien de cet auteur, si ce n'est qu'i a fait en 1541 une pièce intitulée, Lyon marchand.

ANSEAUME (Louis) [1721-1784], de Paris, autrefois maître de pension ensuite sous-directeur, répétiteur et souffleur de l'opéra-comique, et à présent [en 1763] souffleur de la comédie italienne, a travaillé pour ces théâtres, où on prétend qu'il a donné seul ou en société, depuis 1754, Bertholde à la ville ; le Chinois poli en France ; le Monde renversé ; les Amants trompés ; la Fausse aventurière ; le Peintre amoureux de son modèle ; Le Docteur Sagrado ; le Médecin de l'amour ; Cendrillon ; l'Ivrogne corrigé ; les Epreuves de l'amour, opéras comiques : la Nouvelle Troupe ; l'Ile des fous ; le Dépit généreux ; Mazet ; le Milicien, comédies.

ANTIER (Marie) (???, Lyon - 1747, Paris). Cette célèbre actrice de l'opéra était née à Lyon ; elle vint débuter à Lyon en 1711, et charma d'abord tout le monde par la beauté et l'étendue de sa voix : s'étant formée ensuite sous Delle Rochois, elle parvint à un degré de perfection qui la fit admirer pendant près de trente ans dans les rôles majestueux de princesse, de divinité, de magicienne, etc. Elle quitta le théâtre en 1741, avec une pension de 1500 livres et comblée de présents de la Reine, du comte et de la comtesse de Toulouse, etc et mourut à Paris le 3 décembre 1747.

ARAIGNON (M) a donné en 1756, conjointement ave M. Clément, le Prix de l'amour.

ARLEQUIN, Voyez Carlin et Thomassin.

ARMAND (François Huguet). Cet excellent acteur de la Comédie française, dans les rôles de valets et autres comiques, débuta le 2 mars 1723, par le rôle de Pasquin dans l'Homme à bonne fortune, et fut reçu dans la troupe (dont il trouve actuellement le doyen), le 27 octobre de l'année suivante. Son fils aîné débuta au même théâtre le 11 octobre 1753, par le rôle de Bernardille dans les Vendanges de Suresnes, et n'ayant pas été reçu, il retourna jouer en province, et est actuellement à Vienne en Autriche.

ARNOUD (Melle), excellente actrice de l'opéra, où elle joue les premiers rôles tendres depuis quelques années, et avec beaucoup de succès.

AROUET DE VOLTAIRE (François-Marie) [1694,Paris - 1778-Paris], né à Paris le 20 novembre 1695, commença en 1718 sa carrière dramatique, par la tragédie OEdipe ; sa Henriade, ou poème de la Ligue, le fit connaître ensuite avec éclat. La vie de Charles XII, roi de Suède, son Essai sur l'Histoire universelle, nous ont fait voir en lui un excellent historien, enfin le plus grand nombre de ses ouvrages lui a fait un nom immortel. Il a eu le brevet de Gentilhomme ordinaire du Roi, d'historiographe de France, et de la Société Royale de Londres, de l'Académie Royale des sciences et belles-lettres de Prusse, et l'un des quarante de l'Académie française où il fut reçu en 1746. Ses pièces de théâtre sont, dans l'ordre chronologique, OEdipe ; Artémire; Hérode et Marianne ; L'Indiscret ; Brutus ; Eryphile ; Zaïre ; Adélaïde ; La mort de César ; Alzire ; L'Enfant prodigue ; Zulime ; Mahomet ; Mérope; La Princesse de Navarre ; Le Temple de Gloire ; Semiramis ; Nanine ; Oreste ; Samson ; Rome sauvée ; Pandore ; La Prude ; Le Duc de Foix ; L'Orphelin de la Chine ; L'Ecossaise ; Tancrède ; La Femme qui a raison ; Socrate ; L'Ecueil du Sage. Elles se trouvent toutes rassemblées, à l'exception d'Artmire, d'Eryphile, d'Adélaïde, de Zulime, et de La Princesse de Navarre, dans la dernière édition de ses oeuvres en vingt vol. in 8°. 1756 et années suivantes, qui contiennent encore le reste de ses ouvrages.

ARTHUS (le P.), jésuite, auteur de la tragédie de Benjamin, imprimée en 1749.

ASSEZAN. Voyez PADER.

AUBERT (Jacques). Il a été intendant de la musique de feu M. le Duc, et a fait celle de l'Opéra de la Reine des Paris. Il mourut au village de Belleville près Paris le 19 mai 1753.

AUBRY (Jean-Baptiste). Cet auteur était maître paveur ; il avait épousé Geneviève Béjart, veuve de sieur Villeaubrun, comédienne de la troupe du Palais-Royal, morte en juin 1675, dont il n'eut point d'enfants : il se remaria, et mourut en 1692. On a de lui deux pièces, qui dont Démétrius, et Agatocle.

AUDIERNE (M). Maître de mathématique à Paris. Dans l'intention d'obtenir des entrées en Théâtre français il donna en 1739, la Suivante désintéressée ; la Méprise, et le Marié égaré, mais ces pièces n'eurent point de succès ; il a composé quelques ouvrages de Mathématique.

AUDINOT (M). Bon acteur de l'opéra-comique, où il était depuis 1758, a donné une pièce intitulée le Tonnelier. C'est un excellent comique.

AUFFRAY (François), gentilhomme breton, qui donna en 1614, une pièce intitulée Zoantropie.

AUGE (Jean-Baptiste), fit imprimer à Dijon en 1717, une pastorale intitulée Doris.

AVISSE (Etienne) [1???-1747]. Cet auteur n'a travaillé que pour le Théâtre italien, où il a donné depuis 1730, le Divorce ; la Réunion forcée ; la Gouvernante ; le Valet embarrassé ; les Petits maîtres, et les Vieillards intéressés : les deux premières ne sont point imprimées. Il est mort en 1747.

AUNILLON (l'Abbé). On lui attribue la comédie des Amants déguisés, donnée en 1728.

AUTREAU (Jacques) [1659, Paris - 1745, Paris], était né à Paris en 1659, et y mourut le 18 octobre 1745. Il joignit au talent de la peinture celui de la composition, avait un style coulant et naturel ; et quoiqu'il n'ait commencé à travailler pour nos théâtres qu'en 1718, âgé de près de soixante ans, il a donné plusieurs pièces, qu'on a rassemblées depuis sa mort en quatre volumes in-12 et dont voici la liste ; le Port à l'anglais; l'Amante romanesque, ou la Capricieuse ; les Amants ignorants ; Panurge à marier ; la Fille inquiète, ou le Besoin d'aimer ; Démocrite prétendu fou; le Chevalier Bayard ; la Magie de l'amour; l'opéra de Rodope (non représenté) ; celui de Platée ; les Faux amis ; Panurge marié dans les espaces imaginaires ; les Fêtes de Corinthe : le Galant corsaire ; Mercure et Driope, et quelques poésies. Autreau était né misanthrope et faisait fort peu de cas de ce que les autres estiment ; et ce qui est moins ordinaire dans les hommes de son espèce, il ne s'estimait guère plus lui-même. Il exerça la peinture par besoin ; il cultiva la poésie par goût, et quoiqu'il ait fait de bons ouvrages dans l'un et l'autre genre, il est mort aux Incurables.

AUVRAY (Jean) [1590 - 1633], naquit en 1590 ; il se fit avocat au Parlement de Normandie, et mourut en 1633. Il a donné trois pièces assez médiocres, qui sont l'Innocence découverte ; Madonte, et la Dorinde. On apprend par l'avis au lecteur qui précède l'avant dernière, qu'il avait fait des poésies saintes, cependant ses écrits étaient fortement libres.

Baco-Brueys

BACO (M. Jean-Baptiste Pierre), né à Paris, et avocat, est l'auteur de la Mahonoise, comédie imprimée ne 1756.

BADON (Isaac-Jean), jésuite, né dans le diocèse de Montpellier, au mois de mai 1719, et professeur de rhétorique au collège de Toulouse, est auteur d'une tragédie intitulée Sinoris, donnée en 1756.

BAÏF (Lazare) [1??? - 1544]. Cet auteur naquit dans le Terre des Pins, proche de la Flèche, de parents nobles, et fut un des plus savants hommes du seizième siècle. Il était abbé, conseiller au parlement, et maître des requêtes. François Ier l'envoya ambassadeur à Venise en 1530, et le chargea ensuite de diverses commissions importantes. Il mourut en 1544, et a composé deux tragédies Electre et Hécube.

BAÏF (Jean-Antoine) [1532, Venise - 1592], était fils naturel du précédent, et d'une demoiselle vénitienne que son père avait connue dans le temps de son ambassade : il naquit à Venise en 1532, et avait établi, autorisé par des lettres patentes, une espèce d'académie des beaux esprits et de musique dans sa maison, sise au faubourg Saint Marceau, où le roi Henri III alla plusieurs fois. C'était un poète fort médiocre : il mourut en 1592. Nous avons de lui l'Eunuque ; le Brave (attribuées mal à propos par quelques auteurs à Lazare Baïf), et Antigone : outre la Médée d'Euripide ; les Trachinies de Sophocle ; le Plutus d'Aristophane, et l'Heutontimorumenos de Térence, qui ne nous sont parvenues qu'en manuscrit.

BAILLERE (M), de Paris, auteur du Deucalion et Pirrha, et du Rossignol, opéras-comiques et le Retour du printemps ; Zéphire et Flore, pastorales (ces pièces ont été représentées à Rouen en 1751), et la Guirlande, opéra-comique.

BAILLY (M). Garde des tableaux du roi, auteur des la parodie d'Arminde, donnée en 1725, de celle de Bolan, et de Momus censeur des théâtres ; du Triomphe de l'hymen, et du Temple du Destin, opéras-comiques.

BALETTI. Voyez Silvia, et Flaminia.

BALICOUR (Marguerite-Thérèse de), ancienne actrice du Théâtre français où elle débuta le 19 novembre 1727, par le rôle de Cléopâtre dans Rodogune, et fut reçue le 27 décembre suivant. Elle remplissait avec l'approbation universelle les rôles de reines mères, et quitta le théâtre le 22 mars 1738, avec la pension de 1000 livres dont elle a joui jusqu'à sa mort, arrivée le 4 août 1743.

BANZY, auteur du Ballet de Villeneuve Saint-Georges.

BARANGUÉ donna au théâtre en 1747 la comédie d'Aphos, et mourut en 1755 : il était de Rouen.

BARAN (Henri de), auteur, dont on ne connaît rien que la tragi-comédie de l'Homme justifié par la foi, donnée en 1554.

BARANTE (Claude-Ignace Brugière de), avocat à Riom en Auvergne, a donné à l'ancien Théâtre italien, Arlequin défenseur du beau sexe ; la Fontaine de sapience ; la Fausse coquette ; le Tombeau de maître André ; la Thèse des dames, et Arlequin misanthrope.

BARBIER (Melle) [16?? - 1743, Paris], était native d'Orléans, et se nommait Marie-Anne. Elle a composé des tragédies d'Arie et Patrus ; de Cornélie, mère des Gracques ; de Tomyris [BnF Ars. GD-22470], et de la Mort de Jules César ; une petite comédie intitulée le Faucon ; et trois opéras savoir, les Fêtes de l'été ; le Jugement de Pâris et les Plaisirs de la campagne. Sa liaison avec l'Abbé Pelegrin a fait regarder ce dernier comme le principal auteur de tous les ouvrages qu'elle donnait. Elle est morte à Paris en l'année 1745 dans un âge très avancé. On lui connaissait encore une tragédie de Joseph, mais elle n'a pas vu le jour.

BARBIER. Cet auteur était avocat à Lyon. Il vivait au commencement de ce siècle [XVIIème NdR], et a donné les comédies suivantes : la Vengeance de Colombine ; les Eaux de mille fleurs ; l'Opéra interrompu ; la Fille à la mode ; l'Heureux naufrage, et les Soirs d'été. Ces six pièces ont été imprimées à Lyon, et réunie dans un volume.

BARBIER (M), jeune homme de vingt-six ans, qui a fait une tragédie de Cyaxare, reçue par les comédiens français en 1749, et déjà connu par un ouvrage publié aussi en 1749, sous le titre de Pensées diverses ou Refléxions sur l'esprit et sur le coeur. Il est né à Vitry-le-François.

BARET (M). Auteur d'une pièce intitulée les Colifichets, imprimée en 1751, et d'une autre sous le titre de l'Amant supposé, et représentée en 1760.

BARNET (Jean). Cet auteur était Lorrain, conseiller et secrétaire du Duc de Lorraine. Nous lui devons la publication d'une tragédie de la Pucelle d'Orléans, en 1581, qui était de FRONTON du DUC.

BARO (Balthazar) [1600, Valence - 1650], de l'Académie française naquit à Valence en Dauphiné en 1600. Il fut d'abord secrétaire d'Honoré d'Urfé, lequel étant mort comme il achevait la quatrième partie d'Astrée, laissa ses mémoires à Baro, qui continua la cinquième, et c'est son plus grand et principal ouvrage. Il fut depuis gentilhomme de Mademoiselle de Montpensier, et sur la fin de sa vie il obtint deux offices de nouvelle création, l'un de procureur du Roi au présidial de Valence, et l'autre de trésorier de France à Montpellier. Il mourut en 1650, âgé d'environ cinquante ans, laissant des enfants de la soeur de son hôtesse, qu'il avait épousée. Baro avait commencé à travailler dans le genre dramatique en 1629, et nous a laissé dix pièces qui sont dans l'ordre chronologique : Célinde ; Clorise ; Cloreste ; Saint Eustache ; Clarimonde ; Parthénie, Le prince fugitif ; Cariste, ou les Charmes de la beauté ; Rosemonde, et l'Amante vindicative.

BARON (Michel), Le Roscius de notre siècle, ayant joint aux grands talents de la représentation ceux de la composition, mérite que l'on s'étende un peu sur lui et sur sa famille. Son père, Michel Boyron, dit BARON, excellent comédien de la troupe de l'Hôtel de Bourgogne, pour le tragique, était natif de la ville d'Issoudun dans le Berry, où son père était marchand mercier : son genre de mort est remarquable. En faisant le rôle de Dom Diegue dans le Cid, son épée lui tomba des mains, comme la pièce l'exige, et la repoussant du pied avec indignation, il en rencontra malheureusement la pointe, dont il eut le petit doigt piqué. Cette blessure fut d'abord traitée de bagatelle ; mais la gangrène qui y parut exigeant qu'on lui coupa la jambe, il ne voulut jamais souffrir. "Non, non, dit-il, à ce que l'on rapporte, un roi de théâtre se ferait huer avec une jambe de bois", et il aima mieux attendre doucement la mort, qui arriva le 6 ou le 7 octobre 1655.
La mère de Baron était aussi comédienne de la même troupe, et si belle femme, que l'on raconte que lorsqu'elle se présentait pour paraître à la Toilette de la Reine, sa majesté disait aux Dames qui étaient présentes : "Mesdames, voici la Baron", et aussitôt elles prenaient la fuite. Elle mourut à Paris au mois de septembre 1662.
Leur fils, notre célèbre acteur, étant resté orphelin à l'âge de huit ans et ses tuteurs ayant mangé la meilleure partie de son bien, entra d'abord dans une troupe de petits comédiens qui jouaient à la Foire Saint-Germain, et qui attiraient tout Paris : on les appelait Les petits comédiens Dauphins, parce qu'ils avaient représenté à la Cour pendant l'enfance de Monseigneur le Dauphin, aïeul du Roi. La troupe de Molière ayant eu permission de s'établir à Paris, le jeune Baron y fut placé, comme on l'a dit, en parlant du Théâtre de la Raisin, à la tête de cet ouvrage. Ce fut sous cet excellent maître qu'il développa les dons singuliers qu'il avait reçus de la nature, et fit apercevoir quelle serait un jour la supériorité de ses talents ; mais il le quitta bientôt pour aller courir la province. Il revint ensuite s'achever de former sous son cher maître, et brilla sur le Théâtre du Palais-Royal jusqu'après la mort de Molière, qu'il se mit dans le troupe de l'Hôtel de Bourgogne, où il joua toujours les premiers rôles, avec les grâces nobles et naturelles qui lui ont fait une si grande réputation. En 1680, la troupe de l'Hôtel de Bourgogne s'étant jointe par ordre du Roi à celle de Guénégaud, Baron y passa avec les autres, et y a toujours représenté les rôles les plus brillants, et avec le même art, jusqu'en octobre 169, qu'il quitta la théâtre, avec une pension de 3000 livres que le Roi lui faisait. Le vrai motif de cette retraite était qu'il traitait d'une charge de Valet de chambre de Sa Majesté, qui lui en refusa l'agrément. Après vingt neuf années de vie privée, il reparut sur la cène le 10 avril, mercredi d'après la quinzaine de Pâques 1720. Loin que ses talents parussent affaiblis par le non-usage, au contraire ils semblèrent s'être perfectionnés, et sa vieillesse même donnait des convenances à des rôles où la maturité sied ; il ne lassait pas cependant d'en jouer de jeunes, dont il s'acquittait très bien, malgré la disproportion de l'âge de l'acteur avec celui du personnage. Il a continué de jouir des applaudissements publics jusqu'au 3 septembre 1729, qu'en représentant le rôle de Venceslas, après avoir prononcé ce vers de la première scène :

Si proche du cercueil où je me vois descendre.

Il se trouva si mal de son asthme, qu'il ne put continuer. Il mourut à Paris le 22 décembre 1729, après avoir reçu de les sacrements de l'église, et fut inhumé dans l'église Saint-Benoît sa paroisse, sa demeure étant dans une belle maison à lui appartenant à l'Estrapade. On ne pouvait marquer positivement quel était son âge, ayant toujours été sur ce point aussi mystérieux qu'une coquette. Après sa mort on produisit son extrait baptistaire du mois d'octobre 1653, ce qui ne lui donnerait que soixante-seize ans et deux mois ; on lui attribuait cependant plus de quatre-vingt ans, et il y a même quelques auteurs qui ont jeté du doute sur cet extrait baptistaire. Baron se piquait de littérature, et avait un cabinet de livres choisis. Il a donné plusieurs pièces de théâtre, dont on prétend qu'il n'était que le prête-nom : ces comédies, qui se trouvent imprimées en deux et 3 volumes in-12 sont, le Rendez-vous des Thuilleries ; l'Homme à bonne fortune ; les Enlèvements ; la Coquette ; le Jaloux ; l'Andrienne ; et l'Ecole des pères, ou les Adelphes. On lui attribue encore le Débauché ; les Fontages maltraitées, et la Répétition.
Michel Baron avait épousé Charlotte Le Noir, soeur de la Thorillière et de la Demoiselle Dancout. De ce mariage il eut Etienne Baron, qui mourut dans le mois de décembre 1711, dans la fleur de son âge : c'était un jeune comédien, beau, bien fait, et dont les talents commençaient à se perfectionner ; mais un amour trop ardent pour le plaisir en priva le public. Il avait, dès 1688, joué d'original le rôle du jeune Attilius dans la tragédie de Régulus, et débuté ensuite après Pâques en 1695, et fut marié à Catherine Vondrebeck, fille de la Morice, directrice des spectacles de la Foire ; dont il a laissé un fils et deux filles ; l'une dénommée Mademoiselle de la Traverse, qui débuta au théâtre le 8 ou 10 octobre 1730, par le rôle de Phèdre, fut reçue le 26 février 1731, s'en retira en juillet 1733, et épousa M. Bachelier, l'un des valets de chambre du Roi, dont elle est veuve : et l'autre nommée Mademoiselle Desbrosses, qui ne fit que paraître au théâtre en octobre 1729, s'en étant retirée au mois de mai 1730, mais qui y remonta en décembre 1736, et mourut six ans après.
Le fils se nomme François Baron. Il avait été reçu au Théâtre français le 15 septembre 1741, s'en retira avec la pension de 500 livres le premier janvier 1755, et est actuellement Caissier général des spectacles.

BARQUEBOIS. Voyez Robbe.

BASIRE (Gervais) d'Amblainville, auteur d'Arlette, et de la Princesse, en 1627 ; et de Licoris, en 1631. C'est tout ce qu'on connaît de lui.

BASSECOURT (Claude), natif de Ham en Hainaut, n'a fait dans le genre dramatique que Milas, en 1594.

BARTHE (M.), de l'académie des Belles lettres de Marseille, a donné au Théâtre français en 1764, une petite comédie intitulée l'Amateur, et ensuite les Fausses infidélités.

BASTIDE (Jean-François de), fils du Lieutenant Criminel de Marseille, où il naquit le 15 juillet 1724, et petit-neveu de l'Abbé Pellegrin, est connu par beaucoup de romans pleins d'esprit, son Nouveau spectateur, etc. Il fit imprimer en 1750 une comédie intitulée le Dés[e]nchantement inespéré [BnF 8-RF-7855 de 1749], et a fait depuis l'Epreuve de la probité [BnF 8-YTH-6109]; les Extrêmes ; Clémentine ; les Deux Talents ; et les Caractères de la musique, opéra. On a annoncé par erreur dans différents livres, plusieurs de ses ouvrages sous le nom de M. de la Bastide, et on l'a qualifié même quelquefois d'Abbé.

BATISTIN (Jean-Baptiste STUK), musicien allemand d'origine, né à Florence, qui a fait les opéras de Méléagre, de Manto ; la Fée, et de Polydore. Il est mort en 175...

BAUDEAU (M). Nous ne connaissons de cet auteur que le Printemps de Genève, donné en 1738 [BnF 8-YTH-14738].

BAUGÉ. (Daniel-Paul CHAPUSEAU de), né à Lyon, était fils d'un ministre de la prétendue Religion réformée. Il avait même été protestant. En abjurant les erreurs de Calvin, il prit le petit collet, dans l'espérance d'obtenir quelque bénéfice : mais cette route lui paraissait longue et incertaine, il abandonna l'état ecclésiastique et les muses ; se maria, et par le crédit de la famille de sa femme, il fut admis dans plusieurs sous-Fermes, qui lui produisirent une fortune assez considérable pour lui facilité l'acquisition d'une charge de secrétaire du Roi dans laquelle reçu le 18 septembre 1693. Il est l'auteur de l'opéra de Coronis, représenté en 1691, et mourut vers 1739. Voyez Chapuseau.

BAURANS (M), du Languedoc, a donné en 1754 la Servante maîtresse, et ensuite le Maître de musique. Le fonds de la comédie Pygmalion, joué en 1741, est aussi de lui, à ce qu'on prétend.

BAUTER. Voyez Méliglosse.

BEAUBOURG [1662 - 1725]. Ce comédien se nommait Pierre Tronchon, et avait épousé la fille de la Demoiselle Beauval, grand comédienne. On prétend qu'il avait été valet de son beau-père et il succéda à Baron, quand celui-ci se retira en 1691, et fut goûté du public, quoique sujet à confondre les beaux endroits d'une pièce avec les moindres, qu'il déclamait avec un égal enthousiasme, et d'une manière forcée, ce qu'il corrigeait cependant avec beaucoup d'âme. Le Joueur était son rôle brillant. Beaubourg quitta le théâtre le 3 avril 1718, et mourut à Paris le 27 décembre 1725, âgé de soixante trois ans, dans de grands sentiments de piété. Sa femme, qui s'était retirée dans le même temps que lui, a vécu jusqu'au 11 juin 1740. Elle jouait les confidentes tragiques.

BEAUBREUIL (Jean de) ; Il était avocat au présidial de Limoges, et a fait des poésies latines et françaises. Nous avons en outre de lui une tragédie Regulus, donnée en 1582.

BEAUCHAMPS (Pierre-François Godard de) [1689, Paris - 1761] , parisien , mort le 12 mars 1761, âgé de soixante-douze ans. Cet auteur a fait pour le théâtre italien depuis le mois de février 1721, le Parvenu ; la Soubrette ; Arlequin amoureux par enchantement ; le Jaloux ; le Portrait ; les Effets du dépit ; les Amants réunis ; le Bracelet ; la Mère rivale, et la Fausse inconstance. Il a aussi composé les vers du Ballet des Tuilleries, et a de plus donné au public les Recherches sur les théâtres de France, quelques romans, et une traduction en vers des lettres d'Eloïse et d'Abelard, et autres ouvrages.

BEAUJOYEULX (Balthazar de), valet de chambre du roi Henri III, et de la reine-mère, composa en 1581 les paroles du Ballet-comique de la Reine.

BEAULIEU. Voyez Rosiers.

BEAUMANOIR (le P. de), Jésuite, professeur de Rhétorique au Collège d'Aix-en-Provence, et auteur d'une pièce intitulée le Génie tutélaire, donnée en 1756.

BEAUMARCHAIS (Pierre Augustin Caron de) [1732, Paris - 1799, Paris], voir la notice Wikipedia.

BEAUMAVIELLE [16?? - 1688] , fut un des premiers musiciens que Lully fit venir du Languedoc, lors de l'établissement de son opéra en 1672 ; il avait une basse taille des plus parfaites, et était d'ailleurs le premier acteur de son temps. Il mourut vers 1688, et fut remplacé par Thevenard.

BEAUMENARD (la Demoiselle). Cette actrice de la troupe française, pour les rôles de premières soubrettes, avait paru à l'opéra-comique da la Foire Saint-Germain 1743, avec beaucoup de succès : en 1744, elle quitta ce spectacle et s'engagea dans différentes troupes de province. Elle vint ensuite débuter d'abord à la Cour le 11 mars 1749, par Finette dans Menechmes; et à Paris, le 17 avril suivant, par Dorine dans le Tartuffe. Elle fut reçue le 24 octobre de la même année, quitta le théâtre à Pâques 1756, y remonta le 1er avril 1761, et épousa le sieur Bellecour.

BEAUREGARD, auteur d'une comédie du Docteur extravagant, représentée en 1684. On ne sait rien autre de lui.

BEHOURT (Jean). Cet auteur était régent au collège des Bons-Enfants de Rouen ; outre Polixène ; Hypsicratée, et Esaü ; qu'il a donné au théâtre en 1597 et l'année suivante, il a composé le Rudiment connu sous le titre du Petit Béhourt.

BÉJART (Armande-Greinde-Claire-Elisabeth). Cette actrice épousa en première noces Molière, et en secondes Guérin Détriché : elle était très aimable, jouait supérieurement dans le comique noble, et chantait avec des grâces et un goût qui lui ont attiré dans son temps autant d'adorateurs que d'applaudissements. Elle quitta le Théâtre le 1' octobre 1694, et mourut le 3 novembre 1700. La demoiselle Béjart sa mère, qui avait épousé en secret le sieur de Modène, était aussi comédienne, jouait les soubrettes et les rôles ridicules, et mourut en 1672. Voyez encore Aubry.

BELIARD (M. François), horloger à Paris, a fait imprimer en 1763, une comédie intitulée, la Nouvelle fausse suivante.

BELIARD (Guillaume), né à Blois, était secrétaire de la Reine de Navarre, en 1578, et n'est connu d'ailleurs que par une tragédie de Cléopâtre, et une Aminte.

BELIN. Cet auteur était de Marseille, secrétaire et bibliothécaire de la duchesse de Bouillon, et nous avons de lui trois tragédies, la Mort d'Othon ; Vononez, et Mustapha et Zeangir, données depuis 1699. Il mourut à Paris peu de temps après les représentations de sa dernière pièce.

BELLAUD (Jean-Baptiste), provençal, est auteur de la bergerie de Phaéton, en 1574.

BELLAVOINE. Cet auteur n'a travaillé que pour les théâtres de la Foire, où il donna au commencement de ce siècle [XVIIIème (NdR)], Sancho Pança, et plusieurs autres pièces dont on ignore les titres.

BELLEAU (Remy) [1528, Rouen - 1577, Paris], naquit en 1528 à Nogent-le-Rotrou, au Perche. Il suivit dans sa jeunesse, à l'expédition de Naples, René de Lorraine, Marquis d'Elboeuf, général des galères. Ce prince content de sa conduite et de ses talents, se l'attacha, et lui confia quelque temps après l'éducation de son fils. Il a fait plusieurs ouvrages qui furent estimés ; nous avons de lui entres autres une comédie intitulée la Reconnue. Il mourut Paris le 6 mars 1577, et fut enterré dans le choeur de l'église des Grands Augustins.

BELLECOUR (le sieur Colson, dit), avait appris à peindre, et était élève de M. Carle Wanloo. Son goût pour le théâtre lui fit quitter ce premier talent : il débuta à la Comédie française le 21 décembre 1750, par le rôle d'Achille dans Iphigénie, et fut reçu le 24 janvier 1752. Il joue présentement, et avec beaucoup de succès, les premiers rôles dans le comique. Il donna en 1761 une pièce intitulée les Fausses apparences, et épousé la Demoiselle Beaumenard, bonne actrice du même théâtre.

BELLEFOREST (François de) [1532 - 1583, Paris], auteur de la pastorale de Pyrenie, en 1571. Il était gentilhomme du Comté de Comminges, et mourut à Paris le premier janvier 1583, âgé de cinquante trois ans. On a de lui plusieurs ouvrages sur l'Histoire de France.

BELLEROSE [16?? - 1670]. Ce comédien se nommait Pierre Le Messier ; il était déjà à l'Hôtel de Bourgogne en 1629, et en devint ensuite le chef. Il brillait dans les premiers rôles tragiques et comiques, et joua d'original ceux de la plus grande partie des pièces de Corneille ; il était cependant un peu trop affecté. Il quitta le théâtre en 1643, et mourut au mois de janvier 1670.

BELLIS (M). On lui attribue, en société avec M. Roy, le Temple de Gnide, donné en 1741.

BELLONE (Etienne), Auteur de la tragédie des Amours d'Alcméon, en 1600. Il était de Touraine, et c'est tout ce qu'on en sait.

BELLOY (M. Buyrette de), s'était destiné au barreau que le genre dramatique lui a fait abandonner : il est auteur de la tragédie de Titus, donné en 1759, et de celle de Zelmire.

BENEZIN. Il nous est parvenu de cet auteur que la pastorale de Luciane, imprimée en 1634, et que l'on ne trouve que très difficilement. On prétend cependant qu'il avait fait aussi une pièce intitulée Aminte.

BENOZZI. Voyer DOCTEUR.

BENSERADE (Isaac de) [1612, Lyons-le-Forêt - 1691 Gentilly], né en 1612 à Lyons[-le-Forêt], proche Rouen, était, à ce qu'ont prétendu quelques autres, d'une noble famille de Normandie, issue d'un grand maître de l'artillerie sous Louis XIII et alliée au cardinal de Richelieu. Il naquit dans la religion réformée ; mais il n'y fut élevé, car il n'avait pas encore sept ans lorsque son père se fit catholique. Le jeune Bensérade fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique ; mais son amour pour la Bellerose, comédienne, lui fit, dit-on, changer de dessein. Il se fit connaître à la Cour par ses railleries fines, innocentes et agréables, qui lui attirèrent l'estime et l'amitié de tout le monde, avec la protection du cardinal de Richelieu, et de celui de Mazarin, qui lui firent obtenir différentes pensions. Il fut reçu à l'Académie française en 1674. Son sonnet Job et celui d'Uranie par Voiture, partagèrent la Cour et la ville. Bensérade mourut le 19 octobre 1691, âgé de soixante-dix-huit ans, ayant eu l'artère coupée dans une saignée de précaution pour se préparer à se faire tailler. Outre les Métamorphoses d'Ovide en rondeaux, qui est son moindre ouvrage il a laissé vingt et un ballets, rapportés dans ce dictionnaire, et six tragédies qui sont Cléopâtre ; Iphis et Iante ; La mort d'Achille ; Gustaphe ; Méléagre, et la Pucelle d'Orléans. Il excellait surtout dans les vers du ballet, mêlant aux descriptions des Dieux et des Déesses, des peintures allégoriques, vives et ressemblantes des personnes de la Cour. Sa vie composée par l'Abbé Tallemant, de l'Académie française, est imprimée à la tête de ses oeuvres, recueillies en deux volumes in 12. On peut aussi consulter à son sujet le Dictionnaire de Bayle.

BERRARD, Voyez Deschamps.

BERNARD (Catherine), alliée à MM. Corneille, et née à Rouen dans la religion prétendue réformée, qu'elle abjura en 1685. Elle a fait les jolis romans d' Eléonor d'Ivrée, et du Comte d'Amboise, et obtint une pension du Roi de 600 livres qu'elle a conservée jusqu'à sa mort arrivée à Paris en 1712. Elle était fort liée avec Fontenelle, et l'on a prétendu, avec assez de vraisemblance, qu'il avait eu part à ses deux tragédies qui sont Léodamie et Brutus, et même à ses autres ouvrages. Cette illustre demoiselle avait remporté plusieurs fois le prix de l'Académie française, et s'acquit beaucoup de réputation par ses jolis vers. Ce fut, dit-on, Madame de Pontchartrain, qui l'aimait beaucoup, et qui lui faisait même une pension, qui la détourna de continuer à travailler sur le théâtre.

BERNARD (M), du Dauphiné, secrétaire général des Dragons, et garde des livres du cabinet du Roi, à Choisy, est célèbre par plusieurs poésies pleines d'agrément ; mais on ne connaît de cet auteur, dans le genre dramatique, que les paroles de l'opéra de Castor et Pollux, donné en 1737, et celles des Surprises de l'Amour.

BERNIER (François), sieur de la Brousse, vivait au commencement du siècle dernier [XVIIème NdR]. Il nous est parvenu de lui, l'Embrion romain, et l'Heureux infortuné, outre deux bergeries. Il était du Poitou.

BERTAUD (M). Il était frère ou neveu de Mme de Motteville ; on n'a de lui qu'une comédie intitulée le Jugement de Job et d'Uranie, imprimée en 1654.

BERTHON (M), de l'Académie royale de musique, et auteur de celle de l'opéra de Deucalion et Pirrha, avec M. Giraud ; il a fait aussi de la musique nouvelle dans plusieurs endroits de l'opéra de Camille, lors de la reprise qu'on en fit en 1761, dans Iphigénie en Tauride, et dans plusieurs autres opéras.

BERTIN, maître de clavecin des princesses d'Orléans, a fait la musique de l'opéra de Cassandre, avec Bouvard : et celle de Diomède : d'Ajax ; du Jugement de Pâris, et des Plaisirs de la campagne, seul. Il est mort en 174... .

BERTINAZZI. Voyez Carlin

BERTRAND (François), avocat, né à Orléans, à qui l'on attribue la mauvaise tragédie de Priam, donnée en 1600.

BETHIZY (M). né à Dijon. On connaît de ce maître de musique l'opéra de l'Enlevement d'Europe, dont il a fait les vers et la musique, et qui fut donné au concert de la Reine en 1739. Il a publié depuis quelques années une bonne méthode pour apprendre la musique.

BEYS (Charles), s'appliqua à la poésie dès l'âge de quinze ans, et commença à travailler pour le théâtre en 1635. En 1646, il reçut ordre de Louis XIII, de composer un poème épique sur ses campagnes, ce qu'il exécuta. Il fut soupçonné d'avoir écrit contre le Gouvernement, et mis à la Bastille ; mais son innocence a été reconnue, il en sortit bientôt. On sait qu'il était fort adonné au vin. Il mourut à Paris le 26 septembre 1659. Ses pièces dramatiques sont, dans l'ordre qu'elles ont paru, l'Hôpital des fous ; le Jaloux sans sujet ; Céline, ou les frères rivaux ; l'Amant libéral, ou les Fous illustres. On lui attribue encore une Comédie des chansons.

BEZE (Théodore de). Cet auteur a fait en 1552 une tragédie intitulée Abraham sacrifiant. Tout le monde connaît ce fameux ministre, l'une des principales colonnes de la religion réformée. Il mourut à Genève en 1605, âgé de plus de quatre-vingt-six ans.

BIANCOLLELI. Voyez Dominique et Lalande.

BIBIENA (Jean Galli de), a donné en 1762, la Nouvelle italie. Il était déjà connu par plusieurs petits romans.

BIDARD, auteur d'une tragédie d'Hippolyte, donnée à Lille en 1675.

BIDOT (M). Avocat au parlement de Paris, a donné au théâtre, en 1754, l'Amant déguisé.

BIELFELD (M. le Baron de). Ce seigneur allemand, distingué par son mérite, a composé quatre pièces de théâtre en français, qui sont, le Tableau de la Cour ; la Matrone ; Emilie, ou le Triomphe du mérite, et le Mariage : elles ont été représentées dans sa patrie, et furent rassemblées en un volume in-12 en 1753.

BIENVENU (Jacques). Cet auteur était protestant, et n'est connu que par la tragédie du Triomphe de Jésus-Christ, imprimée à Genève en 1562.

BIÈVRE (François-Georges) Maréchal, marquis de [1747, Paris - 1789, Bavière]. [Cet auteur est absent du dictionnaire Leiris], auteur d'une tragédie Vencingentorixe, auteur de l'article "Calembour" dans l'Encyclopédie.

BILLARD (Claude) [1550-1623], sieur de Courgenay, avait été Page de la Duchesse de Retz. On ignore le temps de sa naissance et celui de sa mort : il était du Bourbonnais, commença à travailler pour le théâtre en 1607, et avait une grande opinion de son mérite. Il devait donner un poème épique de treize mille vers, sous le titre de l'Eglise triomphante ; mais il n'a pas été imprimé. Ses pièces sont dans l'ordre chronologique, Gaston de Foix ; Mérovée ; Polixene ; Panthée ; Saül ; Alboin ; Genevre, et la Mort de Henri IV. Elles furent imprimées in-8 à Paris, chez Langlois, en 1610 [BnF YF-2074].

BINET (Claude), vivait encore en 1577. Nous avons de lui une tragédie de Médée donnée cette même année.

BISSON (Jeanne), de la Coudraye. Nous avons de cette dame une tragédie de Saint Jean-Baptiste, qu'elle fit imprimer en 1703 [BnF Ars 8-BL-13960, Le Martyre ou la Décolation de Saint Jean, tragédie].

BLAINVILE (le sieur N... Fromentin), né à Gonesse près Paris, était maître de pension de cette ville, lorsqu'il débuta au Théâtre français le 3 septembre 1757, par le rôle de grand-prêtre dans Athalie, et continua par Palamède dans Electre, et Lusignan dans Zaïre. Il fut reçu en 1758, et joue les rôles de pères.

BLAISEBOIS. Cet auteur n'est connu que par une tragédie de Sainte Reine, qu'il fit imprimer à Autun en 1686.

BLAMONT (François Colin de), né à Versailles le 22 novembre 1690, et mort le 14 février 1760, surintendant de la musique du roi, et maître de celle de la Chambre, fut reçu chevalier de Saint-Michel le 8 mai 1751. il avait mis en musique, depuis 1723, les opéras suivants : les Fêtes grecques et romaines ; Endimion ; la Fête de Diane ; Zephire et Flore ; les Fêtes de Thétis, et Jupiter vainqueur des Titans ; ce dernier conjointement avec M. Bury son neveu.

BLANBEAUSAULT (J. D. L. sieur de), auteur de l'Instabilité des félicités amoureuses, et de la Goute, en 1605.

BLAVET (M), surintendant de la musique de M. le comte de Clermont, ordinaire de cette de la Chambre du Roi, et de l'Académie royale de musique, connu par son talent supérieur à jouer de la flûte traversière, a composé la musique de plusieurs petits opéras, tels que le Jaloux corrigé ; les Jeux Olympiques ; la Fête de Cithère.

BLONDEL de BRIZÉ (M. Pierre-Marin), a donné en 1744, une comédie intitulée les Combats de l'Amour et de l'Amitié.

BOINDIN (Nicolas) [1676, Paris - 1751, Paris], était né à Paris le 29 mai 1676, et y mourut le 30 novembre 1751, associé vétéran de l'Académie royale des Inscriptions. Il avait été procureur du Roi au bureau des finances de la Généralité de Paris, avait beaucoup d'esprit, et parlait bien, mais avec trop d'emphase ; ce qui fait que Rousseau a dit de lui dans un de ses sonnets :

Mais Dieu préserve mon ouïe

D'un homme d'esprit quim'ennuie,

J'aimerais cent fois mieux un sot.

Il a fait pour le théâtre, depuis 1701, les Trois gascons ; le Bal d'Auteuil ; la Matrone d'Ephèse, et le Port de la mer [voir BnF HdJ 84/33 BOIN 4 quat]: la première et ces deux dernières conjointement avec de La Motte. la dernière édition de ses oeuvres, donnée par M. Parfaict, en 1753, en deux volumes. [BnF Z-27525].

BLONDY, l'un des plus beaux danseurs qui aient paru à l'Opéra, était neveu et élève du fameux Beauchamps, compositeur des ballets de Louis XIV. Il succéda en avril 1729 à Pécourd, pour la composition des ballets de l'Académie royale de musique, dont il s'est acquitté avec applaudissements jusqu'en 1747, qu'il mourut le 13 août, âgé de près de soixante-dix ans.

BOISFRANC (de). Nous ne connaissons rien de cet auteur, si ce n'est la pièce intitulée les Bains de la Porte Saint-Bernard, donnée en 1696 [Voir Le Théâtre italien, BnF 16-YD-883 (1)].

BOISMORTIER (M), connu avantageusement par un grand nombre de symphonies, a mis en musique, depuis 1736, les opéras des Voyages de l'Amour ; de Dom Quichotte , et de Daphnis et Chloé.

BOISROBERT (François LE METEL, sieur de) [1592, Caen - 1662, Paris], né à Caen en 1592, fils du procureur de la Cour des Aides de Rouen, et frère de d'Ouville, était abbé de Chatillon-sur-Seine, fut conseiller d'Etat, et l'un des quarante de l'Académie française : il se poussa par son esprit, eut la faveur du cardinal de Richelieu, auquel il avait eu l'art de plaire par son génie naturellement tourné à la plaisanterie, et qu'il divertissait en lui rapportant toute les petites nouvelles de la cour et de la Ville. Il mourut à Paris le 30 mars 1662, âgé de soixante-dix ans. Boisrobert a donné diverses poésies, de jolies chansons, des lettres, et les vingt et une pièces de théâtre suivantes, rangées selon leur rang d'ancienneté ; Pirandre et Lisimène ; les Rivaux amis ; Alphedre ; les Deux Alcandres ; Palene sacrifiée ; le Couronnement de Darie ; Didon ; l'Inconnue ; la Jalouse d'elle-même ; la Folle Gageure ; les Trois Orontes ; Cassandre ; la Belle Plaideuse ; les Généreux ennemis ; la Belle invisible ; les Coups d'Amour et de Fortune ; Théodore ; l'Amant ridicule, et les Apparence trompeuses. On lui attribue encore Dom Bernard de Cabrere, Periandre, et la Vérité menteuse.

BOISSIN (Jean) de GALLARDON commança à travailler pour le théâtre en 1617. Les pièces qu'il a composées sont les Martyres de Sainte-Catherine, de Saint-Eustache, de Saint-Vincent, La Perséenne ou Andromède [et Phinée] [BnF Res-YF-3741]; Méléagre et les urnes vivantes. On lui attribue aussi La Conquête du sanglier de Calidon, qui vraisemblement doit être la même chose que Méléagre. [Voir BnF YF-2042]

BOISSY (Louis de) [1694, Vic - 1758, Paris], né à Vic en Auvergne, le 29 novembre 1694, reçu à l'Académie française en 1754, et qui a composé le Mercure avec beaucoup de succès depuis le mois de janvier 1755, jusqu'à sa mort, en ayant obtenu le brevet après le décès de La Bruere, commença à travailler pour le théâtre en 1721, et est un des auteurs qui l'a fait le plus abondamment. Ses pièces ont beaucoup de brillant, et il en a d'excellentes. Voici le catalogue de toutes, par ordre chronologique ; la Rivale d'elle-même ; l'Impatient ; le Babillard ; la tragédie d'Alceste ; le Français à Londres ; l'Impertinent malgré lui ; Melpomène vengée ; le Triomphe de l'intérêt ; le Je ne sais quoi ; la Critique ; la Vie est un songe ; les Etrennes ; le Badinage ; la Surprise de la Haine, l'Apologie du siècle, ou Momus corrigé ; les Billets doux ; les Amours anonymes ; le Comte de Neuilly ; les deux nièces ; La *** ; la Pouvoir de la sympathie ; le Rival favorable ; les Talents à la mode ; les Dehors trompeurs ; l'Homme indépendant ; l'Embarras du choix ; le Mari garçon ; la Fête d'Auteuil ; Pamela ; l'Epoux par supercherie ; le Médecin par occasion ; la Folie du jour ; le Sage étourdi ; le Plagiaire ; les Valets maîtres ; la Péruvienne ; le Retour de la Paix ; la Comète ; le Prix du silence ; la Frivolité. Il a fait aussi plusieurs jolis opéras-comiques, tels que la France galante ; le Triomphe de l'ignorance ; Zéphire et la Lune ; le Droit du Seigneur ; Margeon et Katifé etc. Il mourut à Paris le 19 avril 1758. On a recueilli ses oeuvres de théâtre en neuf volumes in-8°.

BOISTEL d'UVELLES (Jean-Baptiste-Robert), de l'Académie d'Amiens sa patrie, et président trésorier de France de la même ville, est auteur d'une tragédie d'Antoine et Cléopâtre, donnée en 1741, et de celle intitulée Irène.

BOIZARD de PONTAULT (Claude-Florimont), né à Rouen. Cet auteur commença à travailler pour le théâtre en 1726, et y a donné, à ce que l'on prétend, l'Heure du berger, et le Rival secrétaire, sans compter Arlequin Atys, et quelques opéras-comiques. Il a été anciennement entrepreneur de ce dernier spectacle.

BOMPART de SAINT-VICTOR. Cet auteur était de la société littéraire de Clermont en Auvergne, et avait fait en 1742 le Départ du guerrier amant. Il mourut en 1755.

BOINFONS (J.), a fait en 1395 une pièce intitulée Griselidis.

BONNEL (M.), du Valguier, a traduit en 1761 une pièce intitulée la Veuve rusée.

BONNET (l'Abbé), mort en 175... avait donné au théâtre en 1745, la comédie de l'Etranger.

BONNEVAL (Michel de), ancien intendant et contrôleur Général de l'Argenterie, Menus-plaisirs et Affaires de la Chambre de sa Majesté. Nous avons de cet auteur vivant [au XVIIIème siècle NdR], les paroles de l'Opéra des Romans, donné en 1736 avec celles des Amours de printemps, et de Jupiter vainqueur des Titans.

BONNEVAL (le sieur), acteur du Théâtre français où il débuta le 9 juillet 1741, par le rôle d'Orgon dans le Tartuffe, et fut reçu le 8 janvier suivant. Ses rôles sont ceux à caractère et à manteau, tels que l'Avare, etc. et ceux de pères.

BONPART de SAINT-VICTOR (de), vivait encore en 1667, ayant donné dans ce temps une tragédie nommé Alcimène. C'est tout ce qu'on en connaît.

BONVALET des BROSSES (l'Abbé), de l'Académie de la Rochelle, a donné une pastorale intitulée Jésus naissant [BnF YF-735], et un poème lyrique sur les évènements de l'année 1744.

BORDELON (Laurent) [1653,Bourges - 1730], naquit à Bourges en 1653. Il se mit dans l'état ecclésiastique, fut docteur de l'université, et précepteur du président de Lubert. Il était extrêmement laborieux, et avait prodigieusement lu : s'étant repenti quelques années avant sa mort, arrivée le 6 avril 1730, de toutes les frivolités qu'il avait écrites, il fit tout ce qu'il put pour en ôter le souvenir ; ce qui est cause qu'on a si peu de ses ouvrages, qui sont tous en prose, et d'un style comique, et même bas. Il a composé les comédies d'Arlequin, de Molière, et de Poisson aux Champs Elysées ; celles de la Baguette ; de la Loterie ; de Mysogine, et de Monsieur de Mort-en-trousse.

BORDES (M), de la ville de Lyon, auteur des paroles d'un divertissement intitulé le Soleil vainqueur des nuages.

BORÉE. On fait peu de choses de cet auteur ; on croit cependant qu'il était de Savoie, et attaché à quelque grand seigneur de cette Cour-là. Il commença à travailler dans le genre dramatique en 1624, et a composé les pièces suivantes : Clorise ; Achille victorieux ; Bevalde ; la Justice d'Amour ; Rhodes subjuguée, et Tomiris. Les cinq dernières furent imprimées ensemble, in-8° à Lyon en 1627.

BOSQUIER (F. Philippe). Cet auteur était minime de Saint-Omer, fort savant, et professeur de Théologie à Ath [?]. Nous avons de lui dans ce dictionnaire, le Petit rasoir des ornements mondains, tragédie imprimée en 1589 [BnF YF-8386]. Il vivait encore au commencement du siècle dernier [XVIIème NdR].

BOUCHER. Auteur de Champagne Coeffeur, en 1662. On ne connaît rien autre de lui.

BOUCHET (Etienne ou René), sieur d'Ambillou, exerçait une petite charge de judicature en province vers le commencement du dix-septième siècle. Il est auteur de la pastourelle intitulée Sidère, et avait un frère nommé Jacques, avocat en Bretagne, qui était aussi poète.

BOUCHETEL. Auteur d'une tragédie d'Hécube, en 1550.

BOUDIN (M. Pierre), de Paris, auteur de Madame Esgueule, espèce de parade imprimée en 1754.

BOULANGER de CHALUSSAY, était contemporain de Molière, et a fait deux pièces de théâtre, Elomire hypocondre, et l'Adjuration du Marquisat.

BOULANGER de RIVERY (Claude-François-Félix) [1725-1758], de l'Académie d'Amiens sa patrie, lieutenant particulier de la même ville, a donné en 1750 Momus Philisophe [BnF 8-YTH-20396], comédie et en 1755 Daphnis et Amathée [BnF 8-YTH-4461], pastorale. Il est aussi l'auteur des Recherches sur les mimes et les pantomimes [BnF Y-603] et de plusieurs autres ouvrages. Il mourut de la petite vérole le 24 décembre 1758, âgé de trente-quatre ans. On prétend qu'il avait fait aussi une tragédie intitulée Codrus.

BOUNIN (Gabriel). Cet auteur fut Lieutenant Général de Chateauroux en Berry, maître des requêtes de S.A.R. le duc d'Alençon, et ensuite de l'Hôtel du Roi. Ses ouvrages dramatiques, qu'il commença à publier en 1560, sont, la Pastorale ; la Sultane ; la Défaite de la Piasse, et Alectriomachie. On croit qu'il vivait encore à la fin du seizième siècle, quoique quelques auteurs aient indiqué sa mort sous l'année 1590.

BOURET parut à l'Opéra-comique en 1754, et y joua jusqu'à la réunion, avec beaucoup de succès, les rôles de niais, de Crispin, d'ivrogne, et autres rôles chargés, et a débuté à la Comédie française le 2 décembre 1762, par le rôle de Turcaret, et a été reçu à l'essai.

BOURGEOIS. Cet auteur, dont on ne sait presque rien, a donné en 1545, une pièce intitulée les Amours d'Erostrate.

BOURGEOIS [1675, Hainaut- 1750, Paris]. Ce musicien était du Hainaut, et mourut à Paris au mois de janvier 1750, agé de soixante-quinze ans. Il avait une haute-contre très agréable; qui le fit recevoir à l'opéra vers l'année 1708 : cinq ans après il montra la reste de ses talents en composant la musique des Ballets des Amours déguisés, qu'il fit suivre en 1715 par celle des Plaisirs de la Paix. Il a donné aussi un livre de Cantates, et mit en musique un ballet pour le divertissement de Monseigneur le duc de Bourbon, dont Bourgeois a été quelques temps surintendant de la musique. L'envie qu'il eut de voyager le fit quitter tous les avantages qu'il avait à Paris. Il resta trois ou quatre ans à Strasbourg, où il eut la place de maître de musique, et où ses motets furent fort goûtés ; mais son inconstance fit qu'il ne mit pas ses talents à profit et qu'il termina sa vie dans une situation assez malaisée.

BOURGNEUF (l'Abbé du), autrefois jésuite, aujourd'hui vicaire de la paroisse de Saint-Laurent à Paris. Il est auteur d'une pastorale en trois actes en vers, à l'honneur de feu M. de Rastignac, archevêque de Tours en 1742, et imprimée dans le même ville, in-12.

BOURSAULT (Edme) [1638, Mussy l'Evêque - 1701, Paris], naquit à Mussy l'Evêque, petite ville de Champagne, où les évêques de Langres ont une maison de plaisance, au commencement du mois d'octobre 1638. Son père, homme de guerre, négligea de lui apprendre la langue latine, et même les principes de la langue naturelle. Il vint à Paris en 1651, où il étudia avec tant d'activité, qu'en deux ans il parvint à posséder le français dans toute sa pureté. Dès l'âge de vingt-deux ans il fit représenter ses premières comédies. Boursault devint ensuite le secrétaire de la duchesse d'Angoulème, veuve du fils naturel de Charles IX. Ce fut dans ce temps qu'il composa sa Gazette burlesque, qu'il présentait toutes les semaines au Roi, dont il avait obtenu une pension de 2000 livres. Mais quelques traits de satire qu'il lâcha contre l'ordre des Capucins, lui firent perdre cette pension, et l'envoyèrent à la Bastille. En étant sorti bientôt, il composa en 1671 l'Ecole des souverains, pour l'éducation de Monseigneur. Le Roi en fut si content qu'i nomma Boursault pour être sous-précepteur de ce prince, honneur dont le seul défaut de Latinité ne lui permit pas de profiter. Il travailla dans la suite, par ordre du roi, à un ouvrage intitulé la Muse enjouée, qu'il présentait tous les mois pour instruire et divertir M. Le Duc de Bourgogne. Le privilège lui en fut retiré pour des égards qu'on crut devoir au Prince d'Orange, roi d'Angleterre. Ses tragédies et comédies, toutes en vers, sont au nombre de seize ; en voici les titres par ordre chronologique : Le Médecin volant ; Le Mort vivant ; Le Portrait du peintre ; Les Cadenats ; Les Yeux de Philis changés en astres ; Les Nicandres, La Satire des Satyres ; Germanicus ; La Comédie sans titre ; Marie Stuart ; Les Fables d'Esope ; Phaéton ; Les Mots à la mode ; Méléagre ; La Fête de la Seine , et Esope à la Cour. Ses ouvrages en prose sont deux petites histoires, savoir, Le Prince de Condé, et Le Marquis de Chavigny ; trois volumes de Lettres, agréables par la variété des traits, et une Lettre sur les spectacles, qui fit beaucoup de b[ruit], en 1694. Boursault mourut à Paris, le 15 sept. 1701, âgé de soixante-trois ans, d'une colique qui lui noua l'intestin, et est inhumé aux Thébains. Voyez l'avertissement qui est à la tête du premier des trois volumes des Oeuvres de Théâtre.

BOURZAC. Il n'est connu que par sa pièce de l'Esclave couronné, donnée en 1638.

BOUSCAL. Voyez GUERIN.

BOUSSY (Pierre de). Cet auteur était de Tournai ; il a fait en 1582 une tragédie de Méléagre.

BOUVARD [16??, Paris - 17??], né à Paris et originaire de Lyon, entra à l'opéra pour remplir les rôles de dessus. Il avait alors la voix si étendue, qu'on assure que jamais on ait ouï de pareille, mais elle mua lorsqu'il atteignit l'âge de seize ans, et il fut obligé de quitter l'opéra, et depuis lui ses rôles ont été chantés que par des filles. Bouvard alla quelques années à Rome pour se perfectionner dans la musique. Il a mis en musique l'opéra de Medus, donné en 1702, et en partie celui de Cassandre, joué quatre ans après.

BOUVOT (Antoine Girard), naquit à Langres vers le commencement du dix-septième siècle. Nous avons de lui qu'une tragédie de Judith, ou l'Amour de la patrie, imprimée en 1649, in-4°.

BOYER (Abel) [1664, Castres - 1729, Angleterre], traducteur-auteur de Caton, tirée de la pièce du même nom d'Addison.

BOYER (Claude) [1618, Albi - 1698], naquit à Albi en Languedoc, en 1618, fut reçu à l'Académie française en 1666, et mourut le 22 juillet 1698, à l'âge de quatre-vingt ans. Pendant cinquante ans il travailla pour le théâtre, sans que la médiocrité du succès l'ait jamais rebuté, n'ayant pu être content du public qu'à sa première et à ses deux dernières pièces, dont quelques-uns ont été attribués, sans fondement, à un Boyer l'ancien, sont dans l'ordre chronologique Porcie ; Aristodème ; La Soeur généreuse ; Porus ; Ullysse dans l'ile de Circé ; Tiridate ; Clotilde ; Frédéric ; La Mort de Démétrius ; Policrite ; Oropaste, ou le faux Toxanare ; Alexandre ; Les amours de Jupiter et de Sémélé ; La Fête de Vénus ; Le Jeune Marius ; Célimène ; Policrate ; Atalante ; Le Fils supposé ; Lisimène ; le Comte d'Essex ; Demarate ; Agamemnon ; Artaxerce ; Jephté ; Judith et l'opéra de Méduse. On lui donne encore des tragédies de Marate ; de la Thébaïde ; de Tigrane et de Zénobie, avec l'Heureux Policlète, qui n'a été imprimée ni représentée ; et on prétend qu'il a fait un Oreste avec Le Clerc.

BRACK (Pierre de). Il n'est connu que par une pastorale d'Aminte, donnée en 1584 à Bordeaux.

BRASSAC (M. le Chevalier de), ancien écuyer de M. le Prince des Dombes, colonel d'une brigade de carabiniers, et brigadier de cavalerie, ensuite maréchal de camp. Ce militaire, distingué par sa naissance, son goût et son amour pour les Beaux-arts, est auteur de la musique de l'Empire de l'Amour ; de Léandre et Héro ; et de l'acte de Linus dans les Fragments.

BRECOURT (Guillaume MARCOUREAU de) [16??-1685], comédien de la Troupe du Roi, commença de bonne heure à jouer la comédie, ayant débuté dans la troupe de Molière en 1658, et excellait dans les deux genres ; il mourut à la fin de février 1685, pour s'être rompu une veine, en représentant à la Cour le principal rôle de sa comédie de Thimon. Il parut en qualité d'auteur, en 1660, et a composé sept pièces, qui sont la Feinte de Jodelet ; la Noce de village ; le Jaloux invisible ; l'Infante Salicoque ; l'Ombre de Molière ; lesRégals de cousins et cousines, et Thimon. En l'année 1678, ce comédien étant à la chasse du Roi à Fontainebleau, joua une assez longue scène avec un sanglier, qui l'atteignit à la botte et le tint longtemps, mais lui ayant enfoncé son épée jusqu'à la garde, il mit ce furieux animal hors d'état de le faire craindre. Brécourt n'avait jamais joué un rôle plus grand ni plus honorable devant le Roi, qui eut la bonté de lui demander s'il n'était point blessé, et de lui dire qu'il n'avait jamais vu donner un si vigoureux coup d'épée.

BRET (M), avocat, né à Dijon, a donné au théâtre depuis 1744, le Quartier de l'Hiver ; l'Ecole amoureuse ; la Concert ; la Double extravagance ; le Jaloux ; le Faux généreux ; l'Entêté ; le Vieux coquet, et les opéras-comiques du Déguisement pastoral, et du Parnasse moderne. Il a composé aussi quelques romans.

BRETOG (Jean), sieur de Saint-Saveur. On ne sait rien de cet auteur, sinon qu'il était de Digne, et qu'il a fait en 1561 une pièce intitulée l'Amour d'un serviteur envers sa maîtresse, etc.

BRETON (Gabriel de), seigneur de la Fond. Cet auteur était de Nevers, et avait été dans sa jeunesse avocat au parlement de Paris. Il a fit les tragédies d'Adonis ; de Didon; de Dorothée, dont la seconde n'est pas imprimée ; et celles de Tobie, et de Carite, etc selon de Beauchamps, avec une comédie du Ramoneur. Il composa encore pour une jeune personne qu'il aimait, un livre de sonnets et d'élégies. Sa première pièce de théâtre est de 1569. Il était encore vivant en 1587.

BRIDARD, auteur d'une pastorale d'Uranie, dont il dit lui-même beaucoup de bien dans l'avis au lecteur qui est à la tête de cette pièce, imprimée en 1631.

BRILLAN (Mme Marie le MAIGNAN), épouse du sieur Buro, de l'orchestre de l'Opéra. Cette actrice a débuté au Théâtre français, le 16 juillet 1750, par Lucinde dans l'Homme à Bonne Fortune, et Agathe dans les Folies amoureuses, et fut reçue à la fin de la même année. Elle avait paru à l'Opéra-comique de la Foire Saint-Germain 1740, et les foires suivantes, avec beaucoup d'applaudissements, et quitta en 1759.

BRINON (Pierre), conseiller au parlement de Normandie. On ne le connaît que par deux pièces, l'Ephésienne, et Baptiste, ou la Calomnie. Il vivait au commencement du siècle dernier, et on lui a encore attribué une des tragédies de Jephté, donnée en 1615.

BRISSET (Roland), sieur du SAUVAGE, avocat. Le théâtre de cet auteur, imprimé en in4° à Tours, lieu de sa naissance, en 1589, contient Thieste ; Baptiste ; Agamemnon ; Hercule furieux, et Octavie, qu'il avait données en partie quelques années auparavant. On lui attribue encore la Dieromène, et les Traverses de l'amour.

BROSSE. Voyez La Brosse.

BROSSE, l'ainé. On ne sait rien de cet auteur, si ce n'est qu'il vivait dans le siècle dernier [XVIIème NdR], ayant travaillé pour le théâtre en 1645. Ses pièces sont, les Innocents coupables ; Turnus, et l'Aveugle clairvoyant.

BROSSE, le jeune. Rien ne nous apprend certainement si cet auteur était frère ou parent de celui dont nous venons de parler : on a prétendument que ce n'était que la même personne, ayant donné son premier ouvrage dès 1644. Quoiqu'il en soit, voici les trois pièces que lui attribuent quelques auteurs, Stratonice ; le Curieux impertinent, et les Songes des hommes éveillés, car d'autres prétendent que la première et la dernière sont de Brosse l'ainé.

BROUSSE. Voyez Bernier.

BRUEYS (David Augustin de) [1640, Aix-en-Provence - 1723, Montpellier], né à Aix-en-Provence en 1640, d'une ancienne famille anoblie par Louis XI. Il était de la religion réformée, et fut converti par le célèbre Bossuet. Après avoir été avocat, il embrassa l'état ecclésiastique. Il était pensionnaire du Roi et du clergé ; et s'est distingué dans plusieurs ouvrages estimés des savants, surtout son Histoire des fanatiques. Il joignit à ses études sérieuses, et même théologiques, la composition de plusieurs pièces de théâtre, qui parurent presque toutes sous le nom de Palaprat son intime ami, à qui on les attribue réellement par la suite. L'Abbé de Brueys se récria contre cette injustice. Il convient à la vérité dans une de ses lettres d'avoir été en société avec Palaprat pour quelques pièces de théâtre, mais il affirme être seul auteur des tragédies Gabinie, d'Asba ; de Lisimachus ; et des comédies de l'Opiniâtreté ; du Grondeur ; de la meilleure partie du Muet ; de l'Important de Empiyriques ; de l'Avocat Patelin ; de la Force du Sang ; des Qui-pro-quo, et des Embarras de derrière du Théâtre. On peut voir à ce sujet les remarques historiques qui se trouvent à la tête de toutes ses pièces, dans le recueil que Briasson en a fait en 1735, en trois volumes in-12. L'Abbé de Brueys mourut à Montpellier le 25 novembre 1723, âgé de quatre-vingt-trois ans.

BRUMOY (Pierre), jésuite, né à Rouen en 1688, et auteur des tragédies d'Isaac ; de Jonothas, et du Couronnement du jeune David ; et des comédies de la Boîte de Pandore, et de Plutus. On est redevable aussi à ce savant d'une bonne traduction du théâtre des grecs, qui a été imprimée en 1730 en trois volumes in4° et ensuite en six volumes in12. Il s'était distingué dès sa jeunesse par ses talents pour les Belles-lettres et les qualités de son coeur. Il mourut à Paris le 17 avril 1742.

BRUNET (M), auteur d'une comédie intitulée les Noms changés, donnée en 1758 ; du Rival favorable, entrée ajoutée aux Fêtes d'Euterpe des feux devins, et l'Invention, ou la Rentrée des théâtres, avec M. Sticotti.

BUSCAMBILLE (Deslaurier dit ), était à l'Hôtel de Bourgogne vers le commencement du siècle dernier, et y a joué près de trente ans. C'était un farceur, et il est aisé de juger par plusieurs discours et prologues qu'il débitait, et qui ont été imprimés plusieurs fois (en 1610, 1619, 1741), combien les spectacles d'alors ressemblaient peu à ceux qui nous voyons de nos jours.

BUFFIER (Claude) [1661, Pologne - 1737, Paris], de la compagnie de Jésus, naquit en Pologne de parents français, le 25 mai 1661. Il fut élevé à Rouen, et mourut à Paris le 17 mai 1737. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, et il a fait en outre, à l'usage des collèges, deux pièces, qui sont Damocle, et Scylla ; cette dernière est cependant attribuée au P. La Rue

BURY (M), ordinaire de la musique du Roi, et depuis maître de celle de la Chambre de sa Majesté, a composé depuis 1743, les opéras des Caractères de la Folie ; de Titon et l'Aurore, et de la Parque vaincue, seul : et Jupiter vainqueur des Titans, avec Blamont son oncle.

Cadet-Curi

CADET (Louis), vivait au milieu du siècle dernier, ayant donné Oromase au théâtre en 1651. On n'en sait rien de plus.

CAHUSAC (Louis de) [16??, Montauban- 1759, Paris], Ecuyer, né à Montauban, où on père était avocat, commença ses études dans cette ville, et les acheva à Toulouse, où il prit aussi ses grades d'avocat. De retour à Montauban, M. Pajot lui fit donner la commission de secrétaire de l'Intendance, et ce fut pendant qu'il exerçait cet emploi qu'il donna en 1736 sa tragédie de Pharamond ; mais l'envie de se livrer totalement aux lettres, le lui fit quitter pour venir à Paris. Monseigneur le Comte de Clermont se l'attacha en qualité de secrétaire de ses commandements, et ce fut en cette qualité qu'il fit la campagne de 1743, avec ce Prince, qu'il quitta ensuite pour ne s'occuper absolument que de la littérature, d'autant mieux que sans être fort riche sa fortune était cependant honnête et aisée. Son goût principal était pour l'opéra, quoiqu'il ait travaillé dans tous les genres dramatiques. Il mourut à Paris au mois de juin 1759. Cahusac était d'un caractère inquiet, chaud et trop exigeant de ses amis ; fort délicat sur la réputation, et d'une sensibilité qui abrégea peut-être ses jours. Il a donné au théâtre Pharamond, et le Comte de Warvick , tragédies : Zeneïde, et l'Algérien, Comédies : les Fêtes de Polymnie ; les Fêtes de Hymen ; Zaïs; Naïs ; Zoroastre ; Arueris ; la Naissance d'Osiris, et Anacréon, opéra, outre celui des Amours de Tempé, qu'on lui attribue aussi. Il a laissé de plus, en manuscrit une tragédie de Manlieux ; et le Maladroit par finesse, avec la Dupe de soi-même, Comédie, sans compter plusieurs ouvrages de différents genres. L'Histoire de la danse ancienne et moderne, et Grigri, sont aussi de cet auteur, qui était des académies de Berlin et Montauban.

CAILLEAU (André-Charles), libraire de Paris, a composé dans le genre dramatique, les Originaux ; les Philosophes manqués ; Tancrède jugé par ses soeurs ; Osaureus ; la Tragédie de Zulime ; les Fripons faux savants ; la Bonne fille, pièces critiques imprimées et non jouées, et l'Espièglerie amoureuse, opéra-comique.

CAILLET (Bénigne). On ne sait aucune particularité de cet auteur : il n'a donné qu'une tragédie intitulée les Saints amants, qui fut imprimée ne 1700.

CAILLOT (Joseph), né à Paris en 1732, est un des acteurs du Théâtre italien, où il fut reçu en 1760, après avoir débuté le 26 juillet, par le rôle de Colas dans Ninette à la Cour, et joué dans la nouvelle troupe. Il a une très belle voix et est grand musicien.

CAMARGO (Marie-Anne de Cupis de). Cette célèbre danseuse fut baptisée le 15 avril 1710, en la paroisse de Saint-Nicolas de Bruxelles. Une généalogie manuscrite, et qui paraît arrêtée, l'a fait descendre d'une noble famille romaine, dont était le cardinal Jean-Dominique de Cupis de Camargo, évêque d'Ostie, doyen du Sacré Collège. Elle entra à l'Opéra vers 1730, et s'y faisait admirer par sa danse noble et légère. Elle est retirée depuis 1750, avec la pension de 1500 livres.

CAMBERT [1??? - 1677, Londres], intendant de la musique de la Reine mère de Louis XIV et organiste de l'église collégiale de Saint-Honoré, est connu par ses opéras de la Pastorale, d'Ariane, de Pomone, et des Peines et des plaisirs de l'Amour. Il est un des premiers musiciens français qui aient travaillé pour ce spectacle, et mourut en 1677 à Londres, où il était passé par jalousie contre Lully, et où il eut la charge de surintendant de la musique de Charles II roi d'Angleterre.

CAMPISTRON (Jean Galbert de) [1656, Toulouse - 1723, Toulouse], mort d'apoplexie à Toulouse le 11 mai 1723, dans sa soixante-septième année, étant né dans la même ville en 1656, d'une très bonne famille, vint à Paris fort jeune, et passa plusieurs années chez Raisin, le comédien, avec lequel il avait fait connaissance. Il commença à travailler pour le théâtre en 1683, et se fit de très belles protections. Le dernier duc de Vendôme fut surtout si content de son opéra d'Acis et Galattée, qu'il voulut s'attacher la personne de Campistron, qui de son côté a montré par ses ouvrages qu'il était digne de ce choix, aussi bien que des bienfaits et de la distinction particulière dont ce grand prince l'honora toujours. Il était chevalier de l'ordre de Saint Jacques en Espagne, commandeur de Chimènes, marquis de Penango, secrétaire général des galères de France, et fut reçu à l'Académie française en 1701. Il était aussi de celle des jeux floraux de Toulouse, où il s'était retiré, et marié après la mort du duc de Vendôme. ses poèmes dramatiques lui avaient acquis une si grande réputation qu'il en fuit huit éditions de son vivant. Ses opéras sont : Acis et Galatée ; Achille et Polyxene, et Alcide. Ses tragédies : Virginie ; Arminius ; Andronic ; Alcibiade ; Phaerte ; Phocion ; Adrien ; Tiridate ; Aetius, et Pompéïa; et ses comédies : l'Amante amant, et le Jaloux désabusé. L'édition de son théâtre la plus ample et la plus correcte est celle de 1750, en trois volumes in-12. petit format.

CAMPRA (André) [1660, Aix-en-Provence - 1744, Versailles], connu pour les beaux motets qu'il avait fait chanter, montra, en 1697, par son opéra de l'Europe galante, que son heureux génie n'était pas borné à un seul genre de musique. Les autres opéras de sa composition sont : le Carnaval de Venise ; Hésione ; Aréthuse ; les Fragments de Lully ; Tancrède ; les Muses ; Télémaque, ou lesFragments modernes ; Alcine ; Hypodamie ; lesFêtes vénitiennes ; Idoménée ; les Amours de Mars et Vénus ; Télephe ; Camille ; le Ballet des Ages ; Achille et Déidamie, et les Noces de Vénus. Il mourut à Versailles le 29 juillet 1744 âgé de près de quatre-vingt ans, étant né à Aix-en-Provence, le 4 décembre 1660. Campra était venu s'établir à Paris vers 1685 quelques-uns de ses motets et des concerts particuliers lui acquirent une grande réputation ; on lui donna d'abord les places de maître de la musique de l'église du collège des jésuites, et de celle de leur maison professe ; ensuite celle de la métropole de Paris, et enfin celle de la chapelle du Roi, qui, outre ses appointements, le gratifia d'une pension et lui donna la direction des pages de sa musique. Outre ses opéras, ce grand et laborieux musicien a donné au public un recueil de ses Motets en cinq livres, et trois livres de Cantates fort estimées.

CARBON de FLINS des OLIVIERS (Claude-Marie-Louis-Emmanuel) [1757, Reims - 1806, Vervins], voir Wikipedia. On a de lui la comédie Le Mari directeur et Le Réveil d'Epiménide.

CARCAVI (l'Abbé), était fils d'un sous-bibliothécaire du Roi, et avait été élevé auprès du duc d'Orléans Régent. Il s'avisa, sur la fin de sa vie, de donner deux pièces de théâtre, le Parnasse bouffon, et la Comtesse de Follenville. Il mourut au mois de février 1723, âgé d'environ cinquante-huit ans.

CARDIN. Cet auteur fit imprimer, en 1557, une tragédie intitulée le Champ de Martel.

CARLIN (le sieur), acteur de la comédie italienne, est natif de Turin, et se nomme Carlo Bertinazzi. De tous ceux qui débutèrent après la mort de Thomassin, dans le rôle d'Arlequin, il fut le seul qu'on crut capable de remplacer cet excellent comique, et de le faire oublier un jour du public. Il a parfaitement rempli cette attente. Il fut reçu en 1741, âgé alors de près de vingt-huit ans, après avoir débuté le 10 avril dans Arlequin muet par crainte.

CARMONTELLE (Louis Carrogis dit) [1717, Paris - 1806, Paysage], peintre, dessinateur, paysagiste (auteur du Parc Monceau à Paris) et auteur dramatique.notice Wikipedia, il a laissé de très nombreuses petites comédies nommée proverbes dont Les Bons, Le Suisse de porte. et la fausse tragédie Alménorade.

CAROLET. Cet auteur, mort en 1740, est connu par sa comédie des Aventures de la rue Quimcampoix ; sa parodie de Médée et Jason, et beaucoup d'opéras-comiques faits seul ou en société depuis 1725, tels que le Médecin malgré lui ; l'Allure ; Tiresias aux Quinze-Vingts ; les Petites maisons ; l'île du mariage ; les Audiences de Thalie ; le Père rival ; le Rival de lui-même ; le Racoleur ; les Amours des Indes ; le Déguisement postiche ; les Français au sérail ; le Mariage en l'air ; Pierrot Cadmus ; les Ombres modernes ; le Souffleur, ou le Palais de la Fortune etc.

CASTERA (du Peron de). Nous avons peu de chose à dire de cet auteur ; il commença à travailler pour le théâtre en 1731, et n'a donné que deux pièces ; qui sont : le Phénix ou la Fidélité mise à l'épreuve, et les Stratagèmes de l'Amour. Il mourut en 1753, résident du roi de France à Varsovie, dans la quarante-cinquième année de son âge.

CATINON. Voyez Foulquier.

CAILHAVA d'ESTANDOUX (M.) a donné en 1763, la Présomption à la mode, et ensuite le Tuteur dupé.

CAZANOVE (M), a donné au théâtre en 1752, en société avec M. Prévost, les Thessaliennes.

CERIZIERS, était aumônier de Louis XIV. Il donna, en 1699, une tragédie intitulée Geneviève.

CEROU (M.). Nous avons de cet auteur la comédie de l'Amant auteur et valet, donnée en 1740, et le Père désabusé.

CHABANON (M. de), de l'Académie des Belles-lettres, a donné en 1762, la tragédie d'Eponine, qu'il retira après la seconde représentation, et a encore lu aux Comédiens [français] une tragédie de Virginie, qui a été reçue.

CHABROL. Cet auteur a donné, en 1633, une pièce intitulée Orizelle.

CHALIGNY (François de), sieur des Plaines, mort de la petite vérole au mois de septembre 1723, âgé de trente-trois ans, n'a fait que la tragédie de Coriolan, représentée sans succès, en 1722.

CHAM-REPUS (Jacques). On ne connaît de cet auteur qu'une tragédie d'Ulysse, donnée en 1600.

CHAMFORT (M.), ce jeune auteur a donné en 1764, la comédie de La Jeune indienne, puis [Mustapha et Zéangir] , et a remporté la même année le Prix de Poésie de l'Académie française.

CHAMPMÉSLÉ. Cet ancien comédien, qui réunissait les talents de la représentation et de la composition, se nommait Charles Chevillet. Il était fils d'un marchand de rubans sur le Pont-au-change ; c'est ce qui fit dire à Le Noble en parlant des vers de Champméslé ;

Tu les as mesurés sans doute à l'aune antique

Dont jadis ton papa mesurait ses rubans.

Après avoir joué en province, il débuta dans la troupe du Marais en 1669, passa à Pâques 1670, dans celle de l'Hôtel de Bourgogne entra en 1679 dans celle de Guénégaud, et fut enfin conservé à la réunion des troupes françaises en 1680. Il jouait bien les rôles de Rois, et réussissait dans plusieurs rôles comiques. Le malheur qu'il eut de mourir subitement, au mois d'août 1701 en sortant d'un cabaret, préjudicia aux cérémonies de sa sépulture. La dernière édition de ses oeuvres, faite à Paris en 1745, contient, quoique dans un ordre, Délie ; Grisettes, ou Crispin Chevalier ; les Fragments de Molière ; l'Heure du berger ; la Parisien ; la Rue Saint-Denis ; la Coupe enchantée, et Je vous prends sans verd. On lui attribue encore une comédie de la Veuve, qui n'a pas été imprimée.

CHAMPMÉSLÉ (la Demoiselle). Cette illustre comédienne se nommait Marie DESMARES ; elle était petite-fille d'un président au parlement de Rouen, qui avait déshérité son fils, parce qu'il avait fait un mariage opposé à sa volonté : elle naquit dans cette ville en 1641, et débuta au théâtre du Marais en 1669. Elle avait épousé Champmélé, qu'elle suivit aux différents théâtres où il fut, et mourut au village d'Auteuil le 15 mai 1698, peu de temps après avoir quitté la scène. Elle avait joué sur trois théâtres, et a été célébrée par Despréaux, dans son épître à Racine, qui, dit-on en fut longtemps amoureux, et faisait exprès des rôles pour elle ; et par La Fontaine, dans les prologues de ses allégories de Belphégor et de Philémon.

CHANTELOUVE (François Grossombre de), gentilhomme bordelais, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, vivait dans le milieu du seizième siècle, et est auteur de la Tragédie de Gaspard de Coligny, et de celle de Pharaon, en 1574 et 1576.

CHANVILLE (le sieur Dubus de), dit SOLI, acteur du Théâtre italien, où il remplit les rôles d'amoureux , et surtout très bien les rôles chargés et parodies, depuis le mois de mai 1749. Le sieur Hyacinthe Dubus, très bon danseur de l'Opéra, est l'un de ses frères, ainsi que le sieur Préville, du Théâtre français.

CHAPOTON. Cet auteur vivait au commencement du dix-septième siècle ; on ne sait guère de particularités de sa vie, si ce n'est qu'il commença à travailler pour le théâtre en 1638, dans un âge avancé, ainsi qu'on l'apprend par ce vers de Colletet.

J'aime le vol de ta Muse naissante.

Il a fait une tragédie de Coriolan, avec Orphée et Eurydice.

CHAPUIS (François), travaillait pour le théâtre en 1580 : il a fait l'Avare cornu, et le Monde des cornus.

CHAPUSEAU (Samuel), était de religion prétendue réformée et fort pauvre. N'ayant pu faire fortune à Paris, il la chercha dans diverses cours d'Allemagne où il exerçait la médecine, et enseignait les humanités. Il mourut à Zell le 31 août 1701. Il a donné, depuis 1656, Pythias ; l'Académie des femmes ; Colin Maillard ; la Dame d'intrigue ; le Riche mécontent ; les Eaux de Pirmont, et Armetzard. Il pouvait être proche parent de Chapuzeau de Baugé.

CHARENTON, vivait dans le milieu du siècle dernier [XVIIème NdR], et a composé pour le théâtre les tragédies de Balthazar, et de Ptolémée, données en 1662.

CHARNAIS, auteur des Boccages, pastorale donnée en 1632.

CHARPENTIER (François) [1620, Paris - 1702, Paris], naquit à Paris le 15 février 1620, et y mourut le 23 avril 1702, doyen de l'Académie française, où il avait été reçu en 1651, et à l'Académie des Inscriptions ; il a traduit trois comédies d'Aristophane, et a fait une pièce intitulée la Résolution pernicieuse. C'était un homme de beaucoup d'esprit, et qui possédait parfaitement les langues savantes.

CHARPENTIER (Marc-Antoine) [1634, Paris - 1702, Paris], auteur de la musique de l'Opéra de Médée, donné en 1693, était l'élève de Carissini, musicien italien de grande réputation, sous lequel il avait étudié à Rome dans sa jeunesse, et ne le cédait à personne pour la composition de la musique latine ; mais il ne réussissait pas également dans celle de la française. Il était né à Paris en 1634, fut maître de musique de la Sainte-Chapelle, et intendant de celle de M. le Duc d'Orléans, qui avait appris la composition de lui. Il mourut à Paris en 1702, âgé de soixante-huit ans, et enterré à la Sainte-Chapelle. Il avait aussi mis en musique un opéra intitulé Philomène, qui fut représenté trois fois au Palais Royal, mais il n'a point été imprimé. On connaît encore de lui plusieurs divertissements et autres petits ouvrages de musique.

CHARPENTIER, un des premiers commis de feu M. Hérault, mort en 1730, avait composé pour les théâtres de la Foire depuis 1715, les Aventure de Cythère; Qui dort dîne, et Jupiter amoureux d'Io.

CHARVILLE (du Bruit de). Cet auteur a fait jouer et imprimer à Toulouse en 1729, les Deux soeurs, et l'Equivoque.

CHASSÉ (le sieur de), célèbre basse-taille de l'Opéra, et excellent acteur, débuta au mois d'août 1721. Il remplissait encore ses rôles avec feu et au gré du public, quoique d'un âge avancé, quand il se retira en 1757, avec la pension de 1500 livres.

CHATEAUBRUN (M. Jean-Baptiste VIvien de), maître d'hôtel ordinaire de Monseigneur le Duc d'Orléans. Cet auteur a été reçu de l'Académie française en 1755, à l'âge de soixante-douze ans : il donna, au mois de novembre 1714, une tragédie de Mahomet II et composa quelques années après les Troyennes, mais cette seconde pièce ne fut jouée en 1754. Il est aussi auteur les tragédies de Philoctète, et d'Astyanax.

CHATEAUNEUF. On soupçonne que cet auteur était comédien de M. le Prince : on n'a de lui que la Feinte mort de Pancrace, donnée en 1663.

CHATEAUVIEUX (Côme de la Gambe, dit), était valet de chambre d'Henri III, et de M. le duc de Nemours ; il récita plusieurs comédies et tragédies devant les rois Charles IX et Henri III. Il avait composé, vers 1560, les pièces de Jodès ; Roméo ; Edouard, etc. tirées de Bandel, toutes tombées dans un parfait oubli ; et celles de Capitaine Boudoufle, et d'Alaigre.

CHAULMER (Charles), auteur d'une tragédie de Pompée, en 1638.

CHEFFAUT, était prêtre habitué de la paroisse Saint-Gervais de Paris ; il donna la tragédie de Saint-Gervais, en 1670.

CHENEVIERES (M. de), premier commis du bureau de la Guerre, a donné, en septembre 1756, Célime.

CHERIER, avocat du milieu du siècle dernier [XVIIème NdR], à qui on attribue la pièce intitulée les Barons, ou les Copieux fléchois, imprimée en 1664.

CHEVALET, auteur de la tragédie de Saint-Christophe, en 1530.

CHEVALIER. Cet auteur, presque inconnu, a fait, au commencement du dix-septième siècle, une Philis.

CHEVALIER (Dlle), actrice de l'Opéra, où elle remplit depuis longtemps les premiers rôles avec beaucoup de succès ; son genre est le grand et les fureurs, etc.

CHEVALIER, comédien du Marais, avait débuté en 1645, et commença à composer des pièces de théâtre huit ans après. Il mourut avant 1673. Ses pièces sont ; l'Intrigue des carrosses à cinq sols ; le Cartel de Guillot ; la Désolation des filoux ; la Disgrâce des domestiques ; les Barbons amoureux ; les Galants ridicules ; les Amours de Calotin le Pédagogue amoureux ; imprimées dans un recueil in-12 et les Aventures de nuit. On lui attribue aussi le Soldat poltron, mais il n'est pas de lui.

CHEVILLARD, était prêtre d'Orléans et a composé, en 1670, une pièce intitulée Théandre.

CHEVREAU (François). On croit qu'il était prêtre de Saint-Gervais, et il a fait une tragédie du martyre de ce saint, en 1637.

CHEVREAU (Urbain) [1613, Loudun - 1701, Loudun], était fils d'un avocat, et naquit à Loudun en Poitou le 20 avril 1613. Il cultiva avec beaucoup de progrès, les Belles-lettres dans sa jeunesse, et apprit l'hébreu le grec, le latin, l'arabe, l'italien, l'espagnol et plusieurs autres langues européennes. Il consacra une partie de sa vie à voyager. La Reine Christine le retint quelques temps à Stockholm, et le fit secrétaire de ses commandements. Le roi de Danemark et plusieurs princes d'Allemagne l'ont arrêté aussi dans leur cour, et en faisaient grand cas. A son retour à Paris, il fut choisi pour être le précepteur de feu M. le Duc du Maine, et il a été secrétaire de ses commandements : il se retira ensuite à Loudun, où il mourut le 15 février 1701. Il a donné au théâtre l'Amant ou l'Avocat dupé ; Lucrece ; le suite du Cid ; Colriolan ; les Deux amis ; les Véritables frères rivaux, et Hydaspe. On lui a attribué aussi l'Innocent exilé. Chevreau a beaucoup travaillé dans différents genres ; car, outre son Histoire du monde, on a de lui des lettres, des romans, des ouvrages de philosophie et de morale, et des oeuvres mêlées de prose et de vers, dans lesquelles on trouve les fragments du ballet des Libéralités des Dieux, et de celui de Félicité, dansé à Stockholm.

CHEVRIER (François-Antoine de), né à Nancy, fils d'un secrétaire du Roi, et mort en Hollande en 1762, était connu par plusieurs petits romans, des dissertations, etc. est auteur d'une des comédies intitulée la Revue des théâtres, donnée en 1753, et de celles intitulées le Retour du goût ; la Campagne ; l'Epouse suivante ; les Fêtes parisiennes, et la Petite maison. On lui attribue aussi Cargula parodie de Catilina, et il mis en vers la Fête d'amour.

CHILIAC (Michel), vivait vers 1640 ; il a donné la Mot du Cid, ou l'Ombre du Comte de Gormas, et la comédie des Souffleurs.

CHIMÈNES (Auguste-Louis Marquis de), né à Paris le 28 février 1726, après avoir servir avec beaucoup de distinction pendant seize ans, ayant été obligé à cause de l'affaiblissement de sa vue de se retirer, se livra aux Belles-lettres. Il a donné au théâtre Epicaris, en 1753, Amalazonte, en 1754, et Dom Carlos, en 175...

CHOQUET (Louis), fameux poète français, vers le milieu du seizième siècle, est auteur des pièces des Actes des Apôtres ; de l'Apocalypse de Saint-Jean Zébédée, et de plusieurs autres mystères. Voyez le Dictionnaire de Bayle, au sujet de cet auteur.

CHOLLET. Nous ne connaissons de lui que la comédie de l'Art et de la Nature, donnée en 1738.

CHOPIN (M. Jean-Baptiste-Charles), né au Havre, est auteur de la tragédie de la Mort de Séjan, qu'il fit imprimer en 1755, à l'âge de vingt-trois ans.

CHRÉTIEN (Florent) [1540, Orléans - 1599 Vendôme], naquit à Orléans en 1540, et était fils de Guillaume Chrétien, médecin de François Ier. Sa science le fit choisir pour être gouverneur d'Henri IV dont il fut ensuite le bibliothécaire. Il était de la religion protestante, mais il abjura quelques années avant sa mort, arrivée en octobre 1599 à Vendôme, où il s'était retiré. Il a fait le poème dramatique du Jugement de Parîs, qui fut joué à Enguyen, à la naissance du fils du prince de Condé, et un Cartel avec des stances et sonnets pour les tournois, qui furent faits à Valery en 1567 : on a aussi de lui une tragédie de Jephté, donnée la même année.

CHRETIEN (Nicolas), sieur de la Croix. Nous avons de cet auteur, qui était d'Argentan en Normandie, et commença à travailler vers 1600, les Portugais infortunés ; le Ravissement de Céphale ; Alboin ; Amon et Thamar ; les Amantes, et Jephté (attribuée à Brinon).

CINQ AUTEURS (les). Ces cinq auteurs étaient Boisrobert, Pierre Corneille, Colletet, L'Etoileet Rotrou, que le cardinal de Richelieu avait choisis pour les pièces de théâtre de son invention, dont chacun composait un acte. Mais ce grand homme éprouva, dit un auteur, que ces sortes de matières ne peuvent être partagées, ni maniées par morceaux séparés, et qu'il n'est pas aisé de réussir de cette manière dans les pièces de théâtre, qui ordinairement roulent sur une fiction mêlée de divers épisodes, et sont composées d'une intrigue où l'on fait jouer diverses ressorts ; parce qu'il faut que le même esprit et le même style règnent partout, pour conduire parfaitement le noeud et le dénouement. Les Tuilleries, et l'Aveugle de Smyrne sont des ouvrages des Cinq Auteurs, et ils furent imprimés en 1638.

CIRANO, de BERGERAC (Savinien). Cet auteur était gentilhomme gascon; il vint fort jeune à Paris, et fut regardé comme le démon de la bravoure, parce qu'il ne se passait presque point de jour que, suivant le furieux usage de ce temps-là, il ne se battit en duel. Après avoir été Cadet aux Gardes, et avoir servi dans une compagnie de gendarmerie au siège de Mousson, où il reçut un coup de mousquet au travers du corps, CyranoCyrano s'attacha au Duc d'Arpajon. Un soir, en se retirant de l'Hôtel de ce Seigneur, il reçut par accident un coup d'une pièce de bois dont il mourut en 1655, dans la trente-cinquième année de son âge. Il était d'un caractère singulier. Ses principaux ouvrages sont plusieurs Lettres, L'Histoire comique des Etats de la Lune et de ceux du Soleil ; Les Entretiens pointus, un fragment de physique, et deux pièces de théâtre, savoir, La Mort d'Agrippine, et le Pédant joué ; le tout recueilli en deux et trois volumes in-12.

CLAIR-FONTAINE (M. Pélou de). né à Paris, secrétaire de M. le duc de Villars; et associé à l'Académie des Belles-lettres de Marseille, est auteur d'une tragédie d'Hector, imprimée en 1752. Il avait à peine vingt ans, lorsqu'il la présenta aux comédiens, et il leur a présenté une seconde tragédie intitulée Busiris, qui n'a point été acceptée ni imprimée. Il en a composé une troisième sous le titre des Adieux d'Hector et d'Andromaque.

CLAIREMBAULT ou CLÉREMBAUX (Nicolas) [1677, Paris - 1749, Paris]. Ce musicien, connu par sa savante manière de toucher l'orgue, et par les excellentes cantates qu'il a composées, était né à Paris, et y mourut le 26 octobre 1749, dans sa soixante-douzième année de son âge. Il n'a fait pour l'opéra qu'un divertissement allégorique intitulé le Soleil vainqueur des nuages. Il était organiste du Roi, de l'église royale de Saint-Cyr, et de l'église paroissiale de Sant-Sulpice.

CLAIRON (la Demoiselle Claire), de la Tude, après avoir joué en province, vint, le 8 janvier 1736, débuter à la Comédie italienne par un rôle de suivante, dans la pièce l'Ile des esclaves. Elle parut ensuite, en mars 1743, sur le théâtre de l'Opéra ; enfin, ayant débuté sur celui des Français, le 19 septembre de la même année, par le rôle de Phèdre, dans le pièce de Racine du même nom, cette jeune actrice fut reçue le 22 octobre suivant, avec applaudissements, et les a toujours attirés depuis de plus en plus, dans les rôles de force, etc qu'elle rend supérieurement.

CLAIRVAL remplissait avec succès les premiers rôles d'amants à l'Opéra comique, lorsque ce spectacle fut réuni à la Comédie italienne ; il fut conservé et incorporé dans cette troupe, où il a trois quarts de parts. Sa voix est très agréable ; il chante avec goût, et joue avec intelligence.

CLAVEREAU (Augustin), débuta au théâtre français en 1711, et fut reçu le 8 juillet de la même année ; il se retira le 26 décembre 1715, avec une pension de 500 livres dont il jouit encore. Sa femme a aussi débuté à ce théâtre.

CLAVERET (Jean), naquit à Orléans, et était avocat ; il osa se mettre en parallèle avec le grand Corneille, dont il avait été ami, et qu'il décria ensuite après s'être brouillé avec lui. Il a donné au théâtre l'Esprit fort ; le Roman du Marais ; la Place Royale ; l'Ecuyer ; la Visite différée ; les Eaux de Forges, et le Ravissement de Proserpine.

CLEMENT. Nous ne connaissons de cet auteur, mort à Paris en 1756, que trois pièces de théâtre : les Francs maçons ; une Mérope, et le Marchand de Londres, tragédie traduite de l'anglais. Il était genevois, et a demeuré assez longtemps en Angleterre, où il publia, en 1751 et 1752, des feuilles périodiques sous le titre de Nouvelles littéraires de France, etc..

CLEMENT (M.), musicien, a donné au Théâtre italien en 1756, la Pipée, et le Prix de l'amour.

CLEVES (Henriette de), fille de François de Clèves, duc de Nevers, et femme de Louis de Gonzague, Prince de Mantoue, avait beaucoup d'esprit, et a traduit, en 1584, l'Aminte du Tasse.

CLOPINEL (Jean), dit de Meung, fut ainsi nommé parce qu'il boitait, et qu'il était né à Meung-sur-Loire. On le dit auteur d'une pièce intitulée la Destruction de Troyes, imprimée en 1544 ; si ce fait est vrai l'ouvrage n'aurait été publié que près de deux cent ans après la mort de son auteur, car Clopinel florissait vers le commencement du quatorzième siècle ; il avait de la science et un esprit vif. Ce fut lui qui acheva le Roman de la Rose, quarante ans après la mort de son auteur, Guillaume de Lorris, arrivée vers 1260.

COIGNAC (Joachim), donna en 1550 une tragédie de Goliath ; c'est tout ce qu'on en connaît.

COIGNÉE (H. D.), de Bouron. On ne sait rien de cet auteur, si ce n'est qu'il fit imprimer, en 1620, une assez médiocre pastorale intitulé Iris.

COLARDEAU (M). Ce auteur donna en 1758, à l'âge de vingt-trois ans, la tragédie d'Astarbé, et ensuite Caliste. Il est né à Janville dans l'Orléanais.

COLASSE (Pascal) [1639, Paris - 1709, Versailles] né à Paris en 1639, et un des meilleurs élèves de Lully, fut maître de la Musique de la Chapelle et de la Chambre du Roi. Il avait du génie, et s'établit une réputation solide par ses opéras d'Achille et Polixene ; de Thétis et Pélée ; d'Enée et Lavinie ; d'Astrée ; des Saisons, avec Lully l'ainé ; de Jason ; de la Naissance de Venus ; de Canente ; de Polixene et Pyrrhus ; par son Ballet de Villeneuve-Saint-Georges, et par plusieurs motets. Il mourut à Versailles, au mois de décembre 1709, âge d'environ soixante-dix ans.

COLET (M), médecin, auteur du Bacha de Smyrne, donnée en 1747.

COLIN de BLAMONT. Voyez Blamont.

COLLÉ. Cet auteur, qui a été secrétaire de M. de Meulan, receveur général des finances, et est actuellement lecteur du Monseigneur le Duc d'Orléans, a donné, à ce qu'on prétend, en 1740 Alphonse, dit l'Impuissant ; en 1743, la Comédie des trois rivaux ; et neuf ans après le Jaloux corrigé, et Daphinis et Eglé : il a fait aussi le Rossignol, opéra-comique : plusieurs parades ; Vénus et Adonis, acte des Fêtes de Paphos ; les Amants déguisés, et Dupuis et Desronnais.

COLLÉ (Charles) [1709, Paris - 1783, Paris], auteur d'une tragédie amphigourique Cocatrix.

COLLET (M), a donné au Théâtre français en 1758, la comédie de l'Ile déserte.

COLLETET (Guillaume) [1596, Paris - 1659, Paris], Né à Paris le 12 mars 1596, était avocat au Parlement et au Conseil de l'Académie française, où il fut reçu en 1634, et l'un des cinq auteurs choisis par le cardinal de Richelieu pour la composition des pièces de théâtre. Il mourut à Paris le 25 février 1659, et fut inhumé dans l'église Saint-Sauveur. On peut voir le catalogue de ses ouvrages dans l'Histoire de l'Académie ; l'unique qu'il ait donné seul dans le genre dramatique, est la tragi-comédie de Cyminde. Il avait épousé en troisième noces Catherine le Hain, sa servante, parce qu'elle savait faire des vers : on a cru faire plaisir en en rapportant quatre qui terminent une pièce qu'il composa lorsqu'elle mourut :

Comme je vous aimai d'un amour sans seconde,

Comme je vous louai d'une langage assez doux ;

Pour ne plus rien aimer, ni louer dans le monde,

J'ensevelis mon coeur et ma plume avec vous.

COLOMBINE. L'Actrice qui jouait ce rôle, sur l'ancien Théâtre italien, se nommait Catherine Biancolleli. Elle était femme de la Thorillière, comédien français, et fille du célèbre Dominique. Il y a deux pièces françaises qui portent le titre de Colombine.

COLONIA (Dominique) [1660, Aix-en-Provence - 1675, Lyon]. Cet auteur naquit à Aix-en-Provence le 25 août 1660. Il entra chez les jésuites en 1675, enseigna longtemps avec distinction dans le collège de Lyon, et fut un des principaux membres de l'Académie des Sciences et Belles-lettres de cette ville, où il mourut le 12 septembre 1741. Il a donné depuis 1691, les pièces suivantes : la Foire d'Ausbourg ; Germanicus ; Juba ; Jovien ; Annibal, est le Prélude de la paix.

CONELL (Marguerite Louis Daton), fille de Hugues Daton, Ecuyer, naquit à Paris en 1714, et débuta favorablement au Théâtre français pour la première fois le 19 mais 1734, par Inès, et pour la seconde fois le 26 mai 1716, par le rôle de Junie dans Britannicus, et celui d'Agathe dans les Folies amoureuses. Elle fut reçue le 13 août pour les rôles de confidentes tragiques, et ceux des secondes amoureuses comiques, et traitée ensuite par le public avec beaucoup de rigueur. Elle mourut le 21 mars 1750, âgé de trente-cinq ans.

COPPIER (M), auteur du Bal de l'Arche-Marion, divertissement joué en 1757.

CORAS, était ami de Le Clerc, auquel il disputa la tragédie d'Iphigénie, donnée en 1675.

CORALINE. C'est le nom d'un rôle des comédies italiennes. L'actrice qui l'a remplit en dernier lieu est le Demoiselle Anna, fille du sieur Carlo Veronese, laquelle débuta le 16 mai 1744, à l'âge de quatorze ans, dans un rôle de Colombine. Cette agréable actrice avait beaucoup de talents pour le comique et pour la danse. Elle quitta en 1759.

CORDIER (M), ancien secrétaire de M. Van Eick, a donné en 1762 la tragédie de Zaruckma.

CORIOT (Le Père), de l'Oratoire, professeur de rhétorique à Marseille, connu par plusieurs poéies, est auteur du Jugement d'Apollon sur les anciens et les modernes, donnée en 1738.

CORMEIL. On sait peu de chose de cet auteur du dix-septième siècle ; il nous a donné Celidore ; outre Flore ravie, ou le Ravissement de Florise [BnF YF-6840 numérisé], qu'on lui attribue encore.

CORNEILLE (Pierre) [1606, Rouen - 1684, Paris], naquit à Rouen le 6 juin 1606. Il fut avocat gnéral de la table de Marbre des eaux et forêts de cette ville de Rouen, l'un des quarante de la comédie française, où il fut reçu le 22 janvier 1647, et le restaurateur de notre théâtre, pour lequel il commença de travailler en 1625, à l'âge de dix-neuf ans. Il mourut à Paris le premier octobre 1684, et fut inhumé à Saint Roch ; Comme plusieurs savants ont fait l'éloge de cet illustre auteur, dont la mémoire sera immortelle, et qu'on a sa vie par le célèbre Fontenelle son neveu, nous nous contenterons de rapporter le titre de ses trente-trois pièces, dans l'ordre qu'il les a composées. Ces pièces sont : Mélite ; Clitandre ; La Veuve ; La Galerie du Palais ; La Suivante ; La Place Royale ; Médée ; L'illusion ; Le Cid ; les Horaces ; Cinna ; Polyeucte ; Pompée ; le Menteur ; la Suite du Menteur ; Rodogune ; Théodore ; Héraclius ; Andromède ; Dom Sanche d'Aragon ; Nicomède ; Pertharite ; OEdipe ; La Toison d'Or ; Sertorius ; Sophonisbe ; Othon ; Agésilas ; Attila ; Tite et Bérénice ; une bonne partie de Psyché ; Pulchérie, et Suréna.

CORNEILLE (Thomas) [1635, Rouen - 1709, Les Andelys], frère puîné de Pierre, et surnommé Lisle, naquit à Rouen le 20 août 1625. Il était pareillement de l'Académie française, où il fut reçu, à la place de son frère, le 2 janvier 1685, et encore de celle des Inscriptions des Belles-lettres. Son goût pour la poésie fut marqué dès sa jeunesse, car étant en Rhétorique, au collège des jésuites de Rouen, il composa en vers latins une pièce de théâtre que son régent trouva si bonne, qu'il la substitua à celle qu'il devait faire représenter pour la distribution des prix. Quelques temps après être sorti du collège il donna la traduction en vers des Métamorphoses d'Ovide. Il travailla ensuite à ses pièces de théâtre : celles qu'il a faites certainement sont au nombre de trente-trois, toutes en cinq actes en vers, dont plusieurs reçurent beaucoup d'applaudissements, tant à la Cour qu'à Paris. Ces pièces sont : les Engagements du hasard ; le Feint Astrologue ; Dom Bertrand de Cigarral ; l'Amour à la Mode ; le Berger Extravagant ; le Charme de la Voix ; les Illustres ennemis ; le Geôlier de soi-même ; Timocrate ; Bérénice ; Commode ; Darius ; le Galand doublé ; Stilicon ; Camma ; Pyrrhus ; Maximien ; Persée et Démétrius ; Antiochus ; Laodice ; le Baron d'Albikrac ; Annibal ; la Comtesse d'Orgueil ; Théodat ; Ariane ; le Festin de Pierre ; Achille ; Dom César d'Avalos ; Circé ; l'Inconnu ; avec de Visé ; le Comte d'Essex ; Bradamante ; et la Devineresse, avec de Visé. Il a travaillé aussi pour le lyrique, ayant fait, du moins en bonne partie, les vers de trois opéras, qui sont : Psyché ; Bellérophon, et Médée. On lui attribue encore le Deuil ; le Comédien poète, avec Montfleury ; le Triomphe des Dames ; la Pierre Philosophale ; la Dame invisible, et le Baron de Frondières. Thomas Corneille perfectionna la langue française ; ses remarques sur Vaugelas en font foi. Il a de plus donné un Dictionnaire des Arts, en deux volumes in-fol. et quoiqu'il fût devenu aveugle sur la fin de ses jours, il préparait une seconde édition de ses deux dictionnaires lorsqu'il mourut aux Andélys, le 8 décembre 1709, âgé de quatre-vingt-quatre ans, trois mois et demi.

CORNEILLE de BLESSEBOIS (Pierre), vivait encore en 1680, et a fait trois pièces, qui sont ; Mademoiselle de Sçai ; Eugénie, et la Corneille de Mademoiselle Sçai.

COSNARD (Mademoiselle). Elle était de Paris, et a donné en 1650 une tragédie intitulée les Chastes martyrs. On n'en sait rien de plus.

COTIN (Charles), chanoine de Bayeux, aumônier du Roi, et l'un des quarante de l'Académie française, est connu par les satyres de Boileau plus que par ses ouvrages, dont cependant quelques uns sont assez bien écrits. Il a fait la Pastorale sacrée en 1662, et mourut à Paris, lieu de sa naissance, au mois de janvier 1682.

CORIGNON (Pierre), sieur de la Chesnaye, était grand imitateur des anciens. Il fit imprimer en 1623 une tragédie de Madonte.

COURGENAY. Voyez Billard.

COURTIN (Jacques), sieur de l'Isle, a fait en 1584 une pièce intitulée Bergerie.

COUSIN (Gilbert), naquit à Nozeret en Franche-Comté, en 1505, et fit, à ce qu'on prétend, domestique d'Esrasme, à qui il eut beaucoup d'obligations. Il passait dans son temps pour une grand théologien ; et pour avoir beaucoup d'érudition. Outre un très grand nombre d'écrits, on connaît de lui une tragédie intitulée l'Homme affligé, donnée à Lyon en 1561.

COYPEL (Charles). Cet auteur, mort à Paris en 1752, âgé de cinquante-huit ans, était né d'une famille fertile en grands peintres, et était lui-même très savant dans cet art ; les places de premier peintre du Roi et de M. le duc d'Orléans, et de directeur de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture, qu'il a remplies avec honneur jusqu'à mort en sont la preuve. Il avait beaucoup d'esprit, et écrivait d'ailleurs très bien. Outre divers discours académiques fort applaudis, qu'on trouve dans les Mercures de France, il avait composé plusieurs pièces de théâtre, dont quelques-unes ont été jouées à la Cour : celles qui sont parvenues à notre connaissance, et qu'il avait commencé à donner en 1718, sont au nombre de trois, savoir, les Amours de la chasse ; les Folies de Cardenio, et le Triomphe de la raison.

CREBILLON (Prosper Lolyot de) [1674, Dijon - 1762, Paris], né à Dijon le 13 février 1674, de Melchior Jolyot, greffier en chef de la chambre des comptes de cette vlle, et d'une ancienne famille de Bourgogne, ennoblie en 1442, commença à travailler pour le théâtre en 1705. Il fut reçu à l'Académie française en la place de M. de la Faye, le 27 septembre 1731, et fit son compliment en vers : il était aussi des académies de Dijon et de Rouen. Ses pièces lui établirent une réputation solide et du premier genre. Elles se trouvent rassemblées en trois volumes In-12 de 1749, et on en a fait une nouvelle édition in-4°, à l'imprimerie royale : en voici le catalogue, Idoménée ; Atrée et Thyeste ; Electre ; Rhadamiste et Zénobie ; Xercès ; Sémiramis ; Pyrrhus, et Catilina. Ce recueil contient de plus des discours académiques, et quelques compliments faits au Roi. On attribue encore à de Crébillon une tragédie de la Mort de Cromwell, sous le nom de la Mort d'Agis, qui n'a été représentée, imprimée, ni même achevée, et il donna en 1754 le Triumvirat. Il mourut à Paris le 17 juin 1762, et fut inhumé à Saint Gervais, où le roi lui fait élever un mausolée. On peut voir dans le Mercure, second volume de juillet 1762, des détails sur sa vie et ses ouvrages, et la description du magnifique service que les comédiens français lui firent faire.

CRESSIN (Jacques), cet auteur était protestant, et a publié en 1584, une comédie intitulée la Marchand converti.

CRISPIN, rôle ou personnage de la Comédie française qu'on prétend avoir été inventé par Raymond Poisson. C'est ordinairement un valet singulier.

CROISILLES (Jean-Baptiste), abbé de Saint-Ouen, était membre d'une Académie qui se tenait chez Michel Maroles, en 1619, où l'on examinait les mots de la langue et les ouvrages modernes. Il resta dix ans en prison accusé de s'être marié, quoiqu'il fut prêtre ; mais il fut déclaré innocent par un arrêt du Parlement, rendu les Chambres assemblées, en 1651 : il mourut six mois après. Nous avons une pièce de lui, intitulée la Chasteté invincible, donné en 1633.

CROQUET (M), on attribue à cet auteur l'ouvrage intitulé les Saturnales françaises, imprimé en 1736, que plusieurs personnes ont annoncé sous le nom de M. Marivaux, et sous celui de l'Abbé de La Beaume, dans lequel se trouvent les quatre pièces dramatiques suivantes ; le Médisant ; les Effets de la prévention ; la Triomphe de l'amitié, et l'Inégal.

CROSNIER. Il n'est connu que par une pièce, sous le titre de l'Ombre de son rival, donnée en 1681 ou 1683.

CURI (M), intendant des Menus-plaisirs, est auteur des paroles de Zélie, et a retouché Canente.

D'Abundance-Du Vivier

DABUNDANCE (Jean) vivait dans le seizième siècle. Il est l'auteur de plusieurs mystères, entres autres de celui, Quod secundum legem debet mori, et de celui des Trois rois. Ses autres pièces, aussi imprimées en 1544, sont, le Gouvert d'humanité ; le Monde qui tourne le dos à chacun, et Plusieurs qui n'ont point de conscience.

DAIGALIERS (Pierre de Laudun), était du Languedoc, et fils de Raymond de Laudun, juge temporel de l'Evêché d'Uzès. Il vivait encore vers la fin du seizième siècle. On lui attribue une tragédie des Horaces, et de Diocletain, mise au jour en 1596.

DALBARET, auteur des paroles de l'Opéra de Scylla et Glaucus, donnée en 1746.

DALENON, était fils d'un huissier au parlement de Paris, et avait été reçu dans la même charge, mais il la faisait exercer. Il était bossu, et dévoré par la manie de passer pour un homme d'esprit, quoiqu'il n'en eut que médiocrement ; aussi l'Abbé de Pons, autre bossu, qui avait beaucoup de mérite, disait de lui avec une espèce d'indignation ; "Cet animal là déshonore le corps des bossus". Nous n'avons de lui que la Vengeance comique, donnée en 1718, et le Mariage par lettre de change. Mais outre ces deux pièces de théâtre, il a donné une édition complète des oeuvres de Du Fresny, de celles de l'Abbé de Brueys, et des pièces fugitives que l'abbé de Pons avait fait insérer dans différents Mercures. Il mourut au mois d'août 1744.

DALIBRAY (Charles Yvon, Evuyer, sieur) [1600-1653], était fils d'un auditeur des comptes de Paris, et frère de l'illustre Mme de Sainctot, qui a eut tant de part aux lettres de Voiture. Il aimait la table et les plaisirs, et ne s'occupait que du présent. Il mourut en 1655, et avait composé pour le théâtre, depuis 1632, Aminte ; la Pompe funèbre ; la Réforme du royaume d'amour ; la Torismond, et Soliman.

D'ALLAINVAL (L'Abbé Léonor Jean Christine Soulas), né à Chartres, était un philosophe peu son aise. Il commença à travailler pour le théâtre en 1725, et a donné successivement, l'Embarras des richesses ; le Tour de carnaval ; la Fausse comtesse ; l' Ecole des Bourgeois ; la Mari curieux ; l'Hyver, et la Fée marotte. Il mourut le 2 mai 1753, et est connu par plusieurs ouvrages de différents genres.

D'ALAINVILLE, acteur du Théâtre français, où il débuta par le rôle d'Arviane dans Mélanide, le 29 janvier 1758, fut reçu la premier avril suivant, à demi-part, et quitta en 1760.

DAMBOISE (Adrien), recteur de l'université de Paris et évêque de Tréguier, mort le 29 juillet 1616, a fait, selon la Croix du Maine, plusieurs pièces de théâtre, entre autres Holopherne, et les Napolitains. Ses oeuvres furent imprimées chez Abel Langelier, en 1584.

DAMPIERRE (M.), Munitionnaire du Roi, a donné en 1763, le Bienfait rendu ou le Négociant; il a encore composé plusieurs autres pièces qui sont aussi destinées pour le Théâtre français.

DANCHERES. Voyez Ancheres.

DANCHET (Antoine), naquit à Riom en Auvergne le 7 septembre 1671. Son père était tailleur d'habits, et peu aisé. Il avait d'heureux talents pour la poésie et commença dès sa jeunesse à se faire connaître dans la République des Lettres à l'âge de vingt et un ans, il fut appelé à Chartres, pour y professer la rhétorique ; quatre ans après il vint demeurer au collège du Plessis, où il fut chargé de quelque éducation. Il commença ensuite à travailler pour le théâtre en 1700, eut une place à la Bibliothèque du Roi, et mourut le 20 février 1748. C'était un fort honnête homme, dont les moeurs étaient douces et unies. Ses opéras, au nombre de quatorze, sont, Hésione ; Arethuse ; les Fragments de Lully ; Tancrède ; les Muses ; Iphigénie ; Télémaque ; Alcine ; les Fêtes vénitiennes ; Idoménée ; les Amours de Mars et de Vénus ; Telephe ; Camille, et Achille et Deidamie. Ses tragédies, Cyrus ; les Tyndarides ; les Heraclides, et Nitetis. Ses oeuvres ont été données en 1751, en quatre volumes in-8° [BnF]. Elle contiennent, outre les pièces ci-dessus, Vénus, fête galante ; Apollon et Daphné, divertissement, Diane divertissement pour le Roi.

DANCOURT (Florent CARTON , connu sous le nom de) [1661, Fontainebleau - 1725], naquit à Fontainebleau le premier novembre 1661, jour de la naissance de Monseigneur le Grand Dauphin, ainsi qu'il nous l'apprend dans son épître dédicatoire de sa comédie des Fées, à ce Prince :

Pour m'attacher à toi le Ciel m'a destiné

Dès le moment qu'au jour il ouvrit ma paupière :

Quel présage heureux d'être né

Ce même jour si fortuné

Où tu vis la lumière !

Il était fils de Florent CARTON, écuyer, sieur Dancourt, et de Louise de Londé, (qui descendait par les femmes des Budé), et petit-fils d'un sénéchal de Saint-Quentin. Il était homme d'esprit, parlait très bien, et avait fait de bonnes études à Paris dans le collège des jésuites, sous le P. de la Rue. Il étudia en Droit, et se fit recevoir avocat à l'âge de dix-sept ans, et monta au théâtre peu d'années après, entraîné, dit-on, par l'amour qui le porta à enlever la soeur de La Thorillière. Sans être grand acteur, il avait certains rôles convenables qu'il rendait avec succès, surtout ceux de raisonnement, comme le Misanthrope, Esope, etc. On a dit de lui qu'il jouait noblement la comédie, et bourgeoisement la tragédie. Il fut longtemps l'orateur de la Troupe, emploi dont il s'acquittait très bien. Il a joué la comédie et en a composé pendant trente-trois ans. Sa politesse et les agréments de sa conversation le firent rechercher des grands seigneurs. Il se retira du théâtre à Pâques 1718, et mourut dans sa terre de Courcelle-le-Roi, en Berry, le 6 décembre 1725, en sa soixante quinzième année. Il avait épousé en 1680 Thérèse Le Noir, soeur de La Thorillière, qui était une des plus gracieuses comédiennes du théâtre, et qui à près de soixante ans jouait encore les rôles d'amantes, avec des airs enfantins et les grâces de la jeunesse. Elle avait quitté le théâtre en 1720, et mourut à Paris le 11 mai 1725, âgée d'environ soixante-quatre ans. Ils laissèrent deux filles qui avaient débuté toutes les deux le même jour, le 10 décembre 1699. L'aînée, âgée alors de quatorze ans, quitta bientôt le théâtre pour épouser M. Fontaine, commissaire et contrôleur de Marine, et mourut en 174... La cadette avait environ treize ans, fut longtemps connue au théâtre sous le nom de Mimi, se maria à M. Deshayes, gentilhomme, fils d'un lieutenant général d'artillerie, et se retira le 14 mars 1728. Elle est encore vivante, et pensionnaire de la troupe. Les oeuvres de Dancourt, en neuf volumes in-12 ou en huit, contiennent les pièces suivantes, dont la plupart se donnent assez souvent ; le Notaire obligeant, ou les Fonds perdus ; le Chevalier à la mode ; la Maison de campagne ; la Folle enchère ; l'Été des coquettes ; la Parisienne ; le Femme d'intrigues ; les Bourgeoises à la mode ; la Gazette ; l'Opéra de village ; l'Impromptu de garnison ; les Vendanges ; le Tuteur ; la Foire de Bezons ; les Vendanges de Suresnes ; la Foire Saint-Germain ; le Moulin de Javelle ; les Eaux de Bourbon ; les Vacances ; Renaud et Arminde ; la Loterie ; le Charivari ; le Retour des officiers ; le Curieux de Compiègne ; le Mari retrouvé ; les Fées ; les Enfants de Paris, ou la Famille à la mode ; la Fête de village, ou les Bourgeoises de qualité ; les Trois cousines ; Colin Maillard ; l'Opérateur Barry ; les nouveaux Divertissements des comédies de l'Inconnu, des Amants magnifiques, et de Circé ; le Galant Jardinier ; l'Impromptu de Livry; le Divertissement de Sceaux ; les deux Diables Boiteux ; la Trahison punie ; Madame Artus ; les Agioteurs ; la Comédie des comédiens, ou l'Amour Charlatan ; Céphale et Procris ; Sancho Pança ; l'Impromptu de Suresne ; les Fêtes du Cours ; le Vert Galant ; le Prix de l'Arquebuse ; le Métempsichose ; la Déroute du Pharaon, et la Désolation des joueuses. Il a encore donné les Dames à la mode ; Merlin déserteur ; le Carnaval de Venise ; le Médecin de Chaudray ; la Belle-mère, et l'Eclipse, qui n'ont point été imprimées ; outre les Nouvelistes ; Angélique et Médor, et la Mort d'Alcide, qu'on lui attribue, avec quelques autres pièces de théâtre qu'il a laissées après sa mort, et des ouvrages de piété. Il écrivait d'un style léger et agréable ; et si toutes ses pièces ne sont pas aussi châtiées qu'on le désirerait, on peut dire que le dialogue en est toujours très vif. On a prétendu qu'il ne les avait pas composées toutes, et qu'il y en avait plusieurs qu'il n'avait fait que retoucher.

DANCOURT, C'est le nom qu'a pris un comédien de province, qui est fils d'un employé à la monnaie de Paris : il vint débuter au Théâtre français en 1761, pour les rôles de Crispin, et ne fut pas reçu. Il a donné en 1762 la comédie des Deux amis.

DANGEVILLE (Charles Botot), né à Paris le 18 mars 1665, était un acteur qui avait de grands talents pour jouer les rôles simples et naïfs, tels que Thomas Diaphoirus dans le Malade imaginaire ; le Philosophe dans le Bourgeois gentilhomme ; Philinte dans le Glorieux, etc. Il était fils de Jean Boto, procureur au Châtelet, avait été reçu à la Comédie française en 1702, après avoir débuté dans le rôle sérieux de Ladislas, de la tragédie de Venceslas, et s'en retira le 3 avril 1740, doyen de la troupe, avec tout le regret possible de la part du public. Il mourut le 18 janvier 1743, sans laisser d'enfants d'Hortense GRANDVAL sa femme, qui avait débuté en 1701, et est à présent pensionnaire de la Troupe, d'où elle s'est retirée en 1739.
Le sieur Etienne Botot Dangeville, neveu de celui dont nous venons de parler, lui succéda dans tous ses rôles : il avait été reçu l e5 juin 1730, et est frère de Marie-Anne Botot Dangeville, qui avait brillé dès sa plus tendre jeunesse par ses talents pour le comédie et la danse, et qui débuta au mois de janvier de la même année 1730, dans le rôle de Lisette de la comédie du Médisant, âgée de quatorze ans. Tout le monde connaît et admire sa façon de jouer fine, délicate, vraie, et supérieure. Ils ont quitté l'un et l'autre le théâtre à Pâques 1763 ; mais la Demoiselle Dangeville a été conservée pour jouer toujours ses rôles dans les spectacles de la Cour. Il sont tous les deux enfants du sieur Dangeville, ancien danseur, et pensionnaire de l'Académie royale de musique, et de la soeur cadette de Melle Desmares, et a quitté en 1712, avec la pension dont elle jouit encore.

D'ARDENE (Esprit Jean de Rome, sieur) [1684, Marseille - 1748, Marseille], né à Marseille le 3 mars 1684, mort dans le même ville le 17 mars 1748, s'était consacré tout entier aux Belles-lettres, et a fait de bonnes fables. Il a composé la comédie du Nouvelliste.

DARNAUD (François Thomas Marie de Baculard), né à Paris, et originaire du Comtat Venessin, de l'Académie de Berlin, de Petersbourg, etc et conseiller d'Ambassade du Roi de Pologne, électeur de Saxe, et ci-devant agent littéraire du Roi de Prusse et de S.A.S. le duc de Wurtemberg, a donné dans le genre dramatique Gaspard de Coligni, en 1740, et ensuite le Mauvais riche. Ses autres ouvrages sont en assez grand nombre, et consistent en romans, poésies diverses, divertissements, pastorales etc.

D'ASSOUCY (Charles Coipeau). Le grand-père de cet auteur se nommait simplement Coipeau ; il était de Crémone, et très célèbre pour faire des violons ; son père était avocat au Parlement. Notre auteur naquit à Paris en 1604 ; il a essuyé beaucoup de traverses, eut beaucoup d'aventures qu'il a écrites lui-même d'un style presque bouffon, et mourut plus riche en 1679. C'est de lui que parle Chapelle dans son Voyage. Il n'a composé qu'une pièce dramatique, qui est les Amours d'Apollon et de Daphné, en 1650.

DAVAUX, nom sous lequel a paru la comédie de l'Homme marin.

D'AUBIGNAC (l'Abbé) [1604, Paris - 1676, Nemours]. Il se nommait François HEDELIN, et était fils d'un lieutenant général de Nemours, où il mourut dans un âge avancé le 25 juillet 1676, étant né à Paris le 4 août 1604*. Nous avons de lui les tragédies de la Pucelle d'Orléans ; de Zénobie, et de Sainte Catherine ; outre Erixene, et Palente qu'on lui attribue encore : mais il est plus connu par son traité de la Pratique du théâtre, le Terence justifié, avec la Macarize, contenant la philosophie des stoïciens, sous le voile de plusieurs aventures en forme de roman. D'Aubignac exerça plusieurs temps la profession d'avocat, avant que d'embrasser l'état ecclésiastique . Il fut mis en qualité de précepteur auprès du jeune duc de Fronsac, neveu du cardinal de Richelieu, et sut si bien gagner les bonnes grâces de cette famille, qu'il en fut comblé de bienfaits.

DAUCOUR (M. Godard), né à Langres, et à présent Fermier général, a commencé à travailler pour le théâtre en 1743, et a donné seul la Déroute des Pamela ; et l'Amour second, avec le Quartier d'hiver, en société.

DAURE (François),docteur en théologie, et curé de Minière ; il a donné en 1668 et 1670 deux tragédies morales, qui sont, Dipne, et Geneviève.

DAUVERGNE (M), ordinaire de l'Académie royale de musique, l'un des directeurs du Concert spirituel, depuis 1762, et connu avantageusement par de bonnes symphonies, est ne outre auteur de la musique du ballet des Amours de Tempé ; des Troqueurs ; de la Coquette trompée ; d'Enée et Lavinie ; des Fêtes d'Euterpe ; de Canente ; d'Hercule mourant, et de Polixene.

DAVESNE (François), était de Fleurance, vile du bas Armagnac. C'était un fanatique, qui ne respectait rien dans ses écrits. Il a composé en 1650 et 1652 deux pièces, qui sont, le Combat d'une âme avec laquelle l'époux est en divorce, et la Tragédie sainte.

DAVESNES (M... Bertin), né à Dinant, et fils d'un gentilhomme, avait été élevé à Paris, où il mourut hydropique à l'âge de 28 à 30 ans en 1742 ; il a donné en 1733 une comédie intitulée Arlequin apprenti philosophe, et ensuite avec Romagnesi, le Frère ingrat.

DAVOST (Jérôme), était de Laval, et officier de Marguerite, reine de Navarre, soeur de François II, Charles IX et Henri III. Il n'a fait qu'une pièce intitulée les Deux Courtisanes, et mourut en 1584.

DAUVILLIERS. Cet auteur est peu connu, quoiqu'il ait traduit quelques odes d'Horace, et que Rousseau ait fait quatre épigrammes contre lui : il était fils d'un chapelier de Paris, et mourut en 1715. Nous n'avons de lui qu'une tragédie des Héraclides, donnée en 1695, et la comédie du Lourdaut.

DE BROSSE. Voyez Brosse.

DE CAUX (Gilles), de Montlebert, écuyer, naquit en 1682 ou 1684, à Ligneris village de la Généralité d'Alençon, il descendait de Pierre Corneille par sa mère. Après avoir fait ses études dans sa province, il vint à Paris où il fut contrôleur général des fermes du Roi. Il mourut subitement au mois de septembre 1733. Il n'a fait que les deux tragédies de Marius, et de Lisimachus, encore [que] cette dernière a-t-elle été achevé et mise au théâtre par son fils M. de Caux de Cappaval, son neveu, natif de Normandie, connu pour avoir traduit la Henriade en latin, et fait en 1752, un poème héroïque sur les campagnes du Roi, intitulé le Parnasse, a composé une tragédie d'Achille, qui n'est cependant pas encore publique.

DE COSTE, n'est connu que par la pastorale de Lisimène, qu'on lui attribue sous l'année 1632.

DEGARDIEN de VILLEMAIRE (Antoine Joseph Louis), né à Paris en 1726,a fait imprimer en 1753 et 1754 deux petites pièces lyriques, l'une intitulée le Retour du printemps, et l'autre le Triomphe de l'Astrée.

DE HESSE. Voyez Deshayes.

DE LAUNAY [1695, Paris - 1751], connu par ses fables, avait succédé à Palapratdans la place de secrétaire des commandements de M. le prince de Vendôme, Grand-prieur. Il a donné au théâtre depuis 1731, la Vérité fabuliste ; le Complaisant, et le Paresseux. Il était né à Paris en 1695, et mourut en 1751. On lui attribue encore une comédie des Fées.

DELAUTEL (M), auteur d'une pastorale intitulée Finfin et Lirette, donnée à la Foire de 1761.

DELISLE (Louis François), de la Drevetiere, né à Suze-la-Roule en Dauphiné, connu par différents ouvrages, commença à travailler pour le théâtre en 1721. Ses pièces, dont plusieurs lui ont fait beaucoup d'honneur ont été toutes données sur la scène italienne : en voici le catalogue : Arlequin sauvage ; Thimon le misanthrope ; la Banquet des sept sages ; le Banquet ridicule ; la Faucon et les oies de Boccace ; le Arlequin astrologue ; Danaïs ; Arlequin Grand Mogol le Valet auteur, et les Caprices du coeur et de l'esprit. Il a eu part aussi à Abdilly.

DELORME (M), n'est connu que par l'opéra-comique intitulé la Mort du Goret, donné en 1753.

DE LOSME de MONTCHENAY (Jacques), fils d'un procureur au parlement de Pari, mourut au mois de juin 1740, âgé de soixante-quinze ans. Il se distingue dès l'âge de quinze ans par plusieurs imitations de Martial, qui sont estimées ; il s'adonna, aussi au genre dramatique, mais il n'a travaillé que pour l'ancien Théâtre italien, où il fit jouer depuis 1687, la Cause des femmes et sa Critique ; le Grand Sophi ; le Phénix, et les Souhaits.

DE MESME, n'est connu que par une pièce intitulée les Supposés, qu'il traduisit de Arisote, en 1552.

DENIS (Jacques). On ne sait rien de cet auteur, si ce n'est qu'il était avocat au parlement, et qu'il a composé en 1679 une pièce intitulée les Plaintes du Palais.

DENIS, a donné en 1696 une pièce intitulée les Travaux divertissants d'Arlequin, et ensuite le Salgimondis comique.

DE PRADES (Jean le Royer, Sieur), né en 1624, n'avait que dix-sept ans lorsqu'il composa sa première tragédie intitulée la Victime de l'Etat, ou Silanus, qui fut imprimée en 1649 : il donna ensuite Annibal, et Arsace. Il avait de l'esprit mais ses talents n'étaient que superficiels. Il est aussi auteur d'un Abrégé de l'Histoire de France, et d'un Traité de blason.

DE PURE (l'Abbé Michel). On a rien d'intéressant à dire de cet auteur : il a donné en 1659 deux pièces, qui sont Ostorius, et les Précieuses. Il était fils dune prévôt des marchands de Lyon, et mourut en 1680, vers le mois d'avril.

DE ROZIER-BEAULIEU, auteur de la pièce intitulée la Galimatias, imprimée in-4°, 1639.

DESBIEZ (Louis), avocat, né à Dole, est auteur dune pièce intitulée le Faux Marquis, imprimé en 175... .

DESBROSSES (Robert), né à Bonn en Allemagne, musicien et acteur, reçu à pension au Théâtre italien depuis 1749. La musique des Soeurs rivales, du Bon seigneur, et celle de plusieurs autres petites pièces dans le même genre, est de lui.

DESBROSSES (la Demoiselle), avait débuté en 1684 dans le Troupe française, se retira le 3 avril 1718, et mourut le premier décembre 1722. Elle rendait parfaitement les rôles ridicules, et surtout les vieilles coquettes.
Il y eut encore une actrice de ce nom, qui était petite-fille de Baron, et débuta le 19 octobre 1729. Elle mourut le 16 décembre 1742.

DESCAZEAUX DES GRANGES (M), a traduit de l'anglais, en 1737, la Prétendue veuve.

DESCHAMPS (François Michel Chrétien), fils d'un gentilhomme en Champagne, qui était capitaine de cavalerie, naquit en 1688. Se trouvant en bas âge quand son père mourut, sa mère le destina au parti de l'Eglise. Elle consentit cependant ensuite à la laisser entrer au service ; mais il n'y fit qu'une campagne, après laquelle il se retira, en 1703. Se trouvant sans fortune, il sollicita et obtint un emploi dans le Dixième. Il employa une partie de son temps dans la composition de ses deux première tragédies ; il se maria en 1720 ; il avait eu deux filles qu'il éleva jusqu'à l'âge de seize ans, et qu'il eut la douleur de perdre à deux ans l'une de l'autre. Il mourut le 10 novembre 1747, pour s'être voulu médicamenter lui-même au sujet d'une prétendue obstruction de foie dont il se croyait attaqué. Il avait commencé à travailler pour le théâtre en 1715, et y a donné successivement les tragédies de Caton d'Utique; d'Antiochus et Cléopâtre ; d'Artaxerce, et de Médus outre celle de Lycurgue, qui n' été ni représentée ni imprimée.

DESCHAMPS, acteur excellent dans les rôles de valets, qu'il jouait avec autant de finesse que de naturel, débuta au Théâtre français le 30 août 1742, par Hector dans le Joueur, et fut reçu le premier octobre suivant. Il mourut le 21 novembre 1754, âgé de [  ] ans, et fort regretté.

DESCHAMPS (la Dlle), était une des meilleures actrices de l'Opéra-comique depuis plusieurs années pour les rôles de caractère, et de mère, lorsque ce spectacle fut réuni à la Comédie italienne en 1762 ; elle fut conservée et reçue à ce théâtre à trois-quart de parts, et on la voit avec plaisir. Elle a épousé depuis quelques années le sieur Berrard.

DESENTIS, l'une des basse-tailles de l'Opéra, où il joue dans les rôles depuis quatre ans.

DES ESSARTS (M), a fait en 1756, avec M. Mentelle, un opéra-comique intitulé l'Amour libérateur.

DESFONTAINES. Nous avons peu de chose à dire de cet auteur : il commença à travailler dans le genre dramatique en 1637, et a fait les pièces suivantes ; Eurimédon [BnF YF-572] ; Belisaire ; Orphise ; la Suite du Cid ; Semiramis ; Hermogène ; Alcidiane ; les Galantes vertueuses ; Saint Eustache ; Perside ; Saint Alexis ; Saint Genest, ou l'Illustre comédien, et Belissante. On lui attribue aussi une tragédie de Sainte Catherine.

DESFONTAINES (M), a donné en 1762 le Philosophe prétendu.

DESFORGES (M). On lui attribue la comédie du Rival secrétaire, donnée en 1737.

DESGLANDS (Eulalie), née à Rennes, débuta à l'Opéra-comique pour y chanter, en 1752, et y resta jusqu'en juin 1753, qu'elle fut reçue à pension à la Comédie italienne, pour le chant et pour la danse, et ensuite en 1760 avec part entière.

DESGRANGES, auteur forain, né à Carcassonne d'une bonne famille, ayant pris de l'amour pour le théâtre, se fit comédien, et choisit les rôles de Scaramouche, qu'il joua fort bien. Sa réputation le fit appeler à Paris en 1712, dans le troupe du sieur Saint-Edme. Il y joua ensuite dans d'autres troupes jusqu'en 1718, qu'ayant eu la direction d'une troupe française et iatlienne, établie à Rouen, il se rendit dans cette ville où il mourut vers 1722. Il avait donné à la Foire en 1718 la Fourbe sincère, pièce en deux actes.

DESHAYES ou de HESSE (Jean-Baptiste), hollandais de nation, débuta dans la Troupe italienne le 2 décembre 1734, à Fontainebleau, par le rôle de valet de la comédie du Petit maître amoureux. Ses talents pour ces sortes de rôles sont si brillants, qu'il est peu d'acteurs dans le même genre qu'on puisse lui comparer ; aussi le public l'a-t-il toujours vu avec un plaisir infini. D'ailleurs, il a mérité son suffrage dans beaucoup d'autres rôles comiques, et par les ingénieux et charmants ballets pittoresques qu'il a composé longtemps, tant pour la Cour, que pour son théâtre. Il a épousé l'aînée des filles qu'a laissées Thomassin, et dont le nom est Catherine Vicentini. Elle avait été reçue au même théâtre en 1726, et s'en retira en 1760. Elle jouait avec succès les rôles d'amoureuses et de soubrettes.

DESHOULIERES (Mme) [1633, Paris-1694, Paris]. Cette illustre et aimable personne dont tout le monde connaît les belles poésies, se nommait Antoinette de Ligier de la Garde, et avait épousé en 1651, Guillaume de la Fon, seigneur de Bois-Guérin et Deshoulières, lieutenant de Roi de la citadelle de Dourlens. Elle était de l'Académie d'Arles, et de celle de Ricovrati de Padoue, et mourut à Paris, lieu de sa naissance, le 17 février 1694, d'un cancer au sein, âgée d'environ soixante et un ans, étant née en 1633 ou 1634, et fut inhumée à Saint Roch. Nous n'avons de cette dame qu'une seule pièce de théâtre, qui est la tragédie de Genséric, donnée en 1680, et ce n'est pas l'ouvrage qui lui a fait le plus d'honneur. Ses oeuvres contiennent encore la Mort de Cochon, et ont été recueillies plusieurs fois ; mais la plus jolie édition est celle de Paris, en 1747, en deux volumes in-12 petit format, et se trouvent aussi une partie des vers de Thérèse Deshoulieres, se fille, morte à Paris en 1718, de la même maladie que sa mère.

DESJARDINS a traduit en 1592 une pièce intitulée les Aveugles.

DES-MAHIS (Jospeh François Edouard de Corsembleu), né à Sully-sur-Loire en 1722, mort le 25 février 1761, était connu déjà par plusieurs ouvrages d'esprit, quand il donna au théâtre en 1750, le Billet perdu. On a recueilli ses oeuvres en 1762, en un volume in-12.

DES-ISLES LE BAS, auteur du commencement du dix-huitième siècle, a commencé une tragédie de Sainte Herménégilde, en 170, et la Mort burlesque du mauvais riche. Il était, ou du moins faisait sa demeure à Rouen.

DESMARES (Christine-Antoinette-Charlotte). Cette célèbre actrice était arrière-petite-fille d'un président au parlement de Rouen. Elle naquit en 1682 à Copenhague, d'un comédien français qui y était alors avec sa femme, petite fille du fameux Montfleury, dans une troupe de comédiens de la même nation, qu'entretenait le roi de Danemark. Son père étant revenu à Paris, entra dans la troupe du roi, où on l'a vu longtemps avec plaisir jouer les rôles de paysan, d'ivrogne, etc. Melle Desmares avait une figure et une voix charmantes, et excellait dans les deux genres tragique et comique. On n'a vu sur aucun théâtre personne réunir tant de talents pour la déclamation et pour le jeu de représentation. Elle avait paru dès 1689 dans un rôle d'enfant, et débuta ensuite le 30 janvier 1699. Elle quitta la Comédie française à Pâques 1721, n'étant presque âgée de trente-huit ans. Le public l'a regrettée longtemps. Elle était nièce de la célèbre Champméslé, et mourut le 12 septembre 1753, à Saint-Germain-en-Laye, âgée environ de soixante-dix ans.

DESMARETS DE SAINT-SORLIN (Jean) [1596, Paris - 1676], natif de Paris, était fort aimé du cardinal de Richelieu, qui le fit contrôleur général extraordinaire des guerres, secrétaire général de la Marine du Levant, et intendant de M. le duc de Richelieu en l'hôtel duquel il mourut le 28 octobre 1676, âgé d'environ quatre-vingt ans. Baillet ayant dépeint le génie de cet auteur, et détaillé ses différents ouvrages dans ses Jugements des savants, ainsi que Bayle dans son Dictionnaire, il suffira de dire ici qu'il avait beaucoup d'esprit, fut l'un des premiers membres de l'Académie française, a fait des poésies et des romans ; et de rapporter ensuite des pièces, qu'il commença à composer en 1636, et qui sont (toujours dans l'ordre chronologique), Aspasie ; les Visionnaires ; Scipion ; Mirame ; Roxane ; Erigone ; Europe, et le Charmeur charmé. On lui attribue encore le Sourd, et Annibal.

DESMARRES, avait été secrétaire des Roxelane, donnée en 1643, et Merlin dragon. On a même prétendu, avec assez peu d'apparence, que Roxelane était d'un autre auteur aussi nommé Desmarres.

DESMARETS (Henri) [1662, Paris- 1741, Luneville], excellent musicien, a donné depuis 1693, les opéras suivants : Didon ; Circé ; Théagène et Chariclée ; les Amours de Momus ; Venus et Adonis ; les Fêtes galantes ; Iphigénie, et Renaud, ou la Suite d'Armide. Il était né à Paris en 1662, et mourut à Luneville le 7 septembre 1741, âgé de près de quatre-vingt ans. Il fut élevé page de la musique du Roi, et dès l'âge de vingt ans, il avait composé de très beaux motets. Des événements particuliers l'ayant conduit en Espagne, il y occupa pendant quatorze ans la place de surintendant de la musique du Roi, ensuite il vint en Lorraine être directeur de la musique du duc de Lorraine.

DES MASURES (Louis) vivait dans le milieu du seizième siècle, et fut premier secrétaire du Duc de Lorraine, et Capitaine d'une compagnie de cavalerie dans le temps des guerres de Henri II et de Charles Quint. Il a composé, à ce qu'on prétend, quatre tragédies, savoir, Josias, David combattant, David fugitif, et David triomphant.

DESOEILLETS (Mademoiselle), était, au gré des meilleurs connaisseurs, une très excellente comédienne, et même gracieuse quoique laide, assez âgée et fort maigre. Elle a rempli pendant plusieurs années les premiers rôles tragiques à l'Hôtel de Bourgogne, et on prétend qu'elle a joué d'original celui d'Hermione dans l'Andromaque de Racine, que la Champméslé joua ensuite en concurrence, sur quoi on fait dire au feu Roi, dont le goût était si sûr en toutes choses, que pour remplir ce rôle parfaitement, il faudrait que la Desoeillets jouât les deux premiers actes, et la Champmélé les deux autres, voulant faire entendre par-là que celle-ci avait plus de feu pour faire sentir les emportements qui se trouvent dans les derniers actes de cette pièce, et l'autre plus de délicatesse et de finesse.
L'actrice dont nous parlons joua aussi Ariane d'original dans le tragédie de ce titre de Thomas Corneille ; Agrippine, mère de Néron, dans le Britannicus de Racine. Elle n'avait contre elle que sa figure qui n'était pas belle ; mais elle se mettait si bien et avait un air de noblesse et de grandeur si naturel, qu'elle plaisait toujours infiniment. Elle rendait encore parfaitement les amoureuses comiques, et mourut à la suite d'une longue maladie, le 25 octobre 1670, âgée de près de cinquante ans.

DESORMES (M), comédien de l'Electeur Palatin, et connu par plusieurs écrits, a donné en 1748 une petite comédie intitulée l'Amour réfugié.

DESPANAY (Jean le Saulx). On ne connaît de cet auteur qu'Adamantine, donnée en 1600.

DESPERIERS (Bonaventure), auteur d'une Adrienne, en 1537.

DESPORTES (Claude François), né à Paris, fils d'un peintre de l'Académie royale, fameux pour les animaux, est aussi de la même académie, et a adopté le même genre. Nous avons de lui une pièce, donnée en 1721 : c'est la Veuve coquette.

DESROCHES, auteur d'une tragédie des Amours d'Angélique et de Médor, donnée en 1648, à Poitiers.

DESROCHES. Voyez Neveu.

DESTOUCHES (André Cardinal), né à Paris en avril 1672, fit toutes ses études au collège des jésuites, et eut envie de s'engager dans la Société. Il accompagna en 1688 le Père Tachard dans son second voyage à la Chine. De retour en France, Destouches changea d'idée, et entra en 1692 dans le seconde compagnie des Mousquetaires, dans laquelle il servit jusqu'en 1696 : ce fut pendant ce temps qu'il se sentit les talents qu'il avait pour la musique ; il s'y livra ensuite tout entier, et apprit la composition du célèbre Campra. Il fut enfin surintendant de la musique du Roi, et a composé plusieurs opéras, qui sont, Issé ; Amadis de Grèce ; Marthésie ; Omphale ; le Carnaval et la Folie ; Callirhoé ; Télémaque ; Sémiramis ; les Elements avec Lalande, et les Stratagèmes de l'Amour. Il mourut à Paris le 3 février 1749, et fut inhumé à Saint-Roch. En 1713, il avait été établi Inspecteur général de l'Opéra, avec une pension de 4000 livres par an, qu'il a conservé le reste de sa vie.

DESTOUCHES. Voyez Nericault.

DESVALIERES (M), a donné en 1760 la parodie de Tancrède.

DE TORCHES (l'Abbé). Cet auteur vivait vers le milieu du siècle dernier : il a traduit de l'italien l'Aminte ; la Philis de Scire, et le Berger fidèle.

DEVAUX (M), lecteur du Roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, et membre de la société royale et littéraire de Nancy, a donné au théâtre en 1752, la comédie des Engagements indiscrets.

DIDEROT (M. Denis), né à Langres, connu par beaucoup d'ouvrages estimés, a fait deux comédies, le Fils naturel en 1757, et le Père de famille en 1758.

DIEUDÉ (M. Honoré), de l'académie de Marseille, avocat au Parlement, a fait représenter en 1749 une comédie intitulée la Fausse prévention.

DISCRET (M). On ne sait rien de cet auteur, si ce n'est qu'il a donné en 1635, une pièce intitulée Alizon fleurie. On lui attribue aussi les Noces de Vaugirard.

DISSON (M), ils d'un avocat de Dijon, est auteur de l'Amante ingénieuse ; de l'Héritier généreux ; de la Magie inutile, et des Fêtes de Grenade, données en Province depuis 1748, et qui ont été imprimées à Dijon en 1752, avec quelques poésies du même auteur, dans un volume in-12 sous le titre d'Amusements poétiques, etc.

DOCTEUR. C'est un rôle des pièces italiennes, dont même plusieurs portent le titre. C'est ordinairement celui d'un pédant, d'un babillard éternel qui ne saurait ouvrir le bouche que pour débiter une sentence, ou pour proférer quelques paroles latines. Les acteurs qui l'ont rempli depuis le rétablissement du théâtre italien sont,
Francesco Matterazzi : il était venu avec la nouvelle troupe italienne, et mourut le 29 novembr 1738, âgé de quatre-vingt six ans : il faisait très bien son personnage, et c'était un très honnête homme.
2° N... Benozzi : il fut reçu au Théâtre italien en 1731, après avoir débuté dans le rôle de Scaramouche, et était frère de la Demoiselle Silvia. Il est mort au mois de mai 1754.
3° GANDINI, qui avait débuté en 1745 pour les rôles de Scaramouche, et prit ceux de docteur en 1754, il se retira en 1757.
4° le Sieur SAVI, qui a débuté le 15 octobre 1760, dan les rôle d'Arlequin, joue aussi ceux de docteur en 1754 ; il se retira en 1757.

DOMINIQUE BIANCOLELLI. Ce fameux Arlequin de l'ancien théâtre italien, mort en 1688, avait laissé cinq enfants, trois fils et deux filles ; l'aînée, dont le nom de théâtre était Isabelle, fut mariée à M. de Turgis. Sa soeur cadette, nommée Catherine Biancolelli, remplissait les rôles de Colombine : nous avons parlé de ces deux actrices. Des trois fils, l'aîné fut capitaine au Régiment Royal des Vaisseaux, chevalier de Saint-Louis, directeur des fortifications de Provence, et mourut à Toulon le 5 décembre 1729, à la veille d'être nommé brigadier des armées du Roi, étant le plus ancien des ingénieurs. Le second, qui s'est fait appelé Boismorand, a longtemps été commissaire de la marine à Saint-Domingue, et était encore vivant en 1756. L'autre fils se nommait Pierre-François Biancolelli, naquit à Paris en 1681, et porta aussi le nom de Dominique, comme son père. Au sortir de ses classes, il se lia à Pascarel, acteur de l'ancien théâtre italien, et qui courait les provinces avec une troupe ; il le suivit à Toulouse, et y débuta par le rôle d'Arlequin. Au bout de quelques années, il fut jouer dans les principales villes d'Italie, avec la fille de Pascariel, qu'il avait épousée. (Voyez Lalande. Ensuite, il revint en France, et joua différentes fois à l'opéra-comique. Mais M. le Régent ayant souhaité qu'il s'attachât à la troupe italienne, pour pouvoir, en cas d'accident, remplacer Thomassin : il parut sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, pour la première fois le 11 octobre 1717, sous l'habit de Pierrot ; il quitta cependant bientôt ce rôle, pour prendre l'habit de Trivelin, qu'il remplit toujours depuis sous le masque, avec l'applaudissement du public. Cet acteur jouait très sensément, et avait une mémoire prodigieuse : il mourut le 18 avril 1734, âgé de cinquante-trois ans, et fort regretté. Comme il a beaucoup travaillé aussi en qualité d'auteur, depuis 1710, nous avons un assez grand nombre de pièces de sa façon. En voici les titres :
Comédies jouées en province ; la Femme fidèle ; l'École galante, le Prince généreux ; Arlequin gentilhomme par hasard ; le Fausse belle-mère ; les Salinières, et le Procès des comédiens.
Pièces présentée au nouveau théâtre italien : Oedipe travesti ; le Triomphe d'Arlequin ; ou le Pélerinage de la foire ; les Amours de Vincennes ; Artémire ; les Etrennes ; Arlequin Romulus ; Arlequin soldat ; le Bois de Boulogne ; le Triomphe de la folie ; le Mariage d'Arlequin et de Silvia ; le Retour de Fontainebleau ; la Folle raisonnable ; Arlequin Tancrede, et les Quatre semblables. Outre la Métempsichose d'Arlequin ; le Jugement de Pâris ; la Désolation des deux comédies ; lae Procès des théâtres, et la Foire renaissante, faite avec Lilo père. Agnès de Chaillot ; le Départ des comédiens italiens ; le Mauvais ménage ; et le Cahos [Chaos] , avec Le Grand. Les Comédiens esclaves ; la Parodie de Pirame et Thisbé ; celle de Médée et Jason ; l'Isle de la folie ; l'Amant à la mode , composés en société avec Romagensi [sic Romagnesi] et Lelio fils. Arlequin Roland ; Arlequin Hulla ; la Revue de théâtres ; Arlequin Bellerophon ; la Bonne femme ; la parodie d'Alceste ; les Paysans de qualité ; les Débuts ; Dom Micco et Lesbine ; le Feu d'artifice ; la parodie d'Hésione ; la Foire de poètes ; l'Isle du divorce ; le Silphide ; Bolus ; Arlequin Phaéton ; Arlequin Amadis ; etc. en société avec Romagnesi seul. La Comédie de village, et la Méchante femme, avec le sieur Riccoboni.
Il a de plus de Dominique quelques opéras-comiques ; quatre ou cinq pièces qui n'ont pas été imprimées, telles que Pasquin et Marforio médecin des moeurs ; les Terres australes ; le Feu d'artifice ; les Etrennes, etc.

DONEAU (François). Cet auteur n'a donné que la Cocue imaginaire, en 1661.

DONNEAU DE VISE. Voyez VISE.

DORAT (Claude Jospeh) [1734-1780]. né Paris, fils d'un maître des comptes, s'était destiné au militaire, et a servi dans les mousquetaires. Il est auteur de la tragédie Zulica [BnF YF-6768], donnée dans sa jeunesse en 1760, et de celle de Théagène et Chariclée [en 1762][BnF 8-BL-13525 (2)]. [On lui doit aussi une poème didactique sur la déclmation théâtrale.]

DORIMOND. Il était comédien de la troupe du Marais, ainsi que sa femme, et composa depuis 1658 les pièces suivantes, dont quelques-unes sont assez bonnes ; le Festin de pierre ; l'Amant de sa femme ; les Amours de Trapolin ; l'École des cocus ; la Femme industrieuse ; l'Insconstance punie ; Roselie, et l'Avare dupé. On lui attribue encore la Dame d'intrigue, le Médecin dupé.

DORNEVAL (M), de Paris, connu par un grand nombre d'opéras-comiques, qu'il a composés, savoir seul Arlequin traitant ; la Jugement de Paris ; Arlequin Gentilhomme malgré lui ; Arlequin roi des Ogres ; la Queue de vérité ; les Arrets de l'amour, etc. Et en société : la Pénélope française ; Achmet de Almazine ; les Pélerins de la Mecque ; les Trois comères, etc. Il est de plus auteur des comédies du Jeune vieillard ; de la Force de l'amour, et de la Foire aux fées, conjointement avec Le Sage.

DOROUVIERE, donna en 1608 Panthée, ou l'Amour conjugal.

DORTIQUE. Voyez Vaumorière.

DORVILLE (M), directeur de la troupe du Théâtre Royal de Compiègne, a composé quelques pièces, entre autres le Paysan parvenu.

DOUÉ (M. le Chevalier de), la comédie des Amants déguisés, donnée en 1728, parut sous son nom. On prétend cependant que cette pièce est de l'Abbé Aunillon.

D'OURXIGNÉ (M. Gazon), auteur de la pièce d'Alzate, imprimée en 1752.

D'OUVILLE (Antoine le Métel sieur) [1589, Caen-1658], était frère de Boisrobert, tous deux fils du procureur de la Cour des Aides de Rouen : il était ingénieur et géographe. Outre son recueil des Contes, assez estimé autrefois, il donna plusieurs pièces de théâtre, sous le ministère du cardinal de Richelieu ; celles que l'on connaît sont, les Trahisons d'Arbiran, la Dame invisible ; les Fausses vérités ; l'Absent de chez soi ; Aimer sans savoir qui ; la Dame suivante ; les Morts vivants ; Jodelet astrologue ; la Coiffeuse à la mode, et les Soupçons sur les apparences.

DROUIN (le sieur). Cet acteur s'est fait estimer par ses moeurs et son caractère : il avait paru dans sa jeunesse à l'Opéra-comique où son père jouait ; après avoir été dans les troupes de province, il débuta au Théâtre français le 20 mai 1744, par Azor dans Amour pour amour, et fut reçu le 5 avril 1745, pour jouer les troisièmes rôles ; il a épousé la Dlle Gautier. Le malheur qu'il a eu de se casser deux fois le tendon d'Achille, en dansant sur le théâtre nous en priva pendant dix-huit mois, et l'a enfin obligé à se retirer au premier janvier 1755, avec une pension de la cour de 1200 livres et celle des Comédiens de 1000 livres. Le public l'a regretté. L'application avec laquelle ce jeune acteur travaillait, augmentait de jour en jour ses progrès. Il a fait un opéra-comique intitulé la Meunière de qualité.
La Demoiselle Drouin, sa soeur, a épousé le sieur Préville. Elle débuta au Théâtre français le 28 décembre 1753, dans Inès de Castro, par le rôle d'Inès, et ensuite par Henriette dans les Femmes savantes, mais elle ne fut pas reçue alors, et ne l'a été qu'en 1757. Sa figure est noble et théâtrale, et elle joue avec beaucoup d'intelligence les confidentes tragiques, et les grandes amoureuses, ou coquettes, dans le comique.

DROUTET, ou Drouhet, auteur de la Mizaille de Tauni en 1662.

DU BERRY (M), Comédien de la troupe de La Haye, et qu'on connaît comme auteur de deux pièces imprimées de lui en 1636 et 1638 : l'Ile des femmes, et les Rivaux indiscrets.

DU BOCCAGE (Marie-Anne Le Page), née à Rouen, connue avantageusement par son poème du Paradis terrestre, imité de Milton, etc a donné en 1749 la tragédie des Amazones. Pierre Joseph Fiquet du Boccage, son époux, a traduit aussi de l'anglais deux comédies, qui sont, Oronoko, et l'Orpheline ; elle se trouvent dans un recueil intitulé Mélange de différentes pièces de vers et de prose.

DU BOCCAGE (Mlle Laurence Chantrelle), fille d'un comédien de ce nom, retiré en 1723 du Théâtre français avec la pension, et mort en 1727, débuta au même théâtre le 9 avril 1723, par Dorine dans le Tartuffe, et fut reçue le 28 mai suivant pour le soubrettes, et pour les confidentes dans le tragique. Elle s'est retirée le 31 mars 1743, avec la pension, et épousa le sieur Romacan, ancien caissier et receveur de la Comédie Française.

DUBOIS, né à Amiens, et médecin, a donné en 1714 le Jaloux trompé.

DUBOIS (M), avocat en Parlement, et ancien commissaire , est co-auteur des Souhaits pour le roi, comédie donnée en 1745.

DUBOIS (le sieur), Comédien du Théâtre français, y débuta le 28 octobre 1736, par le rôle d'Andronic dans la tragédie de ce titre, et fut reçu le 29 novembre suivant. Il remplit avec succès les troisièmes rôles dans le tragique, les grands confidents, et plusieurs personnages dans le comique tels que les valets, les paysans, etc. Son épouse débuta le 26 mars 1745, par Cléanthis dans Démocrite, etc. et n'ayant été point reçue, elle alla jouer la comédie en Province. L'aînée de ses filles est actuellement au Théâtre français depuis 1759, et a une très jolie voix.

DUBOIS (le Dlle), joue depuis quelques années les premiers rôles à l'Opéra, où elle débuta en 1752.

DUBOULAY (Michel), était secrétaire de M. de Vendôme, Grand-Prieur de France : il a composé les paroles de deux opéras, qui sont , Zéphire et Flore, et Orphée. On sait très peu de choses de lui, si ce n'est qu'il était né à Paris et mourut à Rome où il avait fixé sa demeure.

DU BOYS (Jacques), était de Péronne ; il vivait vers le milieu du seizième siècle, et a composé en 1559 une pièce intitulée Comédie et réjouissance de Paris etc.

DUBREUIL (Pierre Guichon sieur), né à Paris, et comédien du Théâtre français, où il avait débuté le [2]5 avril 1723, par le rôle de Xipharès dans Mithridate, fut reçu le 12 mars 1725, et se retira en 1758, avec la pension. Il mourut à Saint-Germain-en-Laye l'année suivante. Son peu de conduite l'avait mis fort mal à son aise. La demoiselle Elisabeth Taitte son épouse avait débuté le 17 novembre 1721, par le rôle de Clytemnestre dans Iphigénie, fut reçue le 25 mai de la même année, s'était retirée avec la pension en 1745, et mourut en 1758. Elle jouait dans le comique tous les rôles de caractère.

DUBUS. C'est le nom de famille de trois bons acteurs de nos théâtres, et qui sont frères. L'aîné est surnommé Préville : après avoir brillé en province, il vint à Lyon débuter à la Comédie française, pour remplacer Poisson , le 20 septembre 1753, dans le rôle de Crispin du Légataire universel, et il fut reçu à Fontainebleau le 20 octobre suivant, avant le fin de son début, aussi est-ce un excellent comique. Le Dlle Drouin son épouse, qui a aussi beaucoup de talent, est reçue au même théâtre depuis 1757
Le second s'appelle Chanville, ou Soli : après avoir été aussi jouer en province, il parut pour la première fois au Théâtre italien le 29 mai 1749, dans la Surprise de la haine, et fut pensionné de la troupe pour les rôles d'amoureux, qu'il remplit très bien, ainsi que les rôles de paysan et de femmes dans les parodies, et tous les rôles chargés. En 1759, il fut reçu à demi-part.
La troisième frère enfin, est un des premiers danseurs de l'Opéra, où il est depuis 1749 ; on le connaît sous le nom d'Hyacinthe, et il est actuellement maître de l'école de danse de l'Académie.

DU CASTRE D'AURIGNY, auteur de la pièce intitulée Tragédie en prose, donnée en 1730. Il mourut en 1743.

DU CERCEAU (Jean-Antoine) [1670, Paris - 1730, Veret]. Ce jésuite, connu par ses élégantes poésies, a donné plusieurs drames, ou comédies pour les collèges, qui sont : le Philsophe à la mode ; Euloge ou le danger des richesses ; l'Ecole des pères ; Esope au collège ; le Point d'honneur ; le Riche imaginaire ; l'Enfant prodigue, et les Incommodités de la grandeur, ou Grégoire : ces dernières sont imprimées dans ses oeuvres. Il était parisien, et mourut subitement à Veret en Touraine, le 4 juillet 1730, âgé d'environ soixante ans, dans un voyage où il accompagnait le prince de Conti, dont il avait été préfet.

DUCHAT (François le), auteur de deux tragédies Agamemnon, et Suzanne, données en 1561 : il était de Troyes en Champagne.

DUCHÉ de VANCY (Joseph François) [1668, Paris - 1704, Paris], écuyer, sieur de Vancy, était fils d'un secrétaire du Roi des galères de France. Il naquit à Paris le 29 octobre 1668 : une bonne éducation fut presque le seul héritage que son père lui laissât. Dans les bornes étroites de sa fortune, il donna ses premières années aux délices d'une poésie galante et enjouée, qui lui ouvrit bientôt le commerce du monde poli. Mais les bonnes moeurs le dégoûtèrent insensiblement de ses charmes trompeurs, et sa muse changeant ses occupations profanes, fut suivi d'une succès plus heureux dans les pièces saintes qu'il donné. Ce fut ce nouveau genre de poésie qu'il introduisit à la Cour où il fut Valet de chambre de Louis XIV. Sa tragédie d'Absalon s'y fit admirer, et il achevait une pièce du même genre, lorsqu'une mort prématurée l'enleva à Paris, à la fleur de son âge , le 14 décembre 1704. Il était de l'Académie des Belles-lettres, et pensionnaire de sa majesté. Ses opéras sont : Céphale et Procris ; Théagène et Chariclée les Amours de Momus ; les Fêtes galantes ; Scylla, et Iphigénie. Ses tragédies sont : Jonathas ; Absalon, et Débora.

DUCHEMIN (Jean-Pierre). Cet acteur excellait dans les rôles de financier, tels que celui de Lisimond dans le Glorieux, et dans ceux à manteau et de caractère comme le Grondeur etc. Il débuta au Théâtre français le 27 décembre 1717, par Harpagon de l'Avare, fut reçu au mois de juillet suivant, et s'en retira le 19 mars 1740 ; ce qui fut une grande perte pour le public, qui le regrette encore tous les jours : il est mort le 15 novembre 1754. Sa femme débuta sans être annoncée par le rôle de Céphise dans Andomaque, et fut reçue dans la troupe le 27 décembre 1720, et après l'avoir quitté et y être rentrée en moins de trois ans, elle se retira tout à fait en février 1726, avec pension. Ils ont eu un de leurs fils qui a été élève de Baron ; il avait débuté en juillet 1724, et fut reçu au mois de janvier suivant ; mais il quitta le théâtre le 6 mars 1730, avec une pension de 500 livres. Il a été ensuite directeur de troupe en Province, avait épousé le Demoiselle Duclos, et mourut le 3 février 1753. Un second fils s'est fait dentiste, ayant appris cet art du sieur Fauchard, qui est marié à sa soeur.

DUCLAIRON (M.) a donné en 1764, la tragédie de Cromwel.

DUCLOS (M Charles Penau), de l'Académie des Belles-lettres, secrétaire perpétuel de l'Académie française, et historiographe du Roi, est connu par plusieurs ouvrages estimés ; mais il n'a encore donné, dans le genre dramatique, que l'opéra des Caractères de la folie, qui parut en 1743.

DUCLOS (Marie Anne Chateauneuf, dite). Cette célèbre actrice, qui a fait les délices de notre théâtre, et a joué avec le même succès pendant près de quarante-trois ans, était née à Paris, et petite-fille d'une comédienne nommée Duclos, en réputation à l'Hôtel de Bourgogne en 1646, ce qui l'engagea à prendre ce nom en montant au théâtre. Elle débuta le le 27 octobre 1693, par le rôle d'Ariane dans la tragédie de ce nom ; et la joua si parfaitement qu'elle fut reçue le même jour. Le Roi lui avait accordé une pension de 1000 livres sur le trésor royal. Elle quitta le théâtre en mars 1736, et mourut le 18 juin 1748, très âgée. Le 18 avril 1725, elle s'était mariée avec Duchemin fils.

DU CROISY (Philibert GASSAUD). Cet ancien comédien était de la troupe de Molière, où il remplissait parfaitement les rôles à manteau : il jouait d'original celui du Tartuffe. Il quitta le théâtre en 1689, et mourut en 1695, âgé de soixante-six ans.

DU CROS (Simon), auteur d'une Philis de Scyre, en 1629.

DUFAUT (M), auteur de la comédie de l'Indécis, donnée en 1759.

DUFOUR (M), libraire à Paris, a donné à la Foire en 1753, et 1757, les Ruses de l'Amour, et les Deux Rivaux.

DUFRÉNY. Voyez RIVIERE.

DUFRESNE. Voyez QUINAULT.

DUGUE (M), ordinaire de la Musique du Roi, a mis en musique avec un associé, le divertissement de Jupiter et Europe.

DUMENI, ancien acteur de l'Opéra, avait une haute-contre des plus belles, et un jeu noble et vrai. Il n'était redevable de ces talents qu'à la seule nature ; car de cuisinier de M. Foucault, pour lors intendant de Montauban, il se fit d'abord admirer dans les premiers rôles de l'opéra, où il débuta le 5 janvier 1677, et l'on raconte qu'ayant joué celui de Phaéton avec un grand succès, quelqu'un s'écria du parterre :

Ah ! Phaéton est-il possible

Que vous ayez du bouillon.

Il mourut âgé, vers 1715.

DUMENIL (la demoiselle Marie), née à Paris, débuta à la Comédie française à l'âge de vingt-deux ans, le 6 août 1737. Clytemnestre d'Iphigénie, Phèdre, et Elisabeth furent ses essais, et elle s'acquitta de ces rôles avec tant de succès, qu'on crut ne pouvoir faire assez d'éloges de ses talents. Elle avait joué deux ans à Strasbourg avant que devenir l'ornement de notre théâtre, dans les rôles de fureur, de reine, et de mère. Cette actrice a la voix nette et flexible ; beaucoup d'intelligence, de feu, de justesse ; une expression unie et modérée, et un geste des plus nobles et expressifs. Boissy, dans sa pièce de l'Apologie du siècle, remise au Théâtre italien dans le temps de son début, s'exprima en ces termes à son sujet :

Dans son brillant essai, qu'applaudit tout Paris,

Le suprême talent se développe en elle,

Et prenant un effort dont les yeux sont surpris,

Elle ne suit personne et promet un modèle.

Elle fut reçue dans la troupe le 8 octobre 1737. Sa majesté lui a accordé en 1762 une pension particulière, à prendre sur le fonds des Menus-plaisirs.

DU MONIN (Jean-Edouard). Cet auteur naquit en 1559 à Gys, dans le Comté de Bourgogne, et mourut assassiné à l'âge de vingt-sept ans. Il était fort savant, mais présomptueux et d'une affectation ridicule. On a deux pièces de lui, qui sont : la Peste de la peste, et Orbeche : on les trouve dans ses oeuvres, imprimées en 1585 ou 1586.

DU MORET (le Père), de la Doctrine Chrétienne, et professeur dans le premier collège de Toulouse, donna, en 1699, une des tragédies sous le titre du Sacrifice d'Abraham.

DUMOULIN. Ce nom est très connu à l'Académie royale de Musique, ayant été porté par trois frères qui ont dansé longtemps avec distinction sur son théâtre ; savoir; François Dumoulin, qui débuta en 1700, et se retira en 1748 ; il avait adopté le caractère d'Arlequin : Pierre Dumoulin, qui parut en 1705 se retira aussi en 1748, et exécutait les Polichinelle, les Pierrot et autres caractères. Enfin, David Demoulin, le plus jeune des trois frères, qui débuta au mois de décembre 1705, et quitta après Pâques de l'année 1751 ; il remplissait avec applaudissements les premières entrées et les danses graves et sérieuses, et vit encore.

DUN (Jean), basse-taille de l'Académie royale de musique, pour les seconds rôles, avait débuté en 1716, et s'est retiré avec la pension en 1741. Il resta cependant toujours attaché à l'Opéra, dans l'orchestre duquel il joua de la basse de viole, jusqu'en 1759. Son père, mort en 1734, avait paru sur le même théâtre dès le temps de Lully, et ne le quitta qu'en 1720.

DUNI (M), maître de chant à Paris, et directeur de la musique de la Comédie italienne, a fait celle du Peintre amoureux de son modèle ; de la Veuve indécise ; de l'Île des fous ; de Mazet ; du Procès, et du Milicien.

DU PARC, dit GROS RENE, débuta d'abord dans une société bourgeoise en 1645, il suivit ensuite Molière en province ; et joua dans sa troupe. Il faisait les valets dans la farce, et succéda à Jodelet. Le rôle de Gros René, qu'il remplissait très bien, était une espèce de Gilles ou de Jean Farine, diseur de bons mots, dont le caractère était toujours le bouffon. Du Parc mourut vers l'année 1673. Sa femme, qui remplissait les premiers rôles avec beaucoup de succès était morte le 11 décembre 1668.

DUPERCHE. Il était avocat, et a composé, en 1640, l'Ambassadeur d'Afrique, et les Intrigues de la vieille tour de Rouen.

DU PESCHIER, était de Paris ; il a donné en 1629, deux pièces sous le nom de René Barry, savoir, la Comédie de la comédie ; et l'Amphithéâtre ou le théâtre renversé : car ces deux derniers titres ne doivent annoncer qu'une même pièce, quoiqu'on en ait fait deux séparées.

DUPLEIX. Cet auteur a fait imprimer en 1645, une tragédie intitulée Charles de Bourgogne.

DUPLESSIS (M), a mis en musique l'opéra des Fêtes nouvelles, donnée en 1734.

DUPRÉ. Ce fameux danseur était compositeur de ballets de l'Académie royale de musique, depuis le mois d'août 1747, ayant succédé à Blondy dans cet emploi ; il se retira su théâtre en 175... avec la pension. Il y a eu encore à l'Opéra deux danseurs qui portent ce nom, et sont actuellement pensionnaires.

DUPUIS (le Président). On lui attribue la tragédie de Tibère, donnée sans succès en 1726, et que des critiques prétendaient être au moins en martie de l'Abbé Pellegrin, ce qui fit faire l'épigramme suivante à Fuzelier

Pourquoi du malheureux Tibère

Se prendre au président DuPui ?

Si sous ce nom il n'a pu plaire

Aurait-il mieux plus sous celui

de l'Abbé*, qui, pour le lui faire,

A reçu cent écus de lui ?.

* Il passe pour certain que l'Abbé Pellegrin avait fait au moins dans cette pièce les rôles de femmes. On peut voir à ce sujet le tome quatre-vingt-sixième du Choix des journaux, page 48.

DUPUY, auteur de la tragédie de Varron, donné en 1687, et qui n'est pas imprimée.

DUPUY (Guillaume Adrien), fils du procureur de Paris, mourut subitement le 3 octobre 1745, âgé de quarante-huit ans. Il n'a travaillé que pour l'Opéra-comique, où il donna en 1721, Arlequin et Pierrot favoris des dieux, et le Triomphe de Plutus, seul ; outre la Guitare enchantée, et la Fontaine de Jouvence, avec Caroletson ami.

DUPUY DEMPORTES (Mme). Nous n'avons de cet auteur, dans le genre dramatique, que la comédie du Printemps, imprimée en 1747.

DURAND (Mme), vivait encore à la fin du siècle dernier. Elle est connue par beaucoup d'ouvrages, et entre autres onze comédies en un acte en prose, imprimées en 1699, dans les deux premiers volumes du Voyage en Campagne, et qui ont toutes pour sujet un proverbe. En voici les titres par ordre alphabétique. A bon chat bon rat ; A laver la tête d'un âne n y perd la lessive ; Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée ; Il n'est point de belles prisons, ni de laides amours ; Les jours se suivent et ne se ressemblent pas ; N'aille au bois qui a peur des feuilles ; Oisiveté est mère de tout vice ; On ne reconnaît pas le vin au cercle ; Pour un plaisir mille douleurs ; Qui court deux lièvres n'en prend point ; Tel maître tel valet.

D'URFÉ (Honoré) [1567, Marseille-1625, Piémont], était le cinquième de six fils d'un gentilhomme du Forez, qui descendait de la maison de Saxe. Il naquit à Marseille le 11 février 1567, et est auteur des quatre premières parties du roman d'Astrée, qui a fourni ensuite le sujet de tant de pièces dramatiques : il a fait en outre une bergerie intitulé Sylvanire. Il mourut en 1625, âgé de cinquante-huit ans, en Piémont où il s'était retiré.

DURIVET (le P. Nicolas Gabriel), jésuite, né à Paris le 19 janvier 1716, est auteur d'un Dissipateur, et de l'Ecole des jeunes militaires.

DU ROCHER. Nous n'avons rien à apprendre de cet auteur, si ce n'est qu'il a composé deux pièces ; l'Indienne amoureuse, en 1631 ; et Mélize, en 1634.

DU ROLLET (M. le Marquis), ancien lieutenant aux Gardes françaises, donna au théâtre en 1752, les Effet de caractères.

DURVAL (J.G.), a composé trois pièces, les Travaux d'Ulysse ; Agarithe, et Panthée. Il fut au service du duc de Nemours, et donna sa première pièce en 1631.

DU RYER (Isaac), travailla pour le théâtre au commencement du dix-septième siècle. Ses pièces, au nombre de trois, sont, la Vengeance des Satyres ; les Amours contraires, et le Mariage d'amour. On lui attribue encore l'Amour mariage, mais ce doit être la même chose que la pièce précédente, ou du moins une reprise. Il avait été secrétaire du duc de Bellegarde, mais ayant quitté ce seigneur, il fut réduit à prendre un emploi de commis au Port Saint Paul, et mourut dans l'indigence.

DU RYER (Pierre), [1605, Paris - 1656, Paris] qui ne doit pas être confondu avec le précédent, quoiqu'il fût peut-être de ses parents (et même son fils, suivant quelques auteurs), était né à Paris en 1605, d'une famille noble. Il fut pourvu d'une charge de secrétaire du roi en 1626 ; mais ayant fait un mariage peu avantageux, il vendit cette charge en 1633. Il devint ensuite secrétaire du duc de Vendôme, fut reçu à l'Académie française en 1646, par préférence au grand Corneille, et obtint, vers la fin de sa vie, le brevet d'historiographe de France, avec une pension sur le sceau. C'est un des poètes dramatiques du siècle passé qui a le plus travaillé, et sur les terres duquel, dit-on, nos auteurs ont le plus fourragé ; mais il aurait été avantageux d'être venu au théâtre dans un autre temps que Corneille, pour n'en pas être effacé . Outre le nom que lui firent ses pièces de théâtre, Du Ryer acquit aussi quelque réputation dans un grand nombre de traductions, dont les plus considérables sont celles de Cicéron, de Sénèque, de Tite-Live, d'Hérodote, de Polybe, de Strada, des Métamorphoses d'Ovide, et d'une partie de l'histoire du Président Thou ; mais comme il était aux gages des libraires, auxquels il s'était obligé de fournir de quoi faire aller leurs presses sans interruption, il n'avait pas tout le loisir qui lui était nécessaire pour donner à ses ouvrages la dernière perfection. Il mourut à Paris le 21 novembre 1656, suivant Bayle, âgé de cinquante et un ans, et fut inhumé dans le tombeau de ses ancêtres, en l'église Saint Gervais. Ses pièces de théâtre, qu'il avait commencé à composer au plus tard en 1630, sont : Argénis et Poliarque, en deux parties, Lisandre et Caliste ; Alcimédon ; Clémédon ; les Vendanges de Suresne ; Lucrece, Clarigène ; Alcionée ; Saül ; Esther ; Bérénice ; Scevole ; Themistocle ; Amarillis ; Dinamis ; Nitocris, et Anaxandre : on lui attribue encore Aretaphile ; Alexandre ; Cléophon ; Clitophon, et Tarquin, non imprimées ; et la Comédie des Captifs, peu connue. S'il était réellement l'auteur de ces dernières pièces, il faudrait supposer qu'il aurait commencé à les publier dans sa plus grande jeunesse. Aretaphile étant indiquée sous l'année 1618 : mais vraisemblablement elles sont d'Isaac Du Ryer.

DU SOUHAIT. Cet auteur travaillait dans le genre dramatique à la fin du seizième siècle, et nous avons de lui ; Beauté et amour ; les Lois d'amour ; Radegonde, et les Souhaits d'amour.

DU TENS (M. Vincent Louis), né à Tours en 1730, est auteur d'une tragédie d'Ulysse, et d'une comédie de l'Amour à la mode, représentées à Orléans depuis quelques années.

DU TERRAIL (M. le Marquis), a fait imprimer en 1754 la tragédie de Lagus, et en 1756 le Déguisement d'amour, divertissement.

DU THEIL. On ne connaît rien de cet auteur qu'une pièce intitulée l'Injustice punie, donnée en 1641.

DUVAL. Cette demoiselle a paru assez longtemps sur le théâtre de l'Académie royale de musique, et s'est retirée avec une pension de 300 livres. Elle est savante dans la composition, et a mis en musique l'Opéra des génies, donnée en 1736.

DU VAURE (M). Gentilhomme du Dauphiné, ancien officier de Cavalerie, et chevalier de l'ordre de Saint-Louis, a donné au théâtre en 1749, le Faux savant, et ensuite l'Imagination.

DU VERDIER (Antoine) [1544, Montbrison - 1600], sieur de Vauprivat naquit à Montbrison en Forez le 11 novembre 1544 et mourut le 25 septembre 1600. Après avoir occupé différentes charges dans sa province, il fut enfin contrôleur général des finances de Lyon, et gentilhomme ordinaire de la maison du Roi Henri IV. Il a composé différents ouvrages, le plus considérable est la Bibliothèque des auteurs français jusqu'en 1585; et nous n'en avons qu'un dans le genre dramatique, qui est une tragédie de Philoxene donnée en 1567.

DU VIGÉON (Bernard), né à Paris, et peintre en miniature , donna en 1738, conjointement avec Romagnesi, la Partie de campagne : il mourut le 11 avril 1760, âgé de soixante-dix-sept ans.

DU VIVIER (Gérard), ou VIVRE, était né à Gand, et fut maître de l'Ecole française de Cologne. On lui attribue trois pièces de théâtre, qui sont : Abraham et Agar ; la Fidélité nuptiale, et Thésée et Déjanire : ces deux dernières furent imprimées en 1577.

Emanville-Etienne

EMANVILLE. On lui attribue une comédie du Capitaine Matamore, donnée en 1639.

ENNETIERES (Jean), Chevalier seigneur de Beaumé, auteur de la tragédie de Sainte Aldegonde, en 1645.

ESTIVAL (Jean d'). On ne sait absolument rien de lui, si ce n'est qu'il fit imprimer en 1608, une pastorale intitulée le Boccage d'amour.

ETIENNE (Charles), Auteur des Abusés, en 1556.

Fabrice-Fuzelier

FABRICE de FOURNARIS, dit le COCODRILLE.
On ne connaît ce nom par une pièce intitulée Angélique, qui fut imprimée en 1599.

FAGAN (Christophe-Barthélemy) de LUGNY [1702, Paris-1755, Paris], né à Paris, et mort dans la même ville au mois d'avril 1755, dans la cinquante-troisième année de son âge. Cet auteur était fils du premier commis au grand bureau des consignations, et eut lui-même un emploi dans ce bureau, qui l'occupait peu, et lui laissa la liberté de s'attacher aux Belles-lettres. Il commença à travailler pour le théâtre en 1733 : voici le catalogue des pièces rangées chronologiquement. Le Rendez-vous, la Grondeuse ; la Pupille ; Lucas et Perrete ; l'Amitié rivale ; les Caractères de Thalie ; le Marié sans le savoir ; la Jalousie imprévue ; Joconde ; la Ridicule supposée ; l'Ile des talens ; l'Amante travestie, et la Fermière ; outre l'Heureux retour, composée en société avec M. Pannard. Le Silphe supposé ; les Eveillés de Poissy ; les Acteurs juges , opéras comiques seul et plusieurs autres en société avec le même Pannard. M. Pesselier a donné en 1761 une édition des oeuvres de Fagan son ami, dans laquelle on trouve les pièces suivantes ; le Musulman ; le Marquis auteur ; l'Astre favorable ; les Almanachs, et Philonomé.

FATOUVILLE. Cet auteur n'a travaillé que pour l'ancien théâtre italien : ses pièces sont, les Arlequin avec les épithètes suivantes, Mercure galant ; Grapignan, ou la Matronne d'Ephèse ; Lingère du palais ; Prothée ; Empereur dans la lune ; Jason ; Chevalier du soleil : les comédies sous le titre de Colombine ; savoir, Colombone avocat pour et contre, et Colombine femme vengée : il a encore donné Isabelle médecin ; et on lui attribue la Précaution inutile ; le Banqueroutier ; le Marchand dupé, et la Fille savante.

FAVART (Charles-Simon) [1710, Paris - 1792, Paris]. Cet auteur, né à Paris, a donné à nos spectacles réguliers, seul ou en société, beaucoup de pièces, savoir, Dardanus ; Hypolite et Aricie ; les Comédiens en Flandres ; Don Quichotte ; les Amants inquiets ; les Indes dansantes ; les Amours champêtres ; Fanfale ; Tircis et Doristée ; Raton et Rosette ; la Coquette trompée ; Zéphire et Fleurette ; le Caprice amoureux ; la Bohémienne ; le Chinois ; la Noce interrompue ; la Soirée des boulevards ; Petrine ; Soliman ; le Procès. Ses principaux opéras-comiques fait aussi seul ou en société, sont l'Enlevement précipité ; la Dragone ; le Nouveau parnasse ; le Bal Bourgeois ; Moulinet premier ; les Réjouissances publiques ; Harmonide ; Pirame et Thisbé ; la Servante justifiée ; la Chercheuse d'esprit ; les Jeunes mariés ; les Fêtes villageoises ; Farinette ; les Valets ; les Vendanges ; le Prix de Cythère ; le Coq du village ; les Bateliers de Saint Cloud ; la Coquette sans le savoir ; Acajou ; l'Ecole des amours grivois ; la Bal de Strasbourg ; Cythère assiégée ; l'Amour au village ; Thésée ; les Nymphes de Diane ; l'Amour impromptu ; le Mariage par escalade ; le Petit-maître malgré lui ; la Parodie du Parnassse ; le Retour de l'Opéra-comique ; le Départ de l'Opéra-comique ; et plusieurs prologues, intermèdes, divertissements etc.
La Dlle Marie-Justine-Benoîte du Ronceray, son épouse, née en Avignon, débuta au Théâtre italien le 5 août 1749, et y fut reçue, à part entière, au mois de janvier 1752, après avoir continué de paraître dans différentes pièces, et de danser dans les ballets. Cette aimable actrice réunit les talents du comique, du chant et de la danse, et paraît toujours avec succès. Elle a d'ailleurs fait preuve d'esprit en composant en société les Amours de Bastien et de Bastienne ; les Ensorcelés ; la Fête d'amour ; la Fille mal gardée ; la Fortune au village ; Annette et Lubin. Son père et sa mère étaient de la musique de la chapelle du roi Stanislas. Elle avait déjà paru à l'opéra-comique en 1745, et épousa le sieur Favart le 2 décembre de la même année.

FAUCHARD de GRANDMENIL (M), a donné en 1759 le Savetier joyeux.

FAVRE (Antoine), Premier président du parlement de Chambéry, accompagna, en 1619, le Cardinal prince de Savoie à Paris, où il se maria. Il est père de célèbre Claude Favre de Vaugelas, et a fait la tragédie des Gordians, en 1596.

FAURE, auteur peu connu, de qui nous n'avons que la tragédie de Manlius Torquatus, donnée en 1662.

FAYOT (L.). On n'a de cet auteur que le Juge de soi-même et Stratonice. Il vivait dans le milieu du dernier siècle, ayant donné ces pièces en 1657.

FEAU (Charles), père de l'Oratoire à Marseille, était né en 1605 ; il avait beaucoup de goût pour les sciences, et un génie particulier pour la poésie provençale. Ses comédies ont été jouées dans le collège de l'Oratoire et dans les bastides, avec tant d'applaudissements, dit-on, que l'Archevêque d'Aix venait régulièrement tous les ans à Marseille pour les entendre ; il ne nous en est parvenu que Brusquet, donnée en 1634.

FEL (Mlle), une des bonnes actrices de l'opéra, où elle a été plus de vingt ans, jouait les premiers rôles tendres et légers, et était fort estimée à cause de sa voix gracieuse, et chantait l'italien avec beaucoup de goût. Elle est languedocienne et se retira en 1759.

FENELON (M. de). Capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, a composé une tragédie d'Alexandre, qui a été jouée à Tours en 1753, et redonnée en 1762, avec de grands changements.

FERMELHUIS. Il était fils d'un médecin de la faculté de Paris, on le dit auteur des paroles de l'opéra de Pyrrhus, donné en 1730.

FERRAND (M), Fermier général, auteur de la musique de Zélie, et de quelques autres pièces qui n'ont pas parues sous son nom.

FERRIER (Louis) [1650, Arles - 1721], écuyer, sieur de la Martinière, gentilhomme provençal, naquit en 1650 à Arles ; il fut de l'Académie des Belles-lettres de cette ville et gouverneur de Charles d'Orléans, fils naturel du duc de Longueville. Il mourut en 1721, et a fait, conjointement avec l'Abbé Abeille, plusieurs traductions estimées ; il est d'ailleurs auteur de trois tragédies ; Anne de Bretagne ; Adraste, et Montezume ; la première fut donnée en 1678.

FIERVILLLE débuta au Théâtre français le 18 mai 1733 par le rôle de Palmède dans Electre, fut reçu en 1734, et fut congédié le 24 janvier 1741, avec une pension de 500 livres. Il jouait les rôles de paysan, et est actuellement dans une troupe de province.

FILLEUL (Nicolas), vivait vers le milieu du seizième siècle. Il était de Rouen, et a donné plusieurs poésies latines sous le nom de Nicolaus Fillillius Guercetanus. Nous avons de lui des poésies françaises, entre autres les Naïades, en quatre églogues, et trois pièces de théâtre qui sont : Achille ; Lucrece, et les Ombres.

FLACÉ (René), n'est connu que par la tragédie d'Elips, qu'il fit jouer et imprimer au Mans en 1579.

FLAMINIA (la Delle), actrice du Théâtre italien, se nomme Hélène Baletti, de la ville de Ferrare. Elle est veuve de Lelio, mère du sieur Riccoboni; soeur de Mario, et cousine germaine de la Dlle Silvia. Elle était venue en France avec son mari en 1716, pour jouer les premières amoureuses, se retira du théâtre en même temps que lui en mars 1729, y remonta à la fin de novembre 173, et y resta jusqu'à Pâques de l'année 1752 : elle jouit à présent de la pension. Voici comme on s'est expliqué à son sujet : "Elle joue ses rôles avec précipitation, mais avec intelligence, entrant admirabement dans les différents caractères, dont elle exprime non seulement les sentiments, mais en produit encore d'autres elle-même très convenables au sujet ; son esprit et ses talents lui ont mérité d'être admise en quatre académies d'Italie, qui sont celles de Rome, de Ferrare, de Bologne, et de Venise ; entre toutes ses connaissances, celle de son mérite semble ne lui être pas échappée." Nous avons de cette actrice une comédie du Naufrage, et celle d'Abdilly, roi de Grenade, faite en société avec Delisle.

FLEURY, natif de Lyon, et mort en 1746, a composé les paroles des opéras de Biblis, et des Génies.

FLEURY (N... Liard dit), Comédien du Théâtre français, où il débuta le 25 avril 1733, par Achille dans Iphigénie ; il fut reçu en 1734, et s'est retiré le 24 janvier 1741, avec une pension de 500 livres. Il joue actuellement en Provence les premiers rôles des deux genres.

FLORIDOR. Cet ancien acteur était gentilhomme, et se nommait Josias de Soulas ; il quitta une place d'enseigne dans le régiment de Rambure, pour se faire comédien de province. Il débuta dans la troupe du Marais en 1640, et passa en 1643 à l'Hôtel de Bourgogne. Il jouait parfaitement les premiers rôles dans le tragique et dans le comique, et était l'orateur de la troupe. Il se retira en 1672, et mourut au mois d'avril de la même année, âgé de soixante-quatre ans. Ce fut à son occasion que Louis XIV, rendit l'arrêt que la profession de comédien n'est pas compatible avec la qualité de gentilhomme.

FOLLARD (Melchior), jésuite, naquit à Avignon le 5 octobre 1683, et mourut dans le même ville le 19 février 1739 ; il entra dans le Compagnie de Jésus à l'âge de seize ans. Au sortir du noviciat il professa successivement les humanités et la rhétorique, au collège de Lyon, et fut reçu à l'Académie des Sciences et Belles-lettres de cette ville. Son goût décidé était pour le genre dramatique ; il est l'auteur des tragédies d'Agrippa ; d'OEdipe, et de Thémistocle, et plusieurs bonnes pièces jouées par les pensionnaires du collège de Lyon.

FONTAINE (la Demoiselle), était une très belle et très noble danseuse de l'Opéra, où elle parut en 1681. Elle a été la première femme qui ait dansé sur le Théâtre de l'Académie Royale de Musique ; avant ce temps les rôles de dames étaient remplis par des hommes habillés en femme.

FONTENELLE (Bernard le Bouvier ou le Bouyer de) [1657, Rouen,- 1757, Paris]. Cet aimable et profond philosophe, né à Rouen le 11 février 1657, était neveu de MM. Corneille, l'un des quarante de l'Académie française, membre de celle des Belles-lettres, ancien secrétaire perpétuel de celle des sciences, et associé à celle de Prusse. Toute l'Europe connaît ses ouvrages dans différents genres, et il a soutenu sa réputation avec éclat jusqu'à sa mort, arrivée à Paris le 9 janvier 1757. Son théâtre consiste en Abdolonime ; Henriette ; Idalie ; Lusianasse ; Macate ; le Testament ; le Tyran ; le Retour de Climène ; Enone ; Pigmalion, et la Comète. On lui attribue encore Aspar, et le Comte de Gabalis. Ses opéras, au nombre de trois, sont Thetis et Pelée ; Enée et Lavinie ; Endimion ; sans compter Bellérophon, et Psyché, connus sous le nom de Thomas Corneille, et qu'il a revendiqués. On peut consulter au sujet de M. de Fontenelle, le Mercure de France, avril 1757, premier volume page 553, et la nouvelle édition de ses oeuvres imprimées en dix volumes in-12 en 1758 [BnF Z-24226 à Z-24235].

FONTENI (Jacques), était Confrère de la Passion vers 1580 ; il a donné en 1587 trois pastourelles, qui sont le Bon pasteur ; la Chaste bergère, et Galathée. Les deux premières ont été imprimées en 1615, dans le recueil intitulé les Ebats poétiques, ou le Bocage d'Amour.

FOULQUIER (Catherine), dite Catinon, née à Toulouse, est la fille aînée du sieur Jean-Baptiste Foulquier, né à Béziers, qui a joué longtemps de la basse dans l'orchestre de la Comédie italienne, et qui a composé la musique de quelques ballets. Elle débuta comme actrice au même théâtre, à l'âge de quinze ans, le 20 décembre 1753, par le rôle d'Angélique dans la Mère confidente, et fut retenue à pension pour les rôles d'amoureuses, et la danse, et ensuite reçue à part en 1757. Elle s'est fait estimer par ses talents et ses moeurs, et a fait un mariage très honnête. Sa soeur cadette, connue sous le nom de Suzette, née à Nantes, est aussi pensionnaire du même spectacle pour la danse, et a épousé en 1761, le sieur Carlin.

FRANCOEUR (M. François), le cadet, surintendant de la musique du Roi, et connu avantageusement par ses talents. Il n'a travaillé pour l'opéra que conjointement avec M. Rebel le fils : les poèmes qu'ils ont mis en musique depuis 1726, sont : Pirame et Thisbé ; Tharsis et Zélie ; Seanderberg ; le Ballet de la paix ; les Augustades ; la Félicité ; Zélindor ou le Silphe, avec le Trophée ; le Prince de Noisy ; Ismène, et les Génies tutélaires.

FROMAGET, mort en 1759, et connu par quelques historiettes, n'a travaillé dans le genre dramatique que pour l'opéra-comique, où il a donné en société, depuis 1738 les Vieillards rajeunis ; le Neveu supposé ; le Magasin des choses perdues : et seul, les Noms en blancs, et l'Epreuve dangereuse.

FRAMERY (M.), ce jeune auteur a fait représenter en 1764 une pièce de sa composition, Nanette et Lucas.

FRENICLE (N), conseiller du Roi et lieutenant général de la cour des monnaies, a composé en 1638 des paraphrases sur quelques psaumes. Nous avons de lui dans ce dictionnaire la Fidèle bergère ; Niobée, et Palemon, qu'il avait faîtes quelques année auparavant.

FUSILIER (M), fils d'un Intéressé dans les sous-fermes du roi, a donné en 1728, a comédie du Retour de tendresse.

FUZELIER (Louis), parisien, auteur du Mercure de France, conjointement avec La Bruère, depuis le mois de novembre 1744, jusqu'à sa mort, arrivée le 19 septembre 1752, dans la quatre-vingtième année de son âge, a travaillé pour tous nos théâtres. Celui de l'opéra a eut de lui, depuis 1713, les Amours déguisés ; Arion ; le Ballet des âges ; les Fêtes grecques et romaines ; la Reine des Péris ; les Amours des Dieux ; les Amours des Déesses ; les Indes galantes ; l'Ecole des Amants ; le Carnaval du parnasse ; les Amours de Tempé ; Phaétuse, acte de ballet, et Jupiter et Europe, exécuté aux petits appartements de Versailles. Ses pièces joués au Théâtre français, sont : Cornelie vestale ; avec le président H...; Momus fabuliste ; les Amusements de l'automne ; les Amazones modernes ; les Animaux raisonnables, en société avec Le Grand, et le Procès des sens. Celles qu'il a données au Théâtre italien, au nombre de dix-huit, sont ; l'Amour maître de Langue ; le Mai ; la Méridienne ; la Mode ; la Rupture du carnaval ; le Faucon ; Mélusine ; Hercule filant ; Arlequin Persée ; le Vieux monde ; le Noces de Gamache ; le Serdeau des saturnales ; Amadis le cadet ; Momus exilé, et la Bague magique. Enfin il avait fait de plus, seul ou en société, beaucoup de pièces pour l'opéra-comique, et le jeu de marionnettes depuis 1701 ; les principales de ces pièces sont Thésée ; le Ravissement d'Hélène ; Arlequin Grand-Vizir ; la Matronne d'Ephese ; Arlequin défenseur d'Homère ; le Lendemain de noces ; Pierrot Roland ; le Pharaon ; le Réveillon des Dieux ; la Gageure de Pierrot ; la Reine de Monomotapa ; le Camp des amours ; le Chartier du Diable ; le Lourdaut d'Inca ; les Vacances de théâtre ; les Noeuds ; le Quadrille des théâtres ; les Bains de Charenton ; les Vendanges de Champagne ; Pierrot Perette ; les Quatre Mariamnes ; le Ravisseur de sa femme ; Atys ; l'Ambigu-comique ; les Songes ; le Saut de Leucade ; l'Amant brutal ; Pierrot Celadon ; les Sincères malgré eux ; l'Eclipse ; les Jaloux de rien, etc etc .

 

Gaillac-Guyot de Merville

GAILLAC (de). Auteur de la comédie intitulée l'Amoureux sans le savoir, donnée en 1730.

GAILLARD. Cet auteur était laquais de l'Archevêque d'Auch : il a fait la tragédie de la Mort du maréchal d'Ancre, et le Cartel. Ses oeuvres furent imprimées en 1634, in-8°;, cependant comme la tragédie du Maréchal d'Ancre ne se trouve pas dans ses oeuvres et qu'il est même incertain qu'elle soit imprimée, elle pourrait bien être d'un auteur différent, qui avait le même nom, ainsi que la Comédie ; Carline ; et le Triomphe de la Ligue, données en 1634 et en 1636. En effet, j'ai vu dans un ouvrage manuscrit sur les théâtres, attribuer Carline à un Antoine Gaillard, sieur de Portneille.

GAILLARD (M), a mis en musique en 1735, le Triomphe de la France.

GALLET, Cet auteur mort en 1757, n'a travaillé que pour l'opéra-comique où il a donné, le Double tour ; la Précaution ridicule ; les Coffres, et deux autres pièces en société.

GANDINI. Voyez SCARAMOUCHE.

GARDEL (le sieur), un des bons danseurs de l'Opéra, où il est depuis quelques années.

GARNIER (Robert) [1534, Ferté-Bernard - 1590, Le Mans], naquit à la Ferté-Bernard, au Maine, en 1534. Il fut lieutenant général au siège du Mans, et ensuite conseil au Grand-Conseil. Il a vécu sous les règnes de Henri II, François II, Charles IX, Henri III et Henri IV. Henri II et Charles, qu'il eut l'honneur de haranguer, voulurent l'avoir à leur service, mais il s'en excusa. Il avait formé son goût dramatique sur Sénèque le Tragique, quoique beaucoup moins juste que celui des grecs, et affecta d'imiter cet auteur, en quoi il réussit parfaitement. Peu s'en fallut que Garnier ne mourût tragiquement, car ses domestiques résolurent de l'empoisonner, ainsi que sa femme et ses enfants, pour piller leur maison, pendant une cruelle peste à laquelle ils voulaient imputer l'effet de leur poison. Ils donnèrent d'abord un breuvage à la femme de Garnier, et les signes du poison paraissant aussitôt, firent soupçonner les scélérats, qui furent punis après avoir avouer leur crime. Garnier se retira au Mans, où il mourut en 1590, âgé de cinquante-six ans, et fut enterré dans l'église des Cordeliers. Ses tragédies, qui faute d'autres ont été longtemps les délices de la France, sont au nombre de huit, et furent imprimés en in-8°, à Lyon en 1592 ; et à Paris en in-12 en 1607. En voici les titres ; Cornélie ; Hyppolyte ; Marc-Antoine ; Porcie ; la Troade ; Antigone ; Bradamante, et Sedécias, ou les Juives.

GAUBIER (M. Edme-Sulpice), parisien, ancien valet de la Chambre du Roi, a donné en 1753, l'Origine des marionnettes, parodie : on lui attribue aussi le Pot de chambre cassé.

GAULCHÉ (Jean), auteur d'une pièce intitulée l'Amour divin, imprimée en 1601.

GAULTIER (Albin), apothicaire à Avranches, est auteur de la pastorale intitulée Union d'amour et de chasteté, donnée au commencement du dernier siècle.

GAULTIER, mort en 1759, avait fait Basile et Quitterie, en 1723. On lui attribue encore une comédie intitulée les Pouvoirs de la Cabale, ou les Guerres du Parterre, qui n'a été représentée ni imprimée.

GAULTIER (la Dlle), débuta au théâtre français en 1716, fut reçue au mois d'octobre de la même année, quitta en 1726 avec la pension de 1000 livres et par un principe de dévotion se fit religieuse carmélite à Lyon. Elle mourut en 1757. Elle distribuait sa pension aux pauvres, et ne prenait que 24 livres dessus pour elle chaque année.

GAUMIN (Gilbert), natif de Moulins en Bourbonnais, maître des requêtes, puis conseiller d'Etat, mort en 1667, âgé de plus de quatre-vingt ans, avait un génie élevé et vaste, et était grand poète ; mais comme tous ses ouvrages sont en latin, il y a beaucoup d'apparence qu'il avait composé aussi dans cette langue la tragédie d'Iphigénie qu'on lui attribue, sous l'année 1640.

GAUSSIN (Marie-Magdeleine). Cette aimable actrice, qui joue les rôles de tendresse avec tant d'âme, et les naturels avec tant de naïveté et de simplicité que l'art disparaît pour ne laisser apercevoir que la vérité, fait l'ornement de la scène française depuis le 28 avril 1731, qu'elle y débuta par le rôle de Junie dans Britannicus. Elle fut reçue le 6 juillet suivant, et a toujours continué depuis à remplir les premier rôles avec tout le succès possible. Elle se maria en 1758, avec le sieur Taolaigo, bon danseur qui était entré à l'opéra en 175... et s'en retira en 1757.

GAUTHIER (Pierre), né à Ciura, petite ville de Provence. Ce musicien eut en 1684 le privilège d'établir un opéra à Marseille, et mit en musique, pour en faire l'ouverture, le Triomphe de la paix. Il périt malheureusement au mois de septembre 1697, âgé de cinquante-cinq ans ; s'étant embarqué au port de Cette [sic Sète] avec les acteurs et les actrices d'un opéra dont il état le directeur, pour s'en retourner à Marseille, son vaisseau fut submergé, et personne ne put se sauver. Il venait de Montpellier faire exécuter un opéra et quelques divertissements.

GAUTIER (le Demoiselle). Cette agréable actrice du Théâtre français, y fut reçue le 11 juin 1742, après avoir débuté le 30 mai précédent, dans le Cid. Elle joue avec beaucoup de goût et d'intelligence les rôles de soubrettes, et ceux de caractères, et a une fort joie voix. Elle a épousé le sieur Drouin, comédien de la même troupe, et est fille d'un musicien connu.

GAUTHIER GARGUILLE. Ce farceur se nommait Hugues Guérin ou Guéru, dit Flechelles : il débuta dans la Troupe du Marais vers l'an 1598, et passa ensuite dans celle de l'Hôtel de Bourgogne. Il avait le corps maigre, les jambes longues et menues, et un gros visage ; aussi ne jouait-il jamais sans masque, et pour lors, avec une grande barbe pointue, une calotte noire et plate, des escarpins noirs, des manches à frise rouge, un pourpoint et des chausses de frise noire, il représentait toujours le vieillard de la farce. Il chantait ordinairement une chanson, et quoiqu'elle ne vaut rien la plus grande partie du temps, plusieurs ne venaient, dit-on, à l'Hôtel de Bourgogne que pour l'entendre. Cet homme, si ridicule à la farce, ne laissait pas quelquefois de faire le roi, et assez bien, dans les pièces sérieuses, à l'aide du masque et de la robe de chambre que portaient alors tous les rois du théâtre. Il mourut en 1634, âgé de soixante ans. Sa veuve, fille de Tabarin, à qui il laissa quelques biens, se remaria à un gentilhomme de Normandie, après s'être retirée du théâtre.

GAVINIÉS (M), connu pour son talent supérieur à jouer du violon, a composé la musique du Prétendu.

GENEST (Charles-Claude), naquit à Paris en 1637. Il obtint l'Abbaye de Saint Wilmer, diocèse de Boulogne, fut mis auprès de Mademoiselle de Nantes ; et après le mariage de cette princesse avec le Duc de Bourbon, il passa à l'éduction de Mademoiselle de Blois, depuis Duchesse d'Orléans, dont il devint ensuite l'aumônier ordinaire, et secrétaire des commandements de M. le Duc du Maine. l'Abbé Genest avait beaucoup d'esprit et de génie ; il fut reçu l'Académie française le 7 septembre 1698, et mourut à Paris le 19 novembre 1719, âgé de quatre-vingt-deux ans ; on l'enterra à Saint-Roch. Nous avons de lui trois tragédies, données depuis 1682, qui sont ; Zélonide ; Pénélope, et Joseph ; sans compter celle de Polymnestor, qui n'a jamais été imprimée, et différentes poésies.

GENETAY (Octave-César), sieur de Gilleberdière, a composé en 1609 l'Ethiopique.

GEOFFROY (le P.) jésuite, auteur de la tragédie de Basilide, et de la comédie du Misanthrope, donnée en 1753.

GHERARDI (Evariste), n'avait jamais monté sur le théâtre, et sortait du collège de la Marche, quand il tenta en 1689 de remplacer le fameux Dominique, Arlequin de l'ancien Théâtre italien. Il parut donc pour la première fois le premier octobre, et eut le bonheur de réussir au gré du public, (quoiqu'il eût choisi pour coup d'essai le Divorce, pièce qui avait échoué dans les mains de Dominique). Il continua toujours depuis à mériter les suffrages, et mourut au mois d'août 1700, à la fleur de son âge. Nous avons de Gherardi, en qualité d'auteur, le retour de la Foire de Bezons, donnée en 1695 ; et en qualité d'éditeur, le recueil des meilleure pièces jouées sur l'ancien Théâtre italien, en six volumes in-12.

GERLAND, gentilhomme de la Bressse, a donné la tragédie de Montgommery, en 1573.

GERVAIS, maître de musique de feu M. le Duc d'Orléans, régent, et ensuite de celle de la chapelle du Roi, donna depuis 1697, trois opéras, qui sont : Méduse ; Hypermnestre, et les Amours de Protée. Il mourut à Paris le 15 janvier 1744, âgé d'environ soixante-douze ans.

GIBERT (M), a fait la musique des pièce suivantes depuis 1758, la Sybille ; le Carnaval d'été ; la Fortune au village ; Soliman.

GIBOIN (Gabriel)de MONTARGIS. Cet auteur jouait de la harpe et était grand arithméticien. Nous avons de lui dans ce dictionnaire une tragédie d'Alexandre, imprimée en 1618, et les Amours de Philandre et de Marisée.

GILBERT (Gabriel), mort en 1675, ou 1679, était parisien, et de la religion protestante. Dans sa jeunesse il occupa l'emploi de secrétaire auprès de Madame la duchesse de Rohan ; ensuite il devint secrétaire de la reine Christine de Suède, et son résident à la Cour de France. Il a donné de son vivant un volume de poésies mêlées. Il commença à travailler pour le théâtre en 1641, et a composé treize pièces, qui sont, Marguerite de France ; Rodogune ; Sémiramis ; les Amours de Diane et d'Endimion ; Cresphonte ; Arie et Petus ; les Amours d'Ovide ; les Amours d'Angelique et de Medor ; les Intrigues amoureuses ; Léandre et Ero ; et les Peines et les Plaisir de l'Amour ; opéra. On lui attribue encore le Triomphe des cinq passions que nous avons mis d'après d'autres auteurs, sous le nom de Gillet ; Théagène, et le Courtisan parfait.

GILLET DE LA TESSONERIE, ou de la Tessonière, naquit en 1620, et fut Conseiller des Monnaies. Il commença à travailler au théâtre à l'âge de dix-neuf ou vingt ans. Les pièces que nous avons de lui sont, le Quixaire ; Policrite ; Francion ; le Triomphe des cinq passions ; l'Art de régner ou le Sage gouvernement ; Sigismond ; le Dénaisé ; la Mort de Valentinien, et le Campagnard. On lui attribue encore Constantin, et Soliman.

GIRAUD (Antoine). Cet auteur était lyonnais ; nous ne connaissons de lui que le Pasteur fidèle, donné en 1623.

GIRAUD (M), ordinaire de la Musique du Roi, et de l'Académie Royale de Musique, pour la basse, a mis en musique, conjointement avec M. Berthon, Deucalion et Pyrrha, et ensuite seul l'Opéra de société ; il est pensionné pour faire la musique des divertissements à la Comédie française.

GODARD (Jean), naquit à Paris le 15 septembre 1564, mais on ignore le temps précis de sa mort qui arriva vers 1624. Il fut lieutenant Général au Baillage de Ribemont, et peu riche. Nous avons de lui que la Franciade, et les Déguisés, qui furent imprimées en 1594, dans ses oeuvres dédiées à Henri IV.

GOISEAU (le sieur), auteur d'une tragédie d'Alexandre, imprimée en 1723.

GOMBAULT (Jean Ogier de), était de la religion prétendue réformée : il naquit à Saint-Just de Lussac, près de Brouage en Saintonge, sur la fin du seizième siècle. Il était gentilhomme, cadet d'un quatrième mariage, et par conséquent peu riche. Il avait l'esprit délicat : outre ses drames, nous avons de lui trois livres d'épigrammes, grand nombre de sonnets, plusieurs autres poésies, un roman, des lettres et de discours en prose. Il fut de l'Académie française dès son établissement, et l'un des trois qui furent chargés d'en examiner les statuts. La Reine Marie de Medicis le protégeait beaucoup, et lui avait donné une pension de 1200 écus, qui fut depuis réduite au deux tiers, et même après un tiers. Il mourut en 1669, âgé près de cent ans. Ses pièces de théâtre sont Amarante ; Aconce et Cydipe, et les Danaïdes ; outre la tragédie de Théodore qu'on lui attribue encore, quoiqu'elle soit inconnue.

GOMEZ (Madeleine Poisson de). Elle est fille de Paul Poisson, soeur du dernier comédien de ce nom, et veuve de Dom Gabriel de Gomez, gentilhomme espagnol. Ses pièces de théâtre, qu'elle commença à donner en 1714, sont, Habis ; Sémiramis ; Cléarque ; Marsidie, et les Epreuves ; on les a rassemblées dans un volume d'oeuvres mêlées. Les autres ouvrages de cette dame, sont l'Histoire secrète de la conquête de Grenade ; les Journées amusantes ; les Anecdotes persanes ; Crémentine, reine de Sanga ; les Entretiens nocturnes de Mercure et de la Renommée ; les Cent nouvelles nouvelles, etc. Elle s'est retirée depuis plusieurs années à Saint-Germain-en-Laye.

GONDOT (M), commissaire des guerres, secrétaire des gardes françaises, et de M. le duc de Biron, est auteur des Bergers de qualité, donnée en 1752 ; des Fêtes des environs de Paris ; de la parodie de Castor et Pollux, et des Couronnes.

GOUGENOT. Cet auteur était de Dijon ; on en sait d'ailleurs peu de choses, sinon qu'il a donné en 1633 une Comédie des comédiens, et la Fidèle tromperie.

GOUVÉ (M. le), de qui nous avons la tragédie d'Attilie, imprimée en 1750, dans sa jeunesse.

GRAFIGNY (Françoise Dissembourg d'Happoncourt, veuve de François Huguet de), né à Nancy, était petite-fille par sa mère du fameux Callot, et mourut à Paris le 12 décembre 1758, âgée d'environ soixante-quatre ans. Elle est connue par ses ingénieuses Lettres péruviennes, et avait donné au théâtre en 1750, Cenie ; elle composa depuis Phasa, et la Fille d'Aristide.

GRANDCHAMP, auteur d'une tragédie d'Omphale, en 1630.

GRANGIER (Balthazar), était conseiller et aumônier du roi, et Abbé de Saint Barthélemi de Noyon. On ne connaît de lui que les Comédies du paradis, de l'Enfer, et du Purgatoire, du Dante, qu'il a mises en rimes françaises, et qui, au sentiment de Baillet, doivent être considérées comme un poème épique : elles furent imprimées de son vivant en 1596 et 1597, en trois volumes in-12.

GRANDVAL (Nicolas Racot) [1676, Paris - 1753,Paris], musicien-organiste, et auteur du poème de Cartouche, était né à Paris, où il mourut le 16 novembre 1753, âgé de soixante-dix-sept ans ; il a composé pour le théâtre, le Quartier d'hiver ; le Valet astrologue ; Persister, et Agathe. On lui attribue encore le Camp de Porché-Fontaine. Il était neveu de défunte la Dlle Raisin, frère de la veuve de Dangeville l'oncle, et père du sieur Charles-François Grandval, qui débuta au théâtre français le 19 novembre 1729, à l'âge de dix-huit à dix -neuf ans, par le rôle d'Andronic, et par Mélicerte dans Ino (pièce que l'on remit en sa faveur) ; et fut reçu le dernier décembre suivant : il remplit longtemps les premiers rôles, et tout le monde a connu ses talents supérieurs pour ceux de petits maîtres du bon ton. Il quitta le théâtre à Pâques 1762, et a composé quelques petits ouvrages dans le genre dramatique ; tels sont l'Eunuque ; les Deux biscuits ; Léandre Nanette ; Sirop au cu [sic], et le Tempérament.
La Dlle DUPRÉ son épouse, fille d'un horloger de la rue de Seine, était une actrice qui avait beaucoup de talents : elle débuta le 13 janvier 1734, par le rôle d'Atalide dans Bajazet, fut reçue le 29 novembre de la même année, et se retira en 1760. Elle ne jouait plus dans le tragique ; mais le public la voyait toujours avec un plaisir infini remplir les principaux rôles comiques.

GRAVE (M. le Vicomte de), né à Narbonne, et capitaine au régiment de Cambis, a donné au théâtre la tragédie de Varron ; elle fut représentée en 1751.

GRAVELLE (M. Levêque de), nous lui devons l'Amant déguisé, parodie donnée au mois de juin 1754, dans sa jeunesse.

GREBAN (Arnoul et Simon). Ces deux auteurs étaient de Compiègne et frères ; Arnoul fut chanoine du Mans, et Simon secrétaire du Comte du Maine. Il sont les premiers qui firent représenter des Mystères ; celui des Actes des apôtres, qui parut de leur façon en 1450, en est la preuve. Arnoul l'avait commencé, mais étant mort avant d'avoir put l'achever, son frère y mit la dernière main.

GRENAILLE (François), sieur de CHATEAUNIÈRES, né à Uzerche dans le Limousin en 1616, avait voulu se faire moine à Bordeaux. Il est connu par une pièce intitulée la Mort de Crispe, ou l'Innocent malheureux, qu'il dédia au Vicomte de Pompadour ; en 1639, et par quantité d'autres ouvrages faits à peu près dans le même temps, et qui ne valent pas grand chose.

GRENET, Directeur du concert de Lyon, et auparavant maître de Musique de l'Académie Royale, a fait en 1737 l'opéra du Triomphe de l'Harmonie. Il est mort depuis quelques années, et on a donné depuis de lui Apollon berger d'Admete.

GRESSET (M. Jean-Baptiste-Louis) [1709, Amiens - 1777, Amiens], né à Amiens où il s'est retiré, de l'Académie royale des Sciences et Belles-lettres de Prusse, et de l'Académie française, où il fut reçu le 4 avril 1748 ; si connu d'ailleurs par ses jolis morceaux de poésie s'est distingué dans le genre dramatique par ses pièces d'Edouard III de Sidney, et du Méchant. Il donna la première en 1740, et a renoncé à ce genre.

GREVIN (Jacques) [1541 Clermont-en-Beauvoisis - 1570, Turin], un des beaux esprit de son siècle, était de Clermont en Beauvoisis. Il fut médecin de la duchesse de Savoie, et mourut à Turin le 5 novembre 1570, âgé de vingt neuf ans. On a perdu plusieurs de ses poésies, tant latines que françaises. Trois de ses pièces de théâtre nous sont parvenues, savoir, le Trésorière ; les Esbaïs, et Céser : on lui attribue encore la Maubertine. ses autres ouvrages sont l'Olympe, qu'il fit pour Nicole Etienne, fille de Charles Etienne, médecin, et nièce de Robert Etienne, libraire, de laquelle il devint amoureux à l'âge de quinze ans ; La Gelodacrye c'est à dire , les Ris et les pleurs ; la traduction du grec en français les oeuvres de Nicandre, ancien médecin et poète grec. On peut juger par sa mort prématurée et la catalogue de ses ouvrages qu'il commença à travailler fort jeune ; sur quoi Ronsard dans une de ses élégies, lui dit :

Et toi, Grevin, toi mon Grevin, encor,

Qui d'ores ton menton d'une petit crêpe d'or,

À qui vingt et deux ans n'ont pas clos les années,

Tu nous as toutefois les muses amenées,

Et nous as surmontée, qui sommes là grisons,

Et qui pensions avoir Phebus en nos maisons.

Il se brouilla cependant avec Ronsard, à cause des traits que celui-ci lança contre le religion prétendue réformée, que Grevin professait. MM. de Thou et du Verdier lui ont donné de grandes louanges.

GRINGOIRE (Pierre), n'est connu que par le Jeu du prince des sots, donné en 1511.

GROS GUILLAUME. C'est le nom de théâtre d'un ancien farceur de l'Hôtel de Bourgogne : celui qui le remplissait s'appelait Robert Guérin, surnommé La Fleur, et était auparavant boulanger. Il joua pendant cinquante ans. C'était, dit-on, un franc ivrogne, gros, gras et ventru, qui ne venait sur la scène que garotté de deux ceintures, l'une au-dessous du nombril, et l'autre auprès de la poitrine, qui le mettaient en tel état, qu'on l'eût pris pour un tonneau. Il ne portait point de masque, contre l'usage de ce temps-là, mais se couvrait le visage de farine, en sorte que remuant un peu les lèvres, il blanchissait tout d'un coup ceux qui lui parlaient. La gravelle dont il était atteint, le venait quelquefois attaquer si cruellement sur le théâtre, qu'il en jetait des larmes ; et ces traits de douleurs imprimés sur son visage, faisaient souvent partie de la farce. Avec un si cruel mal, il ne laissa pas cependant que de vivre quatre -vingt ans sans être taillé, et fut enterré à Saint-Sauveur, sa paroisse, vers 1635. Sa fille épousa le père de La Thuillerie.

GROSPIERRE. on lui attribue une tragédie de la Franciade, sans indiquer en quel temps il la composa; ce ne peut cependant être que vers le milieu du seizième siècle.

GROUCHY (de). On ne connaît de cet auteur que la pièce intitulée Béatitude, etc imprimée en 1632.

GUÉANT. Cette jeune et élégante actrice du Théâtre français y avait paru dans les rôles d'enfants dès l'âge de trois et de six ans. Elle débuta le 27 septembre 1749, par Junie dans Britannicus ; le 31 mai 1751, par Rosalie dans Mélanide ; et enfin pour la troisième fois le 16 novembre 1754, par le rôle de Lucinde dans le Pupille ; elle fut reçue le 12 décembre suivant, et mourut de la petite vérole le 2 octobre 1758.

GUERIN de BOUSCAL (Gugon) [16??-1657], était languedocien, et fils d'un notaire. Il fut avocat au conseil, ensuite l'on croit qu'il se fit comédien. Il mourut en 1657 : nous avons de lui, en qualité d'auteur, la Mort de Brute ; Dom Quichotte ; Cléomène ; la Suite de Dom Quichotte ; le Fils désavoué ; Sancho Pança ; La Mort d'Agis ; Orondate ; le Prince rétabli, et l'Amant libéral. Toutes ces pièces ont été recueillies dans un volume in-4°.

GUÉRIN de FRÉMICOURT (M), auteur de la parodie intitulée les Jumeaux, donnée en 1754 ; il a eut aussi part aux Ensorcelés.

GUÉRIN DÉTRICHÉ (Eustache-François), Comédien de la Troupe du Marais, où il avait débuté en 1672, était né à Paris en 1636, et épousa la veuve de Molière. Il excella dans les récits, et après la mort de Raisin le cadet, s'étant livré aux rôles de grands confidents et à ceux à manteau, il les remplit avec beaucoup de naturel et de succès jusqu'en 1718. Il mourut le 28 janvier 1728, âgé de quatre-vingt-douze ans, après avoir langui longtemps d'une paralysie, suite à une attaque d'apoplexie qu'il avait eue le 29 juillet 1717, sur le point d'entrer sur la scène. Guérin avait un fils de la veuve de Molière, nommé Nicolas-Armand-Martiel, et né vers 1678, qui a fini en 1699 la Mélicerte de ce grand auteur, sous le titre de Mirtil et Mélicerte, et donné ensuite Psiché de village, outre un opéra de Mélicerte, qui n'a pas été représenté. Il mourut à l'âge de trente ans.

GUERSENS (Charles-Julien de) [1543, Gisors - 1583, Rennes], naquit à Gisors en Normandie, en 1543. Il fut avocat au Parlement de Bretagne et ensuite Sénéchal de Rennes ; il mourut le 5 mai 1583. Il a composé une églogue sous le titre de Bergerie ; et on lui attribue plusieurs pièces qui ont paru sous le nom de Melle Neveu, dont il était amoureux, entr'autres une tragédie de Panthée, et une de Tobie.

GUEULETTE (M. Thomas-Simon), substitut du procureur du Roi au Châtelet de Paris sa patrie, et connu par ses différents ouvrages, tels que les Mille et un quarts d'heure, etc a donné quelques pièces au Théâtre italien seulement pour s'amuser, et sans avoir exigé de part d'auteur. Ces pièces sont, les Comédiens par hasard ; Arlequin Pluton ; le Trésor supposé ; l'Amour précepteur ; et l'Horoscope accompli.

GUIBER (Madame) a fait imprimer en 1764, dans ses Poésies et diverses oeuvres, une tragédie sous le titre de la Coquette corrigée, et une comédie intitulée , le Rendez-vous.

GUICHARD (Henri), il était contrôleur des Bâtiments du Roi, et a fait en 1703 les paroles de l'opéra d'Appêts de noces, et ensuite l'Amant statue, et le Bucheron.

GUICHARD (M), a donné en 1756 ou 1757 un Opéra-comique intitulé les Apprêts de noce, et le Bucheron.

GUILLOT GORJU. Ce dernier farceur de nos théâtres se nommait Bertrand Harduyn (ou Haudouin), dit Saint Jacques ; il fut le successeur des Tulupin, Gauthier Garguille, et Gros Guillaume. Il débuta à l'Hôtel de Bourgogne en 1634. Comme il avait étudié en Médecine, et qu'il avait été apothicaire à Montpellier, son personnage était de contrefaire le médecin ridicule, et il avait, dit-on, une mémoire si heureuse, que tantôt il nommait tous les simples, tantôt toutes les drogues des apothicaires, tantôt les instruments des chirurgiens, quelquefois les outils des artisans ; ce qu'il prononçait si vite, et cependant si distinctement, que chacun l'admirait. Après avoir été environ huit ans farceur, il abandonna le théâtre, et la farce en descendit avec lui. Il fut s'établir médecin à Melun, où étant devenu malade d'ennui, et de mélancolie, il revint à Paris loger près l'Hôtel de Bougogne, et mourut dans cette ville en 1648, âgé d'environ cinquante ans. C'était un grand homme noir, fort laid, ayant les yeux enfoncés et un nez en trompette ; et quoiqu'il ne ressemblât pas mal à un singe, et qu'il n'eut que faire de masque sur le théâtre, il ne laissait pas que d'en avoir toujours un.

GUIS (M. Jean-Baptiste), né à Marseille, était encore jeune quand il donna Abailard et Eloïse, en 1752, et Terée, en 1753.

GUY de SAINT PAUL. Cet auteur état docteur en théologie, et recteur de l'université de Paris ; il donna en 1574 une tragédie de Néron ; et on assure qu'il avait encore composé une comédie et une pastorale, mais on en ignore les titres.

GUYOT de MERVILLE (Michel) [1696, Versailles - 1755, Copenex], était fils du maître de la Poste de Versailles, où il naquit le premier février 1696. Il était d'un caractère très vif et eut toujours envie de voyager, ce qu'il exécuta dans les dernières années de sa vie qu'il employa à visiter l'Italie, l'Allemagne, la Hollande et l'Angleterre. Il mourut le 4 mai 1755, à Copenex près de Genève, d'une colique de miserere, dont il fut attaqué en route : quelques personnes ont prétendu qu'il s'était noyé. Il avait commencé à travailler pour nos théâtres en 1736 : nous avons de lui, les Mascarades amoureuses ; les Amants assortis sans le savoir ; les Impromptus de l'amour ; Achille à Scyros ; le Consentement forcé ; les Epoux réunis ; le Dédit inutile ; les Dieux travestis ; le Roman, en société avec Procoppe-Couteaux ; l'Apparence trompeuse, et les Talents déplacés. On lui attribue en outre, le Médecin de l'esprit. Il est aussi l'auteur de l'Histoire littéraire de l'Europe, publiée en 1726, en six volumes et d'un Voyage Historique d'Italie, en deux volumes. Ses oeuvres de théâtre et pièces fugitives ont été recueillies en 1763, en six volumes qui contiennent encore les pièces suivantes qui n'ont pas été représentées, Achille à Troie ; Manlius Torquatus, et Saluste, tragédies. La Coquette punie ; le Jugement téméraire ; les Tracasseries, et le Triomphe de l'amour et du hasard, comédies.

Hagert-Huau

HAGERT (François), Fils d'un officier du Roi, était d'Issoudun, et de la famille de Montmort. On ne connaît de cet auteur qu'une pièce intitulée le Monarque, donnée en 1558.

HARDY (Alexandre) [15??, Paris - 1630, Paris], parisien, tira la tragédie du milieu des rues et de l'échafaud. Il commença à publier ses ouvrages sous le règne d'Henri le Grand, vers 1601, et était avant le grand Corneille l'auteur fameux de théâtre, et associé pour une part avec les comédiens, auxquels il devait fournir six tragédies par an ; au moins était-il célèbre par le nombre de ses pièces, et en faisait souvent deux en moins d'un mois, il mourut en 1630. Les vers de Hardy sont rudes, et ses compositions lourdes et sérieuses ; et parmi le grand nombre d'autres défauts, que l'ignorance de son siècle et l'enfance du théâtre français rendaient supportables, il n'aimait rien tant que de varier la scène. Il ne pouvait la tenir en même lieu, et l'on devait être surpris de voir un personnage qui venait de parler dans Naples, se transposer en Cracovie, pendant que les acteurs avaient récité quelques vers, ou que les violons avaient joué quelques symphonies. Il nous reste cinq gros in-8° de ses pièces ; mais il en resterait bien une trentaine de volumes, si elles avaient été toutes imprimées, prétendant lui-même qu'il en avait fait cinq cent. Théophile contemporain de cet auteur, l'a loué, ou peut-être raillé de cette fécondité, lorsqu'il a dit :

Hardy dont le plus gros volume

N'a jamais su tarir la plume,

Pousse un torrent de tant de vers

Que l'on dirait que l'Hypocrene

Ne tient tous ses vaisseaux ouverts

Que lorsqu'il y remplit sa veine.

Ses principales pièces rapportées dans ce dictionnaire, sont, dans l'ordre chronologique, que nous suivons ordinairement, qui est cependant difficile à assigner pour cet auteur, Théagène et Chariclée ; Didon ; Méléagre ; Panthée ; Scedaze ; Procris ; Alceste ; Alphée ; Ariane ravie ; Achille ; Coriolan ; Arsacome ; Cornelie ; Alcée ; Mariamne ; le Ravissement de Proserpine ; la Force du sang ; la Gigantomachie ; Dorise ; Felismène[?] ; Corine ; la Belle égyptienne ; Elmire ; Thimoclée ; Alcméon ; l'Amour victorieux ; la Mort de Darie ; Aristoclée ; Fredegonde ; Gesipe ; Phraarte ; le Triomphe de l'Amour ; Alexandre ; Lucrece, ou l'Adultère, et Alcmène ; indiquée sans date précise. On lui attribue encore, je ne sais trop sur quel fondement, la Bigamie ; Cinthie ; le Folie de Clidamant ; la Folie d'Isabelle, la Folie de Turlupin ; le Frère indiscret ; l'Inceste supposé ; le Jugement d'Amour ; Lidère ; Osmin ; Pandosie [?], première et seconde journée ; Parthénie, première et seconde journée.

HARVY (M), est auteur, conjointement avec Mme Favart, des Amours de Bastien et de Bastienne, et des Ensorcelés ; avec M. Sabine, du Prix des talents : et seul, de la Sybille. Il a donné à l'opéra comique le Bal impromptu ; les Nouveaux calotins, et Georget et Georgette.

HAUTEMER (le sieur FARIN de), né à Rouen, comédien d'une troupe de province, et ensuite de l'opéra-comique, est auteur du Docteur d'Amour, imprimé en 1748 ; d'Arlequin gouré ; des Filles de Vulcain ; du Boulevard ; de l'Impromptu des Halles ; de la Maison à deux portes ; du Troc, etc.

HAUTEROCHE (Noël le Breton, sieur de), joua d'abord la comédie dans la Troupe du Marais dès 1654 ; par la suite il passa dans celle de l'Hôtel de Bourgogne ; et à la réunion des deux troupes, il fut conservé. Il se retira en 1682, et mourut âgé d'environ quatre-vingt-dix ans le 14 juillet 1707. Il avait aussi travaillé dans le genre dramatique dès 1668. Son théâtre, en trois volumes in-12 contient les pièces suivantes, quoiqu'elles y soient différemment arrangées, l'ordre chronologique n'étant pas observé : l'Amant qui ne flatte point ; le Souper mal apprêté ; le Deuil ; les Apparences trompeuses ; Crispin médecin ; Crispin musicien ; les Nobles de province; le Cocher supposé ; la Dame invisible, et l'Esprit follet ; le Feint polonais, et les Bourgeoises de qualité. On lui attribue encore les Nouvelles, et la Bassette.

HAYS (Jean), né au Pont de l'Arche, conseiller et avocat du Roi au baillage et siège présidial de Rouen, hasarda en 1597 une tragédie en sept actes, intitulée Cammate ; mais cet exemple n'a pas été suivi : il fi imprimer l'année suivante la bergerie d'Amarille.

HEINS. On ne sait rien de lui, si ce n'est qu'il a donné, en 1596, une comédie intitulée le Miroir des Veuves.

HERBAIN (M. le chevalier d'). Ce militaire est avantageusement connu pour ses ouvrages de musique de différents genres : il a donné en 1756 à l'opéra, le ballet de Celime, et avait déjà fait un bel opéra italien, à l'occasion de sa naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, qui fut représenté à la Bastie en Corse.

HERSEINT (Charles), Chancelier de la cathédrale de Metz, publia en 1635 deux pièces dramatiques sous le titre de la Pastorale sainte.

HEUDON (Jean), a donné en 1598 Pyrrhe, et l'année suivante Saint-Cloud. Il était parisien.

HOUDARD DE LA MOTTE (Antoine) [1672, Paris - 1731, Paris], naquit à Paris le 17 janvier 1672, jour de la Saint-Antoine, dont le nom lui fut donné. Après ses humanités et ses études de droit, le goût lui avait pris pour la déclamation, en laquelle, dit-on, il excellait, lui fit représenter diverses comédies de Molière avec des jeunes gens de son âge. Ce fut dans ce temps, c'est à dire en 1693, qu'il donna les Originaux au Théâtre Italien. Il embrasse ensuite l'état ecclésiastique, et avait même aspiré à la plus haute perfection, par une retraite qu'il fit à l'Abbaye de la Trappe ; mais il quitta cet état en 1697, et dans cette même année il donna son opéra de l'Europe galante. Il a toujours vécu dans le célibat, et fut reçu à l'Académie française au mois de février 1710, à la place de Thomas Corneille. Dans les douze dernières années de sa vie il fut tout à fait aveugle, et si accablé d'infirmités qu'il ne pouvait ni marcher, ni se tenir debout : sa nourriture ordinaire était du pain, des légumes et du lait. Il mourut à Paris de 26 décembre 1731, dans sa soixantième année de son âge, et fut inhumé dans l'église de Saint-André des Arts, sa paroisse. Il a travaillé pour nos trois théâtres. Ses opéras, où il a surtout excellé, sont : l'Europe galante ; Issé ; Amandis de Grèce ; Marthésie ; le Triomphe des Arts ; Canente ; Omphale ; le Carnaval et la Folie ; la Vénitienne ; Alcione ; Sémélé ; une grande partie de Scanderberg ; un Ballet des âges , et un Ballet des Fées, qui n'ont pas encore paru. Ses tragédies sont, les Machabées ; Romulus ; Inès de Castro, et Oedipe. Il a donné au théâtre français, dans le genre comique, l'Italie galante, contenant le Talisman, le Magnifique et Richard Minutolo ; la Matronne d'Ephèse ; et deux autres pièces avec Boindin, savoir, les Trois gascons, et le Port de la mer. Enfin, le théâtre italien a de lui les Originaux, et l'Amante difficile, sans compter le Calendrier des vieillards, qui n'a pas été représentée. Les autres ouvrages de La Motte sont beaucoup d'odes, l'Illiade d'Homère, en vers et abrégée ; un volume de Fables aussi en vers, des réflexion sur la Critique, des Cantates, des discours académiques, des lettres, etc. On a fait en 1754 une édition complète de ses oeuvres en onze volumes in-12. Il était admirateur des modernes, et tout le monde connaît sa fameuse dispute avec Mme Darcier, qu'il soutint avec toute la politesse et tous les égards possibles, quoiqu'il ne fût pas attaqué de même. Il avait été privé de la vue vers l'âge de quarante six ans, comme nous l'avons dit, et n'eut depuis ce temps d'autres secours pour la composition de ses ouvrages, que la conversation des beaux esprits avec lesquels il était en liaison, et quelques lecture qu'on lui faisait. Son esprit était plus sage et plus étendu que sublime. Ecrivain délicat et méthodique en prose, il manquait souvent de feu et d'élégance dans sa poésie, et même de cette exactitude qu'il est permis de négliger qu'en faveur du sublime.

HUAU (la Demoiselle), comédienne de la troupe de La Haye, y fit représenter et imprimer en 1739 une comédie intitulée le Caprice de l'amour.

HUBERT (André), acteur de la troupe de Molière, et ensuite de celle de Guénégaud en 1673, quitta tout à fait le théâtre au mois d'avril 1685, et mourut le 19 novembre 1700. Il excellait dans les rôles à manteau, et dans ceux d'hommes travestis en femmes, dont il fit revivre l'usage, aboli depuis la première représentation de la Galerie du Palais. Voyez l'article sur cette pièce, et celui de la Comtesse d'Escarbagnas.

HUS (Melle). Cette aimable actrice, élève de Delle Clairon, débuta au Théâtre français le 26 juillet 1751, à l'âge de quinze ans, par le rôle de Zaïre dans la tragédie de ce nom ; une seconde fois le 21 janvier 1753, par Hermione d'Andromaque ; et ensuite par Agnès dans l'Ecole des femmes ; Agathe dans les Folies amoureuses etc. Elle a été reçue peu de temps après, c'est à dire, le 21 mai 1753. La mère de cette actrice a donné au Théâtre italien, en 1756, une comédie intitulée Plutus rival de l'amour, et débuta à la Comédie française en janvier 1760, pour les rôles de caractère, mais elle ne fut pas reçue.

Iso-Juquieres

ISABELLE. C'était le nom de théâtre d'une jolie comédienne de l'ancienne troupe italienne, qui s'en retira en 168... pour contracter un mariage avantageux avec M. de Turgis, officier aux gardes ; mais cette alliance lui attira beaucoup de malheurs et de chagrins. Elle était fille de Dominique, et est morte dans un âge assez avancé.

ISO (M), a composé la musique de Phaétuse; de Zemire, et quelques autres fragments.

JACOB, auteur auquel on attribue la comédie des Bêtes raisonnables.

JACQUELIN. On ne connaît de lui qu'une tragédie de Soliman, ou l'Esclave généreuse, donné en 1652.

JELIOTTE (le sieur). Cette belle haute-contre de l'opéra y a rempli les premiers rôles avec tout le succès possible, pendant longtemps. Il est languedocien, et outre ses grands talents dans le chant et dans la représentation, il en a encore de connus pour la composition ; la musique de Zelisca est de lui. Il a quitté le théâtre à Pâques 1755.

JOBE. On ne connaît de cet auteur que le Bateau de Bouille imprimé à Rouen sans date.

JOBERT, auteur de la tragédie de Balde, en 1651, on ne sait rien de plus de lui.

JODELET. C'était le nom de théâtre de Julien (ou Claude) Joffrin, excellent comédien, qui par ses manières niaises et naïves, mais spirituelles, divertissait beaucoup, malgré son défaut du nez. Il avait débuté dans la troupe du Marais en 1610, passa dans celle de l'Hôtel de Bourgogne en décembre 1634, et mourut à la fin de mars 1660. On peut voir, dans la première partie de ce dictionnaire, les pièces faites sous le nom de Jodelet, et pour lui. C'était une espèce de valet bouffon.

JODELLE (Etienne), sieur de Limodon [1532, Paris -], né à Paris en 1532, est un des premiers de nos poètes français qui ait donné dans notre langue la tragédie et la comédie avec des choeurs, selon la forme des anciens. La nouveauté de ce spectacle fit la meilleure partie de sa réputation, et fit parler de lui par toute la France. Le roi Henri II assista à la première représentation de sa tragédie de Cléopâtre ; ce prince en fut si content qu'il fit donner cinq cent écus de son épargne. Jodelle ne méditait rien, et sa main avait peine à suivre la promptitude son génie ; la plus longue et la plus difficile de ses pièces de théâtre ne l'occupa jamais, dit-on, plus de deux matinées. Dans sa première jeunesse on le vit composer par gageure, en une seule nuit, plus de cinq cent vers en latin. Il possédait en outre plusieurs connaissances dans les arts. Il mourut à Paris au mois de juillet 1573, âgé de quarante et un ans, et l'on prétend que le libertinage avait avancé ses jours. Sas tragédies sont, Cléopâtre captive, et Didon se sacrifiant : ses comédies, Eugène, ou la Rencontre, et la Mascarade. Il ne fit rien imprimer de son vivant, mais un an près sa mort on vit paraître à Paris le premier volume de ses mélanges, in-4° qui, outre plusieurs autres ouvrages contient ses deux tragédies. On imprima ensuite ses Contre-amours, etc.

JOLY (M), l'une des haute-contres de l'opéra, où il joue dans les rôles depuis 1760.

JOLIVEAU (M), secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Musique, a donné en 1763, les paroles de l'opéra de Polixene.

JOLLY (Antoine-François) [1672, Paris - 1753, Paris], né à Paris le 25 décembre 1672, mort dans le même ville le 30 juillet 1753, était un homme d'érudition, et qui avait surtout une connaissance très étendue de l'Histoire de France ; il avait formé dans ce genre un recueil manuscrit de toutes les cérémonies, entrées, joutes, carrousels, pompes funèbres, etc. qu'on a vue pendant tous le temps dela monarchie, et qui a été placé dans le bibliothèque du Roi à Paris, sous le titre de Nouveau et Grand cérémonial de France. Jolly a donné au public les vers de l'opéra de Méléagre, et quatre comédies, savoir : l'Ecole des amants ; la Vengeance de l'amour ; l'Amante capricieuse, et la Femme jalouse ; outre Dona Elvire de Gusman. Il a été aussi l'éditeur des oeuvres de Molière, en six volumes in-4° et de celles de Pierre Corneille, de Racine, et de Montfleury.

JOLYOT. Voyez CREBILLON.

JOURDAN (Jean-Baptiste), né à Marseille, et auteur de l'Ecole des prudes donnée en 1750. Il a fait aussi quelques romans.

JOURNET (Françoise), née à Lyon, joua d'abord sur le théâtre de l'Opéra de cette ville ; elle parut ensuite, au commencement de ce siècle, sur celui de l'Opéra de Paris, où elle se fit admirer dans les premiers rôles jusqu'en l'année 1720, qu'elle se retira avec la pension. Elle jouait d'une manière très noble, et excellait surtout dans le tendre. Elle mourut à Paris en 1722.

JOUVENET (Louise Heydecamp), avait débuté au Théâtre français le 19 décembre 1718 par Camille dans les Horaces, et fut reçue le 26 mai 1721. Elle s'était retirée le 2 juin 1722, mais elle rentra le premier septembre suivant, et ne quitta tout à fait que le 19 mars 1741, avec la pension de 1000 livres et jouait les grandes confidentes tragiques ; elle mourut le 18 mai 1762.

JUNQUIERES (M. de), a donné en 1763, le Gui de chêne. Il est fils de M. de Junquières, lieutenant de a Capitainerie Royale des chasses de Halate, connu pour le Télémaque travesti, et quelques autres ouvrages.

La Barre-Louvet

LA BATTE (Melle), avait débuté au Théâtre français le 2 août 1721, par le rôle d'Iphigénie dans la tragédie de ce nom, fut reçue le 7 septembre 1722, et a quitté le 22 mars 1733, avec la pension. Elle jouait les amoureuses et les seconds rôles tragiques.

LA BARRE (Michel de), savant joueur de flûte traversière, se fit un nom par ce talent et ses compositions ; en 1700, il mit en musique l'opéra du Triomphe des arts, et ensuite celui de la Vénitienne. Il était fils d'un marchand de vin demeurant dans le quartier Saint Paul, et est mort dans un âge avancé, en 1743 ou 1744. Il a laissé, outre ses opéras, des duos et des trios pour la flûte.

LA BARRE, auteur peu connu, qui n'a fait que Cléonide, en 1634.

LABÉ (Louise), femme d'un cordier de la ville de Lyon, dans le milieu du seizième siècle. Elle était savante, assez belle, très spirituelle, et même vaillante ; mais peu sage au rapport de Du Verdier. On imprima ses oeuvres à Lyon en 1555. On y trouve une pièce intitulée le Débat de folie et d'honneur.

LA BASTIDE. Voyez BASTIDE.

LA BAUME, DESDOSSAT, Chanoine d'Avignon, de l'Académie des arcadiens de Rome, mort en 175.. a composé l'Arcadie moderne, etc. imprimée en 1757.

LA BEDOYERE (M. Huchet de), a donné au Théâtre italien en 1745, la comédie de l'Indolente.

LA BORDE (M. de), Fermier général, a fait la musique des Gilles garçon peintre ; des Bons amis ; d'Annette et Lubin de M. Marmontel, etc.

LA BROSSE. On ne sait absolument rien de lui, si ce n'est qu'il a fait en 1591, une pastorale d'Aminte.

LA BRUERE (Charles Antoine Le clerc de), était né à Paris. Son caractère aimable et poli, joint à des talents heureux dans la belle littérature, lui procura plusieurs amis de mérite, et d'ailleurs protecteurs ; il succéda par leur moyen , au mois de novembre 1744, conjointement avec Fuzelier, à de La Roque pour la composition et le privilège du Mercure, et a travaillé à ce livre avec succès jusqu'à la mort de Fuzelier, arrivée en 1752. Il eut alors à lui seul le Mercure. M. le Duc de Nivernois qui lui avait déjà donné un logement dans son hôtel et sa table, ayant été nommé ambassadeur à Rome en 1749, engagea La Bruere à le suivre en qualité de premier secrétaire, et ce seigneur ayant eut permission de venir à Paris les dernières années de son ambassade, il fut chargé pendant son absence des affaires de France, dont il s'acquitta avec distinction ; mais prêt à retourner dans sa patrie, la petite vérole le mit au tombeau à Rome, le 18 septembre 1754, âgé d'environ trente-huit ans. Nous avons de lui une comédie intitulée les Mécontents, donnée en 1734, et qui est son premier ouvrage dramatique, et quatre opéras, les Voyages de l'amour ; Dardanus ; le Prince de Noisy, et Erigone. Il est aussi l'auteur d'une Histoire de Charlemagne, en deux volumes in-12.

LA CALPRENEDE (Gautier de Costes, Chevalier, Seigneur de) [16??-1663, Grand-Andely-sur-Seine], naquit au château de Toulgou, à deux lieues de Sarlat en Périgord, vint à Paris en 1632, et entra en qualité de cadet dans le régiment des Gardes. Il composa alors le roman de Silvandre ; de l'argent qu'il en tira il s'habilla, dit-on, d'une façon bizarre, et lorsqu'on lui demandait le nom de son étoffe, il répondait que c'était du Silvandre. Il devint ensuite Officier du même régiment des Gardes ; et quand il allait faire son servce à la Cour, il amusait les filles de la Reine avec des historiettes qu'il contait agréablement. Le bien qu'elles dirent de ce jeune homme inspira à cette princesse la curiosité de le voir. Il saisit cette occasion pour lui présenter sa première tragédie, et en fut depuis toujours protégé. En 1650, la Calprenède fut fait gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi. Ses romans lui ont acquis plus de réputation que ses tragédies. Lorsqu'il était dans le régiment des Gardes, il composa sa Cassandre ; en dix volumes in-8° qu'il finit vers 1640, et sa Cléopâtre, en douze volumes qui fut achevée en 1645 ; il fit son Pharamond avec moins de précipitation et avec plus d'art ; il n'en avait fait imprimer que sept volumes lorsqu'il mourut au Grand-Andely-sur-Seine, le 23 août 1663, d'un coup de tête que lui donna son cheval : Vaumorière composa le reste de ce roman. Les pièces de théâtre de La Calprenède, venues à notre connaissance, sont : la Mort de Mithridate ; Bradamante ; Clariente ; Jeanne, reine d'Angleterre, Edouard ; le Comte d'Essex ; la Suite de Mariamne ; Phalente ; Herménégilde ; la Mort des enfants de Brute, et Bélisaire.

LA CAZE, a donné l'Inceste supposé, en 1639, et Cammane, presque deux ans après, vers le temps de sa mort.

LA CHAPPELLE (Jean de) [1655, Bourges - 1723, Paris], descendait d'une ancienne famille qui a fourni des Chevaliers de Malte ; il fut d'abord secrétaire des Commandements de M. le Prince de Conti, puis Receveur général des finances de la Rochelle, après avoir été reçu à l'Académie française en 1688. En entrant dans le monde il fit connaître son génie par les Amours de Catulle, et par des pièces de théâtre, qui lui acquirent beaucoup de réputation : ensuite dans un âge plus avancé, il donna les Amours de Tibulle, en trois volumes in-12. Il mourut à Paris le 29 mai 1723, âgé d'environ soixante neuf ans, étant né à Bourges en 1655. Ses ouvrages dramatiques, dans lesquels il faisait toujours des scènes brillantes pour Baron, sont : Zaïde ; Cléopâtre ; Téléphonte ; Ajax (cette dernière tragédie n'est pas imprimée) , et la petite comédie des Carosses d'Orléans, donnée en 1680, et qui est son premier ouvrage. Il tâcha d'imiter Racine, dans son genre.

LA CHASSAIGNE (M), languedocien, a donné en 1756, avec M. Sticotti, les Français au Port-Mahon, et ensuite le Calendrier des vieillards, opéra-comique.

LA CHAUSSEE. Voyez NIVELLE.

LA CHENEE (Quinot de), a fait imprimer en 1707, une pièce intitulée la Bataille des Hoogstet.

LA CLERIERE, auteur à qui l'on attribue une tragédie d'Amurat, et une Iphigénie.

LA COMBE (Jacques), parisien au parlement, et connu par un dictionnaire portatif des Beaux-Arts, un abrégé de l'Histoire universelle, etc. a aussi travaillé en 1756 pour le Théâtre italien, où il a donné les Amours de Mathurine, et le Charlatan.

LA COSTE. Ce musicien, mort il y a quelques années, a donné les opéras d'Aricie ; de Philoméle ; de Bradamante ; de Créüse ; de Télégone ; d'Orion, et de Biblis : il était ordinaire de l'Académie Royale de Musique, et a composé aussi un livre de cantates.

LA COUR (Jean-Louis de). jésuite, né le 14 septembre 1702, a traduit la tragédie d'Agapit.

LA CROIX, ancien auteur, qui fit imprimer en 1561 une pièce intitulée les Trois enfants de la fournaise.

LA CROIX (Pierre de). On ne connaît cet auteur, qui était avocat que par Climène, donnée en 1628 ; l'Inconstance punie, en 1630, et la Guerre comique en 1664.

LA CROIX (Jean-Baptiste), fils d'un armurier du Roi, occupa différents emplois dans la finance, et mourut en 1742, âgé d'environ soixante-dix-sept ans ; il avait donné en 1728 une comédie de l'Amant Prothée, qui n'a pas été imprimée.

L'AFFICHARD (Thomas), né à Pont-Floh en Bretagne, a été souffleur et ensuite receveur de la Comédie italienne. Il a donné au théâtre en 1735, les Acteurs déplacés ; et ensuite la Rencontre imprévue, et la Famille arbitre, qu'il a faites en société avec Romagnesi. L'Opéra-comique eut de lui le Fleuve Scamandre; les Effets du hasard ; la Nymphe des Tuilleries ; les Dieux ; l'Amour imprévu, et quatre autres pièces faites en société avec MM. Pannard, Le Valois, et Gallet. Ses oeuvres de théâtre sont imprimées en un volume in-8°. Il mourut d'une fluxion de poitrine, le 20 août 1753, âgé de cinquante-cinq ans et vingt-huit jours. Il a fait aussi plusieurs ouvrages et romans.

LA FONT (Joseph de) [1686, Paris - 17..], né à Paris en 1686, était fils d'un procureur au parlement, et recommandable par les moeurs, le mérite et la bonté de coeur : il avait du talent pour le genre comique et lyrique, qu'il traitait d'une manière naturelle et neuve. Il mourut à Passy, après une longue maladie, le 20 mars 1725, âgé de trente-neuf ans. Ses pièces comiques, dont la première parut en 1707, sont : Danaé, ou Jupiter Crispin ; le Naufrage ; l'Amour vengé, et les Trois frères rivaux : elles sont imprimées en un petit volume in-12. On lui attribue aussi l'Epreuve réciproque. Ses opéras sont : les Amours de Thalie, avec la critique et l'entrée de la Provençale ; Hypermnestre ; les Amours de Protée, et Orion, qu'il laissa imparfait. Il a aussi travaillé pour l'Opéra-comique.

LA FONTAINE (Jean de) [1621, Château-Thierry - 1695, Paris] naquit à Château-Thierry en Champagne le 8 juillet 1621, son père étant Maître des Eaux et Forêts de ce duché. Il fut reçu à l'Académie française le 2 mai 1684. Tout le monde connaît les ouvrages de cet auteur ingénu ; ses Fables passent pour son chef-d'oeuvre ; ses Contes seraient aussi fort estimables, s'il étaient moins licencieux. Ses pièces dramatiques ont été moins heureuses ; elles contiennent sept comédies et deux opéras. Les comédies sont : l'Eunuque ; le Florentin ; Climène ; Je vous prend sans verd, imprimées dans ses oeuvres diverses ; Ragotin ; la Coupe enchantée ; le Veau perdu. Les opéras, Daphné, et Astrée ; outre les deux actes d'un autre intitulé les Amours d'Acis et de Galatée. Ce furent ces deux actes qui brouillèrent La Fontaine et Lully, sur lequel il fit la satire du Florentin. On a encore de lui une histoire de Psyché, et quelques autres ouvrages recueillis et imprimés dans plusieurs éditions. Il mourut à Paris, chez Mme d'Hervard, rue Platière, à l'Hôtel d'Armenonville, le 13 mars 1695, âgé de soixante-quatorze ans, et fut enterré dans le cimetière de Saint Joseph, aide de la paroisse de Saint Eustache, à l'endroit même où Molière, son ami, avait été mis vingt-deux ans auparavant. On peut, pour un plus grand détail sur La Fontaine, consulter la vie de cet auteur et la suite de l'histoire de l'Académie française, par l'Abbé Jolivet.

LA FORGE (Jean de), a donné la Joueuse dupée, et un dialogue intitulé le Cercle des femmes, dans lequel on trouve le nom de toutes les savantes qui fleurissaient en 1664, temps auquel il composa ce dialogue.

LA FOSSE (M. de), premier commis de la Direction générale des monnaies, est auteur de l'Ecole de la raison, donnée en 1739.

LA FOSSE d'AUBIGNY (Antoine de) [1653, Paris - 1708, Paris], fils d'un marchand orfêvre de Paris, et neveu du célèbre La Fosse, peintre, naquit en 1653, et fut d'abord attaché au marquis de Créqui, auprès duquel il était lorsqu'un funeste coup enleva à la France ce jeune héros, à la journée de Luzarra. Il fut chargé de porter son coeur à Paris, et devint ensuite secrétaire de M. le duc d'Aumont, dans l'Hôtel duquel il mourut le 2 novembre 1708. Il commença à travailler pour le théâtre en 1696. Ses tragédies sont Polixène ; Manlius capitolinus ; Thésée, et Coresus, imprimées en un volume in-12. Il a encore donné une traduction d'Anacréon en vers français, avec des remarques et quelques odes : celle sur la bataille de Marsailles fit du bruit. La poésie italienne lui était familière, et une ode en cette langue lui mérita une place dans l'académie des Apetistes de Florence, où il prononça un discours en prose, dont le sujet convient très bien au goût et à la langue de cette académie, sur la question Quels yeux ont les plus beaux des yeux bleus ou des noirs ? Il y décide en faveur des bleus.

LA GAMBE. Voyez CHATEAUVIEUX.

LA GARDE (M.), On prétend qu'il a eu part aux trois opéras comiques suivants : l'Ecole des amours grivois ; le Bal de Strasbourg, et les Fêtes publiques.

LA GARDE (M.), Maître de musique des enfants de France, compositeur de la chambre et ordinaire de la musique de sa Majesté, et jusqu'en 1757, l'un des Maîtres de l'Orchestre de l'Opéra, est auteur de la musique de l'acte d'AEglé, et de la Journée galante. Il a encore composé pour les petits appartements, Sylvie, etc.

LA GAYE (Guillaume de). On ne connaît de cet auteur d'une tragédie de Didon, donnée en 1576. Il était né à Sarlat en Périgord.

LA GRANGE (Charles Varlet, dit), né à Amiens, était un excellent acteur qui, après avoir joué en province, entra en 1667 dans le Troupe de Molière, et sa femme joua aussi la comédie : il mourut au mois de mars 1692, et fut enterré à Saint André des Arts sa paroisse. On prétend que ce comédien laissa plus de cent mille écus de biens.

LA GRANGE (Isaac de). Le Dédain amoureux, donné en 1603 est le seul ouvrage qu'on nous indique de lui.

LA GRANGE (Nicolas de) [1707-1767]. Cet auteur est de Montpellier, il commença à travailler pour le théâtre en 1734 : nous avons de le Déguisement ; les Femmes corsaires ; les Contretemps ; l'Italien marié à Paris ; l'Accomodement imprévu ; le Rajeunissement inutile ; la Fontaine de jouvence ; la Mort de Mandrin ; l'Ecossaise : toutes ces pièces sont imprimées, à l'exception des Femmes corsaires. Il a eu part aussi à la Gageure, à ce que l'on prétend, et a travaillé encore pour l'opéra-comique où il a donné l'Heureux déguisement, et le Palais enchanté.

LA GRANGE (Mme), Voyez Richebourg.

LA GRANGE-CHANCEL (Joseph de) [1676, Périgueux - 1758, Périgueux], né au Château d'Antoniat, à une lieue et demi de Périgueux, le premier janvier 1676, d'une des meilleurs familles du Périgord, et mort dans le même lieu le 27 décembre 1758, commença à travailler pour le théâtre à l'âge de seize ans, lorsqu'il était page de Madame le princesse de Conti. Il nous apprend que le fameux Racine lui donna les première leçons de théâtre. Outre ses pièces dramatiques nous avons de lui un recueil d'oeuvres mêlées, contenant des cantates, diverses poésies, et une lettre à une duchesse, qui nous instruit de quelques aventures de La Grange. Ses tragédies sont : Adherbal ; Oreste et Pilade ; Méléagre ; Athénais ; Amasis ; Alceste ; Ino et Mélicerte ; Sophonisbe ; Erigone ; Cassius et Victorinus. Ses opéras sont : Médus ; Cassandre ; Ariane et Thésée, ce dernier composé en société avec M. Roy. Il a fait de plus la comédie-héroïque des Jeux olympiques, et la tragédie d'Orphée, qui n'a pas été représentée ; et on lui attribue la Fille supposée, qui n'a point été imprimée. Enfin, on trouve dans la dernière édition de ses oeuvres, faite à Paris en 1759, en cinq petits volumes ; les opéras intitulés Pirame et Thisbé ; la Mort d'Ulysse, et le Crime puni, qui n'ont point été représentés ; et on annonce encore dans ses manuscrits Joas, et Pigmalion, tragédies. Voyez au sujet de cet auteur l'Année littéraire 1759, trente-septième feuille.

LA GUERRE (Elisabeth-Claude Jacquet de) [1669, Paris - 1729, Paris], né à Paris en 1669, et morte dans la même ville le 27 juin 1729, âgée d'environ soixante-dix ans, se distingua dès sa plus tendre jeunesse par son goût pour la musique, et par son art de à toucher du clavecin. Elle avait d'ailleurs un très beau génie pour la composition, et nous a laissé l'opéra de Céphale et Procris ; trois livres de cantates ; des pièces de clavecin ; des sonates, et un Te Deum. Elle avait épousé Marin de la Guerre, organiste de Saint Séverin et de Saint Gervais, de qui elle a eut un fils unique, qui à l'âge de huit ans surprenait par sa façon de jouer du clavecin ; mais il mourut dans sa dixième année.

LA HARPE (M. de) donna en 1763, à l'âge de vingt-trois ans, une tragédie du Comte de Warwick, qui réussit ; il était déjà connu pour quelques Héroïdes, et a donné depiuis Timoléon, Gustave, [et Mélanie, Philoctète], Les Muses rivales.

LA LANDE (La Demoiselle Biancolelli, dite), actrice de la comédie italienne où elle débuta dans les rôles d'amoureuses, le 10 février 1738, et se retira en 1761. Elle est fille de Dominique, et d'une actrice nommée aussi La Lande, élève de Le Grand, et qui après avoir débuté au Théâtre français le 5 mars 1719, parut ensuite le 10 février 1721 sur celui des Italiens, où elle fut reçue pour les rôles d'amoureuses, et de soubrettes, qu'elle a joués jusqu'à sa mort, arrivée le 16 décembre 1738, à l'âge de quarante-sept ans.

LA LANDE (M), auteur à qui l'on attribua la comédie du Bailli arbitre, donnée en 1737.

LA LANDE (Michel-Richard de [1657, Paris - 1726, Versailles], naquit à Paris le 15 décembre 1657. Il fut placé enfant de choeur à Saint-Germain-l'Auxerrois par son père et par sa mère, Me Tailleur, dont il était le quinzième enfant, et enseigna ensuite la musique avec réputation. Il s'attacha aussi à l'orgue et au clavecin, et y réussit. Il devint surintendant de la musique du Roi, maître de musique et compositeur, ordinaire de la chapelle et de la chambre de sa Majesté, chevalier de Saint-Michel, et fort connu par les excellents motets qu'il a composés au nombre de soixante. Il est aussi auteur de musique des Balets de la Jeunesse ; de Trianon ; et de celle d'un opéra de Mélicerte, non représenté ; et des celle des Elements, conjointement avec Destouches. Il mourut à Versailles le 18 [?] juin 1726.

LA MARRE, alla en Bohème au commencement de la dernière guerre, avec un emploi dans les fourrages. Il fut attaqué en 1746 à égra d'une fièvre maligne ; sa garde l'ayant quitté un moment pendant qu'il avait le transport, il se leva, ouvrit la fenêtre, se jeta du troisième étage et se tua. Il était âgé environ de trente-huit ans. Cet auteur était breton ; il a fait les paroles des opéras de Zaïde, de Momus amoureux, et de Titon et l'Aurore.

LAMBERT. Les comédies de cet auteur, imprimée en 1661, en un volume in-12 chez de Sercy, sont le Bien perdu recouvré ; les Ramoneurs ; les Soeurs jalouses ; et la Magie sans magie, qu'il avait données les trois années précédentes, et c'est tout ce qu'on connaît de lui.

LA MENARDIÈRE (Jules-Hippolyte Pilet de), était de Loudun, et fut d'abord médecin ordinaire de Gaston duc d'Orléans. Il acheta ensuite les charges de Maître d'Hôtel du Roi, et de lecteur ordinaire de la Chambre. Son ouvrage sur les possessions des religieuses de Loudun plut au Cardinal de Richelieu, qui lui fit du bien. Il fut reçu à l'Académie française en 1655, et mourut le 4 juin 1663. Outre la tragédie d'Alinde, dont il est l'auteur, on lui a aussi attribué la Pucelle d'Orléans, et nous avons de lui une poétique, où il traite particulièrement des règles du poème dramatique, et quelques ouvrages assez médiocres.

LA METTRIE (Julien-Offroy) [1709, Saint-Malo - 1751, Prusse]. Cet auteur état docteur en médecine : il naquit à Saint-Malo le 25 décembre 1709, de parents riches qui étaient dans le commerce, et mourut en Prusse le 11 novembre 1751. Il avait fait imprimer en 1747 une comédie intitulée la Faculté vengée. Plusieurs ouvrages satiriques ou plein d'erreurs qu'il a aussi publiés, lui ont établi une assez mauvaise réputation, et l'avaient forcé d'abandonner sa patrie et son emploi des gardes françaises.

LA MORELLE (de), On ne connaît de lui qu'Endimion, ou le Ravissement ; et Philine, ou l'Amour contraire, pastorales données en 1630. On trouve l'éloge de cet auteur dans un sonnet de Malherbe.

LA MORLIERE (M. Charles-Jacques-Louis-Auguste Rochette de), chevalier de l'ordre du Christ, né à Grenoble, a fait 1751, la comédie du Gouverneur, et ensuite la Créole, et l'Amant déguisé. Il est encore connu par ses romans d'Angola ; de Milord Stanley, etc .

LA MOTTE, nous avons de lui la tragédie du Grand Magnus, donnée en 1631.

LA MOTTE (la Demoiselle), débuta au Théâtre français le premier octobre 1722, par le rôle de Cléopâtre dans Rodogune, et fut reçue le 21 novembre suivant ; quelques temps après elle quitta le tragique pour prendre les rôles de comiques chargés, dont elle s'acquitta avec beaucoup de succès. Elle se retira du théâtre en 1759.

LA MOTTE, Voyez Houdart.

LANCEL (Antoine), fit imprimer in-4° en 1604, une pièce intitulée le Miroir de l'union Belgique.

LANDON (M. Jean), né à Soissons, a donné en 1750 la pièce intitulée le Tribunal d'amour.

LANY (le sieur Jean-Barthelemi), Maître et compositeur des ballets de l'Académie royale de Musique depuis plusieurs années, est un des grands danseurs que l'opéra ait encore eu pour la danse forte et légère. La Demoiselle sa soeur danse aussi seule sur ce théâtre avec beaucoup de succès, depuis plus de dix ans.

LA NOUE (Jean-Baptiste de), né à Meaux, après s'être faut connaître avantageusement à Paris par ses pièces du Retour de Mars, et de Mahomet, il vint y paraître en qualité d'acteur, et débuta, et débuta au Théâtre français le 14 mai 1742, par le Comte d'Essex ; il fut reçu le lendemain. Il possédait les talents des meilleurs acteurs qui aient orné la scène française jusqu'à présent ; et quoique peu avantagé du côté de la taille et de la figure, le naturel de son jeu lui attirait tous les jours les applaudissements du public. Il était fort estimé à cause de ses moeurs. Il est aussi auteur de la comédie-ballet de Zelisca, donnée à la Cour en 1746, et de la Coquette corrigée. Il quitta la théâtre à Pâques 1757, et mourut le 13 novembre 1760.

LA PERUSE (Jean de), natif d'Angoulême, selon la Croix du Maine, et de Poitiers selon du Verdier, mourut en 1555. Il est l'auteur d'une tragédie de Médée, qu'il n'avait par achevée, et de quelques poésies ; le tout imprimé dans un recueil in4°.

LA PINELIÈRE (de). Cet auteur était d’Angers, et composa, étant encore fort jeune, une tragédie d'Hippolyte, qui fut donnée en 1635, et qui, à ce qu’il nous apprend dans sa préface, fut faite en quinze jours.

LA PLACE (M. Pierre de), né à Calais, et d'une très ancienne famille originaire de l'Angoumois, a été plusieurs fois député des Etats de la province d'Artois. Il est avantageusement connu par le théâtre anglais, dont il nous donne la traduction, ainsi que plusieurs bons romans, et est auteur du Mercure depuis le mois de février 1760. Il fit représenter en 1746 Venise sauvée, et a donné depuis Jeanne d'Angleterre ; Adelle de Ponthieu ; l'Epouse à la mode, sans compter Renio et Alinde, imprimée dans le Mercure. Son caractère et son coeur sont encore plus estimables que ses ouvrages.

LARCHER (M), né à Dijon, connu par quelques ouvrages sur les sciences, a fait imprimer en 1750 une tragédie d'Electre : il est connu d’ailleurs par plusieurs productions dans différents genres.

LARGUILLIERE, était fils du peintre de ce nom. Après avoir occupé une charge de Conseiller au Châtelet de Paris, il fut commissaire des Guerres au département de Neuf-Brisach, où il mourut vers la in de l'année 1742 : il n'a travaillé que pour la Foire, où on a joué de lui l'Amante retrouvée, en 1727 ; Aly et Zémire, et Polichinelle Comte du Pansier.

LARIBADIERE (M. de), né vers 1725 à Paris, a débuté dans le genre dramatique par un opéra-comique qui est intitulé les Aveux indiscrets : il donna ensuite la comédie des Soeurs rivales.

LA RIVEY. Deux auteurs ont porté ce nom, et étaient tous deux champenois. Le premier se nommait Jean, et a fait six comédies : les Jaloux ; le Laquais ; le Morfondu ; les Esprits ; les Ecoliers, et la Veuve, qui furent imprimées à Paris en 1759, chez Abel Langelier : on lui attribue encore la Néphelococugie. Il est le premier qui ait mis au théâtre des pièces de pure invention, et des comédies en prose.
Le second auteur se nommait Pierre : nous avons de lui trois comédies données en 1597, et imprimées à Troyes, lieu de sa naissance, par Pierre Chevillot, en 1611, qui sont la Confiance ; la Fidèle, et les Tromperies. Quelques personnes ont confondu ces deux auteurs, et n'en ont fait qu'un seul.

LA RIVIERE (M. Le Marquis de), était brigadier des armées du Roi, et Chevalier de Saint-Louis, lorsqu'il fit les paroles de l'opéra d'Isbé, donné en 1742.

LA ROQUE (S.G. de), était de Clermont en Beaucoisis, et a composé en 1609, une des pastorales intitulées la Chaste bergère : on sait peu de choses à son sujet ; il dit, dans la préface de cette pièce, qu'il n'avait pas étudié, et que semblable à Ulysse, qui n'eut pour étude que le monde, il n'a eu pour la sienne que la Cour, ayant été dès sa jeunesse au service d'un grand prince.

LA ROQUE (Antoine de), né à Marseille d'une bonne et ancienne famille. Cet auteur, connu par ses différents ouvrages, avait fait plusieurs voyages dans sa jeunesse, était Chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, et avait été gendarme de la Garde du Roi. Un boulet de canon lui avait fracassé la jambe à la bataille de Malplaquet, et on fut obligé de la lui couper au-dessus du genou : il mourut le 3 octobre 1744, âgé de soixante-douze ans, fort regretté de toutes ses connaissances. Le Mercure de France, dont il avait le privilège depuis 1722, s'est infiniment perfectionné dans ses mains. Nous avons de lui dans le genre dramatique que deux opéras, qui sont, Médée et Jason, et Théonée.

LARRIVÉE (M), belle basse-taille de l'Opéra, où il joue les premiers rôles dans ce genre depuis quelques années, avec beaucoup de talent.

LARUE (Charles) [1643, Paris - 1725, Paris], né à Paris en 1643, mort dans le même ville le 27 mai 1725. Ce fameux jésuite remplit dans sa compagnie une longue et brillante carrière ; ses ouvrages sont connus universellement, et il est regardé comme un de nos meilleurs poètes latins. Il a composé en cette langue deux tragédies, et deux autres en vers français, savoir, Lisimachus, et Scylla.

LA RUETTE (M). Cet acteur était maître de musique, et débuta à l'Opéra-comique en 1752, pour les rôles d'amants ; il y fit ensuite ceux de père, de tuteur, etc et passa au théâtre italien lors de la réunion de ces deux spectacles. Il y joue les mêmes rôles avec beaucoup d'intelligence, et a un goût infini pour le chant et la composition ; la musique du Médecin de l'amour ; de l'Ivrogne corrigé ; du Dépit généreux, et du Guy de chêne est de lui. Il épousa en 1762 la demoiselle Villette, qui avait débuté à l'Opéra, et était reçue déjà au Théâtre italien depuis l'année précédente pour les rôles d'amoureuses. Cette jeune et aimable actrice a une fort jolie voix.

LA SALLE (M. Le Marquis de), a fait en 1762 l'Amant corsaire.

LA SANTE (Gilles-Anne-Xavier de), jésuite, né près de Redon en Bretagne, le 22 décembre 1684, a donné la comédie du Fils indocile, représentée au collège en 1727.

LA SELLE, On lui attribue une pièce intitulée Ulysse et Circé, donnée en 1691.

LA SELVE, auteur d'une tragi-comédie sous le titre des Amours infortunés de Léandre et Héron, donnée en 1633.

LA SERRE (de), cet auteur a donné en 1643, une pièce intitulée Climène, ou le Triomphe de la Vertu.

LA SERRE (Jean-Louis-Ignace de) [1662 - 1756], sieur de Langlade, gentilhomme du Quercy. Cet auteur avait commencé à travailler pour le théâtre en 1706, et mourut en 1756, âge de plus de quatre-vingt-quatorze ans. Nous avons de lui huit opéras, qui sont Polixène et Pyrrhus ; Diomède ; Polydore ; Pirithoüs ; Pirame et Thisbé ; Tarsis et Zélie ; la Pastorale héroïque, et Nitetis ; outre une partie de Scanderberg, et une tragédie de Artaxare, qu'on lui attribue encore. Il a aussi composé quelques ouvrages dans d'autres genres. Voyez Puget.

LA TAILLE de BONDAROY (Jean et Jacques), ces deux frères étaient gentilshommes de la Beauce, étant nés à Bondaroy, village auprès de Pithiviers. Une partie de leurs oeuvres furent imprimées à Paris les années 1572, 73, et 74, en deux volumes in8°.
On attribue à Jean, qui était dans le service, et mourut en 1608, âgé de soixante et onze ans, les pièces suivantes : Saül Furieux ; les Corrivaux ; le Négromant ; le Prince nécessaire ; le Combat de fortune et de pauvreté ; la Famine, le Courtisan retiré.
Et à Jacques, qui naquit en 1542, et mourut au mois d'avril 1563, de la peste, celle de la Mort de Daire ; Alexandre ; Athamant ; Niobé, et Progné. L'un des deux est encore, à ce que l'on prétend, auteur de la Mort de Pâris et d'Oenone, et il y a assez d'apparence que c'est Jean.

LA THORILLIERE (Anne-Maurice Le Noir de), acteur du Théâtre Français, mort le 23 octobre 1759, âgé de plus de soixante ans, avait été reçu dans le troupe le 9 avril 1722, sans avoir débuté, n'ayant paru même en public que le 29 juin suivant, dans le rôle de Xipharès de la tragédie de Mithridate. Il était fils de Pierre Le Noir de la Thorillière, excellent comédien qui avait débuté en 1684, et qui après avoir joué longtemps quelques rôles tragiques, et les Amants comiques, commença en 1693, après le mort de Raisin, à jouer ceux de valets, et les autres comiques que cet acteur remplissait de son vivant, et y excella. Après avoir fait beaucoup d'années l'agrément du théâtre, il mourut en 1731, âgé de soixante-quinze ans, et doyen des comédiens du Roi. Il avait épousé Catherine Biancolelli, fille de Dominique, célèbre actrice de l'ancien Théâtre Italien, connue sous le nom de Colombine, et de ce mariage était né notre dernier acteur, dont l'aïeul était le sieur Le Noir de la Thorilliere, gentilhomme, qui d'Officier de cavalerie devint grand comédien en 1658, et remplit les rôles de roi et de paysan ; celui-ci mourut vers l'an 1679, et est auteur d'une tragédie Marc-Antoine. Ainsi La Thorillière, qui remplissait avec succès les rôles à manteau, de financier et de père, se trouvait bien allié au théâtre, non seulement en ligne directe, comme on vient de le marquer, mais encore en collatérale, étant neveu des défunts Baron, et Dancourt, à cause de leurs femmes Louise, et Thérèse Le Noir, soeur de son père.

LA TOUCHE (Claude Guymont de) [1723 - 1760], né en 1729 [sic], mort le 14 février 1760, avait donné en [4 juin] 1757, une tragédie d' Iphigénie en Tauride [Bnf FB-19399].

LA TOUR (le sieur de), belle haute-contre de l'Opéra, où il remplissait les premiers rôles avec succès depuis plusieurs années, lorsqu'il se retira en 1717, avec la pensions de 1000 livres.

LA TOURNELLE (M. de), commissaire des guerres ; il a publié en 1731 quatre tragédies d'Oedipe, qui n'ont pas été représentées.

LATTAIGNAN (M), conseiller au Parlement, et auteur de la comédie intitulée le Fat, donnée en 1751. Il est cousin de l'Abbé de Lattaignan, chanoine de Rheims, connu par de très jolies poésies lyriques, et à qui nous devons aussi, à ce que l'on prétend, quelques opéras-comiques.

LA THUILLERIE (Jean-François Juvenon de), était comédien de le Troupe Royale. Il aimait extraordinairement les femmes, et donna dans cette passion avec si peu de ménagement, qu'il mourut d'une fièvre chaude à l'âge de trente-cinq ans, le 13 février 1688. Il a paru cinq pièces de théâtre sous son nom depuis 1679, savoir : Crispin percepteur ; Soliman ; Hercule; Crispin bel-esprit, qui ont été recueillis en un volume in-12 et Merlin peintre, qui n'a pas été imprimée : mais on prétend qu'il n'en était que le parrain, et elles sont attribuées pour la plupart à l'Abbé Abeille. Voyez ces pièces en leur rang dans la première partie de ce dictionnaire [non présente sur ce site NdR].

LA THUILLERIE, était fils de Juvenon, dit La Fleur, qui succéda à Montfleury pour l'emploi des rois, et mourut vers 1680.

LAUJON (M. Pierre), est parisien, fils d'un procureur au parlement, et secrétaire des commandement de S.A.S Monseigneur le comte de Clermont ; il fit en 1745, à l'âge de seize ans, avec M. Parvi, la Fille, le femme et la veuve, et ensuite seul Daphnis et Chloé ; AEglé ; le Journée galante, et Azor et Themire. Il a encore composé, pour ses petits appartements, Sylvie ; le Retour de l'Amour et des Plaisirs, etc.

LAUR... (M. le Comte de), fait imprimer en 1761 une tragédie de Clitemnestre.

LAUREL (M. l'Abbé), a traduit en 1762 le Joueur, tragédie anglaise.

LAURÈS (M. le Chevalier Antoine de). Cet auteur, né à Gignac, diocèse de Montpellier, fils du doyen des conseillers de la Cour des Aides de cette ville, a composé plusieurs jolies pièces qui, à l'exception de deux, n'ont pas été représentées sur nos théâtre publics, savoir, la Statue ; la Fête de Cythère ; Zemide ; etc. Il a d'ailleurs été couronné plusieurs fois par l'Académie française.

LAVAL (de). Cet auteur donna en 1576 une pièce intitulée Isabelle.
Nous avons aussi au théâtre de l'Opéra un danseur qui se nomme Laval, et qui est adjoint au Maitre des ballets.

LAVAL (M), a donné en 1760, au Théâtre italien une pièce intitulée l'Innocente supercherie.

LA VALETRIE. Nous avons de cet auteur un pièce intitulée la Chasteté repentie, et un recueil de ses oeuvres poétiques ; le tout imprimé en in-12 en 1602.

LA VALETTE (M), auteur de l'Amante en tutelle, donnée en 1735.

LAVARDIN (Jacques), La Celestine, donnée en 1578, est la seule pièce qu'on connaisse de cet auteur.

LA VOLIERE (M. de), a fait imprimer en 1761, une tragédie intitulée Progné.

LA VOY (le Dlle Anne-Pauline DUMONT de), fille d'un comédien du Roi qui avait débuté en 1694, et qui mourut en 1726, âgé de plus de soixante-dix ans, parut au théâtre le 19 août 1739, par Andromaque dans la tragédie de ce nom, et fut reçue le 4 janvier suivant. Elle jouait les rôles de grandes confidentes tragiques, et les ridicules dans le comique, et se retira en 1759.

LE BEAU (Charles), parisien, ancien professeur d'éloquence au collège des Grasins, et au collège Royal, sécrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres, connu par plusieurs ouvrages de mérite, a composé pour le collège la comédie du Parnasse réformé.

LE BEAU de SCHOSNES (M), né à Paris, de l'Académie de Nîmes, a fait imprimer, en 1752, Thalie corrigée ; et a donné ensuite au Théâtre italien Melezinde.

LE BIGRE, auteur d'Adolphe, et du Fils malheureux pièces qu'il a données au milieu du siècle dernier [XVIIème NdR].

LE BLANC (M.) a fait représenter au Théâtre français en 1763 la tragédie Manco, et au Théâtre italien la comédie [lacune]

LE BLANC (M. l'Abbé Jean-Bernard), historiographe des bâtiments du Roio, connu par ses Lettres sur les Anglais, et autres ouvrages, a composé, en 1735, la tragédie d'Abensaïd.

LE BRETON, Voyez BRETON.

LE BRUN [1680, Paris - 1743, Paris]. Cet auteur naquit à Paris le 7 septembre 1680 et était fils unique d'un Trésorier de France de la Généralité de Paris. Il demeura orphelin à l'âge de neuf ans, et fit de fort bonnes études au collège des Jésuites. Il voyagea en Angleterre, en Hollande, et en Italie, et avait beaucoup de goût pour les Beaux-arts ; il mourut à Paris le 28 mars 1743. Il avait donné, au commencement de l'année 1712 un volume in-12 intitulé Théâtre lyrique, avec une partie qui traite du poème de l'opéra. Ce recueil contient sept pièces, que cet auteur avait composées pour être mises en musique, et dont voici les titres par ordre alphabétique : Arion ; Europe ; Frédéric ; Hippocrate amoureux ; Mélusine ; Sémélé, et Zoroastre. Il nous apprend dans sa préface, qu'il avait fait ces pièces avant que des auteurs de mauvaise foi, qui lui avaient dérobé quelques-unes de ses idées ; eussent travaillé sur les mêmes sujets qu'il leur avait communiqués ; et se plaint de ce que les poètes d'aujourd'hui, s'affranchissent des formalités de l'adoption, s'approprient les pensées d'autrui sans scrupule ; que c'est pour cette raison qu'il a cru devoir prévenir par l'impression, de pareilles injustices qu'on pourrait encore lui faire dans la suite. Outre ces opéras, Le Brun a donné des poésies latines en 1707 ; une traduction des épigrammes d'Owin, en 1709 ; les Aventures d'Appolonius de Tyr, en 1710 ; un recueil in-8° d'Epigrammes, madrigaux et chansons, en 1714 ; les Aventures de Calliope, (où se trouve la comédie de l'Etranger) en 1720, et des fables nouvelles, en 1722.

LE CLAIR (M), savant violon, connu par se forts fons morceaux de musique, a composé en 1746, l'opéra de Scylla et Glaucus, et ensuite Appolon et Climène.

LE CLERC (Michel), avocat au Parlement, naquit à Albi en Languedoc en 1622, fut reçu à l'Académie française en 1662, et mourut le 8 décembre 1691. Il vint à Paris en 1645, à l'âge de vingt-trois ans, pour y faire jouer une tragédie de Virginie, de sa composition. Malgré le succès de cette pièce, trente ans, s'écoulèrent depuis sa représentation jusqu'à celle d'Iphigénie, qu'il avait fait en société avec Coras, et qui est la seconde et dernière. On prétend cependant qu'il donna encore, en 1681, un Oreste, et en 1688, Orontée.
[Iphigénie a fait l'objet d'une épigramme de Racine :

Entre Le Clerc et son mari Coras,

Tous deux auteurs rimant de compagnie,

N'a pas longtemps sourdirent grands débats

Sur le propos de leur Iphigénie

Coras lui dit : "Le pièce est de mon cru."

Le Clerc lui répond : "Elle est mienne, et non vôtre."

Mais aussitôt que l'ouvrage a paru,

Plus n'ont voulu l'avoir fait.

L'ECLUSE (le sieur), était excellent acteur de l'opéra-comique où il avait débuté en 1737, par un rôle de charbonnier dans l'Assemblée des acteurs. Il a quitté le théâtre, et professe depuis plusieurs années à Paris avec succès la profession de dentiste.

LE COCQ (Thomas), prieur de la Trinité de Falaise et de Notre-Dame de Guibray, donna, en 1580, une tragédie intitulée le Meurtre d'Abel.

LE COMTE. Nous n'avons de lui que la Dorimene, qu'il composa en 1632.

LE COUVREUR (Adrienne). Cette célèbre comédienne était fille d'un chapelier de Fismes, petite ville près de Rheims, où elle naquit en 1695. La passion dominante qu'est eut dès sa plus tendre jeunesse pour réciter des vers, l'engagea à prendre le parti du théâtre. Etant venue à Paris, Le Grand lui donna les premières leçons, et lui fit représenter quelques pièces dans des maisons bourgeoises ; ensuite elle alla jouer sur les théâtres de Strasbourg et de Nancy pendant une dizaine d'années ; d'où étant revenue à Paris, elle y débuta le 14 mars 1717, par le rôle de Monime dans Mithridate, et fut reçue au mois de juin suivant. Depuis, par un jeu rempli d'intelligence et de naturel, elle s'acquit une réputation de la plus excellente actrice qui ait parut sur le Théâtre français. Elle mourut le 20 mars 1730, âgée de trente-sept ans, laissant deux filles, dont l'aînée a été mariée à M. Francoeur le cadet, musicien connu par ses opéras. Mademoiselle Le Couvreur a été célébrée par M. de Voltaire dans ses vers.

LE DEVIN (Antoine), a composé, vers 1570, une tragédie d'Esther ; une de Judith, et Suzanne.

LEFEBVRE (M.), a donné au Théâtre en 1767, à l'âge de 22 ans, une tragédie de Cosroës.

LE FEVRE. Il était curé de ville, et a fait une Eugénie, en 1678. C'est tout ce qu'on en sait.

LE FEVRE de MARCOUVILLE (M), fils d'un marchand de Paris, et né dans cette ville en 1722, a beaucoup de mérite, et est secrétaire de M. le Prince de Monaco. Il a donné au théâtre en 1750, le Réveil de Thalie ; et ensuite Fansale, en société avec M. Favart. L'Opéra-comique a eu aussi de lui les Amants trompés ; la Fausse aventurière, et l'Heureux déguisement ; il a eu part encore à la Petite maison.

LE FEVRE de SAINT-MARC (M), connu par différents ouvrages estimés, est auteur des paroles de l'opéra du Pouvoir de l'Amour.

LE FORT (Adrien-Claude), de la Morinière, parisien, a fait imprimer, en 1753, deux comédies, le Temple de la paresse, et les Vapeurs. Il est connu par différents ouvrages.

LE FRANC (M. Jean-Jacques), premier-président de la cour des Aides de Montauban. Nous avons de cet auteur les tragédies de Didon, et de Zoraïde ; la comédie des Adieux de Mars ; les paroles des opéras du Triomphe de l'Harmonie, et de Léandre et Héro ; avec un recueil de poésies fort estimées.

LEGER (Louis), un des premiers régents du collège des Capetes, est auteur de la tragédie de Chilperic, imprimée en 1590 : il fut mis à la Conciergerie par arrêt du parlement, le 24 août 1594, pour avoir voulu faire jouer cette pièce sans permission.

LEGLESIERE, auteur d'une comédie du Philanthrope, en 1671.

LEGOUVÉ, Jean-Baptiste [1730-1782], auteur d'une tragédie de Attilie, publiée en 1775 sou le nom de M. de La Croix. [NdR]

LE GRAND (Marc-Antoine), auteur du Mariage d'Orphée, en 1632.

LE GRAND (Marc-Antoine) [1673-1728], comédien du Roi, et fils d'un chirurgien des Invalides, aussi maître chirurgien de Paris, naquit dans cette ville le même jour que Molière mourut, débuta pour la première fois le 13 mars 1694 ; pour la seconde, le 21 mars 1702 ; pour la troisième le 18 octobre de la même année. Il avait la belle voix sonore, mais la taille petite, peu majestueuse, et une figure à laquelle on avait eu de la peine à s'accoutumer lors de son début, et dans ses premiers temps : on rapporte même à ce sujet, qu'un jour qu'il avait joué un grand rôle tragique, où il avait été mal reçu, il harangua le public à l'annonce, et finit par dire : "Messieurs, il vous est plus aisé de vous accoutumé à ma figure, qu'à moi d'en changer". Comme c'était le grand Dauphin que l'avait fait revenir de Pologne, où il était, ce prince le protégea, et le fit recevoir. Voici six vers qu'il lui adresse :

Ma taille par malheur n'est ni haute ni belle,

Mes rivaux son ravis qu'on me la trouve telle.

Mais, grand Prince, après tout, ce n'est pas là le fait :

Recevoir le meilleur est, dit-on, votre envie ;

Et je ne serais pas parti de Varsovie,

Si vous aviez parlé de prendre le mieux fait.

Le Grand était homme d'esprit, plaisant, et entendant bien le théâtre, surtout pour les sujets qui n'étaient pas trop élevés. Au défaut d'autres il représentait les rois, et dans le comique il jouait bien les rôles de paysans, et ceux à manteau : il était très utile à la troupe, non seulement par la diversité des personnages qu'il représentait, mais encore par les nouveautés qu'il lui fournissait ; ce qui s'étendit mêmes aux autres théâtres de Paris et de Province, pour lesquels il travailla aussi. Il mourut le 7 janvier 1728, dans la cinquante-sixième année de son âge, après voir reçu les sacrements de l'église. Les oeuvres de Le Grand sont imprimées en quatre volumes in-12 mais comme toutes les pièces de sa composition ne s'y trouvent pas rassemblées, nous feront précéder par des + celles qui n'y sont point.
Pièces jouées sur les théâtre de province et de la Foire depuis 1694 : la Rue Mercière ; + le Caffetier ; + la Chute de Phaéton, et + la Fille percepteur. Ces trois dernières sont indiquées sans date.

Pièces jouées au Théâre français, au nombre de dix-neuf, depuis 1707 : la Femme fille et veuve ; l'Amour diable ; la Foire Saint-Laurent ; la Famille extravagante ; + les Amants ridicules ; la Métamorphose amoureuse ; l'Usurier Gentilhomme ; l'Aveugle clairvoyant ; le Roi de Cocagne ; Plutus ; Cartouche ; le Galant coureur ; le Ballet des vingt-quatre heures ; le Philanthrope ; le Triomphe des temps ; l'Impromptu de la Folie ; la Chasse du Cerf ; la Nouveauté, et les Amazones modernes ; cette dernière en société avec Fuzelier.

Pièces jouées sur le Théâtre italien depuis 1721 : Belphegor, la Fleuve de l'oubli; + les Amours aquatiques ; + Poliphène, et le Chevalier errant. De plus il a fait pour le même théâtre, en société avec Dominique, + Agnès de Chaillot ; + le Départ des comédiens italiens ; le Mauvais ménage, et + le Chaos. On lui attribue aussi la comédie du Luxurieux+.
Le sieur Le Grand, son fils, s'acquittait avec beaucoup de succès des rôles de récits dans le tragique, et de plusieurs rôles dans le comique. Il se trouvait le doyen des comédiens français, (ayant été reçu le 15 février 1720, après avoir débuté le 10 mars 1719, par Pyrrhus dans Andromaque), lorsqu'il a quitté le théâtre en 1758.

LE HAYER du PERRON (Louis), procureur au baillage d'Alençon, et natif de cette ville, était de l'Académie de Caen. Nous avons de lui les Heureuses aventures, tragi-comédie, donnée en 1633, et des poésies morales et chrétiennes, imprimées en 1660.

LE JEUNE (M), acteur du Théâtre italien, où il fut reçu depuis 1760 ; il joue avec succès les rôles d'amoureux et chante très bien. Il avait débuté le 15 août 1753 au Théâtre français. La Demoiselle son épouse est une des premières danseuses de celui des italiens.

LE KAIN (M). Cet acteur est né à Paris, et fils d'un marchand orfèvre d'auprès la pointe Saint-Eustache, nommé Le Quin. Son goût et ses talents pour le théâtre se montrèrent au sortir du collège ; et après avoir joué quelque temps en société bourgeoise, il débuta sur la scène française le 14 septembre 1750, par le tôle de Titus dans Brutus. Ayant été admis à l'essai le 4 janvier 1751, il a repris son début le 21 février suivant, et fut enfin reçu le 24 janvier 1752. Il remplit les premiers rôles tragiques avec beaucoup de succès. La Demoiselle son épouse débuta la 3 mars 1757, par Cléanthis dans Démocrite et Lisette dans les Folies amoureuses. Elle fut admise en qualité de pensionnaire, continua de jouer et fut reçue en 1761, pour les rôles de soubrettes.

LELIO. C'est un nom de théâtre de la comédie italienne pour les rôles d'amoureux, et il y a plusieurs pièces qui ont ce titre : on peut les voir dans le catalogue de Briasson. L'acteur qui a porté le nom de Lelio dans le nouvelle troupe italienne, s'appelait Louis Riccoboni, était modénois, et fils d'un comédien célèbre. Ce fut lui que M. le Régent fit charger, par M. Rouillé, conseiller d'Etat, de former en Italie une troupe de comédiens de cette nation, qu'il amena en France au mois de mai 1716. Quoique les grâces françaises manquassent à cet acteur, son air sombre servait à peindre les passions tristes et outrées ; et aussi jamais personne ne les a mieux caractérisées et avec plus de vraisemblance. C'était d'ailleurs un homme d'esprit et de mérite, et il a composé un grand nombre de pièces italiennes, dont le dialogue est toujours aisé et animé. Il a aussi donné un recueil des anciennes pièces italiennes, avec l'Art de déclamer, en vers italiens, telles que le Père partial ; Diane et Endimion ; l'Italien marié à Paris ; sans compter la Désolation des deux comédies ; le Procès des théâtres, et la Foire renaissante, composée en société avec Dominique. En 1729, il demanda à se retirer avec sa femme et son fis ; ce qui lui fut accordé, en lui conservant et à sa femme une pension de 1000 livres à chacun. Il fut à la cour du duc de Parme, qui lui donna l'intendance de sa maison ; mais la mort de ce prince produisit son retour, sinon au théâtre, du moins en France, où il mourut le 6 décembre 1753, âgé de soixante-dix-neuf ans, laissant sa veuve, la Dlle Flaminia, dont nous avons parlé à son nomn et son fils, dont nous allons faire le mention.
François Ticcoboni, né à Mantou en 1707, débuta au théâtre le 10 janvier 1726, dans la Surprise de l'Amour, par le rôle de Lelio. Il s'en retira avec son père au mois de mars 1729, dans le temps qu'il se formait, ayant toutes les dispositions nécessaires et les talents convenables à sa profession. Mais le public eut la satisfaction de le revoir paraître le 26 novembre 1731, et il l'a toujours vu depuis avec plaisir jusqu'au Carême de l'année 1750, qu'il quitta enfin la scène. Il y reparut cependant encore quelquefois en 1758. La Dlle Marie Laboras de Mézières son épouse, née à Paris, resta au théâtre jusqu'en 1761 ; c'était une actrice très agréable, qui avait débuté avec succès par le rôle de Lucile dans la Surprise de la haine, le 23 août 1734, et a composé les scènes françaises du Prince de Salerne, et plusieurs ouvrages d'esprits très bien écrits.
Le sieur Lelio fils a fait depuis 1724 plusieurs pièces seul, qui sont, les Effets de l'eclipse ; Zephire et Flore ; le Sincère contre-temps ; la parodie de Phaéton ; le Prince de Suresnes ; la Rancune ; le Prétendu ; les Caquets ; Quand parlera-t-elle ? ; les Bossus rivaux ; et vingt-trois autres en société avec Dominique et Romagnesi, qu'on peut voir à l'article des deux acteurs. Il a aussi composé un ouvrage sur son art, où il donne de très bonnes leçons.

LE MAURE (la Demoiselle), une des plus belles voix qui ait paru depuis longtemps, débuta à l'Opéra en 1721, dans Phaéton. Elle quitta le théâtre en août 1727, et y reparut en août 1730. Elle s'est encore retirée plusieurs fois, et est toujours revenue au grand contentement du public ; mais il en est actuellement privé sans espérance, depuis 1750. Elle a épousé un gentilhomme de Normandie.

LE MIERE (Mademoiselle), une des premières actrices de l'Opéra, où elle joue depuis quelques années les rôles tendres. Elle a épousé en 1762 le sieur Larrivée.

LEPAGE (le sieur), une des belles basse-tailles de l'Opéra, où il a joué plus de vingt ans, et qui s'est retiré avec pension en 1761.

L'HÉRITIER NOUVELON (Nicolas), natif de Normandie, avait été mousquetaire et officier aux Gardes. Ayant été obligé de quitter le service à cause d'une blessure considérable qu'il reçut à la guerre ; il obtint le brevet d'Historiographe du Roi, et la charge de Trésorier des Gardes françaises, qu'il exerça jusqu'au mois d'oût 1681, qu'il mourut. Il avait épousé Françoise Le Clerc, nièce du célèbre garde des Sceaux du Vair, morte en 1704, de laquelle il laissa un fils et trois filles, dont la seconde est Mademoiselle. L'Héritier de Villandon, connue par quelques ouvrages en prose et en vers. L'Héritier fit en 1638, à l'âge de vingt-deux ans, une tragédie intitulée Amphitrion, ou Hercule furieux ; ensuite une autre du Grand Clovis. On peut voir dans les Essais de littérature du mois de décembre 1702, un ample détail des autres ouvrages de cet auteur, qui sont plusieurs traductions et traités sur l'Histoire, essais de littérature, etc.

LE JARS (Louis), secrétaire de la chambre du roi Henri II a donné en 1576, Lucelle.

LE LOYER (Pierre), sieur de Brosse, naquit au village d'Huilé en Anjou, le 24 novembre 1540, et fut conseiller au Présidial d'Angers, où il mourut en 1634, âgé de quatre-vingt-quatorze ans. Nous avons de lui Erotopegnie, ou le Passe-temps d'Amour ; la Nephelococugie, et le Muet insensé. C'était un des plus savants hommes de son siècle dans les langues orientales, mais il était aussi un grand visionnaire.

LEMIERE [sic] (M), secrétaire de M. Dupin, Fermier Général. Cet auteur, qui a été couronné plusieurs fois par l'Académie française, a donné en 1758, dans sa jeunesse, une tragédie d'Hypermnetre, qui a eu le plus grand succès, et ensuite Terée. [On lui doit aussi les tragédies de Guillaume Tell et la Veuve de Malabar]

LE MONNIER (M), secrétaire de M. Maillebois, et neveu d'un relieur du Roi, du même nom, a fait le Maître en droit, les Pélerins de la Courtille, opéra-comique données en 1760, et le Cadi dupé.

LE NOBLE (Eustache), Tenelière, connu par quantité d'ouvrages différents, a composé trois pièces de théâtre, qui sont, Esope; les Deux Arlequins, et Talestris, outre le Fourbe, qu'on lui attribue encore. Il était né à Troyes d'une famille noble et ancienne, devint procureur général du parlement de Metz ; mais sa mauvaise conduite lui ayant attiré des affaire fâcheuses, il fut mis en prison, perdit sa charge, et mourut à Paris le 31 janvier 1711, à soixante-huit ans, si pauvre, que la charité de la paroisse Saint-Séverin fut obligé de le faire enterrer. Sas ouvrages ont été imprimés en vingt volumes in12.

LEPINE, auteur du Mariage d'Orphée, en 1632.

LE PREVOST (M), Garde du Roi de Pologne, Duc de Lorraine et de Bar, a fait représenter en 1758, devant ce souverain, deux pièces : les Trois rivaux, et la Nouvelle réconciliation, et avait donné, dès 1752, à Paris, les Thessaliennes.

LE SAGE (Alain-René) [1668 Sarzeau - 1747, Boulogne-sur-Mer], connu par ses romans de cractère, (le Diable boiteux, Gil Blas ; Gusman d'Alfarache , en deux volumes ; Estevanille ; le Bachelier de Salamanque ; les Aventures de Beauchêne et les Pomenades de Saint-Cloud), naquit dans l'île de Ruys, en Basse-Bretagne, et fit ses études à Vannes. C'était un des bons écrivains de ce siècle : il est le premier qui ait donné une espèce de forme au genre de l'opéra-comique, il en a composé un grand nombre seul, ou en société depuis 1713, savoir Arlequin roi de Serendib ; Arlequin Mahomet ; Colombine Arlequin ; la Ceinture de Vénus ; Télémaque ; les Eaux de Merlin ; Arlequin Orphée le cadet ; la Princesse de la Calotte ; Robinson ; le Jeune vieillard ; la Rage d'amour ; les Pélerins de la Mecques ; Achmet et Almanzine , la Reine de Barostan ; le Rival dangereux ; les Deux frères : l'Histoire de l'Opéra-comique ; la Sauvagesse; le Mari préféré, etc etc ... Nous avons en outre de Le Sage , deux volumes in-12 de pièces de théâtre, contenant la Traître puni ; Dom Félix de Mendoce ; le Pont d'honneur, ou l'Arbitre des différends ; César Ursin ; Crispin rival de son maître ; la Tontine ; Turcaret , et la Critique de Turcaret, représentées depuis 1700. Il a donné de plus au Théâtre italien, avec D'Orneval et Fuzelier, le Jeune vieillard ; la Force de l'amour, et la Foire des Fées, qui sont imprimées dans le Théâtre de la Foire, et on lui attribue les Amants jaloux. Le Sage malgré tous ses talents, n'a jamais été favorisé par la fortune ; un goût décidé pour l'indépendance, lui fit toujours négliger les moyens pour s'avancer. Il mourut à Boulogne-sur-Mer, où il s'était retiré chez son fis, chanoine de la cathédrale, le 17 novembre 1747, âgé de près de quatre-vingt ans.

LESSEQUIN, anciennement chanoine de Roye, et ensuite grand-chantre de la cathédrale de Noyon, a composé en 1708 une tragédie intitulée l'Enlèvement de la chasse de Saint-Florent.

LESUEUR (M). On prétend qu'il a eu part aux opéras-comiques suivants : l'Ecole des amours grivois ; le Bal de Strasbourg, et les Fêtes publiques.

LE TELLIER, né à Chateau-Thierry, où il mourut vers 1732, n'a travaillé que pour les théâtres de la Foire, où il a donné le Festin de pierre ; les Pélerins de Cythere ; Arlequin Sultane favorite, etc.

L'ETOILLE (Claude) [1602 - 1652], Seigneur du Saussay, était d'une ancienne famille de Paris : on confond souvent ses ouvrages avec ceux de son aïeul et de son bisaïeul, tous deux présidents au parlement de Paris : c'est de leurs écrits qu'a été tiré le Journal du règne de Henri III. Il faut des premiers reçus à l'Académie française. On n'a de lui que deux pièces de théâtre, la Belle esclave, donnée en 1643,et l'Intrigue des fillous : il en achevait une troisième, intitulée le Secrétaire des innocents, lorsqu'il mourut. On lui attribue aussi une Ballet des filoux, donnée en 1627, et qui n'est point imprimée. L'Etoille était un des Cinq Auteurs que le cardinal de Richelieu employait pour travailler à ses comédies. Il avait plus de probité et de génie que d'étude, et s'était particulièrement attaché à bien tourner un vers. Il possédait aussi les règles du théâtre ; et quand il voulait travailler le jour, il faisait, dit-on, fermer les fenêtres, et se faisait apporter de la chandelle. On a dit de lui, de même que de Malherbe et de Molière, que lorsqu'il avait composé un ouvrage, il le lisait à sa servante, croyant qu'il n'avait pas sa perfection si elle ne se faisait pas sentir aux personnes les plus grossières. Il mourut à la campagne, où il s'était retiré avec sa femme, le premier juin 1652, âgé d'environ cinquante ans.

LE VALOIS D'ORVILLE (M). Cet auteur, fils d'un trésorier de France au bureau des finances de Rouen, est connu par différents petits ouvrages, et a donné, en 1745, au théâtre, seul Arlequin Thésée ; et les Souhaits pour le Roi, avec M. DuboisIl a d'ailleurs composé pour l'opéra-comique l'Abondance ; l'Illustre comédienne ; l'Ecole des veuves ; Javotte ; la Béquille, etc... seul et en société avec différentes personnes.

LEVASSEUR (M), a fait en 1750 la musique d'Azur, et Themire.

LE VAYER de BOUTIGNY (François) [1627-1685], était maître des requêtes, et mourut en 1688 : outre son roman de Tarsis et Zélie, nous avons de lui deux tragédies, qui sont le Grand Sélim, et Manlius.

LEVERT, commença à travailler pour le théâtre en 1638 : nous avons de lui les deux comédies de l'Amour médecin, et du Docteur amoureux, avec la tragédie d'Aristotime, et celle d'Arcidie.

LE VILLE (Nicolas), vivait dans le milieu du siècle dernier [XVIIème NdR]: il était prieur des Célestins de Louvain ; et a composé en 1658, trois tragédies chrétiennes, Sainte Dorothée ; Sainte Elisabeth, et Sainte Ursule.

L'HERMITE de VOZELLE, a donné en 1639 la Chute de Phaéton.

LIEUDDÉ (M. Cyprien), de Septmanville, secrétaire du Roi, né à Rouen, est auteur d'une pièce intitulée la Fête de Minerve, et de plusieurs prologues, divertissements et vaudevilles, dont il a fait les paroles et la musique, qui ont été représentés sur des théâtres bourgeois depuis 1749, et non imprimés.

LIGIER (M.) a fait représenter en 1763 la comédie intitulée le Rendez-vous.

LINAGE (le P.), jésuite, auteur d'une tragédie d'Agamemnon, qui fut imprimée en 1651.

LINANT, né à Rouen en 1704, avait fait de bonnes études : il s'attacha avec succès à la poésie noble et relevée, et remporta trois fois le prix de l'Académie française, la dernière en 1744. Il commença à travailler pour le théâtre en 1745, et l'entendait assez bien, mais il avait plus de goût que de génie : sa versification était souvent très faible. Il fut longtemps gouverneur du fils de M. Hébert, ancien introducteur des Ambassadeurs. Linant avait beaucoup de probité et de philosophie. Il est mort à Paris le 11 décembre 1749, âgé de quarante-cinq ans, et nous a laissé deux pièces, qui sont Alzaïde, et Vanda : outre des odes, des épîtres et la préface de l'édition de la Henriade de 1739. M. de Voltairel'aimait et le protégeait.

LIONNOIS (la Demoiselle) et l'une des premières danseuses du théâtre de l'Opéra, son frère se fait aussi admiré sur le même théâtre par sa danse noble : ils y sont depuis une quinzaine d'années.

LONGCHAMPS (la demoiselle Pitel), était soeur de Melle Raisin, et souffleuse de la Comédie française : elle a donné en 1687, Titapouf, qui est un assez mauvais ouvrage, et n'a pas été imprimée.

LONGEPIERRE (Hilaire-Bernard de Roqueleyne, Seigneur de) [1659, Dijon - 1721], était né à Dijon le 18 octobre 1659, et d'une bonne noblesse de Bourgogne. Il avait parfaitement étudié, et commença dès l'âge de vingt-cinq ans à travailler les poètes grecs, ayant donné en 1685 des notes sur Anacréon, Sapho, Byon, Moschus, et sur les Idylles de Théocrite; avec une traduction en vers de tous ces poètes, et un discours en prose sur les anciens. Il avait été attaché à Madame la duchesse de Berry en qualité de secrétaire de ses commandements, et M. le Régent, dont il avait été le précepteur, le prit en la même qualité au mois de janvier 1718. Il mourut le 31 mars 1721, âgé d'un peu plus de soixante et un ans, et nous a laissé deux tragédies, qui sont Médée, et Electre. On lui attribue cependant encore Sesostris, et plusieurs tragédies dans le goût des poètes grecs, qu'il imita en ne mêlant point d'amour à ces sujets sévères et terribles ; mais aussi il les imita dans leur prolixité des lieux communs; et dans le vide d'action et d'intrigue, et ne les égala point dans la beauté de l'élocution.

LOUVART, connu seulement par une pièce intitulée Urgande, donnée en 1679.

LOUVET. On ne connait cet auteur que par une tragédie intitulée la Mort d'Alexandre, qu'il donna en 1684, et qui n'a pas été imprimée.

LULLY (Jean-Baptiste) [1633, Florence - 1687, Paris]. Cet excellent et naturel musicien du siècle passé, était né à Florence en 1633, d'une basse famille : il fut emmené fort jeune en France par une personne de qualité, et porta au plus haut degré l'art de jouer du violon. il obtint la chaire de surintendant de la musique du Roi, qui lui donna aussi des lettres de noblesse, que Lully ne fit pas enregistrer, parce qu'ayant eu envie de se faire recevoir secrétaire du Roi, et ayant appris que cette compagnie ne voulait pas l'admettre, il s'en piqua, et sut la forcer à la faire, en 1681. Il mourut à Paris le 22 mars 1687, et fut inhumé aux Petits-Pères proche de la place de la Victoire, où l'on voit un superbe mausolée qui lui a été élevé. Nous avons de Lully, dix-neuf opéras, qui sont, suivant l'ordre quil les a donnés au public, les Fêtes de l'Amour et de Bacchus, Cadmus, Alceste ; Thésée ; le Carnaval, Atys ; Isis ; Psyché ; Bellerophon ; Proserpine ; le Triomphe de l'Amour ; Persée ; Phaéton ; Amadis de Gaule ; Roland ; le Temple de la Paix; Armide ; Acis et Galathée, et Achille et Polixène, non achevé. Il a aussi donné les ballets d'Alcidiane ; des Muses ; de la Naissance de Venus ; de la Nuit ; de la Princesse d'Elide, et plusieurs autres : le divertissement comique de Cariselli ; l'Eglogue de Versailles ; l'Idylle de la Paix, et beaucoup d'autres musiques et divertissements de pièces de théâtre ; sans compter les suites de symphonies, des trios de violons, et plusieurs motets à grand choeurs.
Il avait épousé la fille unique de Lambert, fameux musicien, et en laissa entre autres enfants, deux fils, Louis, et Jean-Louis de Lully. Ce dernier, qui était le cadet, lui succéda à la charge de surintendant de musique du Roi, et mourut au mois de décembre 1698. Ces deux frères ont composé en société Zéphire et Flore. L'aîné a fait ensuite seul Orphée ; Alcide, avec Marais, et les Saisons, conjointement avec Colasse. Le cadet a mis quelques divertissements en musique, tels que Vénus ; Apollon et Daphné ; le Triomphe de la Raison, etc.

Macey-Moustou

MACEY (Claude). Cet auteur était ermite : il a fait imprimer en 1729, une pièce intitulée l'Enfant Jésus ou la naissance de Jésus de Bethléem.

MACHERTI (l'Abbé). Nous n'avons de lui qu'une des parodies de Phaéton, donnée ne 1721. Il est mort depuis plusieurs années.

MACORT, auteur d'une tragédie intitulée Sylvanire, donnée à Valenciennes en 1717.

MAGNON (Jean) [16??, Tournus - 1662, Paris], était né à Tournus, petite ville de Maconnais, et fut dans sa jeunesse avocat au résidial de Lyon : il avait de l'esprit et de l'imagination : mais ses discours étaient fort libres ; d'ailleurs sa facilité pour le travail lui avait donné un orgueil insupportable. Il avait commencé une Encyclopédie, qui devait contenir plus de deux cent mille vers. Il fut assassiné à Paris sur le Pont-Neuf, en 1662, en sortant de souper d'une maison où il allait souvent. Nous avons de cet auteur huit pièces de théâtre, données depuis 1643, qui sont, Artaxerce; les Amants discrets, Josaphat ; Sejanus; Tamerlan ; le Mariage d'Orondate et de Statira ; Jeanne, reine de Naples, et Zénobie.

MAILHOL (Gabriel), secrétaire de M. le duc de Fleury. Cet auteur, né à Carcassonne, a commencé à travailler pour le théâtre en 1753, par la comédie des Femmes, et a donné ensuite Paros ; les Lacédémoniennes ; le Prix de beauté ; Ramir, et la Capricieuse.

MAINFRAY (Pierre), était né à Rouen ; il a fait depuis 1616 les pièces suivantes ; Hercule ; Astiages ; Cyrus triomphant ; la Rhodienne, et la Chasse royale.

MAIRET (Jean) [1604, Besançon - 1686, Besançon] né à Besançon le 4 janvier 1604, commença à travailler pour le théâtre avant le grand Corneille, Rotrou, Scudéry, etc. Il était attaché à l'amiral de Montmorency, qui l'estimait à cause de sa valeur, et qui lui fit accorder en 1668 des lettres de noblesse, avec une pension de quinze cent livres. Il s'attacha, après la mort de ce seigneur, au comte de Soissons, et au cardinal de Valette, et mourut à Besançon le 31 janvier 1686. Ses pièces sont, Chriséïde, qu'il donnna en 1620 au sortir du collège : Silvie ; Silvanire ; le Duc d'Ossone ; Virginie ; Sophonisbe ; Marc-Antoine ; Soliman ; Mustapha ; Athénaïs ; l'Illutre corsaire, et Roland furieux. On lui attribue encore Sidonie et les Visionnaires.

MALEZIEU (Nicolas) [1650, Paris - 1727], écuyer, Seigneur de Chatenay, près Sceaux, était chancelier de la Principauté des Dombes, secrétaire général des suisses et des grisons de France, secrétaire des commandements de M. le dc du Maine, l'un des quarante de l'Académie française, où il avait été reçu en 1701, et honoraire de celle des sciences : il avait infiniment de mérite, d'esprit et de probité, et traduisait le grec très facilement. Il mourut d'apoplexie le 4 mai 1727, âgé de soixante-seize ans et six mois, étant né à Paris vers la fin de l'année 1650. Nous avons de lui, le Prince de Cathay ; les Importuns ; la Tarentole, et l'Heautontimorumenos, qui ont été imprimées en 1706, avec d'autres poésies du même auteur, dans un recueil intitulé Divertissements de Sceaux ; et l'opéra de Philémon et Baucis.

MANDAJORS, donna en 1714 les paroles d'une pastorale intitulée l'Impromptu de Nîmes.

MARAIS (Marin). Nous avons de ce célèbre musicien les opéras d'Ariane et Bacchus ; d'Alcione , et de Semele, qu'il a composés seul depuis 1696 ; et celui d'Alcide, fait en société avec Lully, fils aîné, en 1693. Il était né à Paris le 31 mars 1656, et mourut le 15 août 1728, dns sa maison de l'Oursine, faubourg Saint-Marceau. Il a porté la viole à son plus haut degrè de perfection : on admire d'ailleurs dans ses ouvrages la fécondité et la beauté de son génie, jointes à un goût exquis et une composition savante.

MARANDE. Cet auteur n'est connu que par une des pastorales du Berger fidèle, imprimée en 1657.

MARCASSUS (Pierre) [1584-1664], état avocat au parlement, et vivait encore vers le milieu du siècle dernier [XVIIème]. Nous avons de lui les Pécheurs illustres [Tragi-comédie parue chez Guillaume Sossier en 1648], et Eromène [pastorale en 5 actes et en vers], parues en 1633 [chez Pierre Rolet]; outre une traduction de l'Argenis du Barclay, donnée en 1622.

MARCÉ; Voyez MAREUIL.

MARCEL. Nous ne connaissons de cet auteur que la comédie du Mariage sans mariage, donnée en 1671.

MARCEL, l'un des grands danseurs qu'ait eu l'Académie royale de Musique, s'était retiré en 174... avec la pension, et mourut en 1759.

MARCET de MEZIERES (M. Isaac AMI), a donné en 1758 une pièce intitulée Diogène à la campage.

MARCHADFER (l'Abbé),avait commencé à travailler pour le théâtre en 1747. Nous n'avons eu de lui que la comédie du Plaisir, étant mort peu de temps après dans un âge peu avancé.

MARCHAND (Jean-Louis) [1669, Lyon - 1732, Paris]. Ce musicien, né à Lyon, et mort à Paris au mois de février 1732, âgé de soixante-trois ans, était un des plus grands organistes qu'il y ait eu : on prétend qu'il avait mis en musique un opéra de Pirame et Thsibé, dont les paroles étaient de Morfontaine, qu'il n'a jamais voulu laisser représenter.

MARCOUVILLE. Voyez LE FEVRE

MARECHAL (Antoine ou André) [1601-1648],, avocat au parlement, donna au théâtre depuis 1630, l'Inconstance d'Hilas , la Généreuse allemande ; la Soeur valeureuse ; le Railleur ; le Capitan Matamore ; le Mausolée ; la Cour bergère ; le Jugement équitable ; le Dictateur romain, et Torquatus.

MAREUIL ou MARCÉ (Roland de). On prétend que cet auteur était lieutenant général en Baugé en Anjou, et qu'il a fait en 1601 la tragédie d'Achab.

MARGUERITE de VALOIS, reine de Navarre [1492 - 1549]. Cette savante princesse, qui tait soeur de François Ier et femme de Henri d'Albert, Roi de Navarre, a fait plusieurs pièces de théâtre, mystère et farces. Nous avons d'elle, sans date, les Innocents ; la Nativité de Jesus-Christ ; l'Adoration des trois rois ; le Désert ; la comédie des Quatre dames et des quatre gentilshommes ; la Farce de trop, prou, peu, moins, et autres, qu'on peut voir détaillées dans du Verdier et le Croix du Maine, etc. Cette Reine mourut le 2 décembre 1549, âgée de cinquante-sept ans. Toutes ses poésies ont été imprimées en un volume in-8° à Lyon en 1547.

MARIGNIER (M). Il n'a travaillé que pour la foire, où il a donné depuis 1729, seul et en société, la Pantoufle ; Lydippe, et Argénie.

MARIN (M. Louis), censeur royal et de la police, a donné au théâtre en 1762, Julie, ou le Triomphe de l'amitié : il a aussi composé le Fleur d'Agathon, et l'Heureux mensonge. Il était déjà connu par l'histoire de Saladin, et autres ouvrages.

MARIO. Voyez SILVIA.

MARION (Pierre-Xavier) [1704, Marseille], jésuite, né à Marseille le 25 novembre 1704, auteur d'une tragédie d'Absalon représentée à Marseille en 1740, et de la Mort de Cromwel.

MARIVAUX (Pierre Carlet Chamblain de) [1691, Auvergne - 1763, Paris], né en Auvergne, commença à travailler pour le théâtre en 1712, fut reçu à l'Académie française le 4 février 1743, et mourut à Paris le 12 février 1763, âgé de soixante-douze ans. Il a donné vingt et une pièces en prose au Théâtre italien depuis 1720, qui sont l'Amour et la Vérité ; Arlequin poli par l'amour ; la Surprise de l'Amour ; la Double inconstance ; le Prince travesti ; la Fausse suivante ; l'Île des esclaves ; l'Héritier de village ; le Triomphe de Plutus ; la Nouvelle colonie ; le Jeu de l'amour et du hasard ; le Triomphe de l'amour ; l'Ecole des mères ; l'Heureux stratagème ; la Méprise ; le Mère confidente ; les Fausses confidences ; la Joie imprévue ; les Sincères ; l'Epreuve, et la Suivante, le Théâtre français a de lui la tragédie d'Annibal, et les comédies suivantes, au nombre de huit ; le Dénouement imprévu ; l'île de la raison ; la Surprise de l'amour, différente de celle des Italiens ; la Réunion des amours ; les Serments indiscrets ; le Petit-Maître corrigé ; le Legs, et le Préjugé vaincu. Il a encore composé plusieurs pièces qui n'ont pas été représentées sur des théâtres publics, savoir, le Père prudent et équitable; qui est même son premier ouvrage ; le Chemin de la Fortune, imprimée en 1714 ; la Femme fidèle, jouée à Berni en 1755; Félicie, et les Acteurs de bonne foi, imprimées en 1757 ; et on lui avait attribué celles contenues dans les Saturnales françaises, qu'on dit être de M. Croquet.
Indépendamment de toutes ces pièces, de Marivaux est encore avantageusement connu par son Homère travesti, en vers burlesques ; et son joli roman de Marianne, et par quantité d'autres ouvrages estimés, et écrits d'un style commun à peu d'auteurs.

MARLET (M). Nous n'avons de cet auteur que la comédie de l'Illumination, donnée en 1744.

MARMONTEL (M. Jean-François), né à Bort dans le Limousin, en 1722, et chargé du Mercure de France depuis le mois d'août 1758 jusqu'à celui de février 1760, avait déjà été couronné deux fois par l'Académie française, lorsqu'il commença à travailler pour le théâtre en 1748. Nous avons de lui cinq tragédies savoir, Denis le tyran ; Aristomène ; Cléopâtre ; les Héraclides, et Egyptus ; et cinq opéras, la Guirlande ; Acante et Cephise ; Lisis et Délie ; les Sibarites, et Hercule mourant ; avec Annette et Lubin, pastorale. Tout le monde connaît d'ailleurs ses jolies Contes moraux, qui ont fourni le sujet de plusieurs ouvrages dramatiques.

MARTEL (l'Abbé), a mis en musique une pastorale intitulée Jésus naissant.

MARTIN (M), a fait la musique du Bal militaire.

MASSIP (M), auteur vivant [en 1763 NdR], a composé les paroles de l'opéra des , donné en 1734.

MATHEAU, ou MATHO. Ce musicien était breton, et mourut à Versailles le 16 mars 1746, dans la quatre-vingt-sixième année de son âge. Il fut élevé Page de la musique du Roi, et avait une haute-taille assez faible, mais qu'il conduisit avec beaucoup d'art et de goût. Louis XIV connaissant ses talents et ses moeurs régulières, lui donna en 1697 la place de Maître de musique de Madame la duchesse de Bourgogne, mère du roi régnant, à qui Matheau eut aussi l'honneur de montrer la musique. Il avait la charge de Maître de musique des Enfants de France, avant Royer, et a fait l'opéra d'Arion, et le Ballet des Thuilleries.

MATHIEU (Pierre) [1563, Porentru - 1621, Toulouse], naquit à Porentru, dans le diocèse de Bâle, le 10 décembre 1563, de parents assez obscurs. Il devint principal du collège de Vercel en Franche-Comté, et ce fut pendant ce temps qu'il a composé sa première pièce de théâtre. Ensuite étant venu à Lyon, il fut reçu avocat au présidial de cette ville, et ne quitta cette vacation que pour aller à Paris , où il travailla à l'Histoire de France ; ce qui lui fit obtenir la place d'historiographe, avec une pension. Ayant suivi Louis XIII au siège de Montauban, il fut atteint de la maladie qui régnait alors dans le camp, et s'étant fait transporté à Toulouse, il y mourut le 1er octobre 1621, âgé de cinquante-huit ans. Nous avons de cet auteur, Clytemnestre ; Esther ; Aman ; Vashti ; la Guisade, et, à ce que quelques-uns prétendent, le Triomphe de la Ligue [et la Magicienne Etrangère [BnF Res YF-3917 (1) ].

MAUGER (M). Cet auteur vivant, né à Paris, et Garde du Corps a commencé à travailler pour la scène française en 1747, et nous avons de lui, Amestris ; Coriolan ; Cosroes, et l'épreuve imprudente.

MAUPAS (Charles), auteur d'une comédie des Déguisés, imprimée à Blois en 1626.

MAZIERES. Il a donné en 1566 une pièce intitulée Bergerie spirituelles.

MELIGLOSSE. C'est le nom sous lequel Charles Bauter, parisien, a donné deux pièces, la Mort de Roger, et la Rodomontade, toute deux imprimées avec ses poésies et les Amours de Catherine de Scelles, sa maîtresse, à Paris en 1605, in-8°. Cette Catherine Scelles était de Bayeux, avait une voix très touchante, et jouait divinement du luth.

MESNARD, a donné en 1613, le Pastorale.

MENESSON, mort à Paris en 1742, dans un âge fort avancé, est auteur des opéras de Manto, la Fée ; des Plaisirs de la Paix ; et d'Ajax. Il avait aussi composé deux tragédies pour le Théâtre français, mais les comédiens ne voulurent pas, dit-on, les recevoir.

MENTELLE (M), a fait en société avec M. Des Essarts, en 1756, un opéra comique intitulé l'Amour libérateur.

MERLIN. C'est un personnage de valet du Théâtre français, qui fut inventé par Desmares, en 1686, et devint bientôt à la mode. On ne l'emploie cependant plus.

MERMET (Claude), était notaire ducal de Saint-Rambert en Savoie : il vint s'établir à Lyon, où il donna en 1583 une tragédie de Sophonisbe.

MERVILE. Voyez GUYOT.

MEUN. Voyez CLOPINEL.

MEUNIER, fils d'un bourgeois de Paris, avait été attaché au denier Duc d'Estrées, et est mort vers 1735 ; il donna au théâtre italien en 1719, les Lunettes magiques.

MEZIERES. Voyez MARCET.

MEZZETIN. C'est le nom d'un rôle de la Comédie italienne, dont le caractère est à peu près le même que celui de Scapin. L'acteur qui le remplissait dans l'ancienne troupe , se nommait Angelo Constantini, de la ville de Vérone : il était frère d'Octave, tous deux enfants de Gradelin. Il fut reçut dans l'ancienne troupe italienne en 1680 ou 1682, et y joua d'abord sous le masque d'Arlequin, du temps même du fameux Dominique, qu'il était destinée de doubler : depuis il inventa le personnage de Mezzetin, qu'il a toujours joué à visage découvert, jusqu'au mois de mai 1697, que le Théâtre italien fut fermé ; après quoi ces comédiens s'étant dispersés, Mezzetin alla à Brunswick, où ayant trouvé une troupe italienne, il y joua le même rôle. La Roi de Pologne, qui avait entendu parler de ses talents, l'en retira en 1699 pour l'attacher à son service, et lui accorda le titre de noble, avec les charges de son camérier intime, trésorier de ses menus plaisir, et garde des bijoux de la Chambre : mais Mezzetin ayant eu l'audace d'adresser ses voeux à une maîtresse du roi Auguste, et d'accompagner sa déclaration de quelques dicours peu mesurés sur ce monarque, il pensa perdre la vie, et resta vingt ans en prison. Tout Paris, qui le croyait mort, fut surpris de le voir reparaître sur le nouveau Théâtre italien, le 5 février 1729. Riccoboni, fils, composa un prologue pour le produire en public, qui courut en foule le voir pendant le peu de temps qu'il joua sur ce théâtre ; car malgré ses talents, s'apercevant qu'il n'était pas aussi goûté qu'autrefois, il partit s'en retourner en Italie, âgé pour lors de soixante-quinze ans, et mourut à Vérone peu de mois après. Il y a plusieurs pièces sous le titre de Mezzetin.

MICHEL (Jean), évêque d'Angers, mort en odeur de sainteté, et qui a donné, à ce que l'on prétend, en 1490, des Mystères sur la Passion, la Résurrection, et la Vengeance de la mort de N.S. et une sotie à huit personnages.

MILET (Jacques), auteur d'une tragédie intitulée, Histoire de la destruction de Troie, imprimée en 1498.

MILLET (Jean). On connaît trois pièces de cet auteur, la Constance de Philin ; Janin, et la Bourgeoise de Grenoble dès 1635.

MILLOTET (Hugues), était chanoine de Flavigny : nous avons de lui une tragédie de Sainte Reine ; ou le Chariot du triomphe, donnèe en 1664.

MINET (M), le fils, né à Paris a donné au théâtre en 1744, la Noce de village, avec M. Parvi ; et seul, la Génie de la France. Il est comédien en Province.

MION (M), maître de chant, et neveu de La Lande, a mis en musique, depuis 1741, les opéras de Nitetis ; des Quatre parties du monde, et de l'Année galante.

MOISSY (M. Moulier de), né à Paris, était Garde du Roi, lorsqu'il donna au mois de mai 1750, le Provincial à Paris ; Il a fait depuis les Fausses inconstances ; le Valet maître ; la Nouvelle école des femmes ; l'Ennuyé ; l'Impromptu de l'amour, et la Nouvelle école des maris. On lui attribue le Bienfait anonyme, qui avait parus dès 1744.

MOLARD, né à Marseille, a donné en 1716 la tragédie de Marius et Sylla. Dès 1704, cet auteur avait composé une tragédie de Thémistocle, que les comédiens ne voulurent pas recevoir.

MOLÉ (M), acteur de la Comédie française, avait débuté le 7 octobre 1754, âgé d'environ dix-neuf ans, et sans avoir encore paru sur aucun théâtre, par les rôles de Britannicus, et celui de Seyd dans Mahomet : il commença le 28 janvier 1760, un nouveau début dans le rôle d'Andronic, et fut reçu la même année. Il joue avec beaucoup de talent, d'intelligence, et de feu tous les rôles tendres, dans le tragique et dans le comique.

MOLIÈRE, surnommé le tragique, était comédien, et vivait dans le commencement du siècle dernier [XVIIème NdR]. Il a commencé, à ce que l'on prétend, plusieurs pièces de théâtre, dont aucune n'est venue à notre connaissance, sinon la tragédie de Polixène, donnée en 1620, qui était sa meilleure.

MOLIÈRE [1620, Paris - 1673, Paris], Ce fameux auteur, et excellent acteur, à qui notre théâtre doit tant, se nommait Jean-Baptiste Poquelin, était fils d'un valet de chambre-Tapissier du Roi, et marchand fripier sous les piliers des Halles à Paris. Il naquit en 1620, et mourut d'un crachement de sang, le 17 février 1673, âgé de cinquante trois ans, ne laissant de sa femme, fille de la Béjart, qu'une fille qui avait beaucoup d'esprit. Comme la vie de Molière par Grimarest, se trouve à la tête de ses oeuvres entre les mains de tout le monde, on ne s'étendra pas davantage sur ce sujet. On conseille seulement à ceux qui voudront avoir quelque chose de sûr à son égard, de consulter plutôt celle que M. de Voltaire a composée, avec des jugements sur ses ouvrages, en un volume in-12 de 120 pages, qui se trouve à Paris chez Prault, fils. Voici les trente pièces composés par Molière, suivant leur ordre chronologique, et qui sont rassemblées dans ses oeuvres, en huit in-12 quoique différemment arrangées : L'Étourdi; le Dépit amoureux ; les Précieuses ridicules ; le Cocu imaginaire ; Dom Garcie de Navarre; l'École des maris; les Fâcheux; l'École des femmes; le Critique de l'école des Femmes ; l'Impromptu de Versailles ; la Princesse d'Elide ; le Mariage forcé ; le Tartuffe; le Festin de Pierre [i.e. Dom Juan] ; l'Amour médecin ; le Misanthrope ; le Médecin malgré lui ; Mélicerte ; le Sicilien ; Amphitryon ; Georges-Dandin ; L'Avare ; Pourceaugnac ; les Amants magnifiques ; Psyché ; le Bourgeois gentilhomme ; les Fourberies de Scapin ; les Femmes savantes; la Comtesse d'Escarbagnas, et le Malade imaginaire. Molière avait encore composé dans la province et pour Paris, plusieurs petites farces, comme le Docteur amoureux ; le Docteur pédant ; les Trois docteurs rivaux ; le Maître d'école ; le Médecin volant ; la Jalousie du Barbouillé ; le Jalousie de Gros-René ; Gorgibus dans le sac ; le Fagoteux ; le Grand benêt de fils ; Gros René petit enfant ; la Casaque, etc qui n'ont pas été imprimées.

MONCRIF (François-Augustin Paradis de) [1687-1770], parisien, lecteur de la Reine, l'un des quarante de l'Académie française, membre de la société Royale de Nancy, et de l'Académie Royale des Sciences et Belles-lettres de Berlin, secrétaire général des postes, est connu par différents ouvrages. Il a donné à l'opéra, l'Empire de l'Amour ; le Trophée, et Zelindor ; Linus, Almasis, Ismene, ou les Fragments ; les Génies tutélaires, et la Sybile. Il est de plus auteur d'un ballet héroïque intitulé les âmes réunies, qui n'a point été représenté ; et des comédies de la Fausse magie, donnée en 1719 ; de l'Oracle de Delphes, et des Abderites. Ses oeuvres ont été imprimée en 1751, en trois volumes in-12.

MONDORGUE (M. Gaultier de), né à Lyon, et receveur de la Chambre aux Deniers, a fait les paroles de l'opéra des Talents lyriques, donné en 1719, et de l'Opéra de société.

MONDONVILLE (M. Jean-Joseph Cassanea de), né à Narbonne, maître de Musique de la Chapelle du Roi, et célèbre et excellent joueur de violon, est connu d'ailleurs très avantageusement par ses belles pièces de clavecin, ses savants motets, ses bons trios, et par les opéras d'Isbé ; du Carnaval du Parnasse ; du Titon et l'Aurore ; de Daphnis et Alcimadure ; des Fêtes de Pahos, et de l'Amour et Psyché. Il a eu la direction du concert spirituel depuis la mort de Royer en 1762.

MONTFLEURY(Zacharie Jacob dit), était fils d'un gentilhomme d'Anjou, dont on nous apprend point le nom, et qui après l'avoir fait étudier, le mis page chez le duc de Guise ; mais le goût que ce jeune homme avait pour la comédie l'ayant porter à la jouer, il quitta tout, s'attacha à une troupe qui courait la province, vint ensuite à Paris, y fut admiré longtemps sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, et, à ce que l'on a prétendu sans vérité, mourut en 1667, âgé de soixante-sept ans, des violents efforts qu'il fit en jouant le rôle d'Oreste dans l'Andromaque de Racine.

MONGIN, auteur des Promenades de Paris, en 1695.

MONICAULT, avait été Consul de France à Petersbourg et à Dantzig. Il donna au Théâtre italien en 1724, la comédie du Dédain affecté.

MONSIGNY (M), a fait la musique des Aveux indiscrets ; du Maître en droit ; du Cadi dupé ; d'On ne s'avise jamais de tout, et du Roi et le fermier.

MONTANDRÉ. On ne connaît rien de cet auteur qu'une tragédie intitulée l'Adieu au trône imprimée en 1654.

MONTAUBAN (Jacques Pousset, écuyer, sieur de) [16?? - 1685], était avocat au parlement de Paris, fut élu échevin de cette ville, et mourut le 16 janvier 1685. Son heureux génie ne l'avait pas fait seulement distinguer dans le barreau par une éloquence mâle, mais aussi dans plusieurs pièces de théâtre données depuis 1650, qui sont ; Zénobie ; les Charmes de Félicie ; Seleucus ; Indégonde ; le Comte de Hollande ; Pantagruel, imprimées en un recueil in-12 en 1654, et les Aventures de Panurge. On lui attribue aussi une tragédie de Thieste. Il était lié avec Despréaux, Racineet Chapelle, et l'on prétend qu'il travailla avec ses grands hommes à la comédie des Plaideurs.

MONTCHENAY, Voyez DE LOSME

MONTCHRÉTIEN (Antoine), seigneur de Vasteville, était fils d'un apothicaire de Falaise, et demeura [sic devint] orphelin fort jeune. Il s'adonna aux Lettres, et a composé un volume de tragédies estimées de son temps, et dont voici les titres ; Sophonisbe, ou la Catharginoise ; la Constance, ou les Lacenes ; David, ou l'Adultère ; Hector ; Aman, ou la Vanité ; l'Ecossaise ; la Bergère, et Suzanne. Elles furent imprimées en 1616 et 1627, in-8° . Montchrétien eut beaucoup d'aventures, un jour ayant pris querelle avec le baron de Genouville, qui était accompagné de deux personnes, il se battit contre tous les trois, et fut laissé pour mort sur la place ; cependant il en revint, et obtint 12000 livres de dommages et intérêts. Ayant été accusé quelque temps après d'avoir assassiné un gentilhomme de Bayeux, il se sauva en Angleterre ; mais Jacques Ier, qui y régnait alors, demanda le grâce à Henri IV, roi de France, et l'obtint. Etant de retour à Paris, il suivit les huguenots à la guerre, et se trouva au siège de la Rochelle : en 1621 il fut soupçonné de faire de la fausse monnaie ; on le surprit au bourg de Tourailles, au mois d'octobre, et on voulut l'arrêter ; mais comme il était brave jusqu'à l'intrépidité, il se défendit en désespéré, tua deux gentilshommes et un soldat, et ne peut être abattu qu'à coups de pistolets et de pertuisanes.

MONTECLAIR (Michel) [1666 - 1737]. Ce musicien, natif de Chaumont en Bassigny, mourut dans une maison de campagne près de Paris, au mois de septembre 1737, âgé de soixante et onze ans. Il avait été enfant de choeur de la cathédrale de Langres, se fit connaître à Paris vers 1700, et fut le premier qui joua dans l'orchestre de l'Opéra de la contrebasse. Outre une méthode pour apprendre la musique, des principes pour le violon, des trios, trois livres de cantates, des motets, etc... qu'il a composés, il a encore mis en musique les opéras des Fêtes de l'été, et de Jepthé.

MONTFLEURY (Antoire Jacob) [1640, Paris - 1685, Aix-en-Provence], son fils [de Zacharie Montfleury], né à Paris en 1640, et mort à Aix le 11 octobre 1685, se fit recevoir par complaisance avocat ; il avait beaucoup d'esprit, d'intelligence et de probité ; et quoique fils de comédien, dit-on, il fut choisi par M. Colbert pour aller de sa part en Provence pour régler une affaire importance et délicate, dont il s'acquitta au gré du ministre. L'éditeur du recueil de Monfleury, imprimé à Paris en 1705 en deux volumes in-12, a mal à propos pris le change, en attribuant au père (Zacharie) ; au lieu, qu'à l'exception de la Mort d'Asdrubal, elles sont de son fils, contemporain de Molière, et qui a travaillé longtemps après Molière. Ses pièces, quoiqu'un peu libres, ont presque toutes été reçues favorablement. Les titres sont, dans l'ordre de leur représentation, depuis 1660, Le Mariage de Rien ; le Mari sans femme ; Trasibule ; L'Impromptu de l'Hôtel de Condé ; l'Ecole des jaloux, ou la Fausse Turque ; l'Ecole des filles ; le Femme juge et partie ; le Procès de la femme juge ; le Gentilhomme de Beauce ; la Fille capitaine ; l'Ambigu comique ; le Comédien Poète, avec la Soeur ridicule ; Trigaudin ; Crispin gentilhomme ; le Dame médecin, et la Dupe de soi-même. Cette dernière n'a pas été jouée, et se trouve seulement imprimée dans le théâtre de cet auteur, en 3 volumes in-12. On lui attribue encore les Bêtes raisonnables, qui n'est pas imprimée.

MONTFORT. On attribue à cet auteur une tragédie de Sesostris, en 1696.

MONTIGNI (M. Jean-Charles Bidault de), né à Paris, est l'auteur de la pièce intitulée la Petite Sémiramis, imprimée en 1749.

MONTLEON. Cet auteur vivait dans le commencement du siècle dernier [XVIIème NdR] : il a fait trois tragédies Hector, et Amphitrite, en 1630, et Thieste, en 1633.

MONTLUC (Adrien de) [1568 - 1646], prince de Chabanais, Comte de Cramail, né en 1568, donna en 1616 la Comédie des proverbes. Il mourut le 22 janvier 1646.

MONTMENY (Louis-André), un autre de ses fils [voir Lesage], avait débuté au Théâtre français le 18 mai 1728, après y avoir déjà paru en 1726 ; il fut reçu dans la troupe le 7 juin, et se fit extrêmement goûter par un jeu noble, vrai et naturel, dans les rôles sérieux, comme celui du philosophe marié, de Démocrite, etc. et dans ceux de paysan, qu'il rendait parfaitement ; mais le théâtre ne le posséda pas assez longtemps, étant mort subitement à la Villette le 8 septembre 1743. Ce comédien était d'ailleurs fort estimable par son caractère et par ses moeurs, et on l'a regretté longtemps.
Un troisième et dernier fils de Le Sage, joue la comédie en Allemagne, et est connu sous le nom de Pittenec : il composé un opéra-comique intitulé le Testament de la Foire.

MONTMERY. Voyez LE SAGE.

MONTREUX. Voyez OLENIX.

MORAINE (M), né à Angers, est auteur d'une comédie intitulée le Mariage fait pas crainte, donnée en 1730.

MORAN (le P.), jésuite à Lyon, a donné en 1705 une tragédie chrétienne intitulée Néon.

MORAMBERT (M. Antoine-Jacques Labbet de), professeur de musique à Paris, né dans cette ville en 1721, a donné au Théâtre italien, avec M. Sticotti, le Carnaval d'été ; et ensuite Amadis ; et Barcarole, avec M. de la Grange.

MORANCOURT (Melle), a débuté au Théâtre français en 1712, a été reçue en 1713, et s'est retirée en octobre 1715, avec une pension de 500 livres qui fut augmentée du double en 1722, dont elle jouit encore.

MORAND (Pierre de) [1701-1758]. Cet auteur était d'Arles en Provence : il avait commencé à travailler pour le théâtre en 1734, et nous a donné successivement : Teglis ; Childeric ; L'Esprit de divorce ; les Muses, et Mégare. Ses oeuvres, imprimées en 1751, en trois volumes in-12 contiennent des plus : l'Enlèvement imprévu ; la Vengeance trompée ; les Amours des grands hommes, opéra ; et Léandre et Héro, ballet. Il mourut en 1758.

MORANDET (M), secrétaire des commandements de Madame la comtesse de Toulouse, est auteur de la comédie du Qui pro quo, donnée en 1743.

MOREL. Il a fait la tragédie de Thimoclée.

MORELLE Voyez La MORELLE.

MOUFLE, auteur du Fils exilé, tragédie chrétienne donnée en 1647.

MOULON (Georges Mathieu de), ancien maître des requêtes, banquier expéditionnaire en Cour de Rome, de l'Académie de Nancy sa patrie, né en 1708. On attribue à cet auteur une comédie de l'Amour du diable.

MOUQUÉ ou MOUQUAI, était de Boulogne, et fit, en 1612, la pastorale satyrique de l'Amour déplumé. L'anagramme de son nom est Où manquai-je ?.

MOURET (Jean-Jospeh) [1682, Avignon - 1738, Charenton], né en Avignon en 1682, et fils d'un marchand de foie de cette ville. Ce gracieux musicien se fit connaître dès l'âge de vingt ans, par des morceaux de sa composition qui le mirent bientôt en grande réputation. Il était Directeur du concert spirituel, intendant de la Musique de Madame le duchesse du Maine, musicien de la Chambre du Roi, et compositeur de la Musique de la Comédie italienne. Outre quantité des divertissements de comédies, d'airs, de sonates, de cantates, etc ... Nous avons de lui huit opéras donnés depuis 1714, qui sont : les Fêtes de Thalie ; Ariane et Thésée ; Pirithoüs ; les Amours des Dieux ; le Ballet des sens ; les Graces ; le Temple de Gnide, et les Amours de Ragonde. Il mourut à Charenton près Paris le 22 décembre 1738 ; le malheur qu'il eut de perdre en moins d'un an ses trois places, qui lui rapportaient environ deux mille écus de rente, lui avait dérangé l'esprit, et avança le fin de ses jours.

MOUSTOU (M), a donné à l'Opéra-comique la Bohémienne, en 1756, et le Volage au Théâtre italien, en 1760.

MUGUET (M), l'une des haute-contres de l'Opéra, où il joue les rôles dans ce genre depuis 1758.

Nadal-Norry

N*** (M. de D. de), a fait la musique du Temple des chimères, en 1758.

NADAL (l'Abbé Augustin) [1659, Poitiers - 1741, Poitiers], naquit en 1659 à Poitiers, où il fit ses études. Après avoir élevé le jeune Comte de Valançay, tué à la bataille d'Hochster, en 1704, il s'attacha à la maison d'Aumont qui le protégea. Il fut reçu en 1706 de l'Académie des Belles-lettres ; en 1712 il accompagna en Angleterre, en qualité d'ambassade, M. le Duc d'Aumont, que le Roi y envoya pour complimenter la Reine Anne après la paix d'Utrecht ; et en 1716 il obtint l'Abbaye d'Oudeauville en boulonnais. Il mourut à Poitiers le 7 août 1741, âgé de quatre-vingt-deux ans. Outre ses dissertations académiques, et son Histoire des vestales, publiée en 1726, l'Abbé Nadal avait composé, depuis 1705, cinq tragédies; savoir : Saül ; Hérode ; Antiochus, ou les Machabées ; Mariamne, et Osarphis, qu'il recueillit en 1736 avec ses autres poésies, en trois volumes in-12 imprimées chez Briasson et une parodie intitulée Arlequin au Parnasse.

NAIGEON (M). On lui attribue les Chinois, donnés en 1756, sous le nom de M. Favart.

NANCEL (Pierre). Nous avons trois tragédies de cet auteur, Débora ; Dina, et Josué, imprimées en 1606, en un volume in-12, sous le titre de Théâtre sacré.

NANTEUIL, était comédien de la Reine, et le fut ensuite de l'Electeur de Hanovre. Il a donné, depuis 1664, cinq pièces de théâtre, qui ont été imprimées in-12 en 1672 et 1673, et dont voici les titres : le Comte de Roquefeuil ; les Brouilleries nocturnes, l'Amour sentinelle ; le Docteur extravagant, et l'Amante invisible. On lui attribue encore la Campagnard dupé.

NAQUET (M. Pierre), né à Paris le 9 octobre 1729, a donné au théâtre en province, l'Heureuse méprise ; les Eaux de Passy, et le Peintre ; il a aussi composé une comédie en un acte en prose, intitulée l'Amour constant, qui n'a été joué ni imprimée.

NAU (M), a fait en 1750 un opéra-comique intitulé Esope au village, et ensuite celui d'Iphis.

NAVIERES (Charles). On le dit auteur d'une tragi-comédie de Philandre, en 1584.

NÉEL, n'est connu, comme auteur, que par la comédie de l'Illusion grotesque, donnée en 1678. Il était avocat au conseil.

NERICAULT DESTOUCHES (Philippe), Seigneur de la Mothe, naquit à Tours en 1680. Il fut secrétaire de l'ambassade de M. le Marquis de Puissieulx en Suisse, et ensuite lui-même employé en qualité de ministre en quelques négociations à la cour d'Angleterre, depuis 1718 jusqu'en 1723. Il commença à travailler pour le théâtre, qu'il aimait beaucoup, en 1710, fut reçu à l'Académie française, le 25 août 1723, à la place de Campistron, et était gouverneur de la ville de Melun. Il avait donné de son vivant une édition de ses oeuvres qui parut chez Prault père, en 1745 ; en cinq volumes in-12 et qui contient toutes ses pièces de théâtre, à l'exception des deux dernières ; après sa mort on en a fait une à Amsterdam, qui les renferme toutes. Ces pièces de théâtre, dont quelques-unes lui ont établi une réputation immortelle, sont ; le Curieux impertinent ; l'Ingrat ; l'Irrésolu ; le Médisant ; le Triple mariage ; l'Obstacle imprévu ; le Philosphe marié ; l'Envieux ; les Phliosophes amoureux ; le Glorieux ; la Fausse Agnès ; le Tambour nocturne ; le Dissipateur ; l'Ambitieux et l'Indiscrète ; la Belle orgueilleuse ; l'Amour usé ; les Amours de Ragoride ; l'Homme singulier ; la Force du naturel ; le Jeune homme à l'épreuve : il a composé aussi plusieurs divertissements et scènes détachées. On lui attribue encore les comédies des la Fausse Veuve, et du Trésor caché, qui ne sont pas imprimées, et quelques autres pièces manuscrites. Cet illustre auteur mourut à sa terre de Forroiseau, à une lieue de Melun, le 5 juillet 1754, dans a 74ème année de son âge ; il était été dans cette jolie terre depuis une trentaine d'année, et il s'y occupait de la vie champêtre et à donner la première éducation au fils et à la fille qu'il a laissé du mariage qu'il avait contracté lors de sa résidence à Londres, avec une demoiselle anglaise. La Demoiselle a été mariée en 1752 avec M. de Bourmary, brigadier des armées du Roi. On a fait à l'imprimerie royale, en 1757, une belle édition en trois volumes in-4° des oeuvres de Destouches, laquelle a été imprimée en 1758 en dix petits volumes in-12 qui se vendent chez Bauche. [Il faut ajouter au catalogue de ses pièces] le Trésor caché, le Dépôt, le Mari confident, et l'Archi-menteur.

NEVEU (Magdeleine), avait épousé en secondes noces André Frdonneau, sieur de Roches : elle était de Poitiers et très savante, ainsi que Catherine Neveu sa fille, qui était d'ailleurs fort aimable. Elles composèrent en société, à ce que l'on prétend, deux tragédies qui sont Panthée, et Tobie ; elle moururent à Poitiers toutes les deux de la peste, le même jour en 1587.

NEUVILÉE (M. Chicanneau), ancien Garde-du-corps, secrétaire du Duc de la Valière, né à Nancy, a donné au théâtre en 1750, la Feinte supposée. Il est d'ailleurs connu par quelques autres ouvrages.

NEUVILLE MONTADOR (Le Chevalier Jean-Florent-Joseph de Bruncaubois de), né près Calais, capitaine d'une compagnie de bas officiers invalides, connu par différents ouvrages d'esprit, a donné aussi, en 1740, dans le genre dramatique, la Comédienne.

NICOLE. On a de lui la comédie du Fantôme, donnée en 1656.

NIEL (M), Maître de musique vivant, a mis en musique les opéras des Romans , et de l'Ecole des amants.

NIVELLE de la CHAUSSEE (Pierre-Claude) [1691, Paris - 1754, Paris], né à Paris et mort dans le même ville le 14 mars 1754, âgé de soixante trois ans, était neveu d'un Fermier Général du même nom, avait commencé à travaillé pour le théâtre en 1733, et fut reçu à l'Académie française, à la place de M. Portail, le 25 juin 1736. Ses pièces, presque toutes dans un genre nouveau, que ses censeurs ont nommé comique larmoyant, sont : la Fausse antipathie ; la Critique ; la Préjugé à la mode ; l'Ecole des amis ; Maximien ; Mélanide ; Amour pour amour ; Pamela ; l'Ecole des mères ; le Rival de lui-même ; la Gouvernante ; l'Amour castillan ; l'Ecole de la jeunesse ; l'Homme de la fortune ; la Rancune officieuse , et le Retour imprévu. Ce n'est point le ridicule du caractère, ni les travers de l'esprit que La Chaussée attaque dans ses pièces, dit M. Titon du Tillet, ce sont les faiblesses du coeur qu'il représente ; il paraît que son principal but n'est point de corriger, il ne veut qu'attendrir. Plaute, Terence, et Molière ont écrit pour les hommes et pour les instruire. Il a pris la plume des grecs pour plaire aux femmes par la peinture des passions tendres quelle éprouvent, et qu'elle font sentir." ; On donna en 1763 une nouvelle édition des oeuvres de cet auteur, en cinq volumes petit in-12 qui, outre les pièces ci-dessus, contient encore le Vieillard amoureux, les Tyrinthiens, et la Princesses de Sidon ; avec le Rapatriage, comédie-parade.

NOGUERES, fit à Bordeaux, en 1660, une tragédie de la Mort de Manlius.

NONANTES (M), a fait imprimer, en 1722, une comédie intitulée l'Après dîner de ces dames de la Juiverie.

NONDON. On ne connaît de lui que la tragédie de Cyrus, donnée en 1642.

NORRY (Milles de), Gentilhomme de Chartres, philosophe et mathématicien, qui vivait encore en 1584, composa dans sa jeunesse les Trois journées d'Hélide ; Ammon et Thamar, et plusieurs autres tragédies ; mais il ne nous en est rien parvenu.

Octave-Ouyn

OCTAVE, comédien, Voyez LES FOLIES d'OCTAVE.

OLENIX de MONT-SACRÉ. C'est l'anagramme de Nicolas Montreux, né au Mans vers 1560, et fils d'un ancien maître des requêtes de la maison du Duc d'Orléans, qui prenait la qualité du sieur de Mesnerie. Il commença à se faire connaître à Paris en 1577 par des romans, et ensuite par des pièces de théâtre, qu'il a publiées au nombre de huit, savoir : Cyrus le jeune ; la Joyeuse ; Annibal ; Arlette ; Diane ; Cléopâtre ; Isabelle ; Arimène ; Sophonisbe, et Joseph. On lui attribue encore Camma ; la Decevante; et Pâris et OEnone. Il mourut au commencement du dix-septième siècle.

OLRY de LORIANDE. Cet auteur était ingénieur du Roi ; on ne connaît de lui que le Héros très chrétien, donné en 1669.

ORIET (Didier), Auteur d'une tragédie de Suzanne, en 1581.

OUVILE. voyez BOISROBERT et D'OUVILLE.

OUYN (Jacques). Il était de Louviers en Normandie, et a donné, en 1597, une tragédie de Tobie.

Pacaroni-Puget de la Serre

PACARONI (le Chevalier de), Auteur de la tragédie de Bajazet, donnée en 1739. Il est mort en 1747.

PADER D'ASSEZAN [1654, Toulouse - 1697],
naquit en 1654 à Toulouse, où son père était peintre. Il s'adonna de bonne heure à l'étude des Belles-lettres, et remporta trois fois le prix des jeux Floraux. Après avoir été reçu à avocat au parlement de Toulouse, il vint faire un voyage à Paris, pendant lequel l'Abbé Boyer fit représenter la pièce Agamemnon sous son nom. Quelques années après (en 1686), il y revint encor, et donna la tragédie d'Antigone qu'il avait réellement composée. Il mourut en 1697.

PALAPRAT (Jean) [1650, Toulouse - 1721, Paris], Ecuyer, seigneur de Bigot, naquit à Toulouse au mois de mai 1650, d'une famille noble. Il brilla de bonne heure par son esprit, fut de l'Académie des Jeux Floraux, et devint capitoul de Toulouse, ayant à peine vingt-cinq ans. En 1686, il alla à Rome, où il fit assidûment sa cour à la Reine Christine. Il vint ensuite à Paris, où il a presque toujours demeuré depuis, et où M. de Vendôme se l'attacha, en 1691, en qualité de Secrétaire des commandements du Grand-Prieur de France. Il avait une gaîté et un naturel dans l'esprit qui le faisaient chérir de tout le monde : son amitié et sa société littéraire avec l'Abbé de Brueys, le firent passer pour l'auteur de bien des pièces qui appartenaient à l'autre ; mais comme leurs ouvrages ont été séparés dans les nouvelles éditions qu'en a fait Briason, en 1735, sur leurs propres mémoires, on peut donne pour certain le titre des pièces qui appartiennent en propre à Parlaprat, qui mourut à Paris le 14 octobre 1721, âgé de soixante et onze ans. Le voici : le Concert ridicule ; le Ballet extravagant ; le Secret révélé ; les Sifflets ; la Prude du temps (qui se trouvent rassemblées dans un volume in-12 qu'on peut joindre avec les trois de Brueys, dans le second desquels est le muet, qu'il ont composé en société) ; la Parodie de Phaéton ; la Fille de bon sens, imprimées dans l'ancien Théâtre italien Omphale ; les Fourbes heureux ; le Faucon ; les Veuves des lansquenets , et les Dervis ; lesquelles n'ont point été imprimées.

PALISSOT de MONTENOY (M. Char.) [1730, Nancy ], fils de noble Hubert Palissot, avocat à Nancy, naquit dans cette ville le 3 janvier 1730, entra de très bonne heure au collège des jésuites, où il fit des études avec tant de succès qu'il était en Rhétorique avant dix ans. Il fit sa philosophie en l'université de Pont-à-Mousson, et l'eut finie avant l'âge de 12 ans : il y fit tout de suite un cours complet de théologie. Il vint après à Paris étudier en droit, et dans ses heures de loisir s'étant beaucoup amusé des meilleurs poètes latins et français, il composa une tragédie intitulée Pharaon qu'il présenta aux Comédiens, et qui lui valut ses entrées. À l'âge de dix-neuf ans il fit sa tragédie de Zarès, qui fut donnée en 1741 ; on a eu depuis de lui les Tuteurs ; le Cercle ; les Philosophes, et les Méprises.

PANNARD (Charles François), né à Nogent-le-roi. Cet auteur a commencé sa carrière dramatique par plusieurs opéras-comiques composés seul, ou en société, tels que Argénie ; la Tante rivale ; l'Impromptu du Pont-Neuf ; les Deux suivantes ; le Bouquet du Roi ; la Silphe supposé ; les Esclavage de Psiché ; la Fausse ridicule ; les Petits comédiens ; le Temple du sommeil ; Momus à Paris ; le Nouvelliste dupé ; la Comédie sans hommes ; le Départ de l'opéra-comique ; la Mère embarassée ; l'Absence ; la Ramée et Dondon ; l'Académie bourgeoise ; Pygmalion ; la Répétition interrompue ; la Foire de Besons ; le Magasin des modernes ; la Réunion des époux ; le Gage touché ; les Ennemis réconciliés ; la Pièce sans titre ; le Vaudeville ; Mariamne ; le Rien ; l'Industrie ; la Muse pantomime ; la Pièce à deux acteurs ou l'Armoire ; le Rêve ; la Foire de Boulogne ; le Fossé sans scrupule ; l'Amphigouri ; le Repas allégorique ; les Talents comiques ; la Fausse rupture ; le Miroir ; les Fols volontaires ; les Acteurs éclopés ; l'Ecole d'Asnières ; le Comte de Belfort ; les Jardins d'Hebé ; le Registre inutile ; le Qu'en dira-t-on ? ; l'Intrigue ; les Obstacles supposés ; la Critique ; l'Arbre de Cracovie ; la Foire de Cythère ; la Gageure, etc etc plusieurs prologues, divertissements et vaudevilles. M. Pannard a donné en outre à nos spectacles réguliers, savoir, en société avec Sticotti, la Parodie de Roland ; les Fêtes sincères, et l'Impromptu des acteurs : conjointement avec M. Favart, la parodie de Dardanus, et Zephire et Fleurette ; avec Fagan l'Heureux retour : et seul, les Ennuis de Thalie ; les Voeux accomplis, et les Tableaux, sans compter le Retour de Milan, pièce reçue au Théâtre français, et non jouée par des circonstances politiques. Ses oeuvres ont été recueillies en 1763, en quatre volumes in-12.

PANTALON. C'est ordinairement un rôle de père des pièces italiennes, plein d'honneur, extrêmement délicat sur sa parole, et très sévère envers ses enfants, dont il est cependant toujours la dupe : d'autres fois, c'est un bourgeois, homme simple et de bonne foi, mais toujours amoureux et qui est la dupe d'un rival, d'un fils, d'un valet ou d'une servante. Enfin c'est souvent un mari ou un amant jaloux que chacun prend plaisir à tromper. Les comédiens qui ont rempli ce rôle dans la nouvelle troupe, sont :
I°. Pierre ALBORGHETTI, natif de Venise. Il jouait sous le masque en habit de vénitien, en quoi il a été suivi par ses successeurs. Son jeu était naturel, plein d'action et dans le vrai coût de son pays : il mourut le 4 janvier 1731, âgé de cinquante cinq ans, et fut enterré à Saint-Eustache sa paroisse : sa veuve épousa François Matterazzi, qui faisait le docteur dans la même troupe, et qui mourut en 1738, âgé de plus de quatre vingt six ans.
2° Après Alborghetti, le sieur Fabio s'acquitta des Pantalons jusqu'en 1744, que Carlo-Antonio Véronese, âgé de quarante-deux ans, et originaire de Venise, vint débuter dans ce rôle de 16 mai, et le remplit à la satisfaction du public. Il est mort au mois de janvier 1762, avait fait beaucoup de pièces italiennes que joue sa troupe, et est père des aimables Coraline, Camille et Marine, actrice du même théâtre : le seconde fut reçue en &747, à l'âge de douze ans, après avoir débuté le premier juillet, et brillé par son jeu vif et sa danse gracieuse ; et la dernière qui est fort jeune, danse dans les ballets. Le sieur Varonèse leur frère, débuta le 17 juillet 1754, et fut reçu avec pension pour jouer différents rôles dans les pièces italiennes : il n'avait jamais paru sur aucun théâtre, et n'y resta pas longtemps.
L'acteur qui remplit présentement la rôle de Pantalon, se nomme Colalto : il débuta la 20 septembre 1759, et fut reçu l'année suivante.

PAPAVOINE (M), a fait le musique de Barbacole.

PAPILLON. Cet auteur donné, en 1599, une pièce intitulée nouvelle Tragi-comique.

PARADIS. Voyez MONCRIF.

PARASOLS. Cet auteur était Limousin, ou né à Sisteron, suivant d'autres. Il mourut en 1383, et avait fait cinq tragédies des Gestes de Jeanne, Reine de Naples, morte en 1382, de façon qu'il est à présumer que les actions de cette princesse étaient accommodées au théâtre, à mesure qu'elles arrivaient.

PARFAICT (François) [1698, Paris - 1753, Paris], mort à Paris, lieu de sa naissance, le 25 octobre 1753, âgé de cinquante cinq ans, et connu par l'Histoire du Théâtre français, et plusieurs autres ouvrages, a eu part aux deux pièces intitulées le Dénouement imprévu, et la Fausse suivante.

PARTHENAI (Catherine de) [1554 - 1631, Parc], fille héritière de Jean de Parthenai-l'Archvêque , seigneur de Soubise, et d'Antoinette Bouchard d'Aubeterre, naquit en 1554. Elle fut mariée en première noces, en 1575, avec René II, vicomte de Rohan, dont elle eut le fameux Duc de Rohan, le Duc de Soubise et trois filles. Après la prise de la Rochelle, en 1628, elle fut enfermée au château de Niort, et mourut au Parc en Poitou, le 26 octobre 1631, âgée de soixante-dix-sept ans. Elle avait infiniment d'esprit, et a composé plusieurs tragiques et comiques qui n'ont pas été imprimées, à l'exception d'Holopherne, qui avait paru en 1574.

PARVI (M). Cet auteur a donné, en 1744, la Noce de Village, avec M. Minet, et en 1745, avec M. Laujon, la Fille, la Femme et la Veuve.

PASCAL (Françoise). Elle était de Lyon, et a donné en 1657, Endimion ; et en 1664, le Vieillard amoureux.

PASSERAT, a donné, en 1695, par la voie de l'impression, la tragédie de Sabinus ; les comédies du Feint campagnard, et de l'Heureux accident ; et le Ballet d'Alcide. On lui attribue encore la pastorale d'Amarillis.

PASTEUR CALIANTHE (le), ou F.Q.D.B. auteur des Infidèles fidèles en 1603.

PASTEUR MONOPOLITAIN (le). voyez PHILANDRE.

PATU, neveu d'un notaire de Paris donna dans sa jeunesse en 1754, en société ave M. Portelance, les Adieux du goût. Il traduisit en 1756 un volume de plusieurs pièces du théâtre anglais, et mourut en 1758.

PECHANTRÉ [1639, Toulouse - 1708, Paris], était né à Toulouse en 1639, et fils d'un chirurgien de cette ville; Il étudia en médecine, et la professa même, dit-on, pendant quelques temps ; mais les applaudissements que l'on donna aux Chants qui lui firent remporter les trois prix des Jeux Floraux, lui firent naître l'envie de travailler pour le théâtre, et il vint à Paris pour exécuter ce dessein. La première pièce qu'il donna au public fut la tragédie de Geta en 1687 : elle reçut de grands applaudissements, lesquels l'enhardirent à en faire la dédicace à Monseigneur, qui pour lui montrer l'estime qu'il faisait de sa pièce, lui donna les marques de sa libéralité ; ainsi c'eût été un dommage pour lui à tous égards, s'il eût perdu la gloire et le profit de cette tragédie, comme il pensa arriver. Cet heureux succès l'encouragea à continuer. Il donna deux autres tragédies, Jugurtha, et la Mort de Néron ; cette dernière lui attira une aventure qui a été rapport en son lieu. Pechantré fit aussi, pour le collège Harcourt, deux tragédies savoir : Joseph vendu par ses frères, et le Sacrifice d'Abraham, et il venait d'achever l'opéra d'Amphion et Parthénopée, à la réserve du prologue, lorsqu'il mourut à Paris au mois de décembre 1708.

PECOURT, l'un des plus beaux danseurs du siècle passé, eut la direction des ballets de l'opéra après la mort de Beauchamps, et les a composés pendant très longtemps avec un génie et une variété admirables. Il mourut le 11 avril 1729, âgé de soixante-dix-huit ans, et il y en avait déjà une trentaine qu'il ne dansait plus. Blondy lui succéda dans la composition des ballets.

PEDAULT. On ne sait absolument rien de cet auteur, si ce n'est qu'on lui attribue, sans indiquer en quelle année, la tragédie intitulée de Décolation de Saint Jean-Baptiste.

PELLEGRIN (l'Abbé Simon-Joseph) [1663, Marseille - 1745, Paris], naquit à Marseille en 1663 ; et était fils d'un conseiller au Siège Présidial de cette ville. Il fut d'abord religieux dans l'ordre des Servites de Moustier ; mais s'étant lassé de cet état au bout de quelques années, il passa sur un vaisseau en qualité d'aumônier. De retour en 1703, il vint à Paris, où il s'adonna à la poésie. Son premier ouvrage de remarque est une Epître à Louis XIV sur les succès de des armes de ce monarque, qui remporta le prix de l'Académie française en 1704, et qui ne fut balancé que par une ode qui se trouva aussi être de lui. Cette singularité l'ayant fait connaître de Mme de Maintenon, il sut en profiter pour se mettre à l'abri des recherches de son ordre, qui voulait le forcer d'y rentrer. Il obtint un dispense du Pape, qui lui permit de passe dans l'ordre de Cluny. L'Abbé Pellegrin était un excellent grammairien et un auteur très fécond ; à quoi il joignit beaucoup de bonté, et une grande simplicité de moeurs. Il mourut à Paris le 5 septembre 1745, âgé de 82 ans (ou quatre-vingt quatre, suivant M. Titon). Il a donné depuis 1705 quatre tragédies, qui sont : Polydore ; la Mort d'Ulysse ; Pelopée, et Catilina ; six comédies, savoir : le Père interessé, ou la Fausse inconstance ; le Nouveau monde ; le Divorce de l'amour et de la raison ; le Pastor Fido ; l'Inconstant, et l'Ecole de l'hymen. Les poèmes de sa composition pour l'opéra, au nombre de sept, sont : Télémaque ; Renaud, ou la suite d'Armide ; Télégone ; Orion, en partie ; la Princesse d'Elide ; Jephté, et Hippolyte et Aricie ; outre Médée et Jason, et les Caractères de l'amour, qu'on lui attribue encore, ainsi que Lidie, et tous les ouvrages du théâtre de Mlle Barbier. Il a aussi donné plusieurs pièces à l'opéra comique. L'Abbé Pallegrin a composé en outre des cantiques, noëls, psaumes, et chansons spirituelles en vers, qui ont été fort recherchés, et dont on a fait plusieurs éditions. Il a donné encore une traduction en vers des odes d'Horace. Par respect pour son caractère, il fit paraître la plupart de ses ouvrages sous le nom de Jacques Pellegrin son frère, qu'on appelait le Chevalier.

PELLETIER (M.) a donné en 1763, Zélie et Lindor au Théâtre italien.

PELISSIER (la Demoiselle). Cette célèbre et charmante actrice, après avoir chanté quelque temps sur le théâtre de l'opéra de Paris, fut à celui de Rouen, dont elle avait épousé l'Entrepreneur ; elle revint cinq ou six ans après, c'est à dire le 16 mai 1726, paraître de nouveau à Paris, où elle a toujours continué avec succès jusqu'au 21 mars 1749 qu'elle mourut, âgée de quarante-deux ans.

PERRIN (François) [1533? - 1606], chanoine à Autun, qui donna en 1589, les Ecoliers [BnF RES-YF-4584], Jephté, et Sichem [ravisseur] [BnF 8-BL-14055].

PERRIN (L'Abbé Pierre) [1620, Lyon - 1675, Paris], était natif de Lyon, et mourut à Paris vers l'an 1680. Il fut introducteur des ambassadeurs auprès de Gaston de France, Duc d'Orléans, et a fait les vers des opéras d'Orphée, d'Ercole amante ; d'Ariane, et de Pomone ; avec ceux de la Pastorale. Il peut passer pour l'inventeur de l'opéra en France, ayant la premier imaginé d'y en donner, et ayant obtenu un privilège à cet effet en 1669, qu'il céda en 1672 au célèbre Lully.

PERSON (M), une des basses-tailles de l'opéra, où il jouait les premiers rôles dans ce genre; a quitté en 1748.

PESSELIER (M. Joseph) [1712, La Ferté-sous-Jouarre - 1763], né à la Ferté sous Jouarre, intéressé dans les affaires du Roi, commença à travailler pour le théâtre en 1737, a donné trois comédies qui sont : la Mascarade du Parnasse [BnF YE-13333]; l'Ecole du temps [BnF YE-13334], Esope au Parnasse[BnF YE-13335]. Elles se trouvent rassemblées dans un in-8° [BnF ROTHSCHILD Supplement 4846]; avec quelques petits ouvrages du même auteur, qui a donné depuis un recueil de Fables assez intéressantes ; différents ouvrages de finance, etc. On connaît encore de lui, en manuscrit, deux petits opéras intitulés, Iphise, et Silvandre et Themise, qui avaient été destinés pour le théâtre des petits appartements, et qui n'ont pas été mis en musique.

PETALOZZI. On lui attribue la tragédie de Candace, sous l'année 1682.

PETIT, auteur d'une comédie intitulée la Promenade de Saint-Séverin, donnée à Bordeaux en 1722.

PETIT (M. Marc-Antoine), médecin de la Faculté de Paris, né à Orléans, est auteur de la comédie du Miroir, et ce celle de Bacha de Smyrne, données en 1747.

PETIT (M), curé de Monchauvet en Normandie, auteur des tragédies de David et Bethsabée, et de Balthazar.

PETIT-PAS (la Demoiselle), fille d'un serrurier de Paris, était actrice de l'opéra, où elle avait paru, dans le rôle de Thisbé, pour la première fois au mois de janvier 1727. Elle se retira en 1739, et mourut quelques années après. Elle avait joué dès 1723 à la Foire.

PEYRAUD de BEAUSSOL (M), né à Lyon, auteur d'une tragédie de Stratonice [8-YTH-16846], imprimée in-12 en 1756 [et les Arsacides tragédie en 6 actes jouée le 46 juillet 1775].

PHILANDRE (M), ou le Pasteur Monopolitain, auteur des Noces d'Antilesine, en 1604.

PHILIDOR (François), fils d'un musicien de ce nom, et ordinaire de la chapelle de sa Majesté, a composé la musique d'un opéra intitulé Diane et Endimion, imprimé en 1698. C'est à lui que l'on doit à Paris, l'établissement du Concert Spirituel, dont il obtint le privilège en 1725, à condition qu'il dépendrait de l'Académie Royale de Musique.

PHILIDOR (M), auteur de la musique du Diable à quatre ; de Blaise le savetier ; de l'Huitre et les Plaideurs ; du Volage ; du Soldat magicien ; du Jardinier et son seigneur ; du Maréchal ; de Sancho Pança dans son île, et du Bucheron. Il passe pour un des plus grands joueurs d'échecs de l'Europe, et il a donné un ouvrage savant sur ce jeu.

PHILONE (Messer), auteur à qui on attribue une tragédie de Josias, donnée en 1556.

PIC ([Jean], l'Abbé), a composé les vers de trois opéras depuis 1695, savoir ; les Saisons ; la Naissance de Vénus, et Aricie. Ses autres ouvrages dont, une traduction française de Timandre, quelques lettres écrites avec beaucoup de feu et de politesse. Il a aussi donné un recueil des oeuvres de Saint Evremond, où on prétend qu'il a mêlé des pièces qui ne sont pas de cet auteur, et sous ce nom respecté a entrepris de faire recevoir ses propres production.

PICHOU, était gentilhomme, et né à Dijon, où il fit ses études. Il ne voulut pas suivre le parti des armes, ainsi que son père l'exigeait, et s'adonna au Belles-lettres et au théâtre ; le bonheur qu'il eut d'y réussir lui attira la protection du Cardinal de Richelieu ; mais au moment de s'en ressentir il fut assassiné étant encore jeune, vers 1635. Nous avons de lui cinq pièces, qui sont : les Folies de Cardenio [BnF YF-10631] ; les Aventures de Rosiléon ; la Philis de Scire ; l'Infidèle confidente [BnF YF-6796], et l'Aminte du Tasse.

PICINELLI (la Demoiselle), actrice italienne, vint débuter à Paris en 1761, et fur reçue à cause de sa belle voix, quoiqu'elle ne chantât pas en français.

PICOU (Hugues), était avocat en parlement ; il a donné en 1643, une pièce intitulée le Déluge universel [BnF Res YF-4611].

PIERROT. Rôle à caractère qui a pris naissance dans l'ancienne troupe italienne, et voici comment. De tous temps l'Arlequin avait été un ignorant : Dominique qui était un homme de lettres et d'esprit, et qui connaissait le génie de notre nation, qui veut de l'esprit partout, s'avisa d'en mettre dans son rôle, et donna au caractère d'Arlequin une forme différente de l'ancienne. Cependant pour conserver à la comédie italienne le caractère d'un valet ignorant et niais, on imagina le rôle de Pierrot, et il remplaça ainsi l'ancien Arlequin.

PIRON (Alexis), né à Dijon en 1689. Cet auteur connu, a commencé à travailler pour le théâtre au mois de juin 1721, et nous a donné : Philomène, parodie ; les Huit Mariamnes ; les Enfants de la joie ; les Fils ingrats ; Callisthène ; Gustave ; les Courses de Tempé ; l'Amant mystérieux ; la Métromanie ; et Montézume. Ces pièces, à l'exception des trois premières, et de la huitième, sont imprimées et forment un volume in-8°; ou trois volumes in-12. M. Piron a de plus composé quantité de morceaux de poésie détachées, qui lui ont fait une réputation brillante, et plusieurs pièces pour la foire et l'opéra comique telles que l'Antre de Trophonius ; Deucalion ; Tiresias ; Colombine Nitetis ; l'Endriargue ; le Claperman ; l'Âne d'or ; les Caprices ; les Chimères ; le Fâcheux veuvage ; la Robe de dissension ; Crédit est mort ; les Espaces imaginaires ; les Jardins de l'Hymen, etc. [Voir aussi La Fausse Alarme et l'Ecole des pères]

PILLOT (M), l'une des belles haute-contres de l'opéra, où il joue les premiers rôles dans ce genre avec succès, depuis plusieurs années, ayant débuté en 1755.

PITTENEC. Voyez Le SAGE.

POINSINET (M. Antoine Henry) [1735, Fontainebleau - 1769], né à Fontainebleau, a composé pour le théâtre Tottinet, avec M. Portelance, seul l'Impatient ; le Petit philosophe ; Sancho Pança ; la Bagarre ; avec les opéra-comiques suivants, les Franc-maçonnes ; les Faux Dervis ; Gilles garçon peintre, et l'Ecosseuse.

POINSINET de SIVRY (M Louis) [1733, Versailles - 1804], né à Versailles, cousin-germain du précédent, et beau-frère de M. Palissot, en 1759, à l'âge de vingt-trois ans, la tragédie Briséis : il était déjà connu pour une traduction estimée des poésies d'Anacréon ; depuis il a fait les Poésies de Bois ; Pigmalion ; le Père de Cassandre, et Ajax

POIPIRER (le sieur), de la musique du roi, et l'une des plus belles haute-contres de l'Opéra, où il ajoué plusieurs années, ne s'en est retiré qu'en 1759.

POISSON (Raymond), qu'on surnomme quelquefois l'ancien, pour le distingue de son petit-fils, était de Paris, et perdit en bas âge son père, qui était un célèbre mathématicien. Il quitta le service du duc de Créqui, auquel il appartenait et qui le protégeait, pour aller jouer la comédie en province. Louis XIV qui faisait alors le tour de son royaume, l'entendit et en fut si content qu'il le mit à l'Hôtel de Bourgogne, vers 1650. Il jouait le personnage de Crispin, qui, dit-on, était de son invention (Voyez l'Ecolier de Salamanque) : il parlait bref, et n'ayant pas de gras aux jambes, il s'imagina de jouer en bottines ; de là tous les Crispins, ses successeurs, ont bredouillé et se sont bottés. L'auteur qui a fait cette remarque, ajoute qu'il s'étonne qu'il n'ait pas poussé l'extravagance jusqu'à s’agrandir la bouche, parce que Poisson l'avait fort grande : aussi, dans la petite comédie du Deuil, lui fait-on dire ;

Je vous réponds monsieur, d'une bouche si grande, etc.

Il était d'ailleurs bien facé et d'une belle taille. Son grand naturel ne le fit pas seulement réussir comme Acteur original ; il se distingua comme auteur dès 1661, et l'on peut dire que dans ses pièces, comme dan son jeu, c'est la nature qui parle en toutes choses. Ces pièces sont : Lubin, ou le sot vengé, le Baron de la crasse ; le Fou de qualité ; l'Après-souper des auberges ; les Faux moscovites ; le Poète basque ; les Femmes coquettes ; la Hollande malade, et les Faux divertissements, qui sont recueillis en deux volumes in-12. On lui attribue encore l'Académie burlesque, et le Cocu battu et content. Il se retira du théâtre au mois de février 1685, et mourut à Paris en 1690, laissant entre autres enfants,
1°. Philippe POISSON (1682-1743), qui après avoir joué cinq ou six ans dans le tragique, et surtout dans le haut-comique, quitta aussi le théâtre, et se retira avec son père à Saint-Germain, où il est mort le 4 août 1743, âgé de soixante et un ans, étant né à Paris au mois de février 1682, et duquel nous avons deux volumes de pièces de théâtre, contenant le Procureur arbitre ; la Boîte de Pandore ; Alcibiade ; l'Impromptu de campagne ; le Réveil d'Epiménide ; le Mariage par lettres de change ; les Ruses d'amour ; l'Amour secret ; l'Amour musicien, et l'Actrice nouvelle.
Madame de GOMEZ, dont nous avons parlé à ce nom.
3° François-Arnoul POISSON de ROINVILLE, qui a soutenu le dernier le rôle des Crispins ses ancêtres, et plusieurs autres caractères comiques avec beaucoup de succès ; il avait débuté au théâtre le 21 mai 1723, et mourut le 24 août 1753, âgé d'environ cinquante-huit ans, étant né au mois d'août 1695. Ce fut malgré son père que cet acteur devint comédien, car Paul Poisson l'avait mis dans le service, en lui faisant obtenir une Compagnie d'Infanterie ; mais il la quitta, alla aux grandes Indes, revint en France, se mit dans quelques troupe de comédiens de province, et quand il se crut en état de remplir les rôles de son père, il vint secrètement à Paris pour monter sur le théâtre. Mais Paul Poisson, qui ne lui croyait ni esprit, ni talent, le sut, fut le premier à s'opposer à son début, et n'y consentit qu'après l'avoir vu répéter en particulier devant lui, et connu avec joie qu'il était digne de son sang, et que la nature l'avait destiné à être un grand comédien. Outre les Crispins, il faisait les marquis ridicules, et les rôles de caractère outrés et plaisant. Sa femme avait débuté le 10 novembre 1730, par Hermoine dans Andromaque : elle fut reçue à l'essai, se retira le 15 décembre 1732, reparut le 3 mai 1736, fut le reçue le 10 août suivant, et quitta tout à fait le 3 juillet 1741, avec une pension de 100 livres dont elle jouit jusqu'à sa mort, arrivé le 10 avril 1762.

PONCY de NEUVILLE (l'Abbé Jean-Baptiste) [1698, Paris - 1737], était né à Paris et mourut le 27 juin 1737, âgé de trente neuf ans. Il remporta jusqu'à sept fois les prix de poésies des Jeux Floraux, avait du génie, et de la facilité dans la versification, et on a imprimé plusieurs pièces de sa façon. Il est d'ailleurs auteur d'une tragédie de Judith donnée en 1716 à Saint-Cyr, et d'une comédie intitulée Damoclès, représentée au collège de Macon, où il avait professé la rhétorique, étant entré chez les jésuites à l'âge de seize ans, et n'en étant sorti qu'en 1728.

PONTAU. Voyez BOIZARD

PONT de VESLE (M. Antoine de Feriol, seigneur de Pont-de-Vesle), fils de M. de Feriol, receveur des Finances de Grenoble, et neveu du Cardinal Tencin, est auteur d'une comédie du Fat puni, donnée en 1738, et on lui attribue aussi le Complaisant, et le Somnanbule.

PONTEUIL (Nicolas-Etienne Le Franc, surnommé) [1674, Paris - 1718, Dreux]. Ce comédien était fils d'un notaire au Châtelet de Paris, lequel, outre une bonne éducation, lui laissa un bien qui permettait le choix d'un état civil ; mais, dit-on, il semble que les impressions qu'il reçut avant que de voir le jour le décidèrent autrement, et le firent naître comédien. Sa mère, qui lors de sa grossesse logeait sur le quai de la Megisserie, où les bateleurs et charlatans dressaient des échafauds les fêtes et dimanches, pour y jouer leurs farces et débiter leurs drogues au peuple, ne pouvant se vaincre sur l'envie de voir ces bateleurs, passait les après-dînées entières aux fenêtres pour les observer : l'empreinte de ces objets dans ses sens déterminèrent sans doute dès lors la vocation de son fils, et dès l'enfance et le temps de ses premières études, il ne s'occupait que de jeux de théâtre et de marionnettes : mon témoignage peut être cru en cela (ajoute l'auteur de la Bibliothèque des théâtres), "car ayant été camarade de collège avec le jeune Le Franc, que dès lors nous appelions notre comédien, j'ai souvent assisté à ses farces, et je n'en oublierai jamais une qui pensa nous être funeste. Dans une pièce de sa façon, le Signor Polichinelle ayant reçu une malle des nouvelles de Flandre, s'asseyait dessus pour parler au courrier ; et comme c'était un tous qu'on jouait à Polichinelle, et qu'au lieu de lettres c'était de l'artifice qui était dans la malle, à laquelle le feu avait été mis, il prit aux décorations de carton et de papier, brûla les meubles du jeune comédien, et la fumée pensa nous étouffer nous autres jeunes écoliers, qui n'avions pas la force de nous faire jour dans la presse pour sortir". Dans la suite, le jeune Le Franc suivit toujours son attrait : il joua d'abord la comédie dans les petites pièces qui se représentaient à l'Hôtel de Soissons : il alla après la jouer en Pologne où il maria ; puis de retour à Paris il débuta dans la troupe française dans le rôle d'OEdipe, le 5 septembre 1701, et fut reçu en 1703, malgré les remontrances de sa famille, et les obstacles que voulut y apporter sa soeur, femme de M. Thomin, commissaire au Châtelet. La nature en avait fait un excellent comédien : il était grand, d'une assez belle figure, à un oeil près dont il louchait un peu, avait une voix sonore, et représentait également bien les rois et les paysans, rôles qui, quoique très opposés, se sont presque toujours trouvés réunis dans le même comédien. Enfin on eut dire que Ponteuil est un des premiers acteurs qui ait rendu au théâtre le naturel de la déclamation, qui y était assez ignoré quand il y monta. Il mourut à Dreux, le 15 août 1718, âgé de quarante-quatre ans.

PONTOUX (Claude), était né à Châlons-sur-Saône, et médecin ; il a donné, en 1584, la pièce intitulée la Scène française.

PORREE (Charles) [1675, Caen - 1741, Paris], jésuite célèbre, né à Caen le 4 septembre 1675, et mort à Paris le 10 janvier 1741, est auteur d'une tragédie Dom Ramire. Il s'est fait d'ailleurs un grand nom dans la République des Lettres, autant par son éloquence que par ses poésies, et a composé plusieurs pièces dramatiques latines.

PORTELANCE (M) [1731, Paris -], né à Paris, à commencé à travailler pour le théâtre en 1751, à l'âge de dix-neuf ou vingt ans ; la tragédie d'Antipater fut son coup d'essai : il a donné depuis Totinet, en société avec M. Poinsinet : les Adieux du goût, avec Patu : et seul, À trompeur trompeuses et demies.

POUJADE (la), était neveu de La Calprenède; il donna, en 1672, une tragédie intitulée Pharamond, tirée du roman de son oncle.

POUJADE, sieur de la ROCHECUSSON, auteur de la tragédie d'Alphonse en 1687.

POULET (Pierrard), Auteur d'une des pièces intitulées Clorinde, en 1598.

PRADON (Nicolas) [16??, Rouen - 1698, Paris], était de Rouen, et mourut à Paris d'apoplexie au mois de janvier 1698, dans un âge très avancé. Quoique la critique n'ait pas, et avec juste raison, traité favorablement ses tragédies, elles n'ont pas laissé que d'avoir des admirateurs, et Régulus se voit même encore quelquefois avec plaisir ; elles sont au nombre de sept : Pirame et Thibé ; Tamerlan ; Phèdre et Hippolyte ; la Troade ; Statira ; Regulus, et Scipion l'Africain ; qu'il commença à donner en 1674. On lui attribua aussi une Electre ; un Tarquin, et un Germanicus. Vigneul Marville, dans le second volume de ses Mélanges d'Histoire et de Littérature, nous apprend une anecdote assez particulière au sujet de Pradon, la voici. Un jour qu'on jouait pour la première fois une de ses pièces, il alla au parterre enveloppé dans son manteau, pour en voir le succès sans être connu. À peine achevait-on le premier acte que les sifflets retentirent de toutes parts ; au désespoir d'entendre ce bruit désagréable, et prêt à laisser échapper des marques de son ressentiment, il fut conseillé par un ami à siffler très fort et sans relâche. Un mousquetaire qui s'en impatienta, se retourna de son côté, prit le parti de l'ouvrage, et dit qu'il fallait l'écouter jusqu'au bout. Pradon voulant profiter de cette circonstance, et croyant se cacher encore mieux, continua à siffler plus fort encore. Le mousquetaire piqué, arracha son chapeau et sa perruque, et fit voler la tout à l'autre bout du parterre. Pradon trop sensible à cet affront, osa donner un soufflet à son adversaire ; vingt coups de plat d'épée l'en punirent sur le champ, et il fut même obligé de s'enfuir de peur de pis. Pradon était de moyenne taille, et avait l'air extrêmement commun, le visage long et le menton fort avancé. Sa triste fortune et son extérieur négligé ajoutaient encore à sa mauvaise mine. Il avait d'ailleurs plus de vanité que de connaissances ; on en pourra juger par un seul trait. Un jour au sortir d'une de ses tragédies, le prince de Conti lui ayant dit qu'il avait transporté en Europe une ville qui est en Asie ; je prie V.A. de m'excuser, lui dit Pradon, car je ne sais pas la chronologie. Voici une des épitaphes de ce poète.

Ci gît le poète Pradon,

Qui durant quarante ans, d'une ardeur sans pareille,

Fit à la barbe d'Apollon,

Le même métier de Corneille.

PRALARD (René) [1670, Paris - 1721, Paris], fils et frère de libraire, né à Paris, et mort dans la même ville d'une hydropisie de poitrine, au mois d'août 1731, âgé de cinquante ans, donna en 1721, en société avec Seguineau, une tragédie d'Egiste.

PREVILLE. Voyez Dubus, et Drouin.

PREVOST (Françoise), excellait dans la danse gracieuse et légère. Après avoir fait, pendant plus de vingt-cinq ans, les délices du public sur le théâtre de l'Opéra, elle s'en retira en 1730, et mourut en 1741, âgée de près de soixante ans.

PREVOST (Jean), avocat à Dorat dans le basse Marche, au commencement du siècle dernier [XVIIème]. Il a composé Oedipe ; Hercule ; Turne, et Sainte-Clotilde, avec quelques mélanges de poésie : le tout imprimé in-12 à Poitiers en 1614.

PREVOST (M. Antoine-François) d'EXILES, né à Herdin en 1697, aumônier du Prince de Conti, et connu par une quantité d'ouvrages d'esprit, a traduit en 1735 Tout pour amour. Voyez LE PREVOST.

PROCOPPE COUTEAUX (Michel). Cet auteur port le 31 décembre 1753, était docteur en médecine da la faculté de Paris ; il avait très bien étudié, et avait beaucoup d'esprit et d'enjouement : outre de très jolies pièces de poésie, il est auteur des comédies intitulées, Arlequin balourd ; l'Assemblée des comédiens, et la Gageure : on lui attribue encore les Fées, société avec Romagnesi ; et le Roman, avec Guyot de Merville. Procoppe était contrefait, laid et noir, au point qu'on a dit qu'il usait de l'encre. La médecine qui aurait dû être son grand objet ne le toucha que médiocrement ; et cependant il ne put pardonner à M. Piron ces deux vers :

Du cèdre à l'hysope,

De Sylva à Procoppe.

Il était causitque et n'entendait point raillerie : il avait fait son portrait en vers de deux façons différentes, sur quoi M. de Moncrif lui ayant dit qu'il avait bien de la modestie de s'être peint deux fois, Procoppe évita ensuite de se rencontrer vis à vis d'un pareil observateur.

PROUVAIS. On lui attribue l'Innocent exilé, donné en 1640.

PUGET DE LA SERRE (Jean) [1600, Toulouse - 1666, Paris], naquit à Toulouse en 1600, et mourut à Paris au mois de juillet 1665 ou 1666; Il fut garde de la bibliothèque de Monsieur, frère de Louis XIII. Historiographe de France, et conseiller d'état. Il avait voulu se mettre dan l'état ecclésiastique, mais il le quitta pour épouser une personne qu'il aimait. Il a fait un grand nombre de livres peu estimés, et lorsqu'on lui reprochait la promptitude de son travail, il répondait qu'il était toujours pressé lorsqu'il s'agissait de gagner de l'argent, et qu'il préférait les pistoles que vivre à la chimère d'une vaine gloire avec laquelle il serait mort de misère. Nous avons de lui les pièces suivantes, données depuis 1630 : Pirame ; Pandoste ; Scipion, ou le Sac de Carthage ; Thomas Morus ; Climène ; Sainte Catherine, et Thésée.

PUVIGNE(le Demoiselle), aimable et bonne danseuse de l'Opéra, qui s'est retirée en 1760, avec la pension de 1000 livres. Elle a aussi brillé sur d'autres théâtres.

Quetant-Quinault

QUETANT (M), a donné au théâtre italien la Femme orgueilleuse, seul ; et le Dépit généreux, en société : à Lyon, les Deux citoyens : et à l'opéra-comique, ou aux danseurs de corde, les Amours grenadiers ; le Quartier général ; les Muses artisanes ; le Maître en droit, et la Maréchal ferrant.

QUINAULT, l'aîné (Jean-Baptiste-Maurice). Cet excellent comédien pour le comique, et surtout pour les rôles de caractères et de père, avait débuté en mai 1712, et fut reçu la même année. Il joignit au talent du théâtre celui de la musique, et outre de jolis divertissements, composés pour différentes pièces, il a donné, en 1729, l'opéra des Amours des déesses. Il reparut le 2 mars 1734 sur le Théâtre français, dont il s'était retiré depuis un an, mais il l'abandonna bientôt après tout à fait, au grand regret du public, et mourut en 1744 ou 1745 à Gien.

QUINAULT (Philippe) [1633 [Paris]- 1686, Paris] . On prétend que cet auteur était fils d'un boulanger de Paris, Bayle dans son dictionnaire, à l'article de Tristan, dit qu'il avait été domestique de ce poète, et que c'était de lui qu'il avait appris à faire des vers ; si cela est, ajoute un auteur, il n'en est que plus louable d'avoir su, après des commencements si bas, faire fortune, et acquérir l'usage du monde et la politesse qu'on lui a toujours connue. Il se mit clerc chez un avocat au conseil, où il se fit ses premières pièces de théâtre, qui furent fort applaudies ; et un marchand qui aimait la comédie, conçut, dit-on, tant d'estime pour lui, qu'il l'obligea de prendre un appartement dans sa maison. Ce marchand étant mort, Quinault régla les affaires de succession dont il eut 40000 écus de biens. Il acheta une charge d'auditeur des comptes en 1671*, et avait déjà cessé de travailler pour le théâtre de la comédie : il avait été reçu à l'Académie française l'année précédente, et fut honoré du cordon de Saint-Michel. Sur la fin de sa vie il eut regret d'avoir donné son temps à faire des opéras, et prit la résolution de ne plus composer des vers qu'à la gloire de Dieu et du Roi : il commença par un poème de l'extinction de la religion prétendue réformée en France. Il mourut à Paris le 26 novembre 1688, âgé de cinquante-trois ans, et riche de plus de cent mille écus. Les opéras, dans lesquels il a surtout excellé, et qu'il a donnés au public depuis 1672 jusqu'en 1686, au nombre de quatorze, sont : les Fêtes de l'amour et de Bacchus ; Cadmus ; Alceste ; Thésée ; Atys ; Isis ; Proserpine ; le Triomphe de l'amour ; Persée ; Phaéton ; Amadis de Gaule ; Roland ; le Temple de la paix, et Arminde. Ses tragédies et comédies, au nombre de 17, sont : les Rivales ; la Généreuse ingratitude ; l'Amant indiscret ; la Comédie sans comédie ; les Coups de l'amour et de la fortune ; la Mort de Cyrus ; Amalazonte ; le Mariage de Cambyse ; le Feint Alcibiade ; Stratonice ; le Fantôme amoureux ; Agrippa ; Astrate ; la Mère coquette, ou les Amant brouillés ; Pausanias, et Bellerophon. On lui attribue encore une tragi-comédie intitulée Iris, et les Amours de Lysis et d'Hespérie. Ses oeuvres sont recueillies en cinq volumes in-12.

On fit quelques oppositions à la réception à cause des pièces qu'il avait données aux comédiens, mais elles furent bientôt aplanies. Un poète composa les vers suivants à ce sujet.

Quinault le plus grand des auteurs,

Dans votre corps, messieurs, à dessein de paraître ;

Puisqu'il a fait tant d'auditeurs,

Pourquoi l'empêchez-vous de l'être.

QUINAULT DUFRESNE (Abraham-Alexis), son frère cadet, un des plus grands acteurs pour le tragique et le comique noble que nous ayons eu depuis longtemps, avait débuté le 7 octobre 1712, par le rôle d'Oreste dans Electre. Il épousa ensuite la Demoiselle Marie Du Pré, de Seine, qui ayant débuté à Fontainebleau le 7 novembre 1724, y fit tant de plaisir, qu'elle fut reçue dix jours après, et que sa majesté la gratifia d'un magnifique habit de théâtre à la romaine, qui revenait à plus de huit mille livres. Elle ne parut à Paris que le 5 janvier 1725, dans le rôle d'Hermione de la tragédie d'Andromaque. Le public aimait beaucoup cette actrice, qui jouait les premiers rôles dans les deux genres, et supérieurement le tragique ; mais elle fut obligée de quitter pour un temps le théâtre, en 1733, et ensuite tout à fait en 1736, à cause de sa santé délicate, et mourut en 1759. Le 19 mars 1741, Dufresne son mari quitta aussi, quoique d'une assez bonne santé et dans le fleur de son âge : il était cependant le doyen des comédiens, qui se sont ressentis longtemps de sa perte, et qui entendent même encore tous les jours de regretter ses talents supérieurs et sa figure avantageuse.
Les frères Quinault avaient trois soeurs (tous les cinq étaient enfants de Quinault, qui avait débuté le 6 mars 1695, et se retira du théâtre en 1717); l'aînée, nommée Françoise, avait épousé Hugues de Nesle, comédien, et était une très gracieuse actrice ; elle avait débuté le 24 janvier 1708, mourut le 22 décembre 1713, âgée de vingt-cinq ans, et jouait les premiers rôles dans le tragique et tous les rôles comiques. La seconde (Marie-Anne), nommé Mademoiselle Quinault aînée, avait paru pour la première fois le 9 janvier 1714, fut reçue au mois d'avril suivant, et quitta le théâtre le premier septembre 1722. Et la troisième enfin (Jeanne-Françoise), connue lors de son début par le rôle de Phèdre, le 14 juin 1718, sous le nom de Melle Dufresne, et ensuite sous celui de Quinault, était une excellente actrice qui jouait parfaitement les rôles comiques chargés, et dont le théâtre regrettera longtemps la perte : elle se retira en même temps que Dufresne son frère, et ils sont présentement pensionnaires de la troupe, ainsi que leur soeur aînée.

Racan-Rousselet

RACAN (Honorat de Beuil, Marquis de) [1589, Roche-Racan - 1670], né en 1589 à la Roche Racan en Touraine, était fils d'un chevalier des Ordres du Roi, maréchal de camp ordinaire dans les armées de sa Majesté. Il fut page de la chambre en 1605, se trouva au siège de La Rochelle, devint maréchal de camp, et fut un des premiers membres et des plus distinguées de l'Académie française dans son établissement, en 1634. Il mourut au mois de février 1670, âgé de plus de quatre-vingt ans. Il excellait surtout à exprimer avec grâce les plus petites choses, et il n'y a pas de morceaux de ses poésies estimées. Nous avons de lui, dans ce dictionnaire, les Bergeries, ou Arténice, pastorale donnée en 1616.

RACINE (Jean) [1639, La Ferté-Milon - 1699, Paris]. Cet illustre auteur, dont le nom seul fait l'éloge, naquit le 21 décembre 1639 à la Ferté Milon dans le Valois, où son père était contrôleur du grenier à sel : il fut trésorier de France en la généralité de Moulins, secrétaire du Roi, et gentilhomme ordinaire de sa chambre. Il fut reçu à l'Académie française le 12 janvier 1673, et choisi ensuite par Louis XIV, pour travailler à son histoire, mais il n'eut pas le temps de la composer. La vie de Racine se trouvant à la tête de ses oeuvres, entre les mains de tout le monde, et ayant encore été écrite de nouveau par son digne fils, nous nous contenterons d'ajouter qu'il mourut à Paris le 22 avril 1699, et voulut être enterré à Port-Royal des Champs, où il avait été élevé dans sa jeunesse. Lors de la démolition de cette abbaye, son corps fut transporté en l'église de la paroisse Saint-Etienne-du-Mont à Paris, où il est inhumé à côté de la tombe de M. Pascal. Ses pièces de théâtre, suivant l'ordre qu'il les a composées depuis 1664, sont : la Thébaïde, ou les Frères ennemis ; Alexandre ; Andromaque ; les Plaideurs ; Britannicus ; Bérénice [voir document Gallica]; Bajazet ; Mithridate, Iphigénie ; Phèdre et Hippolyte ; Esther, et Athalie : il est aussi auteur de l'Idylle de la paix. Il y a plusieurs éditions de ses oeuvres, en deux ou trois volumes in-12 et une in -4°. Racine est presque toujours élégant, correct, vrai ; il parle au coeur, avait parfaitement l'intelligence des passions, et porta la douce harmonie de la poésie, ainsi que les grâces de la parole, au plus haut point. On a remarqué comme une singularité que Mme Racine n'avait jamais connu par la lecture, ni par la représentation, les tragédies qui avaient acquis à son illustre époux tant de réputation.

RADONVILLIERS (M), Auteur de la comédie intitulée les Talents inutiles donnée en 1741.

RAGUENET, a donné en 1711 une pièce intitulée les Aventures comiques d'Arlequin.

RAISIN (Jean-Baptiste Siret) [1656, Troyes - 1693], le cadet, né à Troyes en 1656, a été un des plus excellents comédiens de la scène française, où il débuta au mois d'avril 1679. Molière avait cultivé ses heureux talents ; et lorsqu'il mourut, le 5 septembre 1693, il fallut plusieurs acteurs pour le remplacer, tant dans ses rôles de petits maîtres, de valets, et autres comiques, que dans de ceux à manteaux et de caractère, qu'il remplissait aussi bien. Il avait épousé la demoiselle Fanchon Lonchamps (Françoise Pitel), qui débuta en même temps que lui, quitta le théâtre en 1701, et mourut le 3 septembre 1721, âgée de soixante ans. Raisin était fils d'un organiste de Troyes ; il avait un frère aîné nommé Jacques, qui débuta en 1685, jouait les seconds rôles dans le tragique, et les amoureux dans le comique, quitta le théâtre le dernier octobre 1694, et qui mourut d'une pleurésie quatre ans après. C'était un fort honnête homme, très retiré chez lui, et qui avait composé quatre comédies qui ne sont point imprimées. En voici les titres leur ordre de représentation : le Niais de Sologne ; le Petit homme de la foire ; le Faux gascon, et Merlin Gascon.

RAISSYGUIER. Cet auteur était né à Albi en Languedoc, vers la fin du seizième siècle, et se fit avocat. Il eut pour protecteur dans sa jeunesse le duc de Montmorency. Etant venu ensuite à Paris, on prétend qu'une infortune amoureuse le fit s'adonner au théâtre. Nous avons de lui les Amours d'Astrée ; l'Aminte du Tasse ; la Bourgeoise ; Palinice ; la pastorale de Calirie, ou Celidée, et le Rendez-vous des Thuilleries, données depuis 1630.

RAMEAU (M. Jean-Baptiste) [1683, Dijon - 17??]. Ce fameux musicien, connu par son savant Traité de l'harmonie, son Code et autres excellents ouvrages sur la musique, naquit à Dijon le 25 septembre 1683, de Jean Rameau, organiste. Il a été successivement organiste des jésuites de la rue Saint Jacques, des pères de la Mercy, et de l'église cathédrale de Clermont en Auvergne. Il nous a donné les opéras suivants, depuis 1733 : Hippolyte et Aricie, les Indes galantes ; Castor et Pollux ; les Fêtes d'Hebé ; Dardanus ; Platée ; les Fêtes de Poplymnie ; le Temple de la gloire ; les Fêtes de l'hymen ; Zaïs ; Pigmalion ; Naïs ; Zoroastre ; la Guirlande ; Acanthe et Céphise ; Daphnis et Eglé ; Lisis et Délie ; les Sibarites ; la Naissance d'Osiris ; Anacréon ; les Surprises de l'amour, et les Paladins. Il a aussi composé plusieurs livres de pièces de clavecin, des cantates, etc.

RAMPALE, Auteur de Belinde, et de Dorothée : il vivait encore passé le milieu du siècle dernier [i.e. XVIIème siècle].

REBEL, père (Jean-Ferri), ordinaire de la musique du Roi, était allié à de La Lande, qui avait épousé sa soeur, ou, selon d'autres auteurs, sa fille. Il n'a composé que l'opéra d'Ulysse et Pénélope ; mais on a en outre de lui deux livres de sonates, et le Caprice et la Boutade ; les Caractères de la danse ; la Terpsicore, et la Fantaisie, morceaux qui ont été exécutés et dansés au théâtre de l'Académie royale de musique. Le sieur François Rebel, son fils, surintendant de la musique du Roi, chevalier de Saint-Michel, a toujours travaillé conjointement avec M. Francoeur ; il ont déjà donné depuis 1726, Pirame et Thisbé ; Tarsis et Zélie ; Scanderberg ; le Ballet de la paix ; les Augustades ; la Félicité ; Zélindor, ou la Silphe ; le Prince de Noisy ; l'Acte d'Ismène ; dans les Fragments, et les Génies tutélaires.

REGAGNAC (Valet de), né à Cahors, connu par différentes poésies, et pour avoir remporté le prix du discours à Toulouse en 1752, a composé la pièce intitulée les Sabots changés en astres.

REGNARD (Jean-François) [1657, Paris - 1709, Dourdan], né à Paris en 1657, fils d'un gros épicier de la Halle ; fut reçu trésorier de France au bureau des finances de la même ville, en 1683. C'est celui de nos auteurs qui a le plus approché de Molière, ayant répandu dans ses pièces un jeu fort comique, vrai et très divertissant ; la scène y est d'ailleurs d'ordinaire moins défectueuse que dans une quantité d'autres ouvrages dramatiques du même temps, parce qu'il fait demeurer tous ses personnages dans une maison commune ou un hôtel garni. Il avait voyagé dans sa jeunesse en plusieurs cours de l'Europe, dont il a donné des relations imprimées dans ses oeuvres, dans lesquelles on trouve aussi une histoire de la Provençale, et des aventures qui lui arrivèrent à Rome et dans son retour en France par mer, où il fut pris par des corsaires algériens, vendu 1500 livres et mené esclave à Constantinople, où il resta assez longtemps avant d'être racheté*. Il n'a pas jugé à propos de mettre fin au roman, dont la conclusion ordinaire est le mariage, puisqu'il est mort à sa terre de Grillon près de Dourdan, au mois de septembre 1709, âgé de cinquante deux ans, sans s'être engagé dans cet état. Les comédies qu'il a donnés au théâtre français depuis 1693, sont : la Sérénade ; Attendez-moi sous l'orme ; le Joueur ; le Bal ; le Distrait ; Démocrite ; les Folies amoureuses ; les Menechmes ; le Retour imprévu ; le Légataire, et la Critique du légataire. Ses pièces jouées sur l'ancien Théâtre Italien, à commencer en 1688, sont : le Divorce ; la Descente de Mezzetin aux enfers ; Arlequin, homme de bonne fortune ; la Critique de cette pièce ; les Filles errantes ; la Coquette ; la Naissance d'Adamis, toutes composées seul ; et les Chinois ; la Baguette de Vulcain ; la Foire Saint-Germain ; les Momies d'Egypte, en société avec Dufrény. Il a de plus donné à l'opéra le Carnaval de Venise ; outre trois pièces qui n'ont point été représentées, savoir, les Souhaits, les Vendanges, et la tragédie de Sapor, et qui se trouvent imprimées dans ses oeuvres en cinq ou quatre volumes in-12 avec elles jouées au Théâtre français.

*Il rapporta ses chaînes en France, et les conserva toujours dans son cabinet, pour se rappeler incessamment ce temps de disgrâce.

REMOND de SAINTE-ALBINE (M. Pierre), né à Paris le 29 mai 1700, de l'Académie des sciences et Belles-lettres de Berlin, connu par différents ouvrages, a composé, depuis 1733 jusqu'en 1749, la Gazette de France ; il fut chargé ensuite de la direction du Mercure>/i>, et reprit la Gazette le premier juin 1751 jusqu'en 1761 : il a fait dans sa jeunesse des petites pièces de l'Amour au village et de la Convention téméraire.

RENAUD. Cet auteur a donné, il y a près de cent vingt-cinq ans [vers 1650] deux tragédies, Marie Stuart, et Blanche de Bourbon.

RENOUT (M. Jean-Julien-Constantin) [1725, Honfleur], né à Honfleur en 1725, secrétaire de feu M. de Gresvres, gouverneur de Paris, a donné en 1752, les Couronnes, ou l'Amant timide, et ensuite Zelide ; Hercule, et le Caprice. On connaît aussi de lui, en manuscrit, un opéra en trois actes, intitulé Calisto, qui avait été destiné pour le théâtre des petits appartements à Versailles.

RIBOU, fils d'un libraire à Paris, débuta au Théâtre français le 6 novembre 1747, par le rôle d'Oreste dans Electre, et fut reçu le 15 janvier 1748, et s'est retiré en 1750. Il est dans les pays étrangers.

RICCOBONI. Voyez LELIO, et FLAMINIA.

RICHEBOURG (Madame la Grange de). On attribue à cette dame deux comédies intitulées, le Caprice de l'amour, et la Dupe de soi-même, imprimées en 1732.

RICHEMONT BANCHEREAU [1612, Saumur - 1???], né à Saumur en 1612, était avocat au Parlement. Nous avons de lui deux pièces qu'il fit à vingt ans, savoir, l'Espérance glorieuse, et les Passions égarées.

RICHER (Henry) [1685, Longueil - 1748, Paris], avocat au parlement de Rouen, mort à Paris le 12 mars 1748, âgé de soixante-trois ans, était né au bourg de Longueil, auprès de Dieppe. Son goût pour la poésie et la littérature l'amena à Paris, où il fit plusieurs bonnes traductions de quelques ouvrages d'Ovide, un recueil de fables fort estimées, et la Vie de Mécénas ; outre deux tragédies qui sont Sabinus et Coriolan.

RIEUSSET (Martin), auteur d'une comédie intitulée, la Populace émue, donnée en 1714.

RIUPÉRIOUX (Théodore) [1664, Montauban - 1706, Paris], né à Montauban le 4 mars 1664, et fils de l'avocat du roi au présidial et sénéchaussée de la même ville, parut d'abord dans le monde sous l'habit ecclésiastique ; et un poème sur l'âme des bêtes, avec un traité des médailles qu'il présenta au P. de la Chaise, lui firent même obtenir un canonicat à Forcalquier : mais M. de Barbezieux, qui avait beaucoup de bonté pour cet auteur, persuadé sans doute qu'il n'était pas appelé à cet état, le lui fit quitter pour prendre une charge de commissaire des guerres. Il mourut à Paris, au mois de juillet 1706, son peu de conduite l'ayant empêché de faire une grande fortune. Nous avons eu quatre tragédies de lui, qui sont, Annibal, la Mort d'Auguste ; Valérien, et Hypermnestre. Les trois premières ne sont pas imprimées.

RIVAUDEAU (André du), gentilhomme du bas Poitou n'a fait qu'une tragédie d'Aman en 1567.

RIVIERE DUFRESNY (Charles) [1648, Paris - 1724], naquit à Paris en 1648. Il fut valet de chambre du Roi, contrôleur de ses jardins et son pensionnaire. C'était un esprit vif, agréable, et très original, d'ailleurs philosophe par rapport aux avantages de la fortune ; et malgré un bien assez considérable, et des bienfaits continuels de Louis XIV qui l'aimait beaucoup, il ne put jamais se voir dans une certaine aisance, dépensant comme il recevait. Voici à ce sujet un placet singulier qu'il présenta à M. le Régent : "Monseigneur, Dufresny supplie V.A.R. de le laisser dans la pauvreté, afin qu'il reste un monument de l'état où était la France avant sa Régence." Au bas duquel M. le Duc d'Orléans mit : "Je vous refuse absolument."
Dufresny avait beaucoup de goût pour tous les arts, et joignit au talent de la composition celui de la musique qu'il traitait avec un esprit particulier : tous les airs de ses ouvrages sont de lui. Il succéda à de Visé, en 1710, pour la composition du Mercure galant, dont il s'acquitta avec succès ; mais trop ennemi de la contrainte pour s'assujettir longtemps à un ouvrage continu, il abandonna son privilège au sieur Lefévre dans le mois de décembre 1713, et mourut le 6 octobre 1724, dans la soixante-seizième année de son âge, après avoir consenti, à la sollicitation de deux enfants qu'il avait eu de son premier mariage, qu'on brûlât ses ouvrages ; ce qui nous a privés d'une seconde partie des Amusements sérieux et comiques, et de cinq pièces de théâtre. Ses comédies données à l'ancien Théâtre Italien depuis 1692, sont : l'Opéra de campagne ; l'Union des deux opéras ; les Adieux des officiers ; les Mal assortis ; le Départ des comédiens italiens , Attendez-moi sous l'orme, qu'il avait composé seul : les Chinois ; la Baguette de Vulcain ; la Foire Saint-Germain ; les Momies d'Egypte, en société avec Regnard : et Pasquin et Marforio médecins des moeurs, et les Fées, ou les Contes de la mère l'Oye, conjointement avec Barante. Ses pièces jouées au Théâtre français, aussi depuis 1692, sont ; le Négligent, le Chevalier joueur ; la Noce interrompue ; la Malade sans maladie ; l'Esprit de contradiction ; le Double veuvage ; le Faux honnête homme ; le Faux instinct ; le Jaloux honteux ; la Joueuse ; le Lot supposé ; la Réconciliation normande ; le Dédit ; le Mariage fait et rompu, et le Faux sincère, qui se trouvent imprimées dans ses oeuvres en six ou en quatre volumes in-12 outre le Bailli marquis ; les Dominos ; le
Portrait
; Sancho Pança, et l'Amant masqué, qui ne le sont pas. Les pièces de Dufresny brûlées à sa mort, sont, l'Epreuve, la Joueuse, en vers ; le Supersticieux ; le Valet maître, et les Vapeurs.

ROBBE (Jacques) [1643, Soissons - 1721, Paris], né à Soissons en 1643, fort versé dans le géographie, dont il a fait un traité estimé, quoique très fautif, et mort à Paris au mois d'avril 1721, a publié en 1682, sous le nom de Barquebois qui est son anagramme, une pièce de théâtre intitulées l'Interssé.

ROBELIN (Jean), était bourguignon ; on ne connaît de lui qu'une tragédie de la Thébaïde, donnée en 1584.

ROBIN (Pascal), sieur du Faux, en Anjou, où il naquit en 1538, a fait la tragédie d'Arsinoé en 1572.

ROCHARD (le sieur), de Bouillac, né à Paris, acteur du Théâtre italien, où il fut reçu le 19 novembre 1740, pour les rôles d'amoureux et le chant, avait paru aupravant à l'opéra ; il est connu avantageusement pour ses talents pour le théâtre, et un goût infini pour la musique.

ROCHOIS (Marthe le) [1658, Caen - 1728, Paris], née à Caen, de bonne famille, mais peu riche. Etant demeurée orpheline dès son bas âge, la grande voix qu'elle avait reçue de la nature, la détermina en 1678 à entrer à l'Académie royale de musique, et elle devint en peu de temps la plus célèbre actrice qu'on eût encore vue, au sentiment même du fameux Baron. Elle se retira de l'opéra en 1698, avec une pension de 1500 livres et mourut à Paris le 9 octobre 1728, âgée de soixante-dix ans. Lully l'estimait beaucoup, et la consultait sur tous ses ouvrages.

ROCHON de CHABANNES (M), né à Paris, a commencé à travaillé pour l'opéra-comique, où il a donné depuis 1753, la Coupe enchantée, les Filles, et la Péruvienne : en 1757 il mit au Théâtre italien, le Deuil anglais ; et au Théâtre français en 1763, Heureusement.

ROCHON de LA VALETTE (M), frère du précédent, a donné à l'opéra-comique en 1754 l'Ecole des tuteurs.

ROMAGNESI (Antoine) [1690, Namur - 1742, Fontainebleau] né à Namur, était petit-fils d'Antonion Romagnesi, dit Cinthio, comédien de l'ancien Théâtre Italien. Sa mère s'étant remariée en 1700, son beau-père le traita si durement que cela l'engagea à s'engager ; et après plusieurs aventures, et après avoir joué dans différentes troupes de provinces, et dans celle d'Octave, à la foire en 1716, il débuta à la Comédie française, le 14 juillet 1718, dans le rôle de Rhadamiste ; mais quoique tout le monde convînt qu'il l'avait joué avec esprit, il ne fut point reçu. Sept ans après, c'est-à-dire le 15 avril 1725, il parut sur le Théâtre italien dans la Surprise de l'amour, fut reçu, et a toujours paru au gré du public, jusqu'à sa mort, arrivée à Fontainebleau le 13 mai 1742, n'étant âgé que d'environ cinquante-deux ans. Son corps fut transporté à Paris, et inhumé dans l'église Saint Sauveur sa paroisse. Son décès fut une perte pour son théâtre, pour lequel il avait beaucoup travaillé en qualité d'auteur, et ayant donné seul, le Retour de la tragédie ; le Temple de Vérité ; Samson ; le Petit maître amoureux ; la Feinte inutile ; la Ruse d'amour ; le Bailli arbitre ; l'Amant Prothée ; le Supersticieux ; les Ombres parlantes ; Pigmalion ; Alcione, et les Oracles.
En société avec Dominique : Arlequin Roland ; Arlequin Hulla ; la Revue des théâtres ; Arlequin Bellerophon ; la Bonne femme ; Alceste ; les Paysans de qualité ; les Débuts ; Dom Micco et Lesbine ; le Feu d'artifice ; Hesione ; la Foire des poètes ; l'Île du divorce ; la Silphide ; Bolus ; Arlequin Phaéton, et Arlequin Amadis.
Conjointement avec le sieur Riccoboni fils : les Amusements à la mode ; le Bouquet, les Ennuis du Carnaval ; Achille et Déidamie ; le Conte de Fées ; les Indes chantantes ; les Sauvages ; les Compliments ; les Gaulois ; Castor et Pollux ; Atys ; la Conspiration manquée ; la Querelle du tragique et du comique ; Amadis de Gaule ; et l'Echo du public.
En société avec les mêmes Dominique et Riccoboni : les Comédiens esclaves ; la Parodie de Pirame et Thisbé ; celle de Médée et Jason ; l'Île de la folie ; l'Amant à la mode ; et les Enfants trouvés.
Enfin Romagnesi a encore composé ; le Temple du goût, avec M. Nivau. Le Frère ingrat, avec Davesne. Les Fées, avec Procoppe. L'Amour censeur des théâtres, et la Fille arbitre, avec l'Affichard. Et la Partie de campagne, avec Du Vigéon.

ROMAIN (Nicolas). Cet auteur travaillait pour le théâtre dans les premières années du siècle dernier [XVIIème]. Nous avons de lui Salmée, et Maurice.

ROMAN (M. l'Abbé), a donné 1762 la traduction d'une tragédie allemande, intitulée la Mort d'Adam.

RONSARD , regardé comme le père de la poésie française, a traduit et fait représenter à Paris en 1539, une pièce traduite d'Aristophane, intitulée Plutus.

ROSELLY (Rissouche Montet, dit), débuta au théâtre français le 24 octobre 1742, par Andronic dans la tragédie de ce nom, fut reçu le 17 décembre de la même année, et mourut regretté le 22 décembre 1750.

ROSIDOR, comédien de province, en 1662, et auteur d'une tragédie de Cyrus, et des Amours de Merlin.

ROSIERS-BEAULIEU (de), a fait imprimer en 1639 une pièce justement intitulée le Galimatias.

ROTROU (Jean) [1609, Dreux - 1650, Dreux], né à Dreux le 21 août 1609, fut lieutenant particulier, assesseur criminel, et commissaire examinateur au comté et baillage de cette ville, où il faisait son séjour ordinaire, et où il mourut d'une fièvre pourpreuse et épidémique qui emporta beaucoup de monde le 28 juin 1650, n'ayant pas voulu quitter Dreux, où il pensait que sa présence était nécessaire dans ces circonstances fâcheuses, et fut enterré dans l'église paroissiale de Saint-Pierre. Il était frère du sieur Rotrou, seigneur de Sadreville, receveur des consignations du parlement de Paris, et dont les descendants sont aujourd'hui dans la robe. Dès l'âge de quinze ans il faisait des vers, et il s'est distingué du commun des poètes de son temps, de manière qu'on l'estime encore à présent. Le grand Corneilleappelait ordinairement Rotrou son père, et le cardinal de Richelieu, qui le considérait, l'avait choisi pour être l'un des cinq auteurs : il ne fut pas de l'Académie française, parce que dans les commencements ont y admettait que ceux qui avaient leur demeure fixe à Paris. Il était joueur et grand dépensier, par conséquent mal à son aise ; et lorsqu'il était pressé d'argent, il faisait une pièce en deux nuits. Cependant malgré le grand nombre qu'il a composé, et dont plusieurs se ressentent de cette précipitation, on y trouve de l'élévation, et une expression qui répond parfaitement bien à la noblesse de l'imagination, du moins dans la plupart. Celles de ses pièces que l'on connaît sont, dans l'ordre qu'il les a composées, depuis 1628, la Bague de l'oubli, Doristée et Cléagenor, l'Hypocondre ; l'Heureuse constance ; les Occasions perdues ; les Menechmes ; Célimène, ou Amarillis ; l'Heureux naufrage ; Alphrede ; Celiane ; Agesilan ; Diane ; l'Innocente infidélité ; Philandre ; Amélie ; Clorinde ; les Deux pucelles ; Hercule mourant ; Laure persécutée ; la Pélerine amoureuse ; Antigone ; les Captifs ; les Sosies ; Chrisante ; Iphigénie ; Clarice ; Bélisaire ; Celis, ou le Vice-Roi de Naples ; la Soeur généreuse ; le Véritable Saint Genest ; Dom Alvare de Lune ; Dom Bernard de Cabrere ; Cosroès ; Venceslas ; Florimonde, et Dom Lope de Cardonne.

ROUILLET (Claude), né à Baune, et régent du Collège de Bourgogne à Paris, a composé Philanire, en 1563 [BnF 8-RF-1039].

ROSIMOND (Claude la Rose, sieur de). Ce comédien de la troupe du Marais, a donné sept pièces à son théâtre, savoir : l'Avocat sans étude ; le Duel fantasque ; le Valet étourdi ; le Festin de Pierre ; les Trompeurs trompés ; la Dupe amoureuse, et le Qui-pro-quo. On lui attribue cependant encore le Soldat poltron, et le Volontaire. Après ces ouvrages de théâtre, il s'appliqua, à ce que l'on prétend, à un genre d'étude bien différent, ayant composé sur la fin de ses jours un recueil de vies des saints, qu'il publia sous le nom de Jean-Baptiste Dumesnil, qui vraisemblablement était son nom de famille. Il mourut subitement en 1686 : il avait passé dans le troupe du Palais Royal en 1673, et il remplaça Molière dans l'emploi du haut-comique à manteau : il joua aussi les valets brillants.

ROUSSEAU (Jean-Baptiste) [1670, Paris - 1741 Bruxelles]. Ce fameux poète est trop connu par ses talents et ses infortunes, et ses ouvrages sont trop généralement estimés pour qu'il soit nécessaire de s'étendre ici sur son sujet, d'autant mieux que sa vie et les anecdotes qui le regardent sont entre les mains de tout le monde. On se contentera donc de dire qu'il naquit à Paris dans une famille obscure en 1670, fut de l'Académie des Belles-lettres en 1701, et mourut à Bruxelles le 17 mars 1741. On a fait quantité de belles éditions de ses oeuvres ; mais on doit estimer surtout celle donnée à Paris par l'Abbé Segui, en 1743, en deux volumes in-4 et en quatre volumes in-12 [BnF 8-RF-13211 (1) à (4)]. Les pièces de théâtre de Rousseau sont ses plus faibles ouvrages ; en voici les titres : le Caffé ; Jason ; le Flatteur ; Venus et Adonis ; le Capricieux ; la Ceinture magique ; la Mandragore ; les Aïeux chimériques ; la Dupe de lui-même, et l'Androgyne ou l'Hypocondre. La Mandragore n'est imprimée que dans les éditions étrangères.

ROUSSEAU (Pierre), né à Toulouse, a commencé à travailler pour le théâtre en 1747, et nous a donné la Rivale suivante ; l'Année merveilleuse ; la Mort de Bucéphale ; la Ruse inutile ; l'Etourdi corrigé ; les Méprises , et l'Esprit du jour. Il a aussi composé pour l'Opéra comique, la Coquette sans le savoir, avec M. Favart. Il est actuellement à Bouillon, à la tête du journal encyclopédique, dont il a fait l'entreprise.

ROUSSEAU (M. Jean-Jacques) [1712-1778], Citoyen de Genève. Cet auteur philosophe, si fort connu par son discours contre les arts, qui a été couronné par l'Académie de Dijon en 1751, sa lettre sur le musique française, son discours sur l'égalité des conditions, etc. etc. a travaillé en qualité de poète et de musicien ; nous avons de lui la petite comédie de l'Amant de lui-même, ou Narcisse, et le joli intermède du Devin du village. [Voir aussi l'intermède des Muses galantes.]

ROUSSELET (M), a donné à l'opéra comique en 1742, la Capricieuse raisonnable.

ROY (M. Pierre-Charles), parisien, fut d'abord conseiller au Châtelet, et élève de l'Académie des inscriptions, trésorier de la Chancellerie près le Cour des aides de Clermont, et est chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Il a beaucoup travaillé dans le genre lyrique, l'opéra ayant déjà dix-neuf poèmes à sa façon, qui sont, Philomélé ; Bradamante ; Hyppodamie ; Créüse ; Callirhoé ; Ariane et Thésée ; Sémiramis ; Les Elements ; les Stratagèmes de l'Amour ; le Ballet des sens ; les Graces ; le Ballet de la paix ; le Temple de Gnide ; les Augustades ; la Félicité ; les Quatre parties du monde ; l'Année galante ; les Fées de Thétis ; ou se trouve Titon et l'Aurore, et le Bal militaire. Il a aussi composé deux comédies, savoir, les Captifs, et les Anonymes ; mais elles ne sont pas imprimées. On a encore de cet auteur un recueil de poésies et autres ouvrages en deux volumes in-8.

ROYER (Joseph-Nicolas-Pancrace), originaire de Bourgogne, né en Savoie, fils d'un gentilhomme, et naturalisé français. Ce musicien était un homme poli et d'un caractère aimable, ce qui lui procura de belles connaissances à Paris et à la Cour; Il s'était fait connaître d'abord vers 1725 qu'il vint s'établir dans cette capitale, par la manière savante et délicate dont il touchait l'orgue et le clavecin ; il parut ensuite en 1730 dans la carrière de l'opéra. Il obtint la survivance de Maître de musique des enfants de France, dont il ne fut titulaire qu'en 1746, à la mort de Matho. En 1747 il eut le direction du Concert Spitituel ; en 1754 il obtint la charge de compositeur de musique de la Chambre du Roi, et sa majesté le nomma la même année inspecteur général de l'Opéra. La mort vint l'enlever le 11 janvier 1755, dans la cinquantième année de son âge, et il fut inhumé à Saint-Roch sa paroisse. Par rapport à ses bons services, sa veuve obtint un tiers dans le profit du Concert Spirituel, dont elle a joui jusqu'en 1762. Outre un grand nombre de pièces de clavecin estimées, nous avons trois opéras de Royer ; savoir, Pyrrhus ; Zaïde, et le Pouvoir de l'amour. Il a encore fait l'acte d'Almasis dans les Fragments ; Pandore, qui n'a pas encore été représenté, et un autre opéra qu'on prétend qu'il a laissé manuscrit.

Sabine-Sylvius

SABINE (M), a donné en 1754, avec M. Harny, le Prix des talents.

SABLIER (M). Nous n'avons de cet auteur, que la Jalousie sans amour, et les Effets de l'amour et du jeu. Il a donné la première de ces deux pièces en 1728.

SAILLANS, auteur de la Gageure de village, donnée en 1756. Il mourut en 1758.

SAINT-AGNAN (François de Beauvilliers, duc de) [1607 - 1687], Pair de France, chevalier des Ordres du Roi, premier gentilhomme de sa chambre, de l'Académie française, et mort le 16 juin 1687, âgé de quatre-vingt ans. On attribue à ce seigneur la comédie Bradamante ridicule, donnée en 1664, ou en 1675, selon d'autres auteurs. Il avait beaucoup d'esprit et d'amour pour les beaux-arts.

SAINT-ANDRÉ. Cet auteur était d'Embrun : il n'a donné qu'une Pastorale sur la naissance de N.S.J.C. en 1644.

SAINT-BALMONT (Madame de). Elle était de Lorraine, et a donné en 1650 la tragédie des Jumeaux martyrs.

SAINT DIDIER [1668, Avignon - 1739, Avignon]. Cet auteur a fait imprimer en 1716, à la fin du Voyage du Parnasse, une tragédie intitulée l'Illiade. Il était né à Avignon en 1668, et y mourut le 13 mai 1739 : il avait du talent pour la poésie, et remporta trois fois des prix à l'Académie des Arts Floraux, et deux fois à l'Académie française.

SAINT-EVREMOND (Charles Marguetel de Saint Denis, Seigneur de) [1613, Saint-Denis-le-Guast - 1703, Londres], naquit à la terre de Saint-Denis-le-Guast, à trois lieues de Coutances en Basse-Normandie, le 1 avril 1613. Il avait beaucoup d'esprit et de valeur, et ayant été exilé hors du royaume après avoir servi vingt ans, il se fixa en Angleterre, où il fut très considéré : il finit ses jours le 20 septembre 1703, et fut enterré à Westminster. La vie de cet excellent auteur se trouve à la tête des éditions de ses oeuvres, et notamment à celle qui a été donnée en 1753, en douze volumes in-12 [BnF Z-20536 à Z-20544]. Il a composé quatre ouvrages dramatiques, qui sont, les Académiciens; Sir Politick ; les Opéras, et la Femme poussée à bout.

SAINT-FOIX (M. Germain-François Poulain de) [1698, Rennes-1776], né à Rennes le 25 février 1703. Ce militaire a commencé à travailler pour le théâtre en 1721. Ses pièce sont écrites avec beaucoup d'esprit : en voici les titres dans l'ordre de leur représentation ; Pandore ; la Veuve à la mode ; le Philosophe dupe de l'amour et de l'hymen ; l'Oracle ; Deucalion et Pyrrha ; le Silphe ; l'Ile sauvage ; les Graces ; Julie, ou l'Heureuse épreuve ; le Divertissement ; Egerie ; le Double déguisement ; Zeloyde ; Arlequin au sérail ; les Veuves turques ; les Métamorphoses ; la Cabale ; la Colonie ; le Rival supposé ; Alceste ; les Hommes ; le Derviche ; le Financier, et les Trois esclaves : ces pièces ont été recueillies en quatre volumes in-12 en 1762 [BnF YF-1152 et YF-11524 ], à l'exception des trois premières et de la dernière. On lui attribue encore l'Amour et les Fées. Il est connu d'ailleurs avantageusement par les Lettres turques, ses Essais sur Paris, etc.

SAINT-GELAIS (Melin de) [1491, Angoulême - 1558, Paris], fils naturel d'Octavine Melin de Saint-Gelais, sieur de Lensac, évêque d'Angoulême, naquit dans cette ville en 1491. Il fut aumônier de Henri II, et son bibliothécaire ; Abbé de Reclus, et mourut à Paris au mois d'octobre 1558. Il a fait une des tragédies de Sophonisbe [BnF Res YF-3972 et NUMM-70352], qui ne fut imprimée qu'après sa mort.

SAINT-GERMAIN, auteur du milieu du siècle dernier, qui a donné le Grand Timoléon [BnF Res YF-229 et NUMM-109282], et Sainte Catherine.

SAINT-GILES (l'Enfant de), officier de cavalerie, frère de l'auteur du recueil intitulé la Muse mousquetaire, où se trouve Gilotin précepteur des Muses, et la Fièvre de Palmerin, donna au théâtre en 1699, la tragédie d'Ariarathe. Il fut écrasé sous les roues d'un carrosse, au mois de septembre 1745, à l'âge de quatre-vingt six ans.

SAINT-GLAS. C'est le nom sous lequel Pierre, abbé de Saint-Ussans, donna en 1682 sa comédie des Bouts rimés.

SAINT-JEAN, Auteur des paroles de l'opéra d'Ariane et Bacchus, en 1696. Il avait été dans les Affaires du Roi, et mourut à Perpignan où il s'était retiré sur la fin de ses jours. C'est de lui dont parle Regnard dans son épître à M. le marquis de *** lorsqu'il dit :

Il n'est point de cerveau qui n'ait quelque travers,

Saint-Jean ne sait pas lire et veut faire des vers.

SAINT-JORY (Louis Rustaing de), Chevalier de l'ordre de Saint Lazare, de l'Académie de Caen, a donné au théâtre depuis 1719, le Philosophe trompé par la nature, Arlequin camarade du Diable, et Arlequin en deuil de lui-même. Ces trois pièces sont imprimées dans un recueil d'oeuvres mêlées de cet auteur, en deux volumes in-12 où l'on trouve de fort jolies choses. On lui attribue encore l'Amour de la Vérité, en société avec Marivaux.

SAINT-LAMBERT (M. de), Capitaine au régiment des Gardes-Lorraines, de l'Académie de Nancy sa patrie, né en 1717, a composé une comédie-ballet intitulée les Fêtes de l'amour et de l'hymen.

SAINT-MARC. Voyez LE FEVRE DE.

SAINT-PAUL (Guy de). Cet auteur était docteur en théologie, et recteur de l'université. Il donna en 1574 une tragédie de Néron, et on assure qu'il a encore fait une autre tragédie et une pastorale dont on ignore les titres.

SAINT-PHALIER (Françoise-Thérèse Aumerle de), épouse de M. Dalibard, morte le 3 juin 1757, avait donné en 1752 au Théâtre italien la comédie de la Rivale confidente. Elle est encore connue par la Renaissance des arts, ballet ; des lettres, un roman, et des poésies. Son époux a travaillé sur l'histoire naturelle.

SAINTE-ALBINE. Voyez REMOND DE.

SAINTE MARTHE. C'est le nom de six de nos auteurs dramatiques, tous d'une famille noble et ancienne, féconde en personnes de mérite : ils sont, dans l'ordre chronologique, Gaucher de Sainte-Marthe, de qui on a une tragédie de Saint-Laurent, donné en 1499.
Scévole Sainte Marthe (François Gaucher, dit), auteur d'une Médée, en 1553, et qui est fort connu.
Nicolas de Sainte Marthe, qui a donné une tragédie d'Oedipe, en 1614.
Pierre de Sainte Marthe, auteur de l'Amour médecin, et de la Magicienne étrangère, en 1618.
Abel de Sainte Marthe (fils de Scévole), de qui on a une Isidore, imprimée en 1645, il mourut en 1652.
Et enfin Dom Denis de Sainte Marthe, général des Bénédictins, auteur d'une tragédie d'Holopherne, donnée en 1666, dans sa jeunesse.

SAINTONGE (Louise Geneviève Gillot de) [1650, Paris - 1718, Paris], née à Paris en 1650, et morte dans le même ville le 24 mars 1718, avait un beau génie, et a fait beaucoup d'honneur à son sexe. Elle avait reçu une excellente éducation, et son amour pour les Belles-lettres se trouva confirmé par M. de Saintonge, avocat de mérite avec qui elle fut mariée. Cette dame a composé depuis 1692, deux opéras, Didon [BnF Res YF-1987 et NUMM-71643]], et Circé [BnF YF-7799 et NUMM-118933]] ; un Ballet des Saisons ; et deux comédies Griselde, et l'Intrigue des concerts. Elle a aussi laissé deux volumes de poésies diverses, qui ont été imprimées à Dijon.

SAINTYON. Cet auteur était de Paris, et de la famille des Saintyon, fameux bouchers, dont il a été souvent parlé dans l'histoire des guerres civiles sous Charles VI et Charles VII. Il avait beaucoup d'esprit, et mourut secrétaire de M. de la Faluère, grand maître des Eaux et Forêts, au mois de septembre 1723. On prétend qu'il a eu part à plusieurs pièces de Dancourt, notamment, Le Chevalier à la mode [BnF 8-YTH-3244], et les Bourgeoises à la mode [BnF YF-3662] ; et il a donné en outre seul la comédie des Façons du temps, en 1685, et Daiaé, conjointement avec Riccoboni et Dominique.

SAINVILLE. Cet auteur travaillait en 1671, et a composé à ce que l'on prétend, quatre pièces ; savoir, Dioclétien et Maximien ; Partenice ; la Retraite des amants, et le Fils désintéressé ; mais aucune n'a été imprimée, non plus que le Mariage mal assorti, qu'on lui attribue encore.

SALLÉ (Jean-Baptiste-Louis-Nicolas) [1672, Troyes – 1707, Saint-Germain-en-Laye]. Cet excellent comédien était fils d'avocat de la ville de Troyes. Il voulut d'abord se faire capucin : ensuite comme il avait appris la musique, il entre en 1697 à l'Opéra de Rouen, où il remplit avec succès les premiers rôles de basse taille. Il vint à Paris en 1698, et débuta avec beaucoup de succès au Théâtre français par le rôle Manlius, le 23 août. Il ne resta cependant point pour lors, et s'en fut en Pologne. Etant revenu en 1701, il reparut au mois d'août par le rôle de Phocas, et fit tant de plaisir qu'il fut d'abord reçu. Il jouait supérieurement les rois dans le tragique, et les amoureux, avec les petits maîtres, les gascons, les ivrognes, etc... dans le comique. Il mourut dans le mois de mars 1707, âgé de trente-cinq ans, et fut enterré à Saint-Sulpice, après avoir donné une déclaration par devant notaire, qu'il renonçait à sa profession. Le public le goûtait tant, que pendant sa dernière maladie le parterre demandait tous les jours de ses nouvelles à l'annonce. Il avait épousé Françoise Thoury, qui après avoir parue au théâtre de l'Opéra au mois d'août 1702, débuta aux Français au mois de mai 1704, et y fut reçue pour les rôles de confidentes, qu'elle remplissait avec beaucoup d'intelligence. Elle se retira du théâtre le 30 mars 1721, avec la pension de 1000 livres et est morte le 16 octobre 1745, à Saint-Germain-en-Laye.

L'Opéra possédait une excellente et gracieuse danseuse nommée Sallé ; mais elle quitta ce théâtre en 1741 pour passer en Angleterre, et fut ensuite pensionnaire du Roi pour ses ballets. Cette demoiselle a mérité par son talent et ses moeurs les applaudissements et l'estime du public, qui l'avait vue dès 1718 à la Foire. Voici un madrigal que M. de Voltaire fit autrefois pour elle :

De tous les coeurs et du sien la maîtresse,

Elle alluma des feux qui lui sont inconnus ;

De Diane est la prêtresse

Dansant sous les traits de Venus.

* on prétend que dans sa jeunesse il avait été valet de l'Abbé Petitplé [?], chanoine de Notre-Dame de Paris.

SALLEBRAY. Cet auteur a donné, vers le milieu du siècle dernier, le Jugement de Pâris [BnF YF-606 et NUMM-72495] ; l'Enfer divertissant ; la Troade [BnF YF-538 et NUMM-72494] ; la Belle Egyptienne [BnF YF-570 et NUMM-72493] ; l'Amante ennemie [BnF Res YF-581 et NUMM-71591] ; Andromaque, et le Mariage mal assorti. Cette dernière pièce est aussi attribué à Sainville.

SALVERT (M), a eu part en 1762 à la comédie de l'Amant corsaire.

SALOMON [1661, Provence - 1731, Versailles], était provençal, et vint à Paris fort jeune. Nous avons deux opéras de ce musicien, donnés depuis 1712 ; savoir, Médée et Jason, et Théonée. Il était à la musique de la chapelle du Roi, pour la basse de viole, et mourut à Versailles à la fin de l'année 1731, âgé d'environ soixante-dix ans.

SARAZIN (Pierre) [1??? - Dijon, 1762]. Cet acteur était né à Dijon d'une très honnête famille ; son goût pour le théâtre l'avait engagé dans plusieurs sociétés bourgeoises, pour y représenter la comédie, et s'étant fortifié par l'usage, il se décida à se livrer totalement au théâtre, où il débuta sans avoir joué en province, le 3 mars 1729, par le rôle d'OEdipe de la tragédie de ce nom, de Corneille, et fut reçu le 22 du même mois pour les rôles des rois, et confirmé le dernier jour de cette même année. Tout le monde a connu ses talents pour les rôles de tyran, qu'il représentait autrefois, et surtout pour ceux de vieillard pathétique, comme Lusignan dans Zaïre ; Simon dans l'Adrienne, etc qu'il joua toujours supérieurement. Il quitta le théâtre en 1759, et mourut le 15 novembre 1762.

SAURIN (Jean de) [1706, Paris-1781, Paris]. Avocat au parlement, né à Paris, et de l'Académie française , est auteur de la tragédie d'Amenophis, donnée en 1750, et de celle de Spartacus ; il a fait ausi les Rivaux, et les Moeurs du temps, comédies ; et il a lu aux Comédiens, en 1762, la tragédie de Blanche.

SAUVIGNY (M. de), né en Bourgogne, Garde du corps du Roi de Pologne, duc de Lorainne, a fait représenter en 1759 le Masque enchanté, ensuite il a donné les Noces de l'Île de Ti-gli, et la Mort de Socrate.

SAVERIEN (Alexandre), né à Arles le 22 juillet 1721, ingénieur de la Marine, et connu par beaucoup d'ouvrages de mathématiques, a donné en 1754 une pièce philosophique intitulée l'Heureux, qui n'a point été représentée.

SAVI (Le Dlle), actrice italienne, débuta le 28 mai 1760, pour jouer les rôles d'amoureuse au Théâtre italien, fut reçue à pension, et ensuite admise tout à fait en 1762. Son mari double les rôle d'Arlequin, et joue ceux de Docteur.

SCAPIN, personnage de la comédie italienne. C'est un intrigant, un fourbe, qui entreprend de faire réussir toutes les affaires les plus délabrées de la jeunesse libertine ; qui se pique d'avoir de l'esprit, qui fait le beau parleur et l'homme de conseil. Bissoni, l'un des dix comédiens que M. le Régent fit venir pour former la nouvelle troupe, joua ce rôle jusqu'à sa mort, arrivé en 1722. L'acteur qui le remplit présentement se nomme Alexandre Ciavarelli, natif de Naples : il débuta en 1739, à l'âge de trente-trois ans, et fut reçu au mois d'août 1740 ; il a beaucoup de talent, et est fort estimé en outre par ses moeurs et sa conduite.

SCARAMOUCHE [1608, Naples – 1694, Paris]. C'est un personnage du théâtre italien, dont le caractère est à peu près le même que celui du Capitan, qui n'est qu'un fanfaron, et un poltron, et qui finit ordinairement par recevoir des coups de bâton de la main d'Arlequin. L'Acteur fameux qui remplissait ce rôle dans l'ancienne troupe, se nommait Tiberio Fiurelli. Il était né à Naples en 1608, et fut un des plus grands pantomimes qu'on eut vu dans les derniers siècles. Sa femme était aussi comédienne pour les rôles de soubrette, et son nom de théâtre était Marinette. Il quitta la scène cinq ans avant sa mort, qui arriva au commencement de décembre 1694, dans la quatre-vingt-septième année de son âge : il fut enterré à Saint-Eustache, laissant, par sa grande parcimonie, plus de cent mille écus à son fils, prêtre d'un grand mérite. Mezzetin, de l'ancien théâtre italien, a donné une mauvaise Vie de Scarmouche, qu'il fait passer pour le plus grand fripon d'Italie.
L'Acteur venu avec la nouvelle troupe italienne en 1716, pour jouer les rôles de Scaramouche, se nommait Giacomo Rauzzini, et était aussi napolitain ; mais il s'en fallait de beaucoup que ses talents égalassent ceux de son compatriote et prédécesseur. On dit qu'il avait une charge assez honorable à Naples, que l'inclinaison pour le théâtre lui avait fait quitter, pour venir jouer la comédie en France, où il mourut le 25 septembre 1731, âgé d'environ soixante ans.
Enfin, l'acteur qui remplissait ce personnage en dernier lieu sur le Théâtre italien, où il fut reçu à pension en 1745, après avoir débuté le 13 septembre, se nomme Dionisio Gandini. Il jouait aussi les rôles de Docteur et plusieurs autres, avec assez de succès. Il s'est retiré à la clôture de Pâques 1755 : il est né à Vérone, et fils d'un docteur en droit et en médecine : il a donné au Théâtre italien plusieurs canevas de pièces.

SCARRON (Paul) [1610, Paris - 1660, Paris], naquit à Paris en 1610, et était d'une bonne famille originaire de Moncailler en Piémont, où l'on voit dans l'église collégiale une chapelle, qui y a un tombeau de marbre blanc avec ses armes. Persécuté par une marâtre qui sut s'approprier une partie des biens de son père, et se faire donner l'autre, notre poète fut obligé de se destiner à l'état ecclésiastique, et obtint un canonicat de la cathédrale du Mans : mais l'attrait trop vif du plaisir l'ayant porté à vivre un peu trop rapidement, il tomba à l'âge de vingt-sept ans dans une paralysie qui lui ôta l'usage des ses mains et de ses jambes, il abandonna ce canoninat, et vint demeurer à Paris. Sa maison s'y trouva bientôt fréquentée par nombre de gens d'esprit et de qualité, qui le visitaient pour soulager ses maux, et réjouir son esprit naturellement agréable. Dans la suite, il épousa Melle d'Aubigné, si connue depuis sous le nom de Mme de Maintenon. Il s'attacha au genre d'écrire que nous appelons burlesque, dans lequel il a excellé, aussi bien en prose qu'en vers. Il avait une terre près d'Amboise qu'il vendit six mille écus à M. Nublé, avocat sur le seul détail qu'il lui en fit ; mais M. Nublé ayant été voir ce bien, jugea qu'il valait davantage, et donna à Scarron deux mille écus de supplément : trait généreux qu'on a cru devoir rapporter, à l'exemple de plusieurs autres auteurs. Outre les pièces de théâtre dont nous allons faire mention, Scarron a composé en vers burlesque l'Eneide travesti, en huit livres et la Gigantomachie en cinq chants ; et il a fait en prose le Roman comique, des Nouvelles espagnoles traduites en français, et un volume de lettres ; sans parler de plusieurs autres pièces en petits vers, dont la plus remarquable est la requête au cardinal de Richelieu, sur l'exil de son père, conseiller du Grand-Chambre au parlement. Scarron mourut à Paris le 14 octobre 1660, et fut inhumé en l'église Saint-Gervais. Ses pièces de théâtre, données depuis 1645, sont ; Jodelet, ou le Maître valet ; Jodelet dueliste ; les Boutades de Capitan Matamore ; l'Héritier ridicule ; Dom Japhet d'Arménie ; l'Ecolier de Salamanque ; le Gardien de soi-même ; le Marquis ridicule ; la Fausse apparence ; le Faux Alexandre, et le Faux Corsaire. Ses comédies sont plus burlesques que comiques.

SCAURUS. On le croit auteur d'une tragédie intitulée David combattant Goliath, donnée en 1584.

SCHELANDRE (Jean), était homme de lettres, et guerrier. Il a fait en 1628 la tragédie de Tyr et Sidon.

SCIPION, a donné l'Avocat savetier, en 1670. [Il semble que Scipion soit un nom d'emprunt du comédien-auteur Rosimont.]

SCONIN (A.), Auteur d'une tragédie d'Hector [BnF YF-11588], en 1675.

SCUDERY (Georges de) [1601, Havre - 1667, Paris], était issu d'un noble famille de Naples, et naquit en 1601 au Havre-de-Grace, dont son père était gouverneur. Il voyagea beaucoup dans sa jeunesse, et servit ensuite longtemps sur terre et sur mer. Il obtint le gouvernement du château Notre-Dame de la Garde, près Marseille, et fut reçu à l'Académie française à la place de Vaugelas en 1649. Il était frère de l'illustre Magdeleine de Scudery, morte le 2 juin 1701, âgée de quatre-vingt-quatorze ans, et qui s'est fait par ses romans une très grande réputation. Scudery était un des plus féconds écrivains de son temps ; outre ses pièces de théâtre qu'il commença à composer en 1629, au sortir du régiment des gardes, il a fait quantité de poésies, formant un nombre de plus de douze mille vers, et un roman, le Caloandre fidèle. C'est cette fécondité qui a fait dire à Despréaux dans sa deuxième satire :

Bienheureux Scudery, dont la fertile plume

Peut tous les mois sans peine enfanter un volume !

Tes écrits, il est vrai, sans art et languissants,

Semblent être formés en dépit du bon sens :

Mais il trouvent pourtant, quoi qu'on en puisse dire,

Un marchand pour les vendre, et des sots pour les lire.

Il mourut à Paris en 1667. Nous avons de lui les pièces suivantes, rangées selon l'ordre de leur date : Ligdamon ; Annibal ; le Trompeur puni ; l'Amour caché par l'amour, avec la Comédie des comédiens ; le Prince déguisé ; Orante ; le Vassal généreux ; le Fils supposé ; la Mort de César ; Didon ; l'Amant libéral ; l'Amour tyrannique ; Eudoxe ; Andromire ; Arminius ; l'Illustre Bassa, et Axiane ; outre la Mort de Mithridate, et Lucidan, qu'on lui attribue encore.

SEDAINE (Michel-Jean) [1719 - 1797], Maître maçon, et architecte à Paris, de l'Académie d'Auxerre, a donné en 1756 le Diable à quatre ; et ensuite Anacréon ; Blaise le savetier ; l'Huître et les Plaideurs ; les Troqueurs dupés ; le Jardinier et son seigneur ; On ne s'avise jamais de tout, et le Roi et le fermier. Il a composé aussi un poème intitulé Vaudeville, et on avait déjà imprimé de lui en 1752, un recueil de pièces fugitives, à la fin duquel se trouve une comédie sous le titre de l'Impromptu de Thalie.

SEGRAIS (Jean Renaud de) [1624-1701], de l'Académie française, fut attaché à Mademoiselle de Montpensier, en qualité de gentilhomme ordinaire ; mais ayant tombé dans sa disgrâce, sans qu'on sache véritablement la cause*, il se retira à Caen, sa patrie, où il fit un mariage avantageux avec une de ses parentes, et vécut considéré et aimé de tout ce qu'il y avait de considérable dans la province, jusqu'à sa mort arrivée le 25 mars 1701, étant âgé de soixante et onze ans. Il a fait des pastorales estimées ; mais son ouvrage le plus considérable est la traduction en vers français de l'Enéide de Virgile ; car à l'égard des romans Zaïde et de la Princesse de Clèves, connus sous son nom, on a toujours prétendu, et on prétend encore, quoiqu'en dise la Segresiana, que Mme de la Fayette et le duc de la Rochefoucault en sont les vrais auteurs, et qu'il n'y a tout au plus eu que très peu de part. On peut voir à ce sujet les remarques du Temple du goût, de M. de Voltaire. Nous avons de Segrais dans ce dictionnaire, deux tragédies-ballets, qui sont Hippolyte, et l'Amour guéri par le temps ; outre le poème pastoral d'Atys.
* on prétend que cette disgrâce vint "d'avoir caballé pour empêcher le mariage que Mademoiselle voulut contracter", et qu'elle contracta effectivement en secret, avec M. de Lauzun.

SEGUINEAU [1677 - 1722, Paris], avocat en parlement, fils du secrétaire d'un conseiller de Grand-Chambre, était un homme d'esprit et de lettres. Il mourut âgé d'environ quarante-cinq ans, au mois de septembre 1722, des suites d'une chute qu'il fit sur le Pont-Neuf, où il se cassa la jambe en deux endroits. On la lui coupa, mais la gangrène s'étant manifestée, il expira peu d'heures après l'opération. Il avait été intime ami de Pralard, avec lequel il fit la tragédie d'Egiste, en 1721, ce qui les brouilla ensuite. On lui attribue aussi l'opéra de Pirithoüs, connu sous le nom de La Serrre.

SEILLANS, Provençal, est auteur de la Gageure de Village, donnée en 1756 : il mourut au mois de novembre 1756.

SENNETERRE (M. le comte de), a composé en 1753, les paroles d'un petit opéra intitulé les Jeux Olympiques.

SERAN DE LATOUR (M. l'Abbé), a donné en 1750 une tragédie de Caliste.

SERON, Voyez CEROU.

SERRE (Jean de), est le premier comédien de notre nation qui soit connu : il excellait dans la farce, suivant le témoignage qui lui rend Marot dans l'épitaphe qu'il fit.

SILVIA. Cette actrice, l'une des plus parfaites qui ait parue depuis longtemps sur aucun théâtre, se nommait (Fianetta Rosa) Benozzi, et était native de Toulouse. Elle vint à la troupe italienne en 1716 : épousa en 1720 Joseph Baletti, dit Mario, (né à Munich, et mort en 1762), venu dans le même temps, et mourut en 1758. Leur fils aîné (Antoine-Etienne-Louis Baletti) fut reçu au même théâtre en 1742, et fut jouer ensuite en province pendant quelque temps. Il joue les amoureux, et danse très bien. Louis Baletti, son frère, est aussi un bon danseur du même théâtre.

SIMON (Claude-François), imprimeur et libraire à Paris, a fait imprimer en 1741 la pièce intitulée Minos, et a donné ensuite les Confidences réciproques. Il avait déjà concouru pour les prix d'éloquence de l'Académie française en 1737 et 1739, et est aussi auteur des Mémoires de la Comtesse d'Horneville.

SODI (M), de l'orchestre de la Comédie italienne, a fait la musique des Troqueurs dupés, et de celle de plusieurs autres petites pièces.

SOLI. Voyez CHANVILLE.

SOMAIZE (Antoine Bodeau). Cet auteur crut se distinguer, en se déclarant l'ennemi du célèbre Molière, qu'il attaqua dans toutes ses préfaces, et contre lequel il fit Les Véritables précieuses ; le Procès des précieuses [BnF RES-YF-4128], et les Précieuses ridicules, mises en vers.

SORET (Nicolas), était de Rheims, et vivait dans le commencement du dernier siècle. Nous avons de lui la Céciliade [1606] [BnF Res-YF-3882], et l'Election divine de Saint Nicolas [1624] [BnF 8-BL-13886 (2)].

STAAL (Mme), a fait imprimer en 1755, ses mémoires, avec deux pièces dramatiques, l'Engouement [BnF GD-9722], et la Mode, ou les Ridicules du jour.

STICOTTI (Antoine Fabio) [1676-1741]. Cet ancien acteur de la comédie italienne, est fils de Dlle Ursule Astori, chanteuse de l'ancienne troupe, morte en 1739, et du sieur Fabio Sticotti, né à Venise d'une très bonne famille, qui débuta au Théâtre italien le 5 janvier 1733, dans le personnage de Pantalon, sans avoir encore paru sur aucun théâtre et mourut en 1741. Sticotti fut reçu en 1729, après avoir début au mois de mai, à l'âge de dix-huit ans. Il se retira en 1759. Nous avons de lui en qualité d'auteur, Cybelle amoureuse, qu'il a donné seule ; outre Roland, parodie ; les Fêtes sincères ; l'Impromptu des acteurs ; les Ennuis de Thalie, dont il est de moitié avec M. Pannard ; les François du Port-Mahon, avec M. Lachassaigne ; les Faux devins, avec M. Brunet, et le Carnaval d'été, et Amadis, parodies, avec M. de Morambert.

SUBLIGNY. Cet auteur était comédien, et père de mademoiselle Subligny, fameuse danseuse de l'Opéra. Il donna en 1668 une critique d'Andromaque, sous le titre de la Folle querelle ; et on lui attribue encore le Désespoir extravagant ; la Coquette, et l'Homme de bonne fortune ; Il a aussi été auteur du roman de la Fausse Clélie, et de la Vie d'Henriette Sylvie de Molière, que les libraires impriment mal à propos dans les oeuvres de Madame de Villedieu.

SYBILET. Une tragédie d'Iphigénie donnée par cet auteur, en 1550, est tout ce qu'on en connaît.

SYLVIUS. On ne sait rien de lui, si ce n'est qu'on lui attribue une pièce intitulée, Maguelone, en 1673.

Taconet-Tyron

TABARIN, Bouffon très grossier, valet et associé de Mondor. Ce Mondor était un charlatan et vendeur de Baume, qui au commencement du dernier siècle [XVIIème NdR] établissait son théâtre sur des tréteaux, dans la place Dauphine : il ne demeurait pas toujours à Paris, mais courait avec Tabarin dans les autres villes du royaume. Les Plaisanteries de Tabarin ont été imprimées plusieurs fois à Paris et à Lyon avec privilège ; elles ne roulent que sur des grossièretés qui ne peuvent plaire qu'au peuple.

TAOLAIGO. Voyez GAUSSIN.

TACONET (M), a fait imprimer un recueil de différentes pièces de lui, presque toutes représentées tant à Paris, à la Foire, qu'en province depuis 1756, savoir : le Labyrinthe d'amour ; Nostradamus ; Esope amoureux ; le Poisson d'Avril ; Rosemonde ; l'Ombre de Vadé ; les Epoux par chicane ; les Aveux indiscrets ; Cadichon et Babet ; la Double étourderie ; la Petite ecosseuse ; le Juge d'Asnières ; la Mariée de la Courtille ; les Foux des boulevards ; le Compliment sans compliment ; le Bouquet de Louison ; l'Impromptu du jour de l'an ; les Adieux de 'opéra-comique ; l'Impromptu de la Foire ; et l'Anglais à la Foire.

TANEVOT (Alexandre), premier commis de M. Boulogne, né à Versailles en 17.. est connu par plusieurs morceaux de poésies, et a composé dans le genre dramatique, depuis 1739, les tragédies de Sethos, et d'Adam et Eve. Il a eu aussi part à l'opéra des Caractères de l'amour, et a fait celui de la Parque Vaincue.

TERNET (Claude), était professeur en mathématique et arpenteur du Roi dans le Châlonnais. Il fit imprimer en 1682 une tragédie de [le Martyre de la glorieuse] Sainte Reine [d'Alise] [BnF Ars. 8-BL14038].

THEOBALD (Theolbaldo Gatti, dit). Ce musicien était natif de Florence : il fut si charmé de quelques morceaux des opéras de Lully, qui étaient venus jusques dans son pays, qu'il voulut absolument, dit-on, en connaître l'auteur, et fit pour cet effet le voyage de Paris, où étant arrivé il courut chez Lully, son compatriote, et lui dit le sujet de sa venue. Lully par reconnaissance de ce témoignage d'estime, le plaça dans l'orchestre de l'Opéra, où il joua pendant environ cinquante ans de la basse de violon : il mourut à Paris en 1727, dans une âge avancé, et nous laissa la musique de deux opéras, qui sont, Coronis, et Sylla.

THEVENARD (Gabriel-Vincent) [1669, Paris - 1741], né à Paris e 10 août 1669, devint un des meilleurs acteurs que nous ayons eu en basse-taille : il fut reçu à l'opéra en 1687, s'en retira au mois d'août 1727, et mourut le 24 août 1741, âgé de soixante-douze ans.

THIBAULT (M. Thimotée-François), ancien lieutenant-général du Baillage de Nancy, lieutenant-général de Police, procureur-général au bureau souverain des Fenestrange, de l'Académie de Nancy sa patrie, a fait jouer et imprimer dans cette ville, en 1734, une pièce intitulée la Femme jalouse.

THIBOUVILLE (M. le Marquis de), a donné en 1759 une tragédie intitulée Namir [BnF GD-21380].

THIPHAIGNE (Michel), né à Chartres, a fait imprimer en 1756 une comédie intitulée les Enfants [BnF 8-RF-13854].

THOMASSIN. Ce gracieux et excellent Arlequin du nouveau Théâtre italien, se nommait Thomasso-Antonio Vicentini, était natif de Vicense dans l'état de Venise, et vint à la troupe en 1716. Il mourut en 1739, à l'âge de cinquante-sept ans, très regretté du public. Sa femme, qui s'appelait Marguerite Rusca, connue sous le nom de Violette, et qui jouait les rôles de suivantes avec beaucoup de feu, était morte le dernier février 1731. Ils ont laissé six enfants, deux garçons, dont l'aîné nommé communément Vincent, était de la troupe italienne depuis 1732, dansait très bien, et s'est retiré en 1755 ; et l'autre joue avec succès en province les rôles d'Arlequin : et quatre filles, dont l'aînée Catherine, reçue en 1727, a épousé le sieur Deshayes ; la cadette appelée Babet, fut reçue en 1733, et mourut en 1740, la troisième nommé Sidonie, est morte en 1745, après avoir mérité assez longtemps par sa danse gracieuse et son jeu dans les parodies, les applaudissements du public ; la dernière n'a point débutée au théâtre, et mourut âgée de douze ans, en 1743.

TORLEZ (M), Maître de musique de Clermont en Auvergne, a composé en 1742 la pastorale intitulée le Départ du guerrier Amant.

TOUSTAIN (Charles), sieur de la Mazurie, vivait dans le milieu du seizième siècle. Il était lieutenant-général à Falaise, lieu de sa naissance. Nous avons de lui une tragédie d'Agamemnon, donnée en 1556.

TOUSTAIN (Ville). On attribue à ce auteur quatre pièces imprimées in-8, sans date, vers 1620, et dont voici les titres ; Tragi-comédie des Enfants de Turlupin ; Esther ; la Tragédie de la Naissance ou création du monde, et la tragédie de Samson. On présume qu'il vivait dans le commencement du siècle dernier [XVIIème].

TRIBOLET (Chrétien), Capitaine d'infanterie, né en 1661, mort en 1700, a composé en 1698 un opéra de Scylla.

TRISTAN L'HERMITTE (François) [1601, Château de Souliers - 1655, Paris], prétendait descendre de Tristan l'Hemite, grand prévôt sous le règne de Louis XI. Il naquit en 1601 au château de Souliers dans la Marche, dont son père était seigneur. S'étant battu à l'âge de treize ans contre un garde du Roi, qu'il tua, il se sauva en Angleterre ; mais ne sachant où donner de la tête, il en sortit, et vint à Loudun. Là il se présenta à Scévole de Sainte-Marthe sous un nom supposé ; il en fut bien reçu, et y demeura seize mois, pendant lesquels il se perfectionna dans l'étude des Belles-lettres, qu'il avait toujours cultivées. Le Marquis de Monpezat l'ayant pris en qualité de secrétaire, le mena à Bordeaux, où il fut reconnu par M. d'Humières, premier gentilhomme de la chambre du Roi, qui obtint sa grâce de Louis XIII auquel il fut ensuite présenté. Gaston de France, duc d'Orléans, le prit en qualité de Gentilhomme ordinaire. Il quitta ensuite ce prince pour se donner au duc de Guise. Sa passion dominante, qui était le jeu, a empêché qu'il ne fit fortune ; et, si nous en croyons Chevreau, il reçut même à diverses fois de M. le duc de Saint-Agnan plus de mille pistoles, sans trouver jamais de quoi faire un habit honnête. Pour s'instruire de la généalogie et de la jeunesse de Tristan, il faut lire les deux volumes de son Page disgracié, roman qui n'a pas été achevé. Il fut reçu à l'Académie française en 1648, et mourut du poumon à l'hôtel de Guise, le 7 septembre 1655. Il avait fait lui-même, à ce qu'on prétend, son épitaphe dans ces vers :

Ebloui de l'éclat de la splendeur mondaine,

Je me flattai toujours d'une espérance vaine,

Faisant le chien couchant auprès d'un grand seigneur ;

Je me vis toujours pauvre, et tâchai de paraître ;

Je vécus dans la peine attendant le bonheur,

Et mourus sur un coffre en attendant mon maître.

Ses pièces de théâtre, donnés depuis 1636, sont, Mariamne ; Panthée ; la Chute de Phaéton ; le Mort de Crispe ; la Folie du sage ; la Mort de Sénèque ; Amarillis, ou Célimène ; le Parasite, et la Mort du grand Osman. On lui attribue encore une tragédie de Bajazet, et une autre de Sélim. Outre ses pièces dramatiques, on a de Tristan trois volumes de poésies ; l'Office de la Vierge, en vers français ; la Coromène ; l'Histoire orientale ; le Page disgracié, et quelques autres ouvrages.

TURLUPIN. Le farceur qui avait pris ce nom, a joué pendant plus de cinquante ans dans la troupe des comédiens de l'Hôtel de Bourgogne, et y était encore du temps que Bellerose en était le chef. Il s'appelait Henri Le Grand, dit Belleville, ou Turlupin. Quoiqu'il fut rousseau, il ne laissait pas que d'être bel homme. Il jouait masqué, et l'habit qu'il portait à la farce, était pareil à celui de Briguelle. Outre que Turlupin était le plus excellent farceur de son temps, il était encore bon comédien. Il monta au théâtre en 1583, dès son enfance, et n'en descendit que pour entrer dans la fosse, qui lui fut accordée par l'église paroissiale de Saint-Sauveur, en 1634. Il laissa si peu de biens à ses enfants qu'il furent réduits à se faire comédiens ; et sa veuve se remaria à Dorgemont, le meilleur acteur de la troupe du Marais. Tout le monde sait que les turlupinades étaient de méchantes pointes, des jeux de mots, et des équivoques insipides, dont le goût régna pendant quelque temps en France, et que Molière vint enfin à bout de détruire.

TURNÉBE, ou TOURNEBU (Odet) [1552 - 1581], naquit à Paris, en 1553 , et était fils d'Adrien Turnébe, professeur en langue grecque au Collège Royal de Paris. Il était fort savant, fut nommé premier président de la Cour des monnaies, et mourut d'une fièvre chaude, en 1581. Nous avons de lui la comédie des Contents, donnée en 1580 [ et la comédie les Déguisés [BnF YF-7128]].

TYRON (Antoine) [1487 - 1558], auteur du milieu du seizième siècle, de qui nous avons deux pièces, l'Enfant prodigue, et Joseph [BnF Res YF-2931], mises au jour en 1564.

Vadé-Voltaire

VADÉ (Jean-Joseph) [1720, Ham - 1759, Paris], né à Ham en Picardie, où son père était marchand, au mois de janvier 1720. Sans avoir fait ses études, il aima les lettres et la poésie, et les cultiva. Il donna en 1749 la comédie des visites du jour de l'an ; et ensuite plusieurs jolis opéras-comiques, savoir la Fileuse ; le Poirier ; le Bouquet du Roi ; le Suffisant ; le Rien; les Troqueurs ; le Trompeur trompé ; Il était temps ; la Nouvelle Bastienne ; les Troyennes de Champagne ; Jérôme et Fanchonette ; le Confident heureux ; Folette ; Nicaise ; les Racoleurs ; l'Impromptu du coeur, et le Mauvais plaisant, avec une comédie intitulée la Canadienne, qui n'a point été représentée. Le canevas de la Veuve indécise est aussi de lui. Il est connu d'ailleurs par son ingénieux petit poème de la Pipe cassée ; ses chansons dans le goût poissard, et plusieurs autres poésies. Ses oeuvres ont été recueillies en quatre volumes in-8. Il mourut à Paris le 4 juillet 1759, des suites d'un abcès à la vessie.

VAERNEWICH. On ne sait rien de lui, si ce n'est qu'il donna en 1702 le tragédie intitulée Montmouth.

VALENTIN, auteur des Franc-Bourgeois, en 1706.

VALENTINÉ (Louis Bernin de), Seigneur d'Ussé, contrôleur général de la maison du Roi, connu par différentes poésies, et ses liaisons avec plusieurs grands poètes, remit au théâtre, en 1704, la tragédie de Cosroès, avec des corrections et des augmentations qui furent approuvées du public.

VALLÉE. On augure que cet auteur était attaché à Madame la duchesse de Modène, à qui il dédia la seule pièce qu'il ait faite, et dont le titre est le Fidèle esclave. Elle parut en 1659.

VALLIER (M.), colonel d'infanterie, des Académies d'Amiens et de Nancy, a donné en 1765, pour la Cour, deux pièces, Eglé et le Triomphe de [...].

VALLIN (Jean), était de Genève, et donna en 1637, Israël affligée.

VALOIS. Voyez LE VALOIS.

VARENNE, connu seulement par la pièce intitulée le Baron d'Asmon, donnée en 1680.

VAUBERTAND (M), auteur d'une tragédie d'Iphigénie en Tauride non représentée, mais imprimée en 1757.

VAUMONIÈRE (Pierre d'Ortigue, Sieur de) [16??, Apt - 1693], état d'une fort bonne famille d'Apt, en Provence, et écrivait agréablement. Il mourut en 1693. On a de lui plusieurs ouvrages et des romans, qui eurent de la réputation dans le temps, et il acheva celui de Pharamond, de La Calprenède. Le Bon mari est la seule pièce de théâtre qu'il ait faite ; elle parut en 1678.

VEINS (Aymard), vivant à la fin du seizième siècle, et auteur d'une Clorinde, en 1599.

VENEL. Sans une tragédie de Jephté, qu'il donna en 1676, nous ignorerions jusqu'à son nom.

VERONESE. Voyez CORALINE, et PANTALON.

VERONNEAU.Cet auteur était de Blois, il donna en 1634 une tragédie intitulée l'Impuissance.

VESTRIS (le sieur), natif de Florence, un des bons danseurs qu'il y ait eu jusqu'à présent à l'opéra, s'en retira en 1753 ; mais il y rentra le 9 décembre 1755. la Demoiselle Thérèse Vestris sa soeur brille aussi, depuis le 17 mars 1751, sur ce théâtre par les mêmes talents, et leur jeune frère y a paru aussi avantageusement.

VIAU (Théophile) [1590, Clerac - 1626, Paris], naquit en 1590 à Clerac dans l'Agenais, de parent pauvres. C'est le premier poète de distinction dont il soit fait mention au commencement du dix-septième siècle. Il faisait des vers avec une grande facilité. Ses talents le firent connaître à la Cour, mais ses moeurs licencieuses le firent chasser du royaume en 1619 ; ce qui l'obligea de se retirer en Angleterre. Ses protecteurs et ses amis ayant obtenu son rappel, il abjura son calvinisme qu'il professait, mais il n'en devint pas plus raisonnable ; car ayant été accusé d'être l'auteur du Parnasse satyrique, imprimé en 1622, ouvrage sacrilège, où la religion est très maltraitée, le parlement le poursuivit criminellement à cette occasion, et le fit brûler en effigie, le 19 août 1623. Ayant été arrêté un mois après au Carelet en Picardie, où il fut reconnu, on le conduisit à la Conciergerie : ses amis obtinrent que son procès serait revu : on fut deux ans à l'examiner, et le biais qu'on prit pour lui sauver la vie, fut de supposer qu'il était plus fou que coupable. Ce moyen réussit, et il ne fut condamné qu'à un bannissement. Il mourut à Paris le 25 septembre 1626, dans l'hôtel du Luxembourg où on lui avait donné un asile, en protestant cependant de son innocence. On a de lui deux tragédies qui sont, Pirame et Thisbé [BnF 8-BL-14030 (1)], et Pasiphaé. L'édition de ses oeuvres la plus correcte est celle de 1656, in-12, publiée par Scudery.

VICTOIRE GOBE (Melle). Cette jeune actrice, après avoir paru quelque temps à l'opéra, vint débuter à la Comédie italienne le 19 août 1756, par le rôle de débutante dans les pièces de débuts, et elle fut reçue à ce théâtre pour la comédie et le chant, avec une pension ; mais elle s'en retira peu de temps après.

VIEUGET, auteur de la pièce intitulée des Aventures de Policandre, en 1632.

VIGNEAU. Cet auteur vivait en 1557 ; on connaît de lui la tragédie d'Ino, dont on indique point la date.

VILETTE. voyez LA RUETTE.

VILLEDIEU (Marie-Catherine Hortence Desjardins, Dame de) [1632, Alençon - 1683, près d'Alençon], naquit en 1640, ou 1632 suivant M. Titon du Tiller, à Alençon, où son père était prévôt. Dès qu'elle eut dix-neuf ans, se voyant avec peu de biens, elle vint à Paris, où à la faveur de son esprit plutôt que de sa beauté, elle se fit un nom. Boësset, sieur de Villedieu, capitaine dans le régiment du Dauphin, Infanterie, et assez riche, l'ayant connu un des premiers, l'épousa ; et quoique son mariage eût été cassé, elle continua de porter le même nom : même elle le conserva, du moins à la tête de ses ouvrages, après avoir épousé M. de Chatte en seconde noces, qu'elle perdit peu de temps après. Touchée de ce nouveau malheur, elle renonça au mariage, selon des auteurs, car selon d'autres ce ne fut qu'après avoir vu mourir un troisième mari nommé Desjardins, et qui était de ses parents. C'est elle qui par ses petites historiettes a fait perdre le goût des longs romans. Cette dame écrivait d'un style vif, mais trop libre et trop négligé. Sa prose paraît meilleure que ses vers. Elle mourut dans une petit bien de campagne près d'Alençon, où elle avait été forcée de se retirer par économie, au mois d'octobre 1683. Tous ses ouvrages ont été recueillis en douze volumes in-12 dont on a fait différentes éditions. Ses pièces de théâtre, qui se trouvent dans le second volume de ses oeuvres, sont : Manlius Torquatus [BnF YF-6856]; Nitétis [BnF 8-YTH-12692], et le Favori [BnF RES-YF-3740]. On lui attribue encore, selon l'auteur de la bibliothèque des théâtres, deux autres ; savoir, Alcidalie, et Carmante ; mais il paraît qu'on les aconfondues avec deux de ses historiettes. Ses autres meilleurs ouvrages sont : les Désordres de l'amour ; les Exilés; les Annales galantes, qui passent pour son chef-d'oeuvre au dérèglement près, le Journal amoureux, etc.

VILLEMOT (J.), de qui nous avons la Conversion de Saint-Paul, donnée en 1655.

VILLENEUVE (M), maître de musique de la cathédrale d'Aix : nous avons de lui l'opéra de la Princesse d'Elide, joué en 1728.

VILLE-TOUSTAIN. voyez TOUSTAIN.

VILLIERS. Cet auteur travaillait pour le théâtre vers 1660. Il parut aussi comme acteur à l'Hôtel de Bourgogne, et mourut en 1680. Son fils parut au même théâtre en 1679, et excella dans les rôles de petits maîtres : il mourut en 1702. Nous avons six comédies de Villiers le père, savoir : le Festin de Pierre ; l'Apothicaire dévalisé ; les Ramoneurs ; la Vengeance des marquis ; les Trois visages, et les Côteaux : on lui attribue encore la Veuve à la mode. Ses autres poésies sont des fragments burlesques, et le portrait d'une inconnue.

VILLON (François Corbueil dit) [1421-1463], Auteur de l'ancienne farce de l'Avocat Patelin, donné en 1470.

VIREY (Jean, sieur du Gravier, ou des Gardier), Né aux environs de Caen, était gouverneur des villes et châteaux de Cherbourg. Il fit sa fortune et servit sous les ordres du maréchal de Matignon, depuis 1570 jusqu'en 1600. On a de lui une tragédie des Macchabées [BnF - Rés. R-Yf-525(4), 1599], qu'il retravailla deux fois.

VISE (Jean Donneau de) [1640, Paris - 1710], Historiographe de France, et premier auteur du Mercure Galant, qu'il commença en 1672, était frère de l'évêque titulaire d'Ephèse, et de M. de Visé, exempt des Gardes du Corps, et cousins germains du brave Gaspard de Visé, lieutenant des mêmes gardes, puis maître d'Hôtel de la Reine, femme de Louis XIV. De Visé était né à Paris en 1640 ; comme il était le cadet de ses frères, il fut destiné à l'état ecclésiastique, et on lui fit même obtenir des bénéfices ; mais étant passionnément amoureux de la fille d'un peintre, il quitta le petit collet, et épousa sa maîtresse en 1668, malgré tous ses parents. Il mourut le 8 juillet 1710, âgé de soixante-dix ans, et avait obtenu du Roi, quelques années auparavant, une pension de 1500 livres et un logement aux Galeries du Louvre. Il est l'auteur d'un très grand nombre d'ouvrages, et commença à travailler pour le théâtre avant l'âge de vingt-cinq ans. Ses pièces sont ; les Amants brouillés ; les Amours de Vénus et d'Adonis ; le Gentilhomme Guespin ; les Intrigues de la Loterie ; Le Mariage de Bacchus ; l'Inconnu ; la Devineresse, ces deux-ci en société avec Thomas Corneille; la Comète ; les Dames vengées ; le Vieillard cocu, et l'Aventurier. On lui attribue encore une comédie des Dames vertueuses, qui n'est point connue ; et Zélinde ; l'Embarras de Godard ; la Veuve à la mode ; Délie ; les Amours du Soleil, et l'Usurier.

VIVRE. Voyez DU VIVIER.

VOISENON (M. l'Abbé Claude-Henri de Fusée de) [1708 - 1775], de l'Académie française où il fut reçu en 1762, à la place de Crébillon. On le dit auteur des Mariages assortis, de la Coquette fixée, et de la Jeune grecque ; il a commencé à travailler pour le théâtre en 1744. Ses deux premières pièces ont été recueillies en 1753 dans un volume in-12 [BnF - YF-4449] avec l'Ecole des mondes ; le Retour de l'ombre de Molière, et le Réveil de Thalie, sous le titre d'Oeuvres de théâtre de M. ***; mais il y a apparence que ces trois dernières comédies ne sont point de M. de Voisenon, ainsi que plusieurs autres qu'on lui attribue aussi; Il a donné à l'opéra l'Amour de Psyché, et a eu part à Annette et Lubin.

VOLANT (Paul), né en Touraine, et avocat au parlement de Paris, a fait en 1584, une tragédie Pyrrhus.

VOLTAIRE (voir AROUET).

Walef

WALEF (M. Le Baron de). Cet auteur a fait imprimer en 1731, dans le troisième volume de ses oeuvres diverses une tragédie Electre [BnF-8-BL-13915(1734)].

Ximenes

XIMENEZ. (Voyez CHIMENES).

Yon

YON (M), Parisien, et avocat, est auteur de la Métempsychose [BnF YF-5730], donnée en 1752 [16 mai], de l'Amour et la folie [BnF YF-7301, titre "La Folie et l'amour", 1755], et des Deux soeurs ; il est encore connu par quelques ouvrages de littérature.

Zanuzzi

ZANUZZI, acteur italien, reçu à ce théâtre en 1760.

 

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